DEUXIEME PARTIE
pl«, d'un siècle, da monde, lesquels peuvent être considérés comme étant arrivés à tel on tel état sous le rapport des mœurs. Auguste était un prince vtcimtx, qui régnait dans un âge déjà corrompu et dépravé (Cord.). J. J. Rousseau soutient que l'homme n'est pas naturellement vtcteuff, mais il représente comme eorroinpn e1 dépravé le monde tel que l'a fait la cirilîsation.
Corrompu et dépravé ne signifient pas une altération du même genre. Corrompu^ de corrumpere , rompre intérieurement ou tout à fkit , marque un changement de la substance , des éléments, une dissolution des parties. Dépravé , de depratare , contourner , rendre tortu , faire aller de travers , indique un dérèglement , un écart de la droite ligne, du droit chemin, de l'ordre, du modèle. Il faut purifier ce qui est corrompu; il faut redresser ce qui est dépravé. Un cœur corrompu est comme de l'eau qui n'est pas saine ou pure, comme un fruit gâté, qui est en proie à un travail intérieur de décomposition. Mais une raison dépravée , un jugement ou un godt dépravé sont dérangés , désordonnés , faux , tout de travers. Des mœurs corrompues manquent de pureté, d'innocence, d'intégrité, de sainteté; des mœurs dépravées manquent de perfection, de rectitude, de droiture, de régularité. La corruption est plutôt interne et attaque le fond, les sentiments ; et la d^praixidon est plutôt externe , relative à la forme, aux mœurs, à la conduite, c Les doutes sur les devoirs naissent de la corruption de nos cœurs.... Ces amas pénibles de décisions (sur les cas de conscience) sont les tristes fruits de la dépravation des mœurs. » Mass. « Le plus sfir moyen de dépraver la multitude , c'est de corrompre en elle cette espèce d'instinct moral, s Mabx. « Le Français est le seul peuple dont les mœurs peuvent se éiépraver sans que le fond du cœur se corrompe. » Docl.
Pervers t de perversus, renversé, tourné sens dessus dessous, désigne , comme vicieux, un penchant naturel. Mais il s'en dislingue, ainsi que de corrompu et de dépravé , par les deux caractères suivants. Quelquefois il est théorique , il regarde la spéculation plutôt que les sentiments, les idées plutôt que les dispositions à agir : doctrine , erreur, opinion perverse ; perversité de principes, a Quand il se rencontre dans la poésie des maximes perverses ou des sentiments vicieux.., .9 Lah. Outre cela, c'est un terme de morale sociale, il donne l'idée de la conduite qu'on tient à l'égard des autres. L'homme vicieux y corrompu ou dépravé ne tient pas une conduite estimable , n'est rien moins qu'hjmme de bien; l'homme pervers n'est rien moins qu'honnête homme , c'est un méchant , il fait le mal qui nuit i autrui et que punit la société. « L'incrédulité (sur ce qui concerne la conscience) ne fut jamais que le raffinement d'une vanité sophistique dans des esprits qui voulaient être tranquillement vicieux, ou impunément pervers. » Mabx.
Je verrai dans cette plaiderie Si les hommes auront assex d'effronterie, Seront assez méchants, icélérals et pervers^ Pour me faire injustice au yen:; de l'unifers.
Mol.
Des citoyens psToers PToltOi ^^* oonpiob^
vers (In.).
TIDSITÉ, TBOYAGE. Etat d'une persomt-
a été mariée , et qui a perdu soo conjoint
Par sa terminaison, vidwité exprime qui*- . chose d'abstrait et de général, nn état absola lieu que la terminaison verbale de vessicage sir fie une action particulière ou le résultat c . action particulière , tt annonce par cooséç>i un état relatif. On dit la viduité^ mm^esec « Des trois espèces de chasteté , savoir oelie àt '^ virginité , celle de la viduité et celle dn mariae la chasteté conjugale est la plus difficile. »Bor 2: c La viduité est regardée parmi nous, non p,.> comme un état dt désolation, mais comme c état désirsble. » Boss. « Les deux époux pesnm être alors séparés, maïs i condition devfrt chacun , jusqu'à la mort de l'autre, dans un èii: de viétuUéy qui n'aura ni l'attrait ni les sédactiens du divorce. » Mabk. « Malbenreaz de survivre à celle dont l'amitié lui aurait adooci toutes les peines de la vieillesse , dans cet état de solitude, qui est la viàniié de l'iiBe, iTAJembesx avoue que son courage ne suffit pmnt à soo malheur. » In. Mais on dit, en psriant.d'ane personne en particulier, son «eucoge. «BOe avût réformé sa maison pendant son oeuooge* * L^s. « C'était surtout depuis son «eiituge que ssr. cœur me semblait flétri. » MAan. « Elle avait de goût pour la grande représenution , la magnificence et le jeu , qui l'avaient suivie à Pu» dans son veufMçe. • S. S. • Dans son vettcoff , Cornélie, mère des Gracquas, perdit prcique toos ses enfants. » Roll.
La viduiîé est un état idéal, qfs'on eoesidére en soi, comme étant tel on te! indcpendaiBBicot des temps et des personnes. Le cev«a^, as cobtraire, est un état effectif, Tétst d'une certaine personne qui y reste un certain temps. La viduité est un état de désolation (Boss.). « Pour étourdir sa douleur et consoler son veuvage, c'étaient tous les jours (dans la maison de Sjlîai) de grands et somptueux repas. » Roll. « La virginité est va état angélique. La viduiié la suit de près. Le caractère d'une veuve chrétienne est de faire «ces- 1er tout son amour vers Jésus-Christ comme fers un époux , mais un époux absent , qui , tout tîvant qu'U est, est néanmoins coDune mort pour son épouse , et la laisse dans un vewoage qoi ae finira qu'avec le monde. » Boss.
Que si quelquefois viduité se rapporte aussi i une personne, au moins ce mot n'a aucune relation au temps : il fait concevoir une situation, et non un événement, des circonstances agréables ou pénibles où se trouve quelqu'un , et non ce qui lui arrive. « Toute l'Eglise est veuve: ef les veuves chrétiennes, qui ont porté dans leur mariage la figure de l'union de r£glise avec /ésus- Christ, portent encore dans leur veuvage VéOLi de sa viduiîé. » Boss.
VIfiUX, ANCIEN , AirnQDB. Qui existe depuis longtemps.
Tieux se rapporte à l'âge, et se dit de ce qui vit. Ancien a rapport au temps, et se dit de ce qui date de plus ou moins loin. Vieux est opposé à jeune : s Vous n'aves de votre vie été si itune
SYNONYMES À RADiCAUX DIVERS.
iWtli
70US êtes, et je vois des gens de Tingt-cînq qui sont plus vieux que tous. » Mol. Mais en est opposé à moderne : c V ancienne e et la Grèce moderne. > Acad. Ce qui est r est ayancé en âge ; ce qui est ancien est e origine qui remonte haut. Vieiîlesse donpe e d'un grand âge; ancienneté, celle d'une ine éloignée, d'une grande antériorité {ancien è formé du latin ante, avant). On appelle a: Les hommes , les arbres et tout ce qui vit; :ppelle anciennes les villes, les coutumes, les illes, les liaisons d'amitié ou les haines, .es les choses en un mot qui ont une date , ont pris naissance plus ou moins longtemps at l'époque présente.— Lorsque par extension IX s'applique aussi aux choses qui ne vivent proprement , il les représente comme n'ayant s les qualités de la jeunesse ; le vin vieux n'a s de verdeur; un vieil œuf n'est plus frais. Un ux b&timent est comme un vieillard, il est lue ou ruineux; un ancien bâtiment a été istruit bien avant le temps où nous vivons. vieux livre est un bouquin ; un ancien livre de ceux qui ont été composés par nos ancês. De vieilles histoires sont insipides à force ilre rebattues; à*anciennes histoires se raconent déjà il y a longtemps. Vieux est donc quaicalif , significatif d'une qualité bonne ou mauise ; mais ancien est purement chronologique. Antique enchérit sur vieux, « Là on voit une ste forêt de cèdres antiques, qui paraissent issi vieux qqe la terre où ils sont plantés. » SN. Ce mot se dit par exagération et en plaisannt d'une personne ou d'une chose tiks-vieille par conséquent très-surannée, qui n'est plus I tout de mode ou de saison. « Une femme qui uitte Paris pour aller passer six mois à la camagne en revient aussi antique que si elle s'y lait oubliée trente ans. » Montesq. « Il semble ue chez la plupart des peuples les lois soient récisément comme les meubles antiques et préieux que l'on conserve avec soin , mais dont il y urait du ridicule de se servir. » Volt. L'adjectif antique enchérit également sur ant'en : l'Académie le définit par fort ancien , et ùle décide que V antiquité est une ancienneté re , :ulée. a La littérature romantique a ses racines lans notre propre sol; elle rappelle notre histoire ; son origine est ancienne , mais non antique. » Mme de Stabl. Les Chinois sont un peuple rigide observateur de toutes ses anciennes lois , et qui se pique d'une antiquité extraordinaire (FéN.). « De là vient l'aversion des grands d'Espagne à observer entre eux aucun rang d'ancienneté,,.. Ils croient se- trouver mieux de la confusion : tous veulent faire croire l'origine de leur dignité obscure par une antiquité reculée. » S. S. « Plus une nation est antique, plus elle a une religion ancienne. • Volt. « Mo!se ne nous a pas dit un seul mot des anciens monuments de VÉgypte, des mœurs, des lois, de la religion , des usages d'un peuple si antique et autrefois si renommé. » In.
!• VILIPENDER, TYJIIPANISEa;-2» SIFFLER, fiERNEE, BAFOUER; — 3** HONNIR, CONSPUER. Maltraiter en paroles. Tous mots iamiliers.
STi. raiiiç.
Vilipender et tympaniser marquent décri; siffler, berner et bafouer, dérision; honnir et conspuer, réprobation. On vilipende et on tym^ panise , parce qu'on a envie de rabaisser, et en parlant mal, en publiant du mal d'une personne ; on siffle y on berne et on bafoue, parce qu'on trouve sot, impertinent, et en faisant d'une pprsonne son jouet, en la tournant en ridicule; on honnit et on conspue, parce qu'on trouve bas, honteux , indigne , et en couvrant d'opprobre, en livrant à Tanathème, en représentant comme infftme. Vilipendé et tympanisé, on est un objet de bruits fâcheux; sifflé, berné, bafoué, un objet de raillerie, un plastron; honni ou conspua, un objet de mépris. Vilipendé par F.éron (Volt.), Voltaire berna et fit bafouer Fréron (In.) ; il dit même dans une de ses lettres à d'Alembert : « Il me semble que tous ceux qui ont écrit contre les philosophes sont punis dans ce monde : Fréron a été honni sur tous les théâtres , et Vemet sera pilorié. B
!• Vilipender, tympaniser, *îal traiter en paroles une personne, s'attacher à mal parler d'elle, la poursuivre de ses médisances.
Vilipender, latin vilipcndere, mépriser, estimer vil , n'est pas aussi exclusivement familier que tympaniser, verbe tout français, quoique formé d'un mot venu du latin, tympan, de tympanum , tambour. « Je ressens de la consolation de voir l'autorité de saint Augustin, autrefois tant vilipendée par certaines gens , si hautement rétablie. » Boss. « Les philosophes continueront à être vilipendés et persécutés.» D'Al. «Je conserve l'esprit de charité jusqu'à ce qu'on me dise des injures, ou qu'on me joue quelque mauvais tour. Car l'homme est fait de façon qu'il n'aime point du tout à être vilipendé et vexé. » Volt. Vilipender est un terme littéraire, et c'est surtout dans ses écrits qu'on vilipende. L'abbé Cotin a été tn7tpend^par Boileau (o'Al.). <k Tantôt J. J. Rousseau a justifié certains prêtres contre l'fncyclopédie, et tantôt il les a vilipendés,* Volt. « Ces nuances délicates échappent ou sont regardées avec dégoût, d'où il arrive que le pauvre auteur est justement vilipendé par les Fréron , sans que personne prenne le parti du pauvre diable. » In. « A l'égard de la nation allemande , que cet auteur vilipende et qu'il traite d'imbécile en termes équivalents, cela nous paraît ingrat et injuste ; ce n'est pas tout de se tromper , il faut être poli. » In.
On tympanisé , au contraire , par des propos qu'on ^pand dans le monde, en disant du mal hautement et de tous côtés , comme au son du tambour, dans tous les quartiers, à tous les coins de rues.
Comme sur les maris accusés de souffi-ance De tout temps votre langue a daubé d'importance , Qu'on vous a vu contre eux un diable déchaîné. Vous devez marcher droit pour n*être point berné ; Gare qu'aux carrefours on ne vous tymoanise.
(Chrysalde â Amolphe, dans VÉcole des' /emmtê). Mol.
ISABBLLS.
« On va me tympaniser par la ville (pour s'être séparée d'avec son inari), et je vais donner la comédie à tout Paris. » .
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