TRAITER, AGITER, DISCUTER, DÉBATTRE
Ces mots marquent l'action de deux ou plusieurs personnes qui raisonnent ou confèrent ensemble sur un sujet, une question, une affaire, pour arriver à une solution.
Traiter a cela de particulier, qu'il comprend dans sa signification l'idée de l'efiet ou de la solution , tandis que ses synonymes indiquent seulement le travail qui y mène. On traite à fond; on agite ^ on discute^ on débat plus ou moins longtemps. Qui a bien traité a bien résolu ; qui a bien agité , discuté ou débattu s'est montré habile dans la délibération. Il faut être sûr de pouvoir traiter une chose en maître, avant de V agiter^ de la discuter ou de la débattre. C'est lô fond qu'on considère dans un traité , il est plus ou moins instructif; c'est la manifestation ou la forme qui frappe dans la discussion, comme dans le débat j elle s'ouvre, elle commence, elle finit,
lOûd
DEUXIftU PàRIU :
elle dure pim pvL noim , «Bt «st brilkate <m faible, bien ou mal toutenae. On ne tràUe Jamais, Bi» OB mgitê , on dtievle et «a d^ot quelqve- 1(018, ans rien décider. « Dana lea P^mDoea- Unies , cinquante rilles et tous lea nobtea doivent traiter une question, la débtAtrt et prendre un fnrti , pour que les états proyinctauz mettent les états généraux en liberté d'agir. • Goivn. TrmUry «*e8t en eiïet agiter , dieeuter ou débcMre , et prendre un parti.
Agiter, du lalin agitare^ fréquentatif d'ogere , agir, désigne une action itératÎTe ou répétée. On agite à plusieurs reprises, bien des fois, souvent ou longtemps. « Après avoir tant e^té cette nffaire, il en faut venir à une décision pour avoir la paix. » Boss. « Cest un fameux problème qui a été souvent agité dans les écoles des philosophes, si.... » Id. c Avant la naissance des hérésies, il ne faut pas attendre des Pères la même précaution dans leurs expressions que si les matières avaient déjà été agitées. » Id. « Examinons en finissant cette question souvent agitée^ s'il convient de traduire les poètes en vers. » Lah. « Je vais à mon tour entrer dans quelques détails sur cette question souvent agitée ^ si la tragédie est plus difficile que la comédie. > In. « Les matières de la prédestination et de 1^ grâce furent longtemps agitées dans le concile de Trente. » Volt.
J^iscutrr, latin discuter e , secouer dans tous les sens, examiner attentivement, annonce une action calme , réfléchie , exacte. « Sous Louis XIV, les projets étaient exanainés dans le conseil , et leurs auteurs furent admis plus d'une fois à discuter leurs propositions avec les ministres en présence du roi. » Volt. « J'ai tâché de suspendre findignation que m'inspirent ces maximes, pour les discuter paisiblement avec vous. » J. J. « Au lieu de disputer, discutons. » liUFP. « Les orateurs de fantiquité étaient des hommes qui étaient sortis des écoles de la philosophie , pleins des idées les plus profondes de la morale et de la politique, analysées, discutées, agitées dans tous les sens. » Marm. « L'esprit philosophique fait méprjver les déclamations et les autorités , pour discuter le vrai avec exactitude. » Vauv. a Quelques-uns (des conspirat-'urb) étaient préteurs, et tenaient actuellement l'audience , écoutant les avocats avec toute la présence d'esprit possible, et discutant attentivement lesafTaires. » Roll.
Débattre y comme battre et combattre ^ halaille et combat y suppose de la chaleur et de la vivacité, m. Jésus -Christ dit que celui qui annonce le royaume des cieui ne débat ]x)int, ne crie point, qu'on n'entend point sa voix dans les rues. » J, 1. Fénelon dit de l'afTaire du quiétisme, que c'est « une cause célèbre, importante à la religion et vivement di'battue. *• « Les annates surtout furent dcbattues avec chaleur au concile de Constance. » Gond, a Ce procès d'injures intenté à Voëiius fut débattu de part et d'autre avec assez d'ardeur. » Desg. « On voit ces deux opinions vivement débattues dans le livre de Cicérou intitulé Lucuîîus. » Marm. « L'aflaire ayant été débattue avec beaucoup de chaleur,... » Roll.
et âfimttm ■fttegraftdgyiyeité psTlea^Ës»: partit qui ^f ëmèimA, • I».
Quand M àiteme, on ehercbe A gagaerlsi: frages; quand on dÂot, on prétend les en Il faut être instruit poorbMn discuter, tx ■ sienne eu éloquent pour bien débafirr. li i discussion résulte la vérité, et du éebot k*toire. On discute plutdi des questions ti .-. eauses théoriques on générales, qui èms^:. peu; on d^bet plutét des questions et des xx-isl capables de toucher ou d'snimer, des ici?' j par exemple. « Les poètes ont ^wn de ciic bir j. grandes causes à tftmcCer, de grands inié'éti . débattre. » Ma.rm.
TlUKCflAlfr, BÉCHW, pftMKlIPltlilF. Cs^ trois mots se disent également des raiscss et ot moyens de persuasion efficaces , qui ne permettent plus dliésiter , de rester incertain.
U y a dans ce qui est iranchamt quelque cbcK de twef, de brusque, qtri coupe courte qui rrrduit son effet tout d'un coup, tly a. dans ce ip: est décisif quelque chose de démtmstntif , q^ produit son eflet sans ftiife, qui déteruiine immanquablement h croyance. Oja dans ce qui est pértmpUjire quelque cboie qui périme , qui fait périr ou tomber Topposinon , qui lait cesser , non pas le doute proprement, mais la coiûfsiâtion om !a (fispute.
Un mot tranchasU; un raisonnement décisif; une réponse péremptcire.
Une raison tranchante en finit 5ur4e-diamp, tout de suite, résout la question 4*e8BJUee^net Une raison Mtriee en fiait sArement, résout la question d'une manière solide, concluante, qui fixe hien l'esprit. Une raison péremptovn en unit sans retour, est sans réplique, résouf U giestion sans appel , sans rien laisser à repartir.
L'orateur a besoin de nao^gens ÊranchasiU pour emporter la conviction j de moyens décisifs pour parvenir à la tourner «i ga. faveur-, de moye!:5 péremptoires pour en rester maître sans zacux contradicti(^ possible.
Avec ce qui est tronchasT, Veïïet est proxpt: avec ce qui est décisifs il est nécessaire; avec C£ qui est péremptoire , il est définitif.
TRANCHANT, VÊaSlF , DOGHATTQtE. Esthètes qualificatives des personnes bar Jies i jaçer.
Trandhant est de ces trois mots le plus foTw « Dans ee livre régne un air de suQîsance , us ton décisif et tranchanX. • Tolt. « L'usage da monde et Texpérience lui ont ôté ce ton dogmatique et tranchant qu'on prend dans le cabinet. » J.jr.
Ce que l'homme tranchant a de plus cm le décisif elle dogmatique j c'est la prétention de maUriser la croyance des autres : il reaX Imposer^ il est sec , impérieux , rogue , d<*s. otique. « Quand on veut de moi certaines attentions suivies qui me dérangent, je suis sec et <rancKafil.> F EN. « Trés-poli dans la conversati(9n, mus hardi et tranchant la plume à la main. • Volt. « Laissons en discutant le ton rogue et tranchant i nos frères les libellistes. » Beau v. « Le despotisme tranchant du czar Pierre ne s'accommoda
« L'affaire fut mise eu délibération dans le sénat, 1 point de ce tempérament. » Mark. « Grimm était
SYNONYMES X IIÀMGAUX ))IVERS.
llN9iS
>gant avee tout tenoDde.». 1 sou ton naituevient <r4tficà<Mit il iQoata la avlfisance d'un venu. 3D J. J.
-'homme ééekif Test poor lui-^éme; il if^ù. . accroire, il est affirmatif, plein de oonGance ses lumières et en sa capacité, vdn , mais non » arrogant. < Rîea B*eat ti ééoisif qoe i'ignoice ; et le donte est aiMsi rare fArmi le peuple e Taffirmation chez lei Tiais pkilosopiies. » I. « Il paraissait vain , et il 8?ait l'esprit 4éc%- . » Lbs. « Je vons 4ëdaie que je suie décisive ^ que je n'attends point ie jagement d*aatrui ur régler le mien. » DasT. « On noas accusera ivoir été trop peu déeisifi aar la prétérwice •on croit due à Tautear de Phèdre. ■ D'Al. On iccQsera personne d'avoir été trop peu Iranant : tranchant îndiqtie toujevrs an défaot. L'homme dogmatique ae diffère du décisif l'en ce qu'il est prompt k juger seulement en atières de do^mer oa de doctrines , de sciences , \ philosophie; c'est a» pédant. « C'est la pronde ignorance qui inepire le ton doffm<Stiqa/e, slui qui ne sait rien crort enseigner aux autres 5 qu'il vient d'apprendre hn-raèœe. » Labr. « Je 'ourai tous les philosofâies fiers, affîrmatifs, o^tnatique», même dans leur scepticisme pré- 3ndu. s J. J. c ETlle Toudraat bien voir un bailm de votre façon mis dans la bouche havarde e ce professeur dogmcUiqyke, » Volt. « Fidèle nitaleur de la réserve de «on maître, Platon a préserva toujours de cette affirmation tranhante qui caractérisait rorgoeil dogmatique de ant de sectes de philosophes, s Lab.
1« TRANQCIIXE, CALME-, — 2* POSÉ, HA8SIS. Hzempt de trouble et d'agitatiofu
Tranquille et calmt ont une plus grande étenlue de signification que posé et rassis. Ils se lisent des choses, et non pas eeulement de .'homme : une eau franqaiile ou cahme , un lieu iranquiïle ou calme,
Siiôt que du soir les orabres paciilques D'un double cadenas Tont fermer les boutiques..., Que dans le Marché-NeoT tout est calme et irtut-
quille , Les voleurs à l*in0lant s*enp8»nt de la ville.
Bon.
— Outre cela, quand il ert question de l'homme , tranquille et calme qualifient sa manière d'être , pose et rassis sa manière d'agir. Il importe à la paix de notre âme et à notre bonheur que nous soyons tranquilles et calmes ;k nos résolutions et à notre conduite, que nous soyons posés et rassis. Tranquille ou calme ^ un honmie est, se trouve , reste , vit sans trouble et sans agitation ; posé ou rassis f un homme juge, raisonne, se comporte, fait des démarches, sans trouble et sans agitation. Un homme tout à fait incrédale ne peut se procurer le repos de l'esprit, se mettre dans une sitaation qui rend un esprit calme et tranquille {liov RU.), a Un général doibt estre provident et bien advisé , et par ainsi rassis , froid , posé^ eslongnè de toute lémérité et précipitation. » Charh.
V Tranquille, calme. Qui eiX dans un état exempt de trouble et d'agitation.
franquilie est absolu; calme, relatif : ce qui
est tranqttUle Test parnatave, essanHélkitieBC , toajoure; œ qui est calme Test aocidenSeUenent, dans une oecaaion particulière. La mer Tnmqsàlh (la mer de la NoaveUe-Zemble) -est ainsi appelét , parce qu'elle n'est poiai sujette aaa teapètea; une Kier est oaème dans le tas où il lai arrive de n'éprouver poiat de tempêtes. De mêaw, a« figuré , oa a aaturellement l'âme «ran^wâNé (J. t.), oa est tranquiUe et comemplaiif par tempérament (In.), il y a des caraetèies jdoex et tranquilles, comme il yen a de Tiolevts (In.) , oa a an naturel tmnquiUe et moééné(yot.T.^; mais oa a l'esprit calme dane aae eertaine sitaation. « Ne croyez pas qu'an expédient si violent ea apparence soit le Iruit du désespoir, j'ai l'esprit tréi-eakne en ce moment. » J. J. « J'ai commencé par des propos galants. Je m'attoadaâs aux commaaes alarmes, aaz cris perçants, à la on* 1ère , aux larmes ; mais qa'ai-je vu ? la Inrmeté, l'honneur , l'air indigné , mais catoie aaac |prai>deur. > V01.T. « Ou mène une vie trtmquUle^ et non pas calme ; ealme ne s'applique peint à un état durable. — « Au milieu de ce (races , et des fanfares et des taaiboars, nat» ami Freiiid avait repris la lnmq«M2Mt^ que vous lut connassseE. Il était eahme comnete l'air dans un beau jour après un orage. » Volt. {
TranquaU est ai»solB; céUme, Tcteif t on ast tranqvilte en soi; an est céitoM lelativeaient à quelque chose, dans aa péril, par exeoiple. tte général a an courage frança^fe^VoLT.) , «taiplement ; et un courage iaaltéraâ)le «t otsime aa milieu du carnage (Id.). On dira Mea absolament que les Anglais sont plus tremqmUes que les italiens-, et, d'une manière particulière, en ayust égard à la diversité <ieB impressions que la magique fait sur eux 1 « La même musique produit des effets si différents sur les deux nations , l'une est si calme, et l'autre si transportée, que cela paraît inconcevable. » Moittesq.
Tranquille , faisant considérer la persoime indépendamment de toute relation , est propre à lui attribuer un défaut d'activité; eotme, pas la raison contraire , la représente comme manquant de seneibffîté, comme impassible. ^7n homme tranquille 'Âgnifie quelquefois l'opposé d*an homme remuant , turt^lent , inquiet-; tenez-vous tranquille , c'est-a-dire gardez- vous ou abstenezvous -d'agir. Vn homme t^îme- est inaccessible aux impressions; a la différence de l'homme tnm^ quitte qui ne s'émeut pas, 11 ne se laisse pas émouvoir. « Autant que le premier Denys avart été vif et entreprenant, autant le second était^îl paisible et tranquille, » Aoll.
Horuai, parmi les flots de ce torrent rapide,
S'avance d'un pas grave et non moins intrépide;
incapable é la feis de crainte et de faneur,
Seorë au bridl des cuuma^^lme au sein de l'hcrpeur,
P'nn œil ferme et sloïqne il regarde la guerre
GûBune un fléau du ciel , aflteux , mais nécessaire.
12* Posé, romf. Qnî pense et agit d'une manière exempte de trouble et d'agitation*
Posé , qui va posément , sans précipitation, a surtout rapport à f extérieur. On dit un air posé (Mol., Dest., Marm.), an ton pose (J. J.).
DEUXIÈME PAHTIE :
c Toutes l6t actions de retpect demandent une contenance remise et posée, » Boss. « L'homme se connaît à la Tue; on i«marque un homme sensé à la rencontre : l'habit, le ris, la démarche, découvrent l'homme.... La sagesse reluit sur le visage de l'homme sensé ; les yeux du fou regardent aux extrémités de la terre. Voyez comme l'un est posé; l'autre, pendant qu'on lui. parle , jette deçà et delà ses regards inconsidérés. >!]>.« C'est un homme lait comme je veux que les hommes soient faits , ne prenant point de manières bruyantes et des tons de voix assommants , sage et posé en toutes choses. » Mol. « Les personnes dont Textérieur est posé et réfléchi n'ont d'autre avantage que de garder constamment les mêmes travers. » Gond. « Pour ce qui est des traits du visage , du regard , de la dé marche et de tous les mouvements, Tibérius était plus doux et plus posé^ Gai us plus vif et plus véhément. > Roll. « Une jeune fille doit être vive , enjouée , folâtre : le temps ne viendra que trop tôt d'être posée et de prendre un maintien plus sérieux. » J. J.
J'ai riir d'an étourdi ; maU, ê ftilur beau-ft^re ! L'air ne décide pu toujours du caractère, Et souvent les plus fout ont l'air le plus jfosê.
Ilasftr, qui a repris l'attitude du repos, suppose un état antérieur de trouble et d'emportement, d'où on est revenu. « Un homme enflé d'espérance nage déjà parmi les déUces. Mais lorsque , forcé par la rencontre des choses, il revient à son sens rassis,,,, » Boss. « De peur que dans la suite son discours ne vint à se relâcher . cachant bien que l'ordre appartient à un esprit rassis, et qu'au contraire le désordre est la marque de la passion , Démosthènes poursuit dans la même diversité de figures. » Bon.. « 11 faut laisser calmer ces premiers bouillons (de la jeunesse) , et attendre que la raison plusrasftse soit capable de quelque chose de plus sérieux et de plus solide. » Mass. * Après la chaleur et le feu des disputes, lorsque les esprits, tranquilles et rassis, sont en-état de juger sainement des choses, le peuple était tout autre que dans les disputes mêmes. » Roll. < L'âge avait tempéré tous les mouvements de son âme (de Maîran) , et ce qu'il lui avait laissé de chaleur n'était plus qu'en vivacité dans un esprit gascon, mais rassis, juste et sage. » Mark.
L'homme heureux est tranquille et calme : Pranquille^ c'est-à-dire disposé par caractère à ne jamais se donner trop de mouvement ou d'inquiétude, et mis dans un état où il jouit d'une paix inaltérable-, calme y c'est-à-dire sachant, dans l'occasion, et malgré les impressions les plus violentes, rester froid, imperturbable, inaccessible aux émotions de la crainte , de la colère , ou à d'autres semblables. — L'homme sage est posé et rassis: posé y c'est-à-dire que ses mouvements, ses démarches , ses manières et toute l'habitude de son corps ont un certain air de solidité et de réflexion ; rassis, c'est-à-dire qu'il n'est plus agité d'aucune des passions qui l'emportaient autrefois ou qui auraient pu l'emporter plus ou moins longtemps auparavant.
TRANQUimTÉ,CAUtB, PHI. lEWK.iQCiÉ- TUDE). Appliqués à l'âme, à un État, ouiîièque société particulière, ces mots sigïïàd également une situation exempte deirooljlj!! d'agitation.
Tranquillité manjue la posssession d'une plité , et par conséquent <iuelqTie chose de -sistant, de stable. CoJme, aa contraire, aïo quelque chose de passager et d'aceidemcl; a'cj mot désigne primitivement un fait, U cessaiks du vent. On a un fond de tnmqvtW, ni^. la vie dans une grande (ron^illii^- oa èc£"i quelqu'un avec calme, La (ranquiUtie {à)ss, entendre , tout recevoir aiec colne. - 1. si^k là que tranquillité enchérit sur «iliw.pi5]£ le calme n'est qu'une trajujuillits de cjcsh stance , un moment de tranquilitte. tUu[k tranquillité dont retentissaient les ecG.e:> (à favorable au dessein d'Ëpicnre. Il dit tu |^ le bonheur est dans la tnnifttliUf de Ijss: mais il le dit dans un sens ïmàiSenslCtuvaincu que nous sommes néspoorsgir.et;^ conséquent pour sentir et posr mn. ii n songea qu'à régler notre seDsiiàiité et nos opinions. Or, le calme auquel il!nfitù\ï'6lqï'^ état moins agité. » Cokd. Une la&calaeevtmp quille (J. J.)-, rendre un esprit alw el ^n* quille (BouBD.); s'endormir dus le îéi t calme et de la (ranqutllit^ [)liss.v, Fi'^ ô^ le jeu habituel le calme et la trafi^iW^ l'esprit (In.) ; jouir du calme et delà trs»^/^ (BuFF.). — La tranquillité éUnt essçs.::L?. c: ne dira point une trançutllit^ app^'eiiij. pt tranquillité trompeuse , comme on 4» ^^ apparent (Marm.) , un calme trom^^ir ).i:.|. Et, d'autre part, comme la fra«ç«iii''^ =^ état absolu , qui existe de soi, on U '^■^'^indépendamment de toute relation; ïù"-ile calme se conçoit bien comme ayant Ik'-^ développant au milieu de telles ou telb^""* stances , ou comme succédant à uce siix : orageuse ou agitée. « Tant de malheurs u> rèrent pas l'âme du monarque. Les i^ dans un rang éminent veulent touspriîébranlables, ils affectent le caime aa:.^''trouble; mais Louis XV n'affectait rie:: l:c cherchait point la tranquillité, il Ii '■;';J dans son caractère. » Volt. On dira [1:- séjour tranquille , et un asile calme; Er'-' la tranquillité dans un Stat, et y rc.: • calme.
La paix est l'opposé de la guerre. C'est t^^* tuî^tiondes personnes ou des sociétés par " à d'autres. La tranquillité ou le calw royaume exclut tout mouvement ou trou térieur ; la paix d'un royaume le présa--^ toute hostilité ou agression , de toute i - venant du dehors. « Ayant la paix avfc • ^ quel calme et quelle aimable tranqriilli'^ -"i nos âmes! • Boss.
Nulle paix pour l'impie. Il la chercLe, elle f- Et le calme en son cobot oe troure point de p< Le glaive an dehors le poursuit ; Le remords au dedans le glace. "^
— Ensuite, paix implique l'idée ^'ani-^'*' ;, nion, et non pas seulement celle de sûreté cc^»^
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.
agitation oa un soalèTement. « Comme le îipe du gouvernement despotique est la Lte , le but en est la tranquillité; mais ce point une paix, c*est le silence de ces villes r ennemi est près d'occuper. » Montbsq.
i repos est Topposé du travail. C'est une sien succédant à une autre , qui a été labote et fatigante. Il opère le rel&che , le soulaent , on en jouit. « Je m'engage , a dû se un homme élu roi, à ne vivre que pour mon )le ; j'immole mon repas à sa tranquillité, 9
3L tranquillité et le ealvM sont des situations laires , l'une constante , l'autre accidentelle , e absolue, l'autre relative. La paix, au conre, est tme situation mutuelle, et une situai amicale entre une personne et une autre, société et une autre. Le repos est une situai réparatrice.
omme une eau immobile , la personne ou la iété qui est dans la tranquillité ou dans le ne n'est en elle-même ni émue ni tourmentée, nme un peuple qui a fait un traité de paix se un autre, dans la paix on est bien avec les 1res, on n'a à craindre avec eux ni guette, ni sension, ni brouillerie. Comme un bomme i , après avoir travaillé , prend et goûte du res , dans le repos on se délasse, on détend avec iisir les ressorts de son activité.
Pas de tranquillité pour les caractères inquiets remuants; pas de calme pour les gens irrita- Bs , peu maîtres d'eux-mêmes , qui , dans l'ocsion , venant à se trouver aux prises avec les énements , ne savent pas rester froids , impasblés; pas de paix pour les gens querelleurs; 18 de repos pour les gens ambitieux et qui enéprennent sans cesse '.
TRANSE, ANGOISSE,— ANXIÉTÉ. Vive OU ex- »sive inquiétude éprouvée dans une position ritiqueoù on se voit menacé d'un grand danger.
4 . Quiétude a le même sens général que les qua- '6 mois contenus dans cet article. Mais il ne se dit ne de Tàme on de l'esprit. 11 appartient proprement a langage mystique. « Oui , grande sainte Thérèse , e Tol de l'esprit, dont vous nous parlez, ce sommeil ie toutes les puissances, cette quiétude^ cette sustension de l'Ame tout entière, ces assauts, ces blésiures inlérieures ; tout cela ce sont des secrets que lous révérons. 9 Bocnn. « La foi nue, selon tous les nysiiques, est celle par où commence la coniempla- .lon, ou l'oraison de recueillement, de quiétude^ de limple présence. » Boas, c II est évident, dit-on, que Mme Gujon veut dispenser les chrétiens de tout culte lensible, ea réduisant pour toajoors les Ames à une quiètiule oisive, qui exclut toute pensée de l'entendement, et tout monvement de la volonté, s fis.
Dans la langue commune, où on le rencontre rarement, quiétude exprime un état plein de channe et d'abandon. « Vos bontés ajoutent infiniment A la quiétude de ma douce retraite. » Volt. « Tourmenté, battu d'orages, fatigué de voyages et de persécutions, Je sentais vivement le besoin du repos; Je soupirais plus que jamais après ceUe aimable oisiveté , après celte douce quiétude d'esprit et de corps, que j'avais tant convoitée. > J. J. « Le charme le plus toncbant des ouvrages de Fénelon est ce senUment de quiétude et de paix qu'il fait goûter A son laciear. » D'Al.
Quelle que soit l'étymologie de transe, il signifie à peu près la même chose que tremblement, dont les deux premières lettres sont les mêmes : on est transi et on tremble de froid , comme on est transi et comme on tremble à la vue ou à ridée d'un mal qu'on redoute. Angoisse, latin angor, allemand angst^ vient du radical ang (allemand enge) qui se trouve dans àngere, et àYX«*^» serrer, presser, suffoquer, jgêner; il marque serrement, oppression, détresse.
Dans les transes on appréhende ; dans les angoisses on souffre, on est oppressé, et on appréhende, «c Angoisse , dit Voltaire , exprime la douleur pressante et la crainte à la fois. » Transe n'exprime que la crainte.
Transe est pour les états heureux dont il se pourrait qu'on fût tiré. « Le roi s'amuse à donner des transes au prince de Conti (amoureux de Mlle de Blois) : il lui fait dire que les articles ne sont pas sans difficulté, qu'il faut remettre l'affaire à l'hiver qui vient , etc. » Sâv. « Le cardinal Dubois était marié , sa bassesse ne lui laissait que les élévations ecclésiastiques , et il était toujours dans les transes que sa femme ne l'y fît échouer. » S. S. « Le duc du Maine vivait en des transes mortelles pour toutes ses grandeurs, et il avait trop d'esprit encore pour ne pas trembler pour ses énormes établissements peu sûrs. 3» Id. « Quand les petits canards couvés par une poule vont s'ébattre ou se plonger dans la rivière voisine, c'est un spsctacle singulier de voir la surprise, les inquiétudes, les transes de cette pauvre nourrice ; elle s*agite incertaine sur le rivage , tremble et se désole, s BuFV. — Angoisse est pour les situations malheureuses ou pénibles dans lesquelles on est ou on se croit exposé à une augmentation de son mal ou à un mal encore plus grand. Ce mot ae dit , par exemple , d'un homme à Vagonie (Fén.) , d'une femme en couche (S. S.) , d'un pécheur affligé de ses fautes et effrayé de la justice divine (S. S. , Mass.). « Les angoisses du remords, s Marm. « Un état à* angoisse épouvantable.» Lah. « Oreste ne peut pas résister longtemps à des angoisses si déchirantes. » Id. « Florian passa de la prison dans son lit de mort, où il fut emporté en peu de jours par une fièvre chaude, suite des angoiises et des horreurs de la situation dont il sortait. > In.
Au reste , transe a plutôt rapport à des maux qui regardent les autres et que nous ne ressentons que par sympathie. < On me mande que Mme d'Argental est à l'extrémité.... Mme d'Argental est-elle en vieT... Nous sommes dans des transes mortelles. » Volt. Ou bien transe suppose des malheurs moins accablants , des pertes , une simple disgrâce , un funeste succès.
Anxiété a le môme radical qvJangoisse , et en diffère très-peu. Cependant Vanxiété est moins vive et plus constante; c'est un état d'an^oiwe, mais un état affaibli. On ne vit pas dans V angoisse^ elle a trop de violence pour pouvoir durer; mais on vit dans Vanxiété. < Le héron nous présente l'image d'une vie de souffrance,
à*anxiété, d'indigence V^illughby attribue la
maigreur du héron à U crainte et à Vanxiété