‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 418 sur 426 · DEUXIEME PARTIE i · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE i

célérité:

Les dires, siisceplîhtas sMlcniMt da m moa- Toir, clwtrà-dire les florps et les aninunix, le font avec vitê$ae^ nupiéUé^ êélériêé ov «âoeM, quand ce n'est pas awe lentemr. Dans la raèœ airconstanoe, les êtres capaUes d'agir, d'exéeuter un dessein, d'aocompUr mne «iifre, c*eet*à* dire les hommes, le font ayec activité ^ prcmpt^ tudCy diHgcnce, expédition ou céiériié.

Mais d'abord on peot d'un mot «carter célérité, XL n'est point subjectif, il ne fait point penser à l'agent, et c'est pour cela qu'il n*u pas d'adjectif correspondant qui paisse servir à quait&er le SQJet de l'action. C'est sur l'ouvrage que ce mot appelle l'attention, et non sur l'ouvrier. « La c^ lérité du travail. » Bofv. « Jamais grand armement ne se fit avec tant de célérité, »yùLT. c Cela rend croyable ce qu'on rapporte des anciennes villes de l'Asie et de l'Egypte, construites avec tant de célérité. » In. -~ Partout, an contraire, où on remarque de Vmetivité, de la promptitude^ de la étili§cncê ou de fcapéékitiony on conçoit et on fait concevoir un bomma mcMf, prompt, diligeiu ou eap^tlif.

Activité exprime du zèle, de l'ardeur; promptitude, de la soudaineté; dtttffenes, dusofai ; et «ap^dtttoft , du dégagement. ~ L'hcsnmu actif n'est pas lâohe, froid, languissant; Tbomme prompt commence et finit tAt; rbomme éiHgent n'est pas négligent, imprévoyant, înatlnitif; l'homme eapéditif ne se laisse pas arrêter par les incidents.

Quoique l'idée de vivacité et celle de briéreté soient communes i tous ces mots, c'est surtout la vivacité qui est exprimée par activité, < Quelle activé et quelle vigueur ne demande pas la gloire du ciel I » Bœs. c Les plus imparfaits et les plus vicieux sont les plus ardents à se pourvoir de places, ceux qui ont sur cela plus d'aeciaiité. » Booan. c Que signifient oette assiduité, cette activité, cette chaleur et celte êpieté afveo laquelle nous entrons dans tout ce qui est des intérêts du monde 7 » In. « On remarquait dans le duc de Venddme un mélange d'oefirM et d'indolence. * Volt.

C'est, au contraire, la brièveté, le peu de temps mis à commencer ou & exécuter, qui prédomine dans prompftluds. L'a^'vtt^ ne mollit pas, la promptitude ne temporise pas on ne lambine pas. « Le grand talent du prince de Condé dans la guerre était de prendre en un instant les résolutions les plus hardies , et de les exécuter avec non moins de conduite que de prompttfude. » Volt. « Honteeee de n'envoyer que cent mille livres au roi, elle les envoie du moins avec une incroyable prcmpHtudê, * Boss. « Les princes peuvent agir avec pfromptitude ^ parce qu'ils ont les forces de l'fitat dans leurs mains ; les conspirateurs sont obligés d'agir lentement , parce que tout leur manque. » Voimso. < César, dont les vues et roeftc^^éuient incomparables , résolut de prévenir ses ennemis par la hardiesse et la promplietide de sa marche. « VmtT.

L'accessoire de diligence se tire de son étymo^

logie, de isfere,

non légère, ne pas choisir : c^ësi la vigiilaïKe,! précaution , la prudence. < Ces ssg^es marcha. et l'extrême éOigence dont ils usent est aste:: une preuve de leur sagesse qne de ractteitt a leur xèle. » Beuan. « Tel fut Teffet de la.dttipenee d'Asa. On irait à l'infini aà i'on vtmUôt obporter les exemples d'ucSieîf^, de TÎ^laiice. & précauHoos qu'ont donnés les grands eapîtâiia de l'histoire sainte, a Bo». « frappes de rsss échappées à la éHiQtmee du ▼eiwdangenr. » Xia.

L'accessoire d'easp^dition (ear pea , qix tire sa pieds de, qui se d^tre), c'est de se d^;ager ^ tout oe^qui peut causer du retaxdemeztt. Ce me( se dit presque uniquemena en pariant d*a&ires, comme le verbe ei^dier. « Qne ne domieidis-jg pomt, mon cher duc, pofur tous voir dégagé, prompt et eapéditif! » Fâk. < Jamais tant de jss* tesse et de promptitude dans les reparties, lanl de facilité et de aoUdité dans le travail, tant d'espédtiioii. » (Portrait du chanœiier Pontchai>tfain). S. S. c Mmiatres de la justice, éeaaUtFMs cris du pausre et du misérable ^ vous doBBaadent une prempte empédOion.^ D'Aol, « D'ArgaH son, garde des soeanx, était an homme d^nm eœpéditiom promple, d*mi tavai ÎBlm3c^kik\e.Y

fYnrÉCaTÉ,MO»TinJBB-,— rWIGLAHO, TimBULElfCB. Grande activité.

Mais vivckcité et promptitude exprîmenl u» activité réactive; p^fuloace et tuFfruteee, une activité spontanée. Lavtuacîl^ et kapresiplilade sont des qualités de relatien, des éispeàScasi être excité ; la pétulance et la turbulence sont des qualités absolues, des dispositions à entryar de soi-même en mouvement. L'homme mfoapremplt, est susceptible , impatient , colère , viadécatit <1 est certain que ma résignation n'est pas nttareUe, à moi né e^, prompt et semsâile.»! Rabutik.

MbIs loot ceh'ne sert qn*l me Mm \

Je suis vifj je sois jfrompr.

L'homme pétulant o« turivêent est indiscret, ne restant pas et ne laissant pas ftmquille ; il prend l'offensive , au lien d*ètre s» h défensive comme le premier : la pdrulaiiff oo fl^ bsitfife jeunesse tracasse, est ennemie du repa et oomme tourmentée du besoin de se moirair.

I* Fteaetf^fpremptiltcde.

La «treol^est l'activité dm actes, et lapimip ftlude celle des actions ; l'une regarde IMstcrisar, l'autre l'extérieur. 7ife regrets (AcàU.) , naaiènr pfomptee (S. S.). F^ à concevoir , premptàvècttter. < Le prince Eugène avait une mcM prompte d'exécution.» Yolt. L'homme €< m peut retenir ses sentiments; l'homme presyTai pest retenir sa main on sa langue. « PhiiNlill était proffipf , et si peu qu'on exdtét sa sêMsftf, en lui faisait dire ce qu'il avait résolu de tus.» Feu. La eîvadf^ tient plus de la colère : « La douceur, vertu ehxétienne, réprime danslstné de l'ftme toutm les wvaeitét et toutes les sûUiei excitées par la eelère. » Bounn. Vais la promptt tuée ressemble davmitage à l'emportenKiit:

Mais au seul nen du rtrf, trop frûmfi et mf sincère,

SYNONYMES k RADICAUX DIVERS.

iclave d.* un courroux qu'il ne ponvail dompter, ^ isqties é, la menace il osa s'emporter. Youc. 'ivacité a rapport à Tintensité, et prompU'twd* pevi de temps qu'on met k faire une chose : imme ^if n'y va pas mollement, froidement, gxtissaznment; l'homme prompt a bientôt fait. D^ autre part, la vivaciié dépend de l'esprit, la jfromptitude de l'humeur : on est Mxf et dé- ^t ^ brusque et proinpU La vifxuiié suppose u de réflexion, la jpromptttude pau de sang- >id.

^ 'Bélvklancê y turbulmoe.

X.a 'pét^L^ance , de peter e^ se jeter (rar, assaillir, taquer, est agpressive, harcelante. La turbu^ nce , de (ur6a, trouble, tapage, est inquiète et roui lionne. "Le pétulant tous saute dessus, tous bsède , nous agace; le turbuUni s'agite sans esse, fait beaucoup de bruit, de tumulte, et aet tout en désordre. La pétuloLfice peut être ffrayante ; la turbulence est toujours importune. ?étulant est opposé à retenu :

Le pétulant guerrier, le grave magistrat. Dasr. Xurbulcnf est opposé à paisible :

Le turhuUnt marquis j le poisilile beurgeoie.

RifiH.

Des sybraint (Ktair.), un bélier (Bdtf.) pétulants. « La pintade se fait craindre des dindons in&me; et, quoique beaucoup plus petite, elle leur en impose par sa pétulante, n Bvwv, « Ce petit animal (une belette) ayait conservé son caractère pétulant : il mordait sans discrétion tous les étrangers. » Id. « Je me suis déchaînée contre lui. Je l'ai chargé d'injures, et laissé dans la rue , èU>urdi de ma pétulance. * Lis.

LE CBBVALIIB.

« AdiàTe, ou je f assonune. Bzpliqie-tei tout àVlieuTe.»

froutir.

« Diable/ YoilÀ un homme b^en pétulant t »

DSST.

« U. Chalmette a pensé , à csuae d» sa modique taille y être accablé par une multitude de petites filles pétulantety qui youlaient l'euTahir au catécbisme. » Fin. « Son intention n'est pas seulement d'empêcher que les esprits pétulants, c'està-dire hardis, téméraires et licencieux , ne s'élèvent contre les choses déjà décidées. » Boes. — Des passiona turhulentei (Bourd.) , une joie turhuUnte (J. J.)- « Je oraignaisde tomber bien plutôt dans rineurie et le quiétisme, que de derenir factieux, turbulent et brouillon. • J. J. « La pintade est un oiseau vif, inquiet et tufbuknt^ qui n'aim point à se tenir en place. • But». « Les partialités se multipliaient, et les esprits fiirbidenti y trouvaient de nouveaux meyene de brouiller et d'entreprendre.» Boss. « Les fausses leligioDs Deeonsistaient que dans un xèle aveugle^ séditieux, tttr6u/ent, intéressé, plein d'ignorance, confvs et sans ordre ni raisoD. a In.

J'sbhone le fracas, le brait, la turbuUnce. Rion;

DORA. BKATaiX.

J'appelle tout le monde, Je nli, Je viens. Je cours, et nul ne me seconde, h a'ea pnis plus. Mon sein met tout en mouns-

ment.

Et TOQf, Yoos demanres ici tnmipiiHawnt

D. FBILXPPB.

Hais devant dom Louis soyez moins turbulente.

Dest.

INVOCATION; — 2* CAPACITÉ, DISPOSITION; — 3« APTITUDE, TALENT, PENCHANT, INai- NATION , GOÛT. On se sert de ces moU pour exprimer à quoi un sujet est bon ou propre , à quoi il peut être convenablement employé. En choisissant une profession, un homme doit bien considérer sa vocation i sa capacité , ses dispositions y son aptitude y son talent^ son penchant, son inclination, son goàâ»

1" Vocation. '

Tocation est le seul de ces mots qui soit objectif , qui lasse pen«er à la chose, à l'état, et non à l'homme, au siy'et. Sans vecation, on est dans ♦'impossibilité de réussir; sans copacit<^, disposition, etc., dans l'impuissance. On s'oppose à la vocation de quelqu'un en lui fermant la carrière; on rend inutUe&sacQpactf^, ses(iûposition«,etc.. en les empêchant de se développer. Ma vocation Qi'appelie, c'est une voix qui m'invite; ma capacité, mes dispositions, etc., me portent, ce sont des tendances, des manières d'être prédéterminantes de ma nature. La vocation est un attrait du dehors ; on la suit comme on suit sa destinée : la capacité, les dispositions, etc., sont des mode» intérieurs, des affections; on les exerce comme on exerce ses facultés ou ses sentiments , sa clémence, sa ferveur, etc. c Les directeurs se croient-ils nés pour un emploi si relevé , si difficile, et se persuadent-ils de ne faire en cela que suivre une toeaiion ordinaire et qu'exercer leurs talents naturels ? » Labr. « lions disons qu'un tel a vocation pour le siècle, pour le cloître, la robe, l'épée, c'est-à-dire que chacun est appelé à un certain état que Dieu lui a marqué.» Bouhd* « Abandonner l'oraison commune pour se jeter dans d'autres voies pour lesquelles on n'a ni vacation ni disposUion, * Id«

2"* Copoctl^, diapoxiU'oA.

Capacité signifie , au propre , comme caporiéas en latin, la contenance, la qualité d'un vase de contenir plus ou moins. Au figuré , dans le sens où il est pris ici, oe mot exprime quelque chose de grand , de large , de considérable , d'éminent , ou il se dit dans le grand , et particulièrement en parlant des emplois publics. Pour devenir orateur, général ou ministre habile , il faut de la capavUé. Une grande, une haute, une vaste capacité; une capacité étendue (Fj.éCH.)« « Ëtait-ce dans oes deux personnages éjeninence d'esprit, profonde capacité? » Labr. «Que de dons du ciel ne fauVil pas pour bien régner?... Une vaste capacité, qui s'étend non-seulement aux affaires du dehors, au commerce, aux maximes d'£tat, aux vu£s de la politique, au reculement des frontières, mais qui sache aussi se renfermer au dedans, et comme dans les détails de tout un royaume. » lo. « Après la mort du duo de Braganee, sa femme fait éclater sa capacUé dans le grand art de régner pendant une régence tumultueuse. » Vert. « En oe temps, Michel Le Tellier, encore maître des requêtes, était intendant de justice en Piémont. Mftzarin fut ravi d'y trouver un homme d'une si graiftdajMPMittL m Bon. c Le» aflUtes étant tn

Page 1