VISCÈRES, ENTRAILLES, INTESTINS, BOYAUX
Organes de la vie, qui se trouvent placés au de* dans du corps de l'animal
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DEUXIËUE PARTIE ;
C'est ce que signifie dans toute sa généralité le mot viscère , qui est un terme d'anatomie : les vitcèret sont toutes les parties intérieures de l'organisme dont le jeu importe à l'entretien de la Tîe. c La médecine nous a fait connaître clairement la place et le jeu de nos viscères. » Volt. c Je ne prétends pas (aire ici une leçon d'anatomie ; TOUS savez assez qu'il n'y a pas un viscère qui ne soit nécessaire et qui ne soit secouru dans ses dangers par le jeu continuel des viscères Toisins. » Id. « Dans les insectes , au lieu de cœur et de poumons , on trouve des parties qui serrent de même aux fonctions vitales , et que par cette raison Ton a regardées comme analogues i ces viscères, » Buff. Parmi les viscères on compte le cerveau, les poumons, le cœur, l<i foie , la rate , les reins , la vessie , et l'organe digestif, d'un orifice à l'autre.
Entrailles est un mot de la langue ordinaire, qui désigne les viscères contenus dans le ventre. Jl ne s'emploie qu'au pluriel, d'une manière collective , générale et vague , et représente les organes abdominaux , en gros, sous les points de vue dus gens du monde, relativement à la santé, à la sensibilité morale , ou comme étant cachés , éloignés de la vue , enfoncés. Inflammation d'entrailles^ douleurs à* entrailles; avoir pour quelqu'un des entrailles de père, ou simplement avoir des entrailles ^ émotion à*entrailles^ les remords déchirent les entrailles; fouiller dans les entrailles de la terre.
Les intestins sont uniquement et précisément les viscères digestifs qui font suite à l'estomac, sortes de conduits longs et ronds dans lesquels continuent à s*éIaborer et à cheminer les matières alimentaires. « Le diaphragme sépare transversalement le corps entier de l'animal , et le divise assez exactement en deux parties égales , dont la supérieure renferme le cœur et les poumons, et llnférieure contient l'estomac et les intestins, » Buff. Ces organes portent aussi le nom de boyaux, « Le ventre enferme l'estomac , le foie , la rate, les intestins ou les boyaux, par où les excréments se séparent et se déchargent. » Boss. Mais intestin est un terme scientifique , comme viscère^ au lieu que boyau est un mot commun. Ce que les médecins et les savants nomment intestin y l'homme du peuple l'appelle boyau. « Us disent que tous les boyaux d'Arius lui sortirent par le fondement ; cela est difficile : ces gens-là n'étaient pas anatomistes. » Volt, c II fallait entendre le bruit que mes boyaux faisaient dans mon ventre creux ; on eût dit qu'ils s'entre-mangeaient. » Lss. Ou bien on préfère intestin à regard de l'espèce humaine , et boyau quand il est question de la béte. c L'homme ne pourrait pas se nourrir d'herbe seule ; car , n'ayant qu'un estomac et des intestins courts , il ne peut pas , comme le bœuf, qui a quatre estomacs et des boyaux très-longs, prendre à la fois un grand volume de cette maigre nourriture.» Bdff. Dans lue description anatomique du corps de l'homme Descartes dit : « le compte entre les muscles , non-seulement tous ceux du ventre et de la poitrine, et le diaphragme, mais aussi presque tout le corps des intestins et du ventricule; et j'ai re-
marqué dans les chiens ouverte toiit v^r* leurs boyaux ont un mouvement TCgU r^ comme celui de la respiratîoa. »
Boyau n'appartient pas seulemeait i la Uzir.. conmiune , comme entrailles , qui a de U lblesse, et peut trouver place dans le haut s^-^ il est vulgaire; il se rapporte non pas aai citions de l'ftme, mais à la forme du conduit isintinal, ou aux usages qu'on peut faire, dans is arts, de cette partie des animaux. Cette salle t^ qu'un boyau; corde à boyati . « L^ brebis tjorz:. i l'homme de quoi se nourrir et se vêtir, ssii compter les avantages particuliers que Ton fir. tirer de son lait , de sa peso et xnème de ses boyaux. » Buff. « Les doyaicx des ptoiuss. bien nettoyés et amincis, sont, chez les Groézlandais, employés au lien de verre pour lezrs fenêtres. » Id. Boyau entre dans plusîears proverbes populaires , et il se dit tr^rbien en hsr dinant ou en parlant de choses de pen de nleur ou dont on fait peu da cas.
VISER, MIRBR. Regarder avec atteBtion rendroit où on veut porter on eoap.
Viser , de videre , vttMS, voir, est le ferme général , celui qui s'emploie en paxUnt d*un co'jp quelconque , d'un coup qu'on veut frapper soimême sans instrument, ou d'un coup de pierre, d'un coup de flèche , etc. Jftrer vient de mire , nom d'une espèce de bouton placé vers le bout d'un fusil, d'un canon, et qui sert à ciufr/par conséquent on ne mire qu*à l'aide d'une arme i feu, pour atteindre d'une balle ou d'un boulet.
Les oiseaux de proie viseni de loin ks sDÛcanx qu'ils veulent tuer pour s'en nourrir (Buft.). <E Les Francs, dit Sidonîus Apollinaris, deviennent si adroits , qu'ils frappent toujours où ils visent. » Vbrt. — « Un archer eut recours i sa carabine , et vitrant au visage de don Qoicholle il lui perça la tête de deux balles. > Les.
Uq énorme boulet, qu'on lanoe avec fracas.
Doit mirer un peu haut pour arriver plus bês.
• TOLT
Ensuite le verbe viser ^ tant â cause de n généralité que parce qu'il dérive évidemmest in latin, a un certain caractère de noblesse. c Se promettre de grandes choses pour en veiir taz médiocres , et viser bien haut pour atteindre da moins au milieu. » Mass. c Les flèches de Diea sont dressées et ses arcs pointés; il vise et il désigne l'endroit où il veut frapper. » Boss. Xtrer , au contraire , et par la double raison contraire, convient au style familier principalement, sûua uniquement. Voltaire écrit à son ami DamîlavUle : « Nos infâmes ennemis se déchirent Jea uns les autres *, c'est à nous à tirer sur ces bêtes féroces pendant qu'elles se mordent, et que doos pouvons les mirer à notre aise. » — Au figuré, viser est le mot de rigueur; que si on dit aussi mirer une place, un emploi, pour y viser^ c'est, comme a soin et raison de le remanpier VAca» demie, une locution familière.
VISQUEUX, GLUANT. Ces mots servent i qualifier un liquide épais ou im corps mou, qui s'attache aux choses ou auquel les choses s'attachent de façon qu'il est difficile de les séparv.
Ils ne diffèrent point par leur radical, mais ,
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
par leur terminaison. Visqueux^ vUcostu, Tient la vxscum, gui ou glu; et gluant a été formé de glwt , en latin glus.
Visqueux est un adjectif, et gluant un parti* cipe : ils expriment, le premier une qualité naturelle , essentielle, constante; le second, une <iualité du moment, temporaire, accidentelle. Visquetuc s'emploie quand on veut caractériser les choses , en déterminer la nature. < Si la terre «st tenace , visqueuse , c'est de la terre glaise. » Volt. « JLes matières bitumineuses sont ou solides, ou liquides, ou visqueuses^ c'est-Â-dire d.*une consistance moyenne entre le solide et le liquide comme l'asphalte et la poix de montagne.» Burr. « L'asphalte que Ton recueille sur i'eau ou dans le sein de la terre est gras et visqueux. » Id. « Les phalènes qui donnent dans le large gosier des engoulevents s'y trouvent prises à une espèce de glu , de salive visqiœwe , dont l'intérieur du bec est enduit. » In. « Les pieds de mouton sont une chair visqueuse et adhérente à Testomac » Les. Mais on se sert de ^2uant dans les récits, quand il est question d'une chose à laquelle il arrive bu est arrivé de montrer, de développer cette propriété. « La paysanne devient reine ; elle tousse à crever; elle crache sur son menton; elle a au nez une roupie gluante qu'elle essuie avec sa manche. » Fâm. « Le ver à soie conduit ainsi un fil gluant qui s'épaissit à l'air. > In.
Deux assiettes suivaient , dont Tune était ornée D'une langue en ragoût de persil couronnée ; L'autre, d'un godiveau tout brûlé par dehors , Dont un beurre gluant inondait tous les bords.
Bon..
« Dès que les perroquets ont mangé du persil , il coule de leur bec une liqueur épaisse et gluante^ et ils meurent ensuite en moins d'une heure ou deux. » BuFF. « Sueur gluante, » âcao. On a les mains gluantes dans un cas particulier , quand on a touché à' certaines choses ; on les aurait vuqueuses si on les avait dans cet état naturellement et toujours.
D'autre part, la qualité représentée par visqueux n'est qu'une puissance, une faculté; au lieu que gluant signifie quelque chose d'actuel et d'effectif. Aussi gluant peut se mettre après viS' quem pour marquer la réalisation de l'effet dont la matière visqueuse est simplement capable. < Le tamanoir ne se nourrit que par le moyen de sa langue , laquelle est enduite d'une humeur vUqueuse et gluante, avec laquelle il prend des insectes. » Buff.
Quant au degré , visqueux l'emporte sur glwnt : il annonce quelque chose de plus tenace, quelque chose dont les parties sont plus fortement adhérentes entre elles : on dit une ténacité visqueuse (Buff.). c La liqueur contenue dansTamnios laisse sur l'enfant une humeur i7t»gueiMe, quelquefois assez tenace pour qu'on soit obligé de la détremper avec quelque liqueur douce afin de la pouvoir enlever. » Buff.
1" VITESSE, RAPIDITÉ. CÉLÉRITÉ, VÉLOCITÉ ; - 2* ACTIVITÉ , PROMPTITUDE, DILIGENCE, EIPÉDITION , CÉLÉRITÉ. Ces mots désignent un mode de développement plus ou moins vif et bref de la puissance.
Mais vitesse^ rapidité , célérité et vélodlése disent du mouvement des corps et des animaux. Un corps tombe ,.une rivière ou le temps coule , un animal court avec vitesse ou rapidité; la vitesse ou la rapidité d'un trait. Quand ils s'emploient en parlant des actions de rhonune, ils sont objectifs, ils ne font pas connaître le sujet lui-même : aussi ne dit-on point un homme vite ou rapide,
f Vitesse, rapidité, célérité, vélocité.
Vitesse est le terme positif, celui de la physique. La rapidité est une grande vitesse, et d'ordinaire une vitesse forte , impétueuse , qui ravit {rapere, d'où ropide), qui arrache, emporte, entraîne. La vitesse d'un corps qui tombe, d'un corps qui roule , la vitesse du son, de la lumière. « Roëmer détermina la vitesse des rayons solaires. * Volt. « La vitesse de la main. » Acad. > On n'ignore pas avec quelle subtilité et quelle vitesse la médisance se communique. » Bouan. Mais rapidité convient particulièrement bien en parlant d'un torrent et d'autres choses semblables. La rapidité d'une pente (Buff.) entraîne, c Les générations des hommes s'écoulent comme les ondes d'un fleuve rapide, » Fén. « Une voiz appelle Bernard au désert : en vain ses proches et ses amis veulent l'arrêter, il les entraîne par la rapidité de sa fuite. > In. « La rapidité de son éloquence entraîna l'auditoire. « Acao.
Célérité, celeritas, signifie aussi une grande, mém^ une très-grande vitesse, mais sans l'idée de force et de violence , qui est propre à rapi-dite, c Voilà ce qui fait dire à ce sublime poète, pour exprimer la célérité d'un mouvement, qu'il est vite comme la pensée, a> Boss. « Le vaisseau qui porte Ulysse fend les flots avec rapidité; le vol de l'épervier, qui est le plus vite des oiseaux, n'aurait pu égaler la célérité de sa course. « Fân. — Outre cela, célérité seul s'applique parfois à un travail, à une t&che, à une action proprement dite , auquel cas il devient plus synonyme des mots de la seconde série. « J'ai fait établir deux de ces .martinets , dont l'un frappe trois cent douze coups par minute; cette grande rO' pidité est doublement avantageuse, autant par l'épargne du combustible et la céÙrité du travail que par la perfection qu'elle donne aux fers. 3» Buff. « Les pieds et les ongles des marmottes paraisent être faits pour fouiller la terre, et elles la creusent en efiîet avec une merveilleuse célérité, » ID.
Vélocité, latin véloc^as, sans famille, et comme dépaysé dans notre langue , où célérité se trouve au moins reproduit dans accélérer, y a toujours été d'un usage très-rare. Nos bons auteurs s'en sont servis uniquement en termes d'astronomie et de cosmogonie. « Dans ce théorème, Newton prouve que la vélocité d'une comète dans son espèce de parabole est.... » Volt. « La condensation des parties solides du globe diminua, dit-on, sensiblement avec la vélocité du globe même. > Buff. « Suivant le système d'Êpicure, les atomes parcourent en un instant le plus grand espace possible. On ne peut pas dire que les uns aient plus de vélocité que le» autres. > .GoNn.