DEUXIÈME PARTIE
COLOniHI.
«e Eh) madame, c'est rana étamiser que de faire vn cotip d*Siat comme celui-lil * Reoii. « Je n'oserais passer sur ces bienséances sans me faire tympaniier par la Tille. » Dbst. « H fallait que ma diffamation fût universelle. Il ne suffisait pas de la répandre dans les eerelea et parmi la bonne compagnie ; il fallah qu'elle s'étendit parmi tout le peuple et dans les plus bas étages. Mais raffectation de me tympaniter ainsi à mon insu pouvait scandaliser les simples, s J. J. « Cela ferait un procès; ce procès ferait d\i bruit.... On n'a déjà que trop fympattù/ma dévotion. » Volt.
La Force (Mlle de) est enfin oondamnée.
Bar le ntit de son hpnénée
On vient de la txmpamimr. Lir«
î» Siffler^ berner, bafouer.
Maltraiter en paroles «ne personne , se moquer d'elle , l'immoler à la risée.
Un paon muait : un geai prit son plumage. Quelqu'un le reconnut : il te vit hafotté,
Brrnêy siffle^ moqué, joué. Laf.
Nous tifflons , comme connaisseurs et comme juges, ce qu'on nous présente, ou quand on nous présente quelque chose dans Tespérance d'obtenir notre approbation. C'est ainsi qu'on siffle un acteur, c'est-à-dire un homme qui a la prétention et qui tâche de se faire applaudir. «Dans une compagnie de fleuristes, ayant voulu m'évertuer à mon tour et hasarder de m'extasier à la vue d'une tulipe dont la couleur me parut vive et la forme élégant , je fus moqué , hué , sifflé de tous les savants. » J. J. c M. le cardinal de Bouillon voulait qu'on mit après Ténoncé des propositions que M. de Cambrai ne les avouait pas ; ce qui fût sifflé par les cardinaux , si on ose employer ce terme.» Boss. «Quelle platitude (de certains éditeurs de Boileau)f Elle sera sifflée à Paris comme dans ks collèges de l'Oratoire, s Làh. c Si vous faites cette proposition , on vous êif fiera. » Acad.
Berner et bafouer ont une tout autre force : ce n'est pas seulement désapprouver des idées, des sentiments « des productions qu'on critique, c'est traiter la personne même d'une manière offensante et humiliante, lui foire une avanie, l'insulter, c Je fus arrêté par la tnjeMt d'être hué , sifflé, berné, 9 J, J.
Pauvre bêle I Pauvre innocent i m ne les voyais pas (ces parasites) Te cfaansonner au sortir d'an repas, ^iff^''^ herner ta bénigne Impndenee l Yocr.
Berner marque une action unique. « Socrate fut condamné à la ciguë , après avoir été berné par Aristophane. » Volt. «J'ai appris que Mme de Richelieu a berné et confondu publiquement un ignorant prédicateur de jésuite, qui s'est avisé de disputer contre elle sur l'attraction et sur le vide, s ID. c Je voudrais bien savoir si , quand on beme^QÀit M.Boursault sac le théâtre, il serait assez heure» pour faire *rire le monde.» Mol. « Marin avait dit qu'en le mmitrant au doigt f avais insulté la majesté du trône , bem^ le goufemement et injurié la magistrature. » Bbaum. « Sandis I dit le Gascon , je crois qun vous me
bemex. thi singe jouer vox échecs ! » Les.-l bafoyixr çaratt être un fréquentatif et îê!: une action multiple ou itérative : on est r: par tout le monde ou sans cesse, « Depu mort du roi, jusqu'à sa dernière cbate, ht chartrain était devenu un simulacre qi'<?i . I cessait de bafomer. » S. S. « Toute cette tbe:!.; d'Ëpicure fût parmi les anciens sî génénitr:-^ • bafouée, que.... s Lab. « C*^ à Fréron à cî: | tester, puisque je Fai rendu ridicule, etqu! l'ai fait bafouer de Paris à Vieniie- » Toit. c5 ■ cherchez jamais à employer l'autorité là cà L s'agit que de raison , on consentez à être M/lv dans tous les siècles conuM les plus hnpertir^iT de tous les hommes. » In. < Un seal Chine'':: : voulu contredffe Confocius, et il a été mtrriïrp.:lement bafoué, > In. « Une religion bafouée ditoute l'Europe. > In. < On a vendu à Pars sh raille Àkakia en un jour, et le plus orgneiLç^ de tous les hommes ( Maupertois ) est le pl^ bafoué. » îo.
3* Bonnity conspuer. JUïtrtâter en paroles un-: personne , la flétrir comme odieuse, la signaler a l'aversion des gens de liiea.
Conspuer, eonspuere , cmhet sor, a beaucoup plus d'énergie. «Cet oaviage a été Komit et conspué. 9 ACAO.
Quand on est Honni, sn est simplement déshonoré, sans gloire, inglorius, Bonstir une âlli (RsGH. , Lks.) ou une famille (Laf.), c'est lui ôts l'honneur par un viol. « Je parus dans nos loge (à une représentation de Zaire) , et tout le parterre me battit des mains. Il est doux de n'être pas honni dans son pays. » Volt, c Je sais comme Ces Onecs qui renonçaient à la courda grand roi, pour venir être honnis par le penpfe d'Aihéaes.* la. c n est juste que le Catilina de CreMTZon soit honoré , et le mien honni. » In. c Les belles^Iettrès sont un peu honnies , et le tZiéâtre désert. > la. — Mais quand on est conspué, on est repoussé comme quelque chose de détestable, d'honibJe. «i La bulle Vnigenitus, disaient ses partisas, mal accueillie sans doute, et même casupëét i sa naissance, avait fini par être unanimoiait reçue. > D'Al. c Ces systèmes absurdes saaie»spués avec horreur par le monde entier, a Lis. ConnaisMS-voQs certain rimeur obscur.
Sec et guindé, toujours finoid, toujonfs dv, Chassé, bailu, détesté pour ses ciimcs»
ffomm, bené, amspoè pour ses rimes.' Teu.
TILtE, CITÉ. Assemblage d'un graad nombre de maisons dans une même enceinte.
La fjUk se considère sous le point de vue physique, la ctt^ sous le point de rue politiijae. c Les maisons font la vÛle , mais les citoyens font la cùé. 9 J. J. On dit les murafUes de la ville (ACAO.), détruire une viUe (Mostesq.), et les lois de la eiêé (Lab.), gouverner nne ctt^ (MoHTBsg.). Deux honmies de la mène nOe habitent le même Heu; deux hommes de la même eiié appartiennent au même corps polïûque , ont la même patrie. On détruit une tille en la rasant; on détruit une cité en abolissant sa constitution. « Quelquefois les Romains abusaient de la subtilité des termes de leur langue ; ils détruisirent Carthage, disant qu'ils avaient promis de
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
onserver la cité, et non pas la ville.» Montesq. - I^es fécîaux faisaient des imprécations contre nix-mémes et contre leur dté, en cas qu'il leur i.rriv&t iTen imposer. Ils répétaient ces protestatioois et ces serments, lorsqu'ils arrivaient à la porte de la ville, » Cond.
CeUe différence déjà grande peut Is devenir davantage. Au Heu d'indiquer la même chose sous dieux points de vue difiërents, viUe et cité peuvent exprimer deux choses difierentes, savoir vtZZe une réunion d'habitations, et cité un petit £tat, une république , toute une contrée gouvernée par les mêmes lois, les mêmes coutumes, les mômes magistrats. Ainsi entendue, la càé comprend quelquefois plusieurs viUest ou bien elle ne comprend que des villages , des provinces où il y a peu de maisons les unes à côté des autres. « C'est toujours un mal d'unir plusieurs villes en une seule cité. » J. J. César dit que toute la cité des Suisses consistait en quatre bourgs ou quatre cantons; il y avait chez les Germains beaucoup de cités et point de villes.
liais , pour en revenir au cas oti les deux mots se touchent de plus près, c'est-à-dire se réunissent sous ridée commune énoncée en comntençant, une autre différence provient de ce que cité est la traduction exacte du latin dvitas , qui a même signification, et que ville dérive de viUa , qui veut dire autre chose , savoir une maison de campagne. Ville est le mot ordinaire; dté convient mieux pour une ville antique. « Je quittai cette ville (Séville). et je gagnai la campagne qui conduit à Fancienne ctt^ de Carmonne. » Lbs. On appelle encore cité la partie la plus ancienne d'une ville , ce à quoi se réduisait autrefois toute la ville et ce qui se nommait dvitas.
Cité se dira aussi plutôt pour une ville puissante, célèbre ou magnifique. < En Italie, quoique tout le monde habite les villes , elles sont entièrement désertes et dépeuplées : il semble qu'elles ne subsistent encore que pour marquer le lieu où étaient ces cités puissantes dont l'histoire a tant parlé. » VoirTBS{2. « Jésus tourna ses pas du côté de Jérusalem, cette viUe perfide où il devait subir le dernier supplice.... Sitôt qu'il put découvrir cette dté, il se mit à considérer ses hautes et superbes murailles, ses beaux et invincibles remparts, ses édifices si magnifiques, et son temple la merveille du monde. » Boss. Plutarque ne voulut jamais quitter Chéronëe, la petite ville de Béotie où Û avait pris n&issance, pour aller se fixer dans quelqu'une de ces cités célèbres qui étaient un théâtre pour les hûmmes supérieurs (Lab.).
TJne montagne en mal d'enCuifc Jetait une clameur si haute Q«e cbacim, au brait accourant, Crat qo*eHe acoencherait sans feule h^mm cité plus gTMse que Paris :
Btte aocoucha d'une louris. Lat.
Ces lieux pour nos bergeni ont padBieunappw^
La viUe a tout séduit ,,..,
Je Tai vue A la fin, cette grande cité : Quel éclat ! mais, hélas ! quelle captivifé !
J. B. Koiiss.
Enfin , dté s'emploie seul dans le style figuré del'Ëcritare, et de préférence en poésie ainsi
que dans le style soutenu. Saint Augustin a décrit la dté et non la ville de Dieu. « Jésus-Christ nous a bâti dans le ciel une dté permanente. » Boss. c Par la culture les déserts sont devenus des dtés habitées par un peuple immense qui, circulant sans cesse, se répand de ces centres jusqu'aux extrémités. » Buff.
Mais da disceurs enfla rhannonieuse adresse
Rassembla les hmnains dans les forets épars.
Enferma les <itès de mors et de remparts. &>m.
VIS-A-VIS, BN FACE, FACE À FACE, i L»OP- POSITE. Locutions prépositives qui marquent le même rapport de position que devant, si ce n'est que devant rappelle et exclut le derrière et en général les autres aspects de la chose.
Ftf-d-«tf désigne le rapport de deux objets qui sont en vue ou en regard l'un de l'autre, c Je mettrai dans un recueil en deux colonnes , vis-à-vis l'un de l'autre , mon vrai texte et c^ lui que vous m'imputez. » FiN. En face snp-» pose que l'objet, devant lequel un autre se trouve situé , a une face, « En face du palais est un parterre. » S. S. £tre placé dans ua salon en face d'une glace (Laf.). On dit qu'une chose est vis-à-vis, et non pas en 'face, d'un trait ou des rayons du soleil. Un point n'est pas en face d'un autre , il est vis-à-vis , sur la même ligne. Pour enfiler tme aiguille, il làut savoir bien placer le fil vis^-vis du trou de l'aiguille, et non pas en face. Une maison estcis-dvis d'un arbre; un arbre, e» face d'une maison. — Vis-à-vis d'une personne , se dit sans qu'on ait égard à la face de cette personne, à la partie antérieure de sa tète où sont ses yeux et sa bouche : être placé, à table ou dans un quadrille, vis-à-vis de quelqu'un. Mais en fou signifie précisément dans ou devazU la face, sous les yeux : ' regarder, dire ou soutenir quelque chose en face de .quelqu'un, c Tous deux, en fou l'un da l'autre, soutenaient leur assertion avec une égale constance, » Marx.
Face à face, une face étant tournée vers l'autre , ne se dit que des personnes , et il est corrélatif, il indique un rapport mutuel ^ une corres» pondance.
Me mettant fac£ a/stce^ il me «erra peat-6tareu
RSGN.
« Je ne tarderai pas de voir face à face Sa Majesté prussienne. » Volt. « Dans le ciel Jésus- Christ se montrera à découvert, fo/ce à fact, » Boss.
A Voppotite ne s'emploie qu'en parlant des choses, et, parmi les choses, de celtes qui sont opposées, l'une d'un côté, l'autre de l'autre, c Le soleil qui se retire , qui se couche , est vu par quelques rayons qui restent sur les montagnes à Voppoeite', s Boss. « Charles XII porta quelques régiments sur le bord de la Bérézine, à V opposite de Borislou, comme s'il avait voulu tenter le passage à la vue de l'ennemi. » Volt. La ville de Calais est à Vappadte de celle de Douvres , l'tme en France , l'autre en Angleterre, l'une en deçà de la Manche , l'autre au delà.