DEUXIÈME PARTIE
Quant au sens, labeur est encore particulier par rapport à travail. Il exprime un travail Ui' borieux , qui demande beaucoup de peine , et un travail semblable à celui du Zo^ouraye , c'est-àdire long y qui ne produit de fruit qu'au bout d*une année , après bien des soins , après toute une suite d'opérations ou de travaux. « Est-ce à nous d'insulter aux savants du zvi* siècle , quand ' nous jouissons du fruit de leur labeur? > Lab.
Bien paraissait la terre être mandiie.
Car le manaoi avec peine et sueur La retournait et faisait son labeur, Lav. «
Le bœaf vient i pas lents.
Il dit que du laheur des ans Pour nous seuls il portait les soins les pins pesants, Parcourant sans cesser ce long cercle de peines, Oui , revenant sur soi , ramenait dans nos plaines. Ce qae Gérés nous donne, et vend aux animaux ;
Que cette suite de traTanx Pour récompense arait, de tons tant que nous
soounes. Force coups. In.
Il ne faudrait qu'une Jonmée Pour lui voir (à la Loire) entraîner le fkult De tout le labeur d'une innée. In.
TRÈS , BIEN , FORT. Particules qui se mettent devant les adjectifs, les adverbes et les participes pour porter au superlatif la qualité ou l'état qu'ils signifient.
Trit est absolu, bien relatif. Quand on dit d'une chose qu'elle est trèt-houne ou très-héile . on énonce une vérité objective, indépendante de ce qu'on éprouve. Hais ai voua dites qu'une chose est bien bonne ou bien belle , vous faites connaître en même temps la manière dont elle vous a affecté, votre sentiment à son égard, ce qu'elle a produit en vous de bien ou de mal. Cet homme est Irét-malheureux , ae dit froidement et avec indifférence; cet homme est bien malheureux, témoigne dans celui qui parle de la compassion. Ce qui est fr^-loin de nous en est à une grande distance ; ce qui est bien loin de nous en est à une distance étonnante. Un pays est tréf -voisin du nôtre , et il est habité par des personnes que nous trouvons bien aimables ou bien étranges.
Fort parait $e prendre, tantôt dans le sen*^ absolu de très , tantôt dans lé sens relatif de bien.
Dans le premier cas, il diffère de tris^ en ce qu'il est intensif, et non pas extensif , en ce qu'il s'applique à des choses susceptibles d'accroissement et de degré , plutôt qu'à celles qui sont susceptibles d'augmentation. Un homme est frd«grand, trèt-groi ou Créf-mince; il est /"orf violent ou fort adroit. Un grande étendue ou une grande variété de connaissances constitue l'homme frétsavant ; on est fort savant quand on se diatingue dans les sciences par la pénétration ou la profondeur. On est (r^f-gourmand , (r^-orgueilleux ; mais on est fort empressé , on fait les choses fort vite , fort à la hâte. Telle montagne a une tris^ grande hauteur; et telle machine une fort grande puissance. 1
Fort, quand il se rapporte à nous, quand il est, comme bien, subjectif, a encore sa nuance particulière II est affirmatif : ce qn'U môle d«
nous à ndéa du superlatif, c^est la force ar-- ^ quelle nous affirmons cette idée. Je sais f&n :; content, fort aise ou fort sensihlc â telle ti se dit avec force ^ avec insistance, av«c k .: d'un homme qui n'hésite pas A parler et qui t.. être cru; je suis bien mécontent , btem *:=€ bien sensible à telle chose, marque reffùiîoD :. sentiment de peine ou de joie dont on a eu ;-. nétré.
Un homme frét-^age l'est beaneonp. Un h^m^ bien sage est déclaré l'être beaucoup par ane y£sonne , dont bien exprime Tapprobation et k s:tisfactîon. Vous dites d'un homzne qn'û est .'--: sage, en assurant on ponr assurer qu'il ïas. beaucoup.
1* TROMPER, ABUSER (BÂTROaiPEK. DÉS- ABUSER] , DÉGEYOIR, EN OrPOSEIt , JLEURRER SURPRENDRE. AMUSER , DO!f!fKK Û CHASGt — f ATTRAPER, DUPER, SIUÔLKR , KKBABOn- NER. Paire errer ou faillir, ou bien f;tire errt: et faillir; faire croire quelque chose de faux sisr plement, ou bien en mtee temps faire fair? quelque sottise ou quelque ûate, âurg Éàire ou faire recevoir quelque chose de maovals; de nuisible,
1* Tromper , iûmeer (détromper , désabuser), décevoir^ en imposer, leurrer^ surpreadre, amuser, donner le changé.
Tromper, quelle qu'en soit VétymoVog^, est le terme général. Il se dit le plus sooreat^ et peut servir à définir tons les autres, ça/ expriment chacun une fkçon particulière de iftfwpgr.
Abuser, c'est tromper, non pas camms à Tordinaire , en empêchant , en troublant ou en fourvoyant rintelligence, mais en exerçant ane certaine influence sur la partie affective de antre être , sur la sensibilité , sur la volonté. « il j a, dit Pascal, deux entrées par oè les opinions ' s*insinuent dans Time, qui sont ees deex principales puissances : rentendemement et la vnîontè.» Or, c*est, à proprement parler, Vcntecdement qu'on Irompe, et la» volonté qu'on ebuse. On (fom|»<, comme on égare, rignorance et Finallention; on abuse, comme on séduit, la Jaiblex et la confiance. « Nos sens et la perspective aoas trompent. » Acas. c Nos sentiments et ans pessioDs nous abusent. » 1. J. Faites en sorte qu'os ne voie pas ou qu'on voie mal ce qui est, tous trompejr; profitez de votre créance parmi ccriaines personnes, de leur déférence et de U prise que leurs passions vous donnent sareDes. poor les induire en erreur, vous abusex. Dans le Festin de Pierre, don Juan est un fourbe qui diercbe à abuser de pauvres jeunes filles en abusasa de sa supériorité et de Tactton que leur faiblesse hà donne sur leur cœur (Mol.). « Ëpicuie a bUiné les superstitions dont on àbusê le peuple. • Fèm. m Nos amis nous reprocheront leur bonne foi abusée, leur amitié séduite. » Mass. Oa sefroii^ faute de lumières ou d'examen ; on s'aftiraf en se flattant , en se disant illusion , par amourpropre.
Cette même différence est plus facile encore à saisir entre détromper et désabuser. Détromper. c'est tirer d'erreur, faire cesser la fausse croyance où on est. « Des prêtres afferaiissem Hérode
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
Terreur , en lui cachant ce qui aurait pu le ymper. » Mass. « Ils n'avaient garde de sonâi détromper le prince de ses erreurs et de fausses idées. > Roll. « Afin qu'ils détroment le sdnat des faux bruits qu'on pouvait r répandus contre eux à Rome. » In. Mais rbuser , c'est tirer d'illusion , faire cesser la ' eut ion ou l'attachement, c'est-à-dire Terreur ' ible. « Dieu permit l'horrible chute de saint Te pour le désabxuer d'une certaine faveur ;ible, et d'un courage très- fragile auquel il onfiait yaînement .« Fén. « Téiémaque était xbusé des victoires et des conquêtes dans un où il était si naturel qu'il fût enivré de sa ire. 3» Id. On se détrompe d'une erreur URD., Boss.}; on se désabuse d'une espérance, se détrompe en éclairant son esprit ou sa rai- , en les convainquant. «Que les hérétiques isultent les conciles , ils pourront aisément se romper et se convaincre, s Boubd. « Il recontra son erreur , il se détrompera. » Id. On se labiLse par une persuasion contraire , en démant, en désensorcelant l'imagination ou la isibilité. « On commence à se désabuser et à dégoûter de ces établissements, du moment .'on y est parvenu. » Boubd. « La terre est un tu dont nous sentons le vide et le frivole sans L être désabusés, j> Mass. « Beretti s'était flatté le de pareils offices seraient d'un grand poids, idogan lui dit qu'il devait se désabuser d'une pérance si vaine. » S. S. Il ne suffit pas d'être itrompé de ce qui nous tient au cœur, il faut 1 être désabusé.
Décevoir et en imposer, c'est tromper par Textrieur ou la mine , par quelque chose de spéieux. Mais ce sont les choses qui déçoivent. Notre raison est toujours déçue par l'inconlance des apparences. » Pasc. < Dieu n'a pas oulu que nous fussions déçus par cette appaence de raisonnement que nous voyons dans les inimaux. » Boss. « Il y a des schistes qui sont )resque aussi inflammables que le charbon de erre. Cet effet a déçu quelques minéralogistes , ît leur a fait penser que le fond du charbon de terre n'était comme celui des schistes que de l'argile mêlée de bitume. » Bupf.
Mon Dieu ! le plus souvent rapparence déçoit : Il ne Taut pas toujours juger sur ce qa*on voit.
Mol.
Ce sont, au contraire, les personnes qui en twposent, c Vous n'êtes pas la même qu'auparavant : vous mentez sans me rien dire , par l'air égal arec lequel vous croyez m'en imposer, s J. J. ce On peut en imposer aux hommes qui ne jugent que sur ce que nous leur paraissons, y» Mass. « On flattait le peuple par ces discours plausibles : nous ne vous en imposons pas*: lisez vous-mêmes; examinez les Ecritures. » Boss. Ce qui nous déçoit nous trompe sur le fond des choses, leur nature, leurs qualités essentielles; ce qui nous en impose nous trompe sur le mérite ou les sentiments véritables des personnes. — De décevoir vient décevant , qui ne s'applique qu'aux objets; et en imposer donne imposteur ^ qui ne se dit que des hommes, leurrer, c'est tromper en alléchant, ou allé-
ITN. FRANC.
cher pour tromper, c'est, pour prendre ou faire tomber dans un piège , présenter quelque chose de délectable, qui promet ou fait espérer du plaisir. « On attire la souris , on la leurre aisément par des appâts. » Burr. « Les goélands s'enferrent sur une pointe que le pêcheur place sous le hareng qu'il leur ofi're en app&t, et cette manière n'est pas la seule dont on puisse les leurrer. » Id.
Entre les gens qu'elle (une coquette) sut attirer. Deux siens voisins se laissèrent leurrer A l'entretien libre et gai de la dame. Laf. Le perroquet dit : Sire roi.
Tu m'allègues le sort : prétends-tu, par ta foi. Me leurrer de l'appât d'un profane langage? Id.
c Deux tribuns du peuple excitèrent quelque mouvements en proposant une loi pour le partage des terres : c'était l'appât ordinaire dont les tribuns les plus séditieux leurratenl le peuple. » Roll. « Ceux que l'injuste veut opprimer, il les attire dans ses filets par des paroles douces et par tous les semblants de l'amitié. Il leur laisse croire qu'ils vont trouver en lui un protecteur et un asile. Il les leurre de mille apparences frivoles • Mass. « Alléché par des caresses, séduit par la vanité, leurré par l'espérance, forcé par la nécessité, je me fis catholique. » J. J. Ce sont les apparences qui nous leurrent^ comme ce sont elles qui nous déçoivent; mais celles qui nous leurrent ne nous cachent rien de bon qui justifie notre espoir et notre empressement, au lieu que celles qui nous déçoivent ne cachent rien de réel qui confirme l'idée que nous en avons.
Surprendre, prendre au dépourvu, âTimproviste , c'est tromper tout à coup celui qui ne s'y attend pas , celui à qui manque ou à qui on ne laisse pas le temps ou le moyen de se reconnaître. On dit proprement surprendre la vigilance de quelqu'un (Montesq.). « Défiez-vous de cet homme, il ne cherche qu'à vous surprendre, s AcAD. < M. de Pourceaugnac est un étranger qu'on veut surprendre , et qui de bonne foi vient se marier avec une fille qu'il ne connaît pas et qu'il n'a jamais vue. » Mol. « Est- il hérétique? Attendez , me dit mon docteur , vous me pourriez surprendre. Allons doucement. » Pasg. « Les puissances établies par le commerce sont de peu de durée. Elles s'élèvent sans que personne s'en aperçoive; mais à la fin chacun cherche à priver cette nation d'un avantage qu'elle n'a pris , pour ainsi dire , que par surprise. » Montesq. « Les rois surtout sont sujeU à être surpris (Pasc., FÉw., Roll., Mass.), parce que, comme ils ne peuvent pas tout examiner par eux-mêmes, il leur est difficile d'être en garde contre les brusques entreprises de leurs ministres. >
Amuser, c'est tromper en faisant perdre le temps , en occupant , en appliquant à des bagatelles. « Charles-Quint et François I*' ne songeaient qu'à s^amuser Tun l'autre par celte négociation , pendant que chacun de son côté tâchait de se faire de nouveaux amis. » Boss. « Le connétable fit partir le roi et la reine pendant qu'il amusait à la queue les ennemis par des escarmouches. » lo. a Un des rois des Egyptiens cher-
iOlO
MUXItlie 9AMm :
cha à iM — wagf pv 4«t gverrti 4* religion, pour iMr 6t0r It toipt tt les moyeu 4» oompirer eontre l'ÉUt • Roll. « Fertée dit q«e, pour gagner da levi|M , les RvaMias TiTaieDâ anmsé pendamtoat l'hiver par des entrvrnes tranpauses et par «m trèn sinnilée, soof le l>eaa prétexte de travailler à une réoeqNiUatiea. » lo. cLes pasaioni pentant éUoair, râ§e séduira, Texemple entraîner; mais enfin le gnmd, le so<lide d« la religioB praod la place dans an bon esprit de tout le tvimà» qui l'avait «ouii^.» Mass. Vous mnutex de belles pwoles on do boUos promesses une persome ^e mas TOiikc fiiire attendre en Tain; ce qui tous fonmit l'aTantaga de gagner dn temps et d*écbapper à des penrsuitos on à mie sairoillaoco ini|x>rtnna.« Malgré les menaces du papo, Charles loCbawre s'onpara de la Lorraina, et mfoya las y^ato, après les aroir ammét de belles pronesaea. » la^
l>onfMr le «hon^e, e'ast tromper on taisant prendre une chose poor nae autre, en asoBiat, non pas nae erreur , mais «ne méprise. « Vou:» ▼ouïes donner le change i il ne s'agit pas de sa> voir si toiM les sentîBMita de saint Augustin sont des artieles de fai ; il s'agit de savoir si tous n'aTOt pas pris na to«r qui porta trop loin. » Boss. On denne le cbmife à renoami (Yoi,t.)i en l'indutsant à eroife , par «ta aitaqae simulée, que c'est à tel pefot qu'en en Tant, tandis que c'est à tel autre. « U rftle profita de oel ioBUnt d'erreur de l'ennemi (le «bien) pour neianir anr m Toie et donner le dbnnf e. « ^fv«
2* ilf«f aper , émp&r , en>dier ., emàobom'nef .
Attraper y duper ^ enjôler et embabouiner ne sont usités qne dans le langage oommnn, ot o^a , Pf^l symt pour ka sépanr da Imirasisnonymas précédents.
AUraper et duper m ressemMent boMOOnp.
Ben !les femmei, déjà si seuf ent ettwyéa ,
Seront-etles eoeor par les boannes 4yM»? Beoii.
c Boudin se mit dans la tête que la pierre fhiiosophale n'était pas impossible à trouver, et il y fut cent fois dup^.... Mille fbts aurapé, mille autres il s'y laissait reprendre. » 8. 8. Copisndant attraper est moins sérieux que duper. Il annenoe nn simple tour d'adresse, une tromperie piquante et risible plutôt que nuisible et préjudiciable. « le fus attrapé comme un sot, qnaad je ems bonnement que l'impératHoe de lUisaie s'entendait avec le roi de Pologne pour faim rendes juatice aux dissidents. > Volt. « y<Am dente est la preuve que vous pensée. Mais, répend Pyr rbon , j'ignore même mon igaomnce. Voua voilé bien'arcrap^. » FÂa. « Tappréhende faneusemeat le difttni^ito : j'y ai déjà été eUtrapé, m Fisc. c Par ma foi , ton maître est ptaisanmont attrapé, » Mol. h n'est question dans les comédies et dans les contes que de femmes qui cherchent à attraper leurs maris <Laf. , Bboii. , Tolt.). — Mais l'action de duper tire pins à oonséqnenœ, au point de vue de l'intérêt; elle a proprement pour effet de causer une perte on nn doBMnage; c'est une supercherie. « Sans leur appareil, jamais les médecins n'anraient dwpé le monde, qui ne peut résister i cette montm auttioBtiqne. » Pàsc. « M. du Plessis (qui tient de oamafiaf) me
paraît trompé et dmpé sur le l>îen.... VoIIi :3 grande sottise. » Siv. « Le brouillard ne dif^^Ti. et découvrit aux Romains toat à. In fbin et Itjrr et la fraude des Carthaginois. Néron , hont^œ i* s'être ainsi laissé di^sr. se mit en dercâr de n ponranivre. » Rûll. « Mme de Laxenabonrr s reprochait de me laisser duper par mes 1 i rires. » 4. J, « Quel es) le plus biftmable à r: boui^eoîa sans esprit et vain (M. Joixrdam daa le Bomrgeoit genUlhomune) qni fait sottemsa: ]s gentilhomme, ou du gentàhomme fripon (I^ rante) qui le dupe? 9 In.
Enjôler et embabouiner signifient tons des attaper, duper, leurrer par des caresses 00 de propoa flatteurs.
Mais et^àleTy attirer dans une ge51è ou cia. itaUen ^obtola, cage, exprime une actiop <r3 demande beaucoup de finesse et d*insinoztiaB, et se dit particulièrement comme eajoier, cssa l'étymologie est la même , en parlant des ftsm» ^u'on cherche à séduire en leur disant des dea- Ceurs. • Dans les contes de Lafontaîne il n^ • que des femmes qui attrapent leiuv marÉs oa des gargons qui et\jdlent des ûlles. » Tolt. « Félicâ me dit que ai les femmes savaient J^rt d'entémr les hommea, en récompense les liommes n'ignoraient pas oelui d*enjôler les fenuoes. « Les.
feibnboHMier, enjôler un babouùi, nn enfcit niais* smppose dans oelui qu'on trompe phis de bêtise; aussi e&t-oe un mot plus bas que le préoédeat. « Les valets, servantes et vils persennes, ne pouvant dire aux enfants qne lUiJes, propos vains et niais , abbreavent df jà et euiba- 2>onf»efa cette tendre jeunesse de soitiae§ et de niaiseries. > Cbarr. < Mes envieux, La Feoi/bde et Laroebefottcauld , cmliaboatnèrfmf (emfilbrem dana levr parti) ce pauvre duc de SaBj. » S S.
nOUPB, BANDB, GOMPAGEflE. Flnsfeois peron plusieurs animaux , qui sont ou vont , forment uno troupe, une ~
LaéraîiiNU de tarba, fbuje, est nombreom. La bande, an contraire , ne l'est point : c'est uoe petite trempe , ou bien un détachement , une ftaelion, «ne partie de la trotcpe. « £n Chine, larsque le peuple meurt de faim» il se forme des tesdes de trois , quatre ou cinq voleurs : la pbipBt sont d'abord exterminées; d'autres se graiBssenl..., et il peut arriver que quelque flpoapc CMselDrtane«BUeae maintient, se fortîfieefse forma en corps d'année. » Mortesq. « Bès 1i mois de juillet, tous les vanneaux d'unmarBi se iMsambleat; ils se joignent aux boadeidB marais voisins, et donnent en peu de jovsdB treupei do oinq ou six cents.» Bufp. « Au kOmt dn printemps, les hirondeUes de mer, çoi vrîvent en grandes Ifnupes sur nos cdtes mariliB» , se séparent en bondet, dont quelques-oms pènètreat dans l'iotérieur de nos prorinces.» la. c Les oonrlis rouges se tiennent en treapes^ Mais ces attronpementa sont distingués par igi, et les vieux tiennent assez constammoit leen bmidft séparéea de cellea des jeunes. «In. <6ustsfe Wasa partagea saHmipe en plusieanbaades, afin de mieux oadmr sa marche et son d«aain. eVniff.
SYNONYMES k RADICAUX DIVERS
En second lieu, le mot troupe , exclusivement relatif an nombre , n'indiqne jun cooDiant amit on vont ceux qui la composent; «a Utu «ciuele mot bande représente un eertaiin amngement, une disposition anr une même ligm. « J^aânaîs à Tofr Tacoord de cinq eu six eenli hommes en uniforme , se tenant tous par la main , et fonoant Tine longue hand9 qui serpentait en oadenee, et sms confusion. » J. J. « Si la bande écB oieseanvages est petite, elle n^ fornm •qutme seule ligne. 3> Bupp.
Quant à la compagnie, «Ile m diitmguepar l'union de ses membres. Ce n'est plus feulement un assemblage , mais quelque cbose de réglé et d'étroit , une association , une sorte de flnmlie. € Les perdrix grises ont l'insliBCt social , car chaque fomiile vit toujours rénniie en uan aeule bande qu'on appelle volée ou oompagni» jus- ^'au temps où Tamour la diTise. » Bitpf. « On Tolt sur les étangs ces sarcelles |wr cempa^nies de dix à douze qui forment la fannlla. » 1d. L'amitié, dit Plutarque, est bien, pour ainsi dire, bête de compagnie^ mais non ^bb de troupe. » Habu. C'est-à-dirs qu'ette n'a lieu qu'entre hommes d*une société inthne.
Beaucoup font la troupe; quélquefr^ona allant à la file font la bande. Un nombre quelconque, liés entre eux par une comnranauté d'occopations , de soins ou d'intérêts, font la compo^me.
Ces mots diffèrent encore sous un a«trs point de Tue. Bande est moins noble que froicpe .* on dit une troupe de comédiens (àgad.), de sauvages (Les.) , d'esclaves (Volt.) , de comTeB(BoiL.) , de paysans (Acad.); et une bande d'iiistrions (7. J.), de débauchés (Volt.), de Bobteims (Mol.), de voleurs (AcAn.), de forfaits (Lis.). Sur ce vers de Corneilid :
n but donner un chef à TOtre f Uustre èmmde, Yoltaire remarque ceci : « Une bande ne se' dit que des roleurs. » « En Sicile, les esdarres marchaient en troupes et formaient des banâft de yoleurs. » Cond. « Dites bande de eomédiens italiens , et non pas troupe : c'est un titre qui n'appartient qu'aux comédiens fran^is. »Rbom. Dans la &rce du Baron de la orasee, un pvrsonaage s'écrie : « Toici la bande des comédies. •» On le reprend ainsi :
Dites trompe : Ton dit bande d'Égyptiens»
Bt bande ofTenserait tous les comédiens. — Mais troupe ert à son tour moins noble que tcrmpagnie. 11 y a longtemps que les «emédiens ont réclamé contre le mot troupe qu'on continue néanmoins à leur appliquer cotleetirement. < Gil Blas, dit Arsénié , eorrigez tos exinressions : sachez qu'il ne faut point dite la froupe (en parlant des comédiens); il Ikut dire la compagnie. On drt bien une troupe de bandits , une troupe de gueux, une troupe d'auteurs; mais apprenez qu'on doit dire une compagnie de comédiens ; les acteurs de Madrid surtout méritent bien qu'on appelle leur oorps une «wiptfgnie. > Lm.
TBOmrER, RENCONTRER. Oes mots, que l'Académie définit l'un par l'autre, signifient tous deux arriver à être dans le même lieu qu'une pexsonne on une chose et l'y apercevoir,
rCAUX DIVERS iOii
soit qu'on la cherche , soit qu'on ne U cherche pus.
\* Tromer eit le tonne générai. Beneenlref , c'est, à la rigueur, aller conh^^ tomber sur, donner dans, heurter, ehofoer : une refteéftfrv, dans r«rt nûlitaire , est on choc , et l'italien rtncongru sigDifie «hoc , heiri. On retisentre propre^ ment des obstaclaa. Les navigateurs reneontreni des glaces à telle latitude (Bupf.). Un torrent entraîne tout «« qu'il r— tfowlie sur son passage (AcAU.). < P3rtfaagove croj^ait qfiie les âmes errakot de côté et d'autre dans l'air, et qu'elles s'ampa*raient sans distinction des premiers corps qn'eDes rmcontraient. » FAir. Deux objets ne se reneonfrent qute allant ohaoun de son cAté, l'un i l'eneonire de l'autre : les atomes d'fipioure sa rsjieonlrenl, s'entre4ieurtcnt et s'accrocbeot. « Comme il allait assez vite , et quHl négligeait de regarder devant kfi, il fut reneoniré directement par un autre homme : ils se choquèrent rudement. > IfesfTMQ. — lyoTdtiiaire cependant, remonêrer noynpea jusqu'à emporter cette idée de choc , 3Bais il «monoe toujeurs ^'on trompe devant soi, en allant au-devant, en face; de sorte quefwioDiiIrer, c'est lretti>er en chemin eu chemin fusant. Vous trouve jv une chose ou une persoiNie où elle est, chez elle : vous la reneœ^ tnx sur votre reute , elle se présente à vous par occurrence [occurrit)^ pendant que voue aUes, ou que vovs marchez , ou que vous avanoez. TJn pécheur 4iu temte autre personne treuee du pcMson dans la rivière ; ua pèlerin , un voyageur, «a passant , wnoeiilreune huître sur le. sable (Lap.). <c Le Samaritain rencoalire sur sa route un malheureax blessé mortellement*!» B ours. Tous allez dans an Ueu ; voas y tremoex telle choee ou telle personne, et en y allant vous renconPren telle cheee ou telle personne. La personne que vous allez -voir chez elle, vous ne l'y renooairejv pas , vous ry Irowoey r vous la reneontreries dans les rues. « Un jour de procession , l'àme fidèle oÉwrche le Sauveur dans le sanctuaire de reacharielie , et elle ne Py trouve pas ; elle s*en va donc par les rues et dans les fdaces publiques, pour voir s'il y seia. C'est là en effet qu'elle le rinD&n-' Ire. s BooRn.^Dans son chemin , il renoonlro un petit homme qui, Parréitant : Zador, lui dit-il, où vas-tu si matin T Je viens de chez toi; et, ne t'ayant pas «rotn;^, je sais bien aise de te rmMùntrer. * Las.
2* Reiieoafrtfp n'est pas seulement freveer devant soi , en allant , sur son passage , mais encore trouver par hasard , avoir ht chance de ironver, loramême quTon cherche kr9noontTeT. On dit aller trouver une personne <Fân.) pour l'aller voir chez elle, tant on est sûr de la trouver, tant il est probable qu'on la frouoera : on ne dit point l'aller rencontrer, car fetwontrer est toujours TelTet d'un cas fortuit, d'une bonne fortune; on dit seulement chercher à rencontrer, et quand on reneomre , c'est toujouis un accident. Dans le Médecin maUgré hU, Valère et Lucas se mettent en campagne, « pour tftofaer de meneenfrer quelque médecin qui puisse guérir la fille de leur maître : Yous le (rott«efe;r maintenant, leur dit XaHine d'an ton aMoré, vers oe petit lieu qae
DEUXIÈME PARTIl!::
voilà , qui s'amuse à couper du bois. » Oo condamne des propositions dans le livre où elles se trawoenty et « on les condamne en quelque lieu qu'elles se rencontrent. » Pasc. « Il n'y a qu'une bonne expression pour chaque pensée : on ne la rencontre pas toujours. > Labs. C'est*àHlire qu'on n'a pas toujours le bonheur ou la chance de la trouver.
V Trouver içarque plutôt quelque chose d'ordinaire et de commun , et rencontrer quelque chose.de rare, d'accidentel, d'extraordinaire ou même de simplement possible. « Les obstacles que Charles XII et son armée avaient trouvét jusqu'alors dans la route étaient légers en comparaison de ceux qu'on renoonlra dans ce nouveau chemin, s Volt. « Je ne sache pas qu'on ait encore rencontré du vrai lapis en Europe.... On le trouve en Tartarie. On en a aussi rencontré dans quelques endroits au Pérou et au Chili. > BuFF. c II y a toute apparence que ce grés, qui «e Irottve en Turquie , se rencontre aussi dans quelques-unes des Iles de l'Archipel.» Id. «L'espèce du moyen duc est commune et beaucoup plus nombreuse dans nos climats que celle du grand duc, qu'on n'y rencontre que rarement en hiver; au lieu que le moyen duc y reste toute l'année , et &e trouve même plus aisémiSQt e& hiver qu'en été. » Id.
TROUVER, DÉCOUVRIR, «VENTER. Arriver à apercevoir, à remarquer ou à connaître quelque chose. *
C'est ce que trouver exprime simplement, sans aucun accessoire particulier, si ce n'est qu'il marque moins d'effort que les deux autres verbes. On trouve sans peine, même assez souvent par hasard , on a le bonheur de trouver. « Leibnitz donna dans les actes de Leipsick les règles du calcul différentiel , mais il en cacha les démonstrations. Les illustres frères Bemoulli les trouvèrent , quoique fort difflcilss à découvrir. > RoLL. Les premiers télescopes à réfraction ont été trouvés plutôt qiïHnventét (Cond.), car c'est le hasard qui en a donné l'idée. < Pour une vérité qu'on trouve par hasard , on court risque alors de tomber dans bien des erreurs. » Id. « Quand Molière a inventé un caractère, il en a frouv^ les traits dans difTérentes personnes , et il les a com parés pour les réunir dans un certain point de vue. 9 In. Il arrive quelquefois de trouver une chose en cherchant à en découvrir ou àentnvsnter une autre.
Découvrir, ôter ce qui couvre , dévoiler, c'est trouver quelque chose de caché ou de secret Ce qu'on trouve était bien sans doute hors de la portée actuelle ou hors de la vue , mais non pas cependant invisible ou couvert. Une chose étant simplement égarée , vous la trouvez quand vous arrivez à la place où elle est , mais vous ne la découvrez pas , car elle est manifeste et sans enveloppe. On trouve une personne chez elle, un ami A (a promenade , des denrée^ au marché -, on, ne les découvre pas , car ils y sont à découvert. Mais on découvre des conspirations, des menées , et on ne les trouve point « parce qu'elles ne sont pas apparentes. La terre a sur sa surlace , exposés ail grand jour, des animaux et des plantes, on
les trouve; elle renfenne dans aon sein des - . nés et des sources , on les d^€t>eevre^ On a tre» une nouTelle végétation, mais aoe même n^ d'hommes , dans l'Amérique , 4MDOis«erte par Colomb , ou dont Colomb a le premier cowtaié s | révélé l'existence.
Inventer^ imaginer , oser d'moessfion . être nr venlt/, se distingue aussi par une nnaiwe n- | marquable : e^est trouver ce qui n'existait poist, quelque chose de nouveau.
Si Dieu n'eiislait pas, il fhadnit VimmemUr. Focs. On trouve un trésor , on tnoenle nne madmip « Richard Cœur de Lion attaqua un château di L&nousin où il y avait des trésors que le seigoee du lieu avait trouvéu Bn reconnaissant la place, il fut tué d*un coup d'a;i>alète , qni était un instrument quil avait savent^ lui-même. • Bcss. On troiuve la solution d'un problème ; mais on tsvenie un nouveau problème on une noavel/e solution d'un problème, c Les savants de l'Earv^ firent des tables pour troif«er en tout temps k déclinaison des planètes , laquelle étant jointe t l'observation des liauteurs méridiennes, sert 1 \xwnver les latituies. Us ineeatèreirf diferses sortes d'instruments pour ûicUiter Vohaerva^âoa des astres. » Roll.
Entre découvrir et înoeiiler la difiëreDoe est par conséquent facile à indiquer.
Pour décauvfrir^ il suffit de mettre en laraière ce qui existe , mais caché ; pour wcent«r, il faut mettre au jour ce qui n'existait point jusque-là. Le mérite de décourrir eit de lever les obstacles qui empêchait de voir ou de connaître la chose telle qu'elle est dans la nature ou en elle-même ; mais le méiite d'iaventer est surtout dans l'art de créer, aataat qu'il est donné à Thommede le Caire, c'est-à-dire le plus souvent dans l'art d'employer des moyens particuliers ou de former certaines combinaisoi:^ d'éléments ou de matériaux naturels pour çroduite quelque chose de nouveau. On découvre une lie ou une planète , on invemXe un composé nouveau , une machine, une méthode ou un système, n fiUart avoir découvert les propriétés de l'aimant pear inveinUT la boussole. Harvey a d^eouten la circulation du sang; on ne sait pas encore certiinement qui a inventé la poudre. « Avant fiseon on avait découvert des semts étonnants ; on atait inventé la boussole , l'imprimerie , la giamrs des estampes, k peinture à l'huile, les glaces, les lunettes, la poudre à canon, etc. > Volt.« Hujgens d^uertt l'anneau et un des satellites de Saturne, et Cassini les quatre autres. On dut à Huygens, sinon la première invention des borii»ges à pendule , du moins les vrais principes dek régularité de leurs mouvements. » Id. c En Dieu r&mc découvre les règles de la- justice, de la bienséance ^ de la société.... Les aninuoz n'ont rien inventé de nouveau depuis l'origine du monde. » Boss. La découverte suppose de Vètude et des recherches; l'invention, de la fécondité d'esprit ou du génie. On découvre en physiqoe et en astronomie, par exemple; mais on inrtnU plutôt en industrie et dans les arts. (Voy. /^ecMverte , invention^ p. 492 et 493.)
TUBE, TCYAU. Corps cylindriques, creux ea
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
iedans, donnant ou pou?ant donner passage à Tair ou à tout autre fluide.
Tube est le latin tubus^ qui a le même sens; nais il est douteux que tuyau vienne du latin >u du grec , ou du moins, s'il en vient, ce n'est certainement pas d'une manière directe et évilente. D'où il suit que tube est un terme de icience, et tuyau un mot de la langue commune, ^ous disons le tube d'un baromètre , et un tuyau le cheminée. On appelle proprement tubes des choses dont les savants se servent pour faire des observations et des expériences; les jtuyaux sont pour les usages ordinaires et familiers. En physique et en astronomie on étudie la nature et on expérimente à l'aide de tubes; nous employons difiTérentes sortes de tuyaux pour conduire des liquides. L'ingénieur pour les instruments de physique et de mathématiques fait des tubes; L'ouvrier en plomb , en fer, en maçonnerie , fait des tuyaux. De même à l'égard des choses naturelles : le botaniste reconnaît des tubes à certaines fleurs , et.parmi les organes que l'anatomiste découvre dans le corps des animaux se trouve le tube intestinal (Buff.); mais on dit communément un tuyau de plume, un tuyau de paille , le tuyau de l'oreille.—* Galilée observa les effets des pompes aspirantes; et, s'étant assuré que l'eau n'y monte qu'à 32 pieds , et qu'au delà le tuyau demeure vide, il conclut qu'on n'avait point connu la vraie cause de ce phénomène. Toricelli la chercha : c'est à lui qu'on doit la première expérience du tube renversé , dans lequel le mercure se soutient à la hauteur de 27 pouces et demi. » Gond.
Le tube se considère surtout au point de vue scientifique ou abstrait , quant à sa figure. « Le bout de cette foliole est rond et creux, en forme de tube.* J. J. « Les stalactites, soit en forme pyramidale ou cylindrique, ou en tubM....»BaFF. Mais c'est principalement l'idée de la matière ou celle de l'usage de la chose que réveille tuyau. Un tuyau de bois (Beaum.), de fer (Volt., J. J.), de corne (Volt.); un tuyau de fonUine (Acad.), de soufflet (Buff.) , de conduite (Acad.). « Pour moi , qui viens d'observer le soleil et la lune à leur lever et à leur coucher, avec un large tuyau de carton qui me cachait tout l'horizon , je puis vous assurer que je les ai vus tout aussi grands que quand mes yeux les regardaient sans tube, s Volt.
D'ailleurs, en poésie tube est sensiblement préférable à tuyau. Voltaire dit dans une épttre au roi de Prusse :
Songez que les boulets ne vous respectent guère ,
Et qu'an plomb dans un tube entassé par des sots
Peut casser d'un seul coup la tète d'un héros.
TUMULTUEUX, TURBULENT, SÉDITIEUX. Ces
mots attribuent un défaut de tranquillité et d'ordre.
Mais tumultueux, du verbe latin tumcre^ être enflé, transporté, représente ce défaut comme actuel ; au lieu que turbitlent , de turba , trouble , le fait concevoir en puissance. Ce qui est tumul-* ttteuz est ou arrive en désordre ; ce qui est tut" bulent excite , porte ou tend au désordre. Ce qui est tumultueux n'est pas paisible, ne se fait pas paisiblement ; ce qui est turbulent n'est pas pacifique , mais propre ou enclin à produire du trou* ble. IJne vie tumultueuse se passe et une assemblée tumuiiueufe se tient au milieu du bruit et de la confusion; un homme ou un esprit turbutent est remuant , disposé à faire du bruit et à mettre les choses en concision. « Us devinrent aussi pacifiques qu'ils avaient été auparavant tur" bulents et inquiets. » Roll.
Le caractère nettement distinctif de séditieux, c'est son rapport à la politique. Une réunion séditieuse est composée de révoltés, de gens animés ou même armés contre l'autorité établie; une réunion tumultueuse est orageuse, bruyante, composée de brouillons , de gens qui ne s'entendent point, qui parlent violemment et sans ordre sur un sujet quelconque.
Séditieux diffère de turbulent d'une manière non moins sensible. Les tribuns du peuple chez les Romains étaient des magistrats séditieux (Boss.); on dit des écoliers turbulents (J. J.), la turZmlente jeunesse (In.); un oiseau vif, inquiet et turbulent (Buff.). L'esprit séditieux est un esprit de rébellion qui va ou tend à bouleverser l'État; l'esprit turbulent est, au physique ou au moral, un besoin de se mouvoir et de brouiller, qui dérange les choses au dehors ou altère la paix au dedans, dans les esprits ou dans les âmes. — Que si quelquefois ce qui est turbuietit influe aussi sur le repos public, c'est d'une manière moins directe et moins forte , c'est par de simples partialités, par des brigues, des démêlés, des disputes théologiques, plutôt que par des soulèvements et par un appel aux armes. « Les partialités se multipliaient à Rome, et les esprits turbulents y trouvaient de nouveaux moyens de brouiller et d'entrependre. » Boss. « La réforme a pris l'esprit turbulent et séditieux qui avait été conçu et qui s'était conservé dans l'hérésie. » In. c Ces sentiments des pharisiens se coulaient insensiblement parmi le peuple , qui devenait inquiet, turbulent et séditieux. > In. « Ces missions sont tolérées, malgré le peuple égyptien, toujours turbulent, séditieux et lâche.» Volt. « Lucius Junius (tribun du peuple) était un homme turbulent et séditieux, » Roll.
Concours tumultueux (J. J.); naturel turbuient (Bufp.) ; citoyens séditieux (Roll.).
dEiniÊiœ PARTIE ;
««a, IVPLOIXR, SB SERYQL. CM troU twmfli sont dèftnia da mèiiM par rAcadémie, /Wre «ia0« d«. C'est là ea efSst leur aignification oonuBVM , qui aarait uiai parCûtanent indiquée» sltMO^tf na àénwût d^naar. On dit «a parlant daa mate, da tanaps^ d'uia «atonie» de la raison* qtt'on an «ae, qn'on laa emploie et qu'on t'en ailrt BioB ou mal tw«^ «A m êirvir d'imo chose, remployer bien on mal.
IFier vient du latin «t», tisum , dont la sans est ]• aèmeL C'est povrqaoi il sa dit particulièrement bien en termes do droit et de morale , et emporta Vidée de droit ou de devoir. User d'un droit (Volt.)) d'une permission (In.)} ^^ ng«oar (Mol.), d'indulgence (Pasg.), de ciroonapection (Acàd.), da représailles (Volt.); user aohremant (AcAii.), modérémoni (J. J.); toutes looulioma dans lesquelles tutr convient seul. « IRwrda la grandeur avec modération, des richesses arec miséricorde ,.do la vie avec un génélau mépria. > FLicB. — Bnsiaita^ tiwr nq»pelle WÊf^ o'aal-àrdire exprima une coutume, quel- ^M chose d'habituel, aeul caractAra distintftif «ttntbué à nêif par Leroy ot Gondiliac. User d'un •asiaia légina (Acid.). « Yoyei de quai pain ^ÊÊtM les pauvres. » BooiD. « ffiear-vous de beau- •ouf da viof s Paoc « Ulysse entra dans le bain. Il n'en av«it pas uié depoia longtemps. » Vif(.
• Auguste voulait qu'on utài da répétitions fréquontea plutét que d'être obscur. > In. « L'on doit mer de termes qui soient propres. » Laaa.
• 8i vous étiez parmi des gens qui en lusnt ordinairament (de tabac) , leur discours et leur manière vous engageraient peu à peu à vou$ on «trvtr» et l'usage vous y assujettirait comme les antres. » Mal. « Mithridato pensa que LucuUus «aerotl da sa réserve et de sa circonspection ordinaire.... LucuUus vainquit deux grands et puiBeanta rois par deux voies tout opposées. Il a Ja gloire d'avoir su employer y soit une lenteur agiasaote , soit une audaoe qui écarte le danger en le prévenant. » Roll. — Enfin, tuer est absolu et ne comporte pas les déterminations. On dira bien en général et d'une manière toute formaUe , c'est-à-dire sans avoir égard à ia nature ou au genre de la chose dont il s'agit y Mser de remèdes, d'artifice, de violence. Mais si on veut spécifier, user ne sera pas le mot propre. « Les Lapons u«enl de quelques remèdes.... La seconde manière d'employer le froma^ pour les maux extérieurs ou intérieurs est de..*. » Regn. « Qui sait si vous n^employex pas pour me séduire une adresse mieux entendue? Mais non, vous n'êtes pas capable d'user d'artifice avec moi. > J. J. « Comme pécheurs, nous avons perdu le droit d!user des créatures, et de les faire servir môme à nos besoins , loia de les employer à nos plaisirs. 9 Mass. « Vous me demandez si user d'un tel artifice de parure est un crime? Mais n'en avez-vous jamais abusé? N'avez-vous jamais em-
ploya ces soins, ces plaisirs, ens arâficerà cr«>
rompre des coeun? » In.
« Quand on est obligé d*iirer de quelque* raglaries, l'esprit de piété porte à ne les emphjfu que contre les erreurs. » Pasc.
iPmpioyer et se servir ne marqnent neo ds moral, d'habituel et d'absolu. Par là , ils différait nettement d'user. lU ne sont guère moins disticcts l'un de l'autre*
employer, d'tmpltcore, plier dans, ecgazer dans, c'est appliquer, donner une destination. 5f rervtr, c'est tirer un service, nne aide. A Til s'attadbe plutftt l'idée de matière, et i Tantre celle d'instrument. On emploie de Fétofle (Acad.). du bois , da la pieere (In.) , de i'or (Yolt.), en les tmpltfiiaia, en les faisant entrer comme matière dans certains onvzages ; on emploie de mèaie de l'argent, son bien , une partie de ion revenu , on terrain (ACiD.) en les appliquant ou en les ^efitant à tei ou tel objet. Et on emploie plus ou moins de toutes ces cboses , peu om iKancoeip, assez ou trop. Mais on dira plutôt se sercir dlnstruments (Boas.), do la r^le et do compas (Acan.) , da lunettes (Volt.) , de la bouasok (It.), decartainee armes ((Hortesq.) , d'une certaine métboda (PifiCL , Conn.) , des signes du langage (CoRn.). c Un homme aura employé ses soîhs à réveiller mille faits injurieux et calomnk»x,îl se sera serot de \A plume pour les tracer sur le papier. » Boubd. — De cette première dùfêrcnce s'ensuit una seconde, qui est bien remarquaMe, e'esl qu'on emploie ce qu'on a et qu'on se sert de quelque chose d'étranger : la matière est qoelqiie choea qui est sous notre main, à notre ^poôtîon, et un instrument, tout comme un servi' tew^ est quelque chose d'autre que nous appelons à notre secours. On emploie tout son esprit, tout son art, toute son induairie , tousses soins , toute aon éloquence (Acad.) , tous ses efforts (Pasc.) , sa puissance et son étude (In.), par arriver à quelque but. On ss sert des meubles, daa chevauz, de l'argent ou du crédit (AcAO.j(ks autres , da leur faiblesse, ou de l'amitié qu'ils ont pour nous (Kol.); on se sert d'un <-nti#j|p\ pour en vaincre un autre : c'est ainsi que les Romains « ss servireiU d'Euménès et de ifa<*cir.î^gf pour subjuguer Philippe et Antiochus. > Uai- TESQ. « Les Carthaginois se servaient de tioope étrangères, et les Romains employaient les leurs. » In. —Enfin , employer se dit pluiàtpour l'ordinaire; et re sertir, par rapport à uns occasion, dans un cas difficile. On empUne des moyens connus et communs, on emploie les mêmes mots que tout le monde , et à la manièm de tout le monde : on re sert d'un expédient (ÂCAD.) ou d'une invention (Bourd.) pour sortir d'embarras , et on se sert de termes étranges : « &i quelques poètes se sont servis d'Jketir, c'est par la contrainte de la mesure, s Labs. On mploie le temps à telle ou telle chose; on se serf
STNONtlES À RA4>l€AtIt DIVERS.
le la conjoncttire (Acâd.) , de ^occasion , comme ai se sert de la fbrtune (Ment tbsq.).
Bien usvr du temps, des mots, de fânioiité, le sa raison , c'est n^n poftnt abuser, c'est en Ekire un usa^ légitime, conforme an devoir; les bien employer, ^est en fktrè une J^stè application , cfonner à chaque objet ce qtPîl lui en htix et aittant qu^l lui en ftut, comme bien mtjfloy&r une matière, c'est la consacrer à ce & quoi elle est profire , et en Iburnir une quantité suffisante ;
ren bien tefv^, t*eat, duns* Uné^circ^mstance, en tirer tout le parti possible , comme se bien servir d*tm fnstrument ou d'un serviteut, c^est lui faire produire tout le seeours qu'on en peut attendre. •^ AveetiMT, le mot Irien se prend dans son sens moral ; arec employer , il marque ufie comrenance eatre la tbose appliquée el oe k quoi on l'applique; atec se servir, il désigne Thi^ietâ arec laquelle on sait profiter d'une certaine aida et suppléer ainsi à ses propres ftHPcee..
TAIMlIRli , nÉFAIWP, BAtlW des ennemis, en termes d'art militaire. Remporter sur eux un AYantage.
Vaincre, txncere, d*bù dérivent *ol»qtt«ir, victoins et victoriettcf, se distingue de ses synonymes en ce qu'il est seul immédiatement traduit d'Un mot latin aysnt la signification commune atix trois terbes dont il est ici question. De là lui irietit un caractère de noblesse tout particulier <iui ïe rend propre à être employé dans le grand et à réretller ndée de gloire et de triomphe. * Préttrcf le bonheur de n'ayoir plus d'ennemis à la gloire de les vaincre. « Mass. c Les alliés se rettîèrent sous les mturs de Maastricht après avoir été tannetêSy et laissèrent & Louis ZV la gloire dTune seconde victoire. 9 Toit. « Par le Ihmeux eembat des Horaces et dea Guriacee, Albe fut «atfieue et ruinée. » Boss. < Ge Ait alors que le cardinal de Sîon employa toute son éloquence , «t remplit tellement les Suisses de la gloire qu'ils remporteraient à vainofre^ sans le secours de lenn alliés, toutes les forces de France, avec hw roi à la tête , qu'Us se résolurent au combat. » iD. c Passer sous le joug, oérémonie ignominlsiise par laquelle les vainqueurs semblaient attather une honte étemelle à la disgrftce des «dittcttf. » Vbrt. c Au lieu de répondre à Taccusation intentée contre lui , Scipion dit : Allons au Cap'rtole ranercier les dieux de 00 qu'en un jour iemblable à oelui^ei , >e vainqwiê Annibal et les Garthaginois. » Fàv. « Combien BenrI IV distrait par ses amours, perdit de belles occasions de wdfwn ses ennemis! » In. « Alexandre (ne reohercbant que la gloire) parcourut des royaumes inuaenses pour les rendre à leurs rois après les avoir vaincus. » 1d. Il aurait voulu , pour sa gloire, dire mort après avoir vaincu Darius (In.). « Sésostris revint chargé des dépouilles des peuples wineus, et couvert de gloire. » Roll.
J>éfiir0^ c'est rompre, désorganiser une armée dispoiée ea boitaille, confondre les rangs, y nettretout péle-méle ; ce qui suppose des troupes Tétées et ordonnées sutrant un certain plan. • Lifidignèree défit ces armées réglées. » Volt. t Aleiandre défis Darius en trois batailles rangées.» Boss. «Les armées romaines, quoique dé- Ibiler et vompues, combattaient et se ralliaient Jasqn'à Is dernière extrémité. » In. « Les Gaulois ftoem défaite; il en périt un grand'Uombre sur le ckamp de bataile, et le reste, dispersé par la
fuite dt sans se pouvoir rÉllier , Ait assommé par les paysans. » VmiT. Mats étéfèire signifie aussi détruire, mettre en pièces et hors do service, et, en conséquence, des armées éiéfaUes sont souvent des armées entièrement dissipées , rendues incapables de se rallier et de tenir davantage la campagne, c Bnfln Pyrrhus fut défait par la «onsui Gurius , et repassa en Ëpire. » Boes. « César et Antoine dtf/treal Brutus et Gaesius^ ^ liberté expira avec eux. » In. « Jean ne doutait pas qu'il ne défU tout à ftiit l'année ennemie. » In. c Si Néron n'eût défait Asdrubal, avant qu'il fui se joindre à sçn f)rère, tout était perdu. » Fén. « Avant la bslaille da Cannes , deux consuls avec leurs armées avaient été entièrement défaiiis, La républ^e sa trouvait sans soldats et sans chefe. » R(4l. « La flotte pouvait êtra facilement défaite et détruite. «^ fn; k L'arrière-garde de Gharlemagiie fût défaite à Roncevaux. » VoLt.
Batfft^ c'est seulement se montrer le plus fort, avoir le dessus, maltraiter, fhire éprouver des pertes plus ou moins considérables. On peut dire battre^ mais non pas vainerSy ni défiUre, ua simple détachement, parce que Pidée caractéristique de batPre n'est ni celle de gloire , ni o^e de coup déoisif porté à l'ennemi au do grand désordre apporté dans ses rangs, et de dispersion, de ruine, lesquelles supposent l'une et Fautre toute une armée ou un grand cerps de troupes , mais uniquement l'idée de supériorité de force, d'une part^ et oelle de désavantage et d'affaiblissement , de l'autre. « Othon était assex fort pour haflre les Hongrois , non pas assez pour les poursuivre et les détruire. » Volt. < Les ennemis supérieurs peuvent vous battre et entrer en France. » Tin., « Le grand Gustave , qui manquait de tout , eut d'abord besoin de l'argent de la France ; mais dans la suite il baittit les Bavarois et les impériaux; il releva le parti protestant dans toute l'Allemagne. 3>|Id» < D^ooès, quoique batPk^ par les Assyriens, laissa son royaume en état de s'accroître sous sas successeurs. » Boss. « Le roi û9 Hongrie dit aux Français qu'il espérait bafire ravaat^rde des Turcs sans beaucoup de peine , qu^ensutte ils attaqueraient tous ensemble le corps do bataille, et la déferaient aisément après le premier désordre. » Id. « Vli'grnius, ravi devoir Sergius battu, refusa à ses propres officiers d'envoyer des troupes pour le dégager. * Vert. « On parle d'une espèce de victoire
DEUUËHE PART»:
du loaréchal de Créqui. U a failli les Allemands. » Sir.
VAINCRE , SCBMONTER , DOMPTER , RÉDDIRB , TRIOMPHER. Combattre avec succès contre quelqu'un ou quelque chose qui nous est opposé ou qui nous résiste.
Vaincre suppose l'emploi de la force contre la force , un combat contre un ennemi qui se défend; surmonter suppose l'emploi de la force contre quelque chose d'élevé qu'on rencontre en son chemin et qui empêche d'avancer. On dira bien vaincre une difficulté , la difficulté pouvant consister en ce que la personne ou la chose attaquée ne cède pas, mais riposte, repousse l'attaque ; mais on dit proprement surmonter un obstacle. «Les soldats de Turenne ne trouvent point de difficultés qu'ils ne vainquent, point d'obstacles qu'ils ne surmontent. > Flécb. « J'approche du terme de ma carrière. Toutes les grandes difficultés sont vaincues , tous les grands obstacles 6oni surmontés, » J. J. c Les maîtres de l'art, qui par une étude longue et assidue en ont vaincu les difficultés et connu les finesses , dédaignent de revenir sur leurs pas pour faciliter la voie aux autres; ou peut-être frappés encore de la multitude et de la nature des obstacles qu'ils ont «urmont^f , ils redoutent le travail qui serait nécessaire pour les aplanir. » D*Al. « Dans Tan* crèdê^ Voltaire a vaincu les plus étoimantes difficultés que jamais un poète tragique ait eues à combattre, et il s'est élevé d'autant plus haut, qu'il lui avait fallu , pour prendre son essor , partir de plus loin et surmonter plus d'obstacles. » Lab. On ne peut vaincfe que ce qui est actif, que ce qui réagit; on surmonte ce qui est inerte ou passif. «Vous avez eu tant de passions à vaincre, tant d'obstacles à surmonter. » Mass. « si la grâce peut vaincre l'inclination, elle surmontera aussi l'habitude. » Boss. « Avec ce principe , les factieux n'auront plus à vaincre les remords de la conscience , et ils ne penseront plus qu'à sur- Monfer les obstacles du dehors. » Pasc. Courage invincible (Acàd.), attrait invincible (Mass.); barrière insurmontable (Acad.) , mal insurmontable (Mal.) , travaux insurmontables (Montbsq.). Faincre un désir (J. J.), ses passions (Mal.), sa colère, son amour, son ambition (Acab.); surwwnter sa crainte (Fin.), sa douleur (Id.), sa timidité (J. J.) , sa nonchalance (Boss.) , un éloignement ou un dégoût (P. R.), l'inertie de quelqu'un (J. J.), la peine que l'on éprouve à se rendre attentif (Mal.). — D'un autre côté , l'action de vaincre produit la victoire , c'est-à-dire un avantage complet et définitif; au lieu que l'action de surmonter se borne quelquefois à un succès momentané ou partiel. « On voit continuellement les Romains dans les histoires, quoi-
• que surmontés dans le commencement par le nombre ou par l'ardeur des ennemis, arracher enfin la victoire de leurs mains. » Montksq. «Les corps bruts ne peuvent opposera la volonté de L'homme
• qu'une lourde résistance et qu'une inflexible dureté,- que sa main sait toujours surmonter et vaincre en les faisant agir les uns contre les autres. » Buff.
Dompter signifie d'abord vaincre des animaux
farouches, et ensuite Taincre des Imob ^ roces , indociles , d'un aatorel fier ^ iaàépeL^ intraitable. « L'honmie a opposé les anirnsEiî: k animaux, subjuguant les ans par adresse, év 1 tant les autres par la fbrce. » Buff. « STy p: J on jamais de la sorte pour dresser un d»i Est-ce à force de coups qa'on le ilomp<e?>£a: « J'ai dompté la fougue impétaeose de oa :^nesse. » Volt. • Saint Ambroîse dompta k £» de Théodose. » Boubd. c Constantin domftsO fières nations. » In. « Moïse ne crut pas poani mieux dompter ni mieux soumettre à TeBoinn u Dieu ces esprits fiers et indociles. » Id. « Nsn vainqueur (le démon) devait aroir la tête éc:zsée , c'est-èrdire devait voir son orgueil éoespU et son empire abattu. » Boss. « II a une fëiecité d'humeur qu'il est impossâbJe de dompter. >
ACAD
Réduire, de reducere^ ramener, Hure reveœr. c'est vaincre des rebelles ou des révoltés. < Llgyte se révolu... Xerxès marcba coatreJesSgjptiens, qu'il réduisit. » Con». c Bunas, escUve lui-même, souleva les esclares eo SicUo; et ii fallut employer à Les réduire toute la pnissanee romaine. » Boss. c Louis XL caniiauil a««&lB duc de Bourgogne contre les Liégeois qu'il loi avait soulevés , et qu'il se TÎt forcé à raidêr i réduire. » S. S. — Ou bien, réduire^ par sa partkak initiale qui est itérative , marque la pôoe gu'ta a , les efforts qu'on est obligé de faire pour vamcre ou pour dompter. « Vous me direz qee daas une maison on a bien de la peine à réduire des esprits difficiles et portés an libertinsge. > Boutai m Rome était aux mains avec les Samnites.et avait une peine extrême à les réduire. » Boss. « La difficulté que Darius avait eue i rédmtre les villes grecques. » Gond.
Triompher, c'est remporter une gnade victoire, un glorieux avantage. « Jésus^Ihnst apirant sur la croix triomphe par sa croix loùoe du prince du monde, dompte par sa croix forgueil du monde. » Bouan. « Qu*y avaitril défilai beau qu'un empire où le vrai Dieu <ridinpA«rde l'iaol&tri^; et l'empire même des Césars n'étti(4I pas une vaine pompe , à comparaison de celiu-cif » Boss. c Quand, séduit par ta maîtresse, ta m triompher à la fois de tes désirs et des siess, n'étais -tu qu'un homme? » J. J.
VALEUR. PRIX. MériU ou excellence des cIkh ses qui les fait désirer et rechercher. Une diose est d'une grande valeur ou d'un grand pris, de peu de vcdeur ou de peu de pris; elle p^ de sa valeur ou de son prix; connaître la «olevr oik prix des choses.
Valeur y du latin vatere^ avoir foroeoapoevoir, être bon ou propre à, servir à, «prime l'utilité dont les choses peuvent être, lesiernces qu'on en peut tirer. Pris, latin prefwa, ce qu'on paye d'une chose, ce qu'on la vend, marque l'estime qu'on fait des choses , leur volevr effective, reconnue, leur sakur dans roinniooc Les actions les plus saintes, thites duisYéat de péché mortel, ne sont d*aucune «alearpoor l'éternité, ni d'aucun pris^ devant Dieu. «Bodsd.
c De deux choses celle qui est d'une plos grande vàUwr vaut mieux, ^ o^e qui estd'm
SYNONYMES À KADIGAUX DITERS.
lis grand pria vaut pli». » Gir. L'ane est eilleure , plus estimable ; l'autre est plus estiëe , plus demandée, plus chère.
« Quel jugement porteront tos élèves du vrai ërite des arts et de la Téritable valeur des cho- (s , quand ils verront partout le prix de fantaie en contradiction avec le prix tiré de Futilité ^elle, et que plus la chose coûte moins elle aut ? » J . J . La valeur est doncle prix tiré de Tutité réelle , ce que vaut la chose en elle-même; le rtx est la valeur de fantaisie , ou de convention , e qu'elle coûte ou vaut en fait. Le prix peut tre au-dessus ou au-dessous de la valeur, et il le faut pas toujours juger de la valewr par le prix. « L'or et Taigent ont été établis , par une conrention générale , pour être le prix de toutes les narchandises ;et un gage de leur valeur. » HorrESQ. « La difiérence de la vakwr réelle des biens des proscrits et du prix de radjudication était souvent énorme. » Roll. « Nous vendrons notre liberté à vil prix^ parte que nous sommes incapables d'en connaître la valeur. * Gond. « Dès que nous avons besoin d'une chose, elle a de la «aléser; elle en a par cela seul, et avant qu'il soit question de faire on échange. Au contraire, ce n'est que dans nos échanges qu'elle a un prix , et son prix est Testime que nous faisons de sa valewr, lorsque , dans l'échange , nous la comparons avec la valeur d'une autre. * In.
Valeur enchérit sur prûr, puisque celui-ci désigne quelque chose d'effectif, de variable , d'arbitraire , et non pas quelque chose d'esssentiel. « Ces actions ont devant Dieu leur prix et leur iTaleur. * Boord. « Le prix et la valeur des œuvres chrétiennes provient de la grâce sanctifiante. » Boss. « Les pauvres , à qui nous donnons nos richesses , les rehaussent de prix jusqu'à une valeur infinie. » In.
YÉNAL , MBRGENAIIUL Qui agit ou parle pour de l'argent, parce qu'il est payé.
y^fial, à vendre ou en vente, exprime une capacité; mercenaire, qui travaille pour une récompense ou un salaire , signifie proprement un métier, une qualité en exercice. Vénal se rapporte plutôt aux sentiments, aux dispositions; et mercenaire aux actions, à la conduite. «Des avocats ont fait de l'éloquence un art mercenaire. Le public a méprisé ces âmes vénales, s D'Aa. c La plus libre et la plus noble de toutes les professioDs devient la plus servile et la plus mereefiatre. Que peut-on attendre de ces âmes v^halet qui, pour un vil intérêt, vendent publiquement leur réputation et trafiquent de leur gloire?» In. «- Un orateur a l'âme vénale, et il ne sort de sa bouche mereenatre que des mensonges. « Eschine avait une âme vénale , et il était au nombre des orateurs à gages que Philippe soudoyait. t LàB. c Le seul éloge digne d'un roi est celui qui se fait entendre , non par la bouche mercenaire d'un orateur, mais par la voix d'un peuple libre. > J. J. — .C'est surtout à l'âme que vénal s'applique; mercenaire se dit non-seulement d'un art et de la bouche, mais aussi des mains et de l'action : prêter ses mains mercenaires , pour asservir son pays (Volt.); une mire qui ne nourrit pas son enfyt ?e confie à des mains mer-
cenaires (J. J.)> «Prodicus gagna beaucoup d'argent au métier de sophiste. Il allait de ville en ville faire parade de son éloquence, et, quoiqu'il le fit d'une façon mercenaire , il ne laissa pas de recevoir de grands honneurs. » Roll.
Fichai est préférable lorsqu'on considère la personne ou la chose relativement à Tachât ou à l'acquisition qu'on en fait , et mercenaire quand il est question de l'opération de cette personne ou de cette chose. « Pourquoi ne pas dire un mot de l'argent avec lequel les envieux de saint Cyrille achetèrent des langues vénales pour le calomnier auprès de l'empereur? » Boss. « Les vices des princes ne trouvent autour d'eux que des yeux favorables et des langues mereenatre^ .> Mass. Une plume vénale est à la discrétion du premier qui voudra la payer; un auteur mercenaire est actuellement aux gages d'un certain homme ou d'une certaine société. « Le puissant se croit en droit de faire exercer ses vengeances par les plumes vénales , qui mettent leurs bassesses à l'enchère. » Bbaum. « Le P. Daniel et l'abbé de Camps écrivirent l'un contre l'autre , et l'auteur mercenaire et menteur fut battu par Tabbé qui aimait la vérité. > S. S. L'homme v^fMsl est corruptible ; le mercenaire est effectivement au service de quelqu'un. « Thémistocle comprit que la république était perdue si l'on nommait pour général Épicyde , dont l'âme vénale donnait tout lieu de craindre qu'il ne fût point à répreuve de l'or des Perses. » Roll. « Un grand empire n'est servi que par des âmes mercenaires auxquelles il donne toujours plus qu'il ne peut, et qui ne se croient jamais assez payées. » Cohd.
Une autre différence remarquable, c'est que v^tial indique un plus grand défaut. L'homme vénal , ou qui se vend , est esclave , ne s'appartient plus , s'est prostitué. « Les flatteurs , âmes véiales et prostituées. » Boss. L'homme mercenaire travaille pour son profit, comme le journalier, au lieu de le faire gratuitement. Un juge qui n'est pas intègre est un juge inique et v^ol (Haric.); des hommes toujours occupés de leurs intérêts sont des âmes mercenaires (Bourd.)< C'était'une . éloquence vénale que celle des orateurs de la Grèce, vendus â Philippe de Macédoine ; Bourdaloue et Fénelon appellent mercenaire l'éloquence des prédicateurs qui font de beaux mais de vains discours , uniquement en vue de la récompense, pour établir leur crédit et leur répuUtion.
VÉNÉNEUX, VENIMEUX. Oui a du venin, une sorte de suc malfaisant dont la communication peut tuer.
Vénéneux, latin venenosus, de venenum, poison , venin , veut dire plein de venin. Venimeux n'a pas exaciement le même sens; ce qui est venimeux est plein de ce qui envenime, ou est propre à envenimer^ c'estâ-dire à porter et à introduire son venin; en sorte que venim^tiop répond au latin venenifer ou venefUus, Le venin est dans la chose vénéneuse, dont ce mot marque la qualité : le- venin est versé par la chose ventmet«e, dont ce mot désigne l'action. Le corps vénéneux ne communique son venin que par l'usage qu'on en fait; l'insecte venimeux communique le sien