‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 411 sur 426 · IM · texte numérisé non relu

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DeVXlfilIE PART»

eoDiinuelle ôèmb kqotlk il TÎt. » Bvrr. On dira bien une nuit d'ongoÛM (J. i.)* dei cris d'angoûse (CoMi.)\ P>n« qu'il s'agit ici de cheecs passagères ; mais , par la raison eonteaire, ob devra dir»les amxiétéê (MUaM.>et naa leaoafeisses de rAvariee*

TRANSFOEMER , ItÈTAMÙÊfUOSÊM. Opérer on chaDgement de fonne ou de maniAre d'Atre«

Transformer^ latin tramforimrs, se dit plutôt dans le langage de TEglise et en pariaiit de ce qui arrive ou est arrivé chei les chrétiene. Bans reucharistie le pain se trtmtformê au. corps de Jésus -Christ (BoceO* « Les vaisseaux troyens changés en nymphes ne choquent pae moins le goût dans les anciens que les guerriers chrétiens traMformés en perroquets par la. baguette dTAtnûde dans un poème moderne. » Lab. « On reproche à Miltoa ses diables qui de géants qu'ils étaient se iraMf/brment en pygmécs pour tenir moins de place ait ceoseiL > Volt. JÎ^Iamorphoser, du grec {ASTxpiôpçMOK, appartient, au contraire, à la mythologie, et désigne des changements opérés par lee dieux de la Fable ou du paganigme. « Les poètes, lorsqu'ils décrivaient les infâmes commerces de leurs fausses divinités, ne les représentaient jamais dans leur forme naturelle , mais toujours déguisées et souvent VKétatnorphosées en bètes. » Bourd. « Les compagnons d'Ulysse, ayant bu le breuvage de Circé , sont tout à coup métomorphoiés en pourceaux. 9 Fbn. « On équipa (chez les Romains) dans l'espace de deui mois cent galéree à cinq rangs de rames , et vingt à trois rangs : en sorte» dit un auteur , qu'on aurait presque cru que ce n'étaient pas des bitiments construits par l'art . mais des arbres mtftomofpAoa^ en galères par les dieux. » Roll.

B'autre part, traïuformer est devenu un mot commun, significatif d'un phéBomène on d'an fait qui peut n'avoir rien que de naturel. Les transformationt de la nature (Bvvv.), de la greffe (J. J.). « Cotnment la nature s'y prend-elle dans la transformation do certains reptiles en espèces volantes? Elle y procède par degrés. » P. A- « Un gland se transfêrme en chêne.» Yolt. «Quand les géanU aux cent bras se trouvent tranaformés en moulins à vent, on rit aux dépens de don Quichotte. » Lax. Mais métamorphoser, quoique également usité dans la langue ordinaire , exprime toujours un changement produit d'une manière merveilleuse. « L'étude des plantes nous ofTre une succession de métamorphoses et un enchaînement de merveilles qui tiennent tout esprit sain qui les observe dans une continuelle admiration. > J. J. « On a. dit ceci de merveilleux des oiseaux-mouches , qu'ils se produisent d'une mouche , et un provincial des jésuites affirme gravement avoir été témoin de la m^tamorp/ioxe. » Bdff. « Il semble que tous les pavés de Vitré soient métamorphosés en gentilshommes; je n'ai jamais vu tant de monde, s Sàv. — Les changements de certains insectes en papillons sont appelés des transformations quand on les considère comme quelque chose de simple et qu'on se borne à parler la langue de tout le monde; mais on les nomme des métamorphoses

en termes d'histoire natsrèDe, oo r^:, regarde conune qudqae cksîe d'éL ..l :

miraculeux.

Il suit de là que, fusai cesdetaiacUïz:. . nent dans un se&s hyperboliqie oaUr« i exprimer un changensotsurveou àansli«sif d'être extérieure se iatèheaied'iiB Uss.» ! tmmêrphoser marfie bbs traMifonmi'Am * ordinaire, inattendue, surpraute. i^ <a tout à lait mécoonaissable. Le poèiedrissi^ noae êmmfwmt et neos lut àam a >%$ sorte les personnages an sort desq^ei d «s nous attacher (Uv.V La grâce noys wmx pAoee : « On m'a dit de M. de Lafosâ^et choaca hors de vraisembUace, f^i^:

son corps de hairss, de dliocs tïit^^' maie la gr&ce de Dise ne se kne pu i k chaBTenents ordiaaifes, d tieUtpi^t véritables métamorvhùses qu'elle J2iL»B£ — • Spartaeus a Téoet^ ftiwe, ïaùstaiss de liberté et de veogeuea léeeisLre panTSr mer des esclaves et les trmufmm eo psxi^ Lab. « Quoi de plus msmtnendiœ i/iidns (pM àt wtAamorpkoâerioU itaip VLfenfs nage tout entier, de !■ douer m satreicc d'autres passions , d'aill» mè^î > lo.

TRANSPORTER, IRiMniB.iTWS5KlT.

TRAIVSLATION). Porl«r «iiiiB|WÊidTai:r en un autre.

A la rigueur, ces deeiniotewaDaildiili:

savoir : le premier de ftrssi, adeli.fi»^tor«, porter; le secoaddelrflii.aèbï.scî ferre^ qui signifie au» porter.!» {=■«'= simple , porter, exisu en fraoçé, it^!^ ferre est resté latin, il s'eawt i* «"f*^ est un mot commua, tout u\xtûst.k^-vulgaire , qui rappelle new "Wlj»tff^ que son primitif portor « ; aa Meo qa* i«^ conserve un air étranger, use pfey^s*»»" tine et savante. De li toute la diSacsH»? les deux termes.

Transporter est le mot ordliaire,"'''^^ styles. Tran^/rer est untermedejanJ^'îâ®?

et de litui^e. Celui-ci ne se dit lapR^ dffiis un petit nombre de phrases vbJ»J^' appelais on dans l'Église. JV«nif<fwB?»

nier, un eorps mort, u« corps »^^'^^ ques. Et encore dans ces différents cîsei y» se servir de transporter, si od voulait f-^langage commun , et ne pas exprimeruat-^ gai, un acte fait dans des circousUccs^'» des cérémonies prescrites. UflfO)tafi«ï«f'^ de transporter des prîsoBBiers. Des kac^w; vent un corps mort dws is ^,^^fL] transportent dans une maison raisî» /^^ très-bien observé cette différence dïiis.e,>tsuivant de son Histoire de Por«-*';ï«^\. j, voulait d'abord trofwporler dans li s^^. faubourg Saint-Jacques qu'une paï« »

gieuses ; mais le monastère des Ch»^^ ^ plus malsain de jour en jour, on ff^"^^, l'abandonner entièrement et de ïw'^ .'>, toute la communauté, après en a^f^'-jj^ consentement du roi et de l'ardicve^ae. . ;^ porter convient d'abord, parce ^^''^.^f acte libre et indépendant de toute «D'^"-

SYNOmni£S À RADICAII3L DIVERS.

férer esfk «otiine le sMi proyverV parce ^jù» ; il se trcmyff il ej^rào* la âote qui tombe une jnridietiôD.

lis , en général, trûntfwtef fe dit plutôt au ra et au physique, el trm»firer ftu figuré et loral. Ii'exempîe même ^> Tient d'éire cité rouve. On transfère la comiHuBeuté , et on tporte les raligieusee; on trùmfère wi eime- '. (Volt.) , et on transporte les ossements; on sfère don domicile , et on IroiMporle ses mcu- . Les Panes, ayaot pris MUet, nônèieAt e ville , €St en transportèrent letf habitants à 3 , d'où Darius les envoya sut les bords de la Rouge (Coud,); iiezandre, aiprés avoir pris saut la Tille de Tyr , lui ôta sa marine et son imerce, qui forent tranféréf à Alsaodrie LL.)- « Il a'y a rien, dit Ti^ Graochos, de si it ni de si inTiolable qae les chose» qm ont été sacrées aux dieu. Cependant jamais personne enaptehé le peuple de 8*ea servir , de les tnger de place, et de les tranapcrter à son L llloi est donc permis de faire du tribunat ce il fait des choses les plus saintes» et de le msférer à qui il Tsut. > RoLt.

La difficulté semble devenir plus grande quand » deux mots se prenoent au igHré» Alors trans- 'er se dit seul en termes de droit et de haute ministration civile ou eeclésiastiqae. Transfér la juridietiain d'un tribunal à un autre, la lur royale on la préfecture de telle ville dans lie autre (Acàd.); de Rennes, le parlement fui ansféré k Vannes (Sév.); transférer un évèque une ville en ime autre (BosAb, S. SI); le saintége fut transféré de Rome à. Avignon (Agad.)ors de ces cas, tmufporlsr est préférable : L'empire fat frafi^i^orl^ de la nation vaincue à i nation conquérante. » AgaDï *- G^eodant on it bien que GonstantÏA transforta et transféra I siège de Vempire romais i Gonstantinople àCAo.)' TfOMperl^r, au lieu de tnmsférer^ est ci le genre pour l'espèce « le nket oomaun pour e terme spécial; et il conviendrait eneore mieux i l'égard d'un fait qui e4t en lie», non dans les ismps anciens, mais de nosjeuis* ««Le ezar Pierre ordonna que le sénat de Moscou fiAt tnm^orté à Pétersboorg. » VoaT. C'»t qae transférer sent l'antiquité, et s^enfloie plus veloatieff» pat rapport à ranîiqiRté^

En parlant d'tm émt, le froiNyoriif et le frofij/'erer , c'est également le céder , selon la définition de l'Académie; avec cette différence pourtant que le iranêférer^t*tei^ ajoate^-t^lle , le céder en observant les fondalitée requises, tlien de plus juste. Ici , eonuse partout ailleurs ^ itaiMférer exprime queUpie choie de légal. • Secourir tt&e âme dans le purgatoire , c'est lui tnmspofter le firail de vos bonnes osnvree, et le lui cèdet. fl Béum». • Une natiea entière 'n'appar« tient point en propre i une fiUe, comme un pré ou comme une vrgM , en sorte que la propriété en puisse être tramférét^ comme une dot , à des étrangers. » Fén. Uiie femme transporte au mari qu'elle épouse l'empire s«r tfUe-méme, son domaine, comme dit Bosenet, et die kd Pramfère ses droit».

Transpm et trùnsUMt^ dilillQBt d» màmor Au

propre, traneport est d'un usage général ; et translation désigne seulement, en langage de rituel, l'action de porter des reliques, un corps saint, un corps mort, et chez les luifs l'arche sainte (Mass.), d'un endroit à un autre, et en termes de palais, le transport d'un prisonnier. «Louvoie alla voir l'Homme au masque de fer dans Tile Sainte- Marguerite , avant sa translatién à la Bastille. 9 YoLT. Translation est aussi préféré pour un transport extraordinaire , et qu'on veut faire remarquer en se servant d'un mot extraordinaire lui-même. « Bon Dieu I quelle translation de Mme de NoaîUes à Perpignan 1 Le moyen de se la représenter hors de Versailles ? » Sév. « On prétend que Notre-Dame de Lorette vint par les airs dans sa maison de Jérusalem en Dalmatie, et de Dalmatie à la marche d'Ancône. Il y en a qui ont démontré cette translation de la maison de notre sainte Vierge. » Volt. — Au figuré , translation s'applique aux mêmes choses que transférer , excepté dans le sens où ce verbe se prend pour céder un droit; et lÀ même où transporter se met quelquefois à la place de transférer , translation s'emploie seul, k fexclusion de transport. « Constantin transporter le siège de l'empire.... Dioclétien avait déjà donné l'exemple de la trafU' lotion de l'empiie vers les côtes de l'Asie. » Volt.

TRAVAIL, LAWtOL Peine que donne un ouvrage.

Travail est vulgaire : les étymolog^tes ne le rattachent que d'une manière incertaine à quelque mot de la basse latinité. Labeur , au contraire, est noble et relevé, parce qu'il reproduit dans notre langue le latin labor , qui a le même sens.

Trooatl est de beaucoup plus usité que labeur , c'est le root commun. Labeur ne se dit guère qu'en poésie, dans le style soutenu ou en parlant d'un travail distingué, d'un travail de l'esprit y par exemple.

Un octogénaire plantait...^

Quel fruit de ce laJIfâur pouvalV-il recueillir ? Laf.

Dans le troisième lot , les fermes , le ménage , Les troupeaux et le pâturage, Valets et bêles de labeur. In»

« On eiige que vous connaissiez ceux (de vos fermiers) que les fatigues de l'âge et de leurs Zobewfs ont épuisés. » Ma.ss. c J'y mettrai tout mon Figaro, c'est de l'argent qui m'appartient, que i'ai gagné par mon labeur. » Beauk. « Comment un commerce inutile peut-il s'excrcbr le dimanche, pendant que d'honnêtes labeurs qui sustenteraient mille pauvres deviennent l'objet du scandale de nos seigneurs les gens de bien ?» In. « Le public voit Jeaa-lacques riche pour lui reprocher de faire le pauvre, ou pour le frustrer du produit de son labewr en se disant qu'il n'en a pas besoin. » J. J. • Je crains que, si on le voulait faire trop travailler dans les nombres, il ne s'en ennuyât; car en effet c'est un labeur fort infructueux. » Desc. Dans des Pensées imitées de Sénèque , Malherbe a mis de suite les deux phrases suivantes. « Les belles ftmes se nourrissent au labeur. Ce n'est rien que de ne lefuser point le travail ^ il le faut ebecober. »

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