DEUXIÈME PARTIE
état d'arancer à Constantinople , on conseilla aa roi (François !•') d'y enyoycr Paulin, homme d'une condition médiocre , mais d'une grande capacité. » ID? c II ne manquait pas de capacité pour remploi de premier ministre. > Roll. < Ëpaminondas n'avait point encore été en situation de donner des preuves bien éclatantes de sa grande capacité pour commander îles armées et pour manier les affaires publiques. > Id.
Disposition indique quelque chose de Tague , une puissance éloignée , qui demande à être cultivée, et qui donne simplement des espérances de succès. Il suppose une application peu prochaine et se dit bien surtout par rapport aux enfants et à la manière dont ils répondent au soin qu'on prend de les instruire. « HeWétius affirme que tous les hommes sont nés avec les mêmes dispositions à tous les progrès de l'esprit. > Lab. c II y a des enfants sans génie, qu'on voudrait former afin de les avancer, mais auprès de qui tous les soins qu'on prend sont inuUIes par le peu de disposition qu'on y trouve. » Bourd. « Élevé avec Britannicus , Titus eut la môme éducation et les mêmes maîtres; il montra de bonne heure des dispositions à tout. » Cond. « Christian IV avait de l'esprit , des connaissances , des dispositions heureuses pour tout et cultivées de bonne heure par des hommes célèbres. » Id. c On aurait pu (kire de Denys le Jeune un assez bon prince , si d'abord on avait pris soin de cultiver les heureuses dispositions qu'il avait apportées en naissant. > Roll. c Cornélie éleva ses deux fils avec tant de soin quç, quoiqu'ils fussent généralement reconnus pour être nés avec le plus heureux naturel et les meilleures dispositions du monde, on jugeait qu'ils devaient encore plus à l'éducation qu*^ l& nature. > Id. c Les dispositiêns sont plus passagères (que les habitudes), et n'ont rien de fait ni de constant; tels sont les commencements de la vertu et de la science. » Boss.
a* Aptitude , talent , — penchant , inclination , goiU,
Tous ces mots marquent des spécialités; en cela ils diffèreut des deux précédents. La capacité et les dispositions sont générales ; on peut avoir de la capacité et des dispositions pour tout. L'aptitude, le talent^ le penchant ^ Vinclination et le goiU sont particuliers; on n'en a que pour un certain genre d'actions. On dit absolument avoir de la capacité ou des dispositions; et relativement, avoir de l'aptitude, du talent^ du penchant , de Vinclination, du goût^ pour telle chose ou pour faire telle chose. «Chaque grand homme , outre sa capacité générale, a encore un talent particulier dans lequel il excelle, et qui fait sa vertu distinclive. » Montesq.
Mais ensuite aptitude et talent ont rapport à l'homme intellectuel et aux ressources de l'esprit; penchant, inclination et goût^ à l'homme sensible et aux attachements dont il est susceptible. Arec de l'aptitude et du talent pour une chose , on la fait facilement , on a par rapport à elle ce qu'on appelle aujourd'hui des moyens; avec du penchant, de Vinclination, du goût pour une chose, on s'y livre volontiers, on prend plaisir à la faire. « (Test dommage que je me
; sois trouvé peu de taknt pour Tan :. ^ Vinelination y était tout entière. » j. j' . ' pistron se livra i la poésie pouriaqi-i." croyait du talent et se sentaiidu^og?', « Le talent pour un mmistère se vm!^^ ▼ent par le goût qui nousydétenniLÉ;:
ne faut pas que lui seul décide de cos eÎ^ Mass.
Aptitude y talent.
Aptitude est un mot formé par les ssnt latin aptus, auquel ils ont doaoé anete-Lr imitée du Jatin. Aussi ne l'emploiM-cii p: /, dans le didactique ou en parliDt à'och::: scientifiques ou littéraires. C'est le mot ql:-. vient le mieux dans les défînitiozu o;: çsi:: traite en métaphysicien des différectes pri; de l'esprit, c Le goût est une aptitude à l'e: . ger des objets du sentiment i Tiur. c La :. sence d'esprit se pourrait définir une apu*»: profiter des occasions. > b. c L'apt-fu:// j — parer des idées et à trouver des rapport»;.; « Il y a des singes, des éiépiaxits. çuiozifh d'esprit que d'autres , c'est-i-dire plas de zormoire, plus d'aptituâi à combiner bû nombre d'idées. » Volt. « Le lama lesiemble aa chaiiie:u par la douceur du natarà,firîespnt de serritude, par la sobriété, par l'apHtiule aa \:mùt BuFP. « Il ne faut pas joget de ïuùlliè daaiij par ceux qui n'ont reçu de la Mtmi'Km aptitude aux connaissances iiuéraires. > Ub. i Lt tarent est une dispo;sition particulièn r :i:tuelle à réussir dans une cliose; i ïégci ii> lettres il consiste dans l'aptitude i dûo^ci u sujet qu'on traite uns forme que l'art a;pri;ar$.i Mark. — Talent est on mot caum, ds toos les styles , significatif d'une dîsposiùoQ à rc: à: dans un certain genre de travail, foel 90!!/ &.Yt, ordinaire ou relevé.
PenehasU , tncitnolton, yoét
Le penchant est plus fort, plus déciiâ çue l'ifidtfwKtOfi (voy., p. 69îct«î,Indii«iii«. penchant, pente ^ pr opefwtos). Le ^ e» P faible que l'un et l'autre. Le peschoMt -jm ctraîne ; Vinclination nous pousse; le goâi:^--» détermine et nous incite.
VOIE , CHEMIN» KOPTR Kspïce par ou on n d'un endroit à un autre.
Voie, étant formé du htin tw,fleailM propre que dans un petit nombre d'eipreâivEi consacrées. Il désigne d'abord 1» fw^ itMnés. « Let fH)i« de l'empire «aain.; ^ « Les votes militaires romaines neUieûiUrg» que de seize pieds. « In. U wie^^^;^ voie Flaminienne (In., ^'>'K'^r^Li tous les Romains qui s'est rendu cel«)K^^ construction d'un grand chemjii «^^^ Appius Claudius. Ce chemin M ^^^ nom,la.oteAppienne..,C'étaitU^^^^^^
de toutes les cote* romaines. > ^^^f '"l^. M. JEmilius conduisit un g^nd ckeji ,^Ç;;;; Plaisance jusqu'à Rimini, et le ^'^^^ Flaminienne. . In. - On s'en sert «a* » ^«^ de jurisprudence dans les loculioM^^j;^ que, via publica, et ^'.f^'Jf.^Z^ co^ dont la première a passé ^^^?^J^^[^}, muû : n'embarrassez pas la f ow P*«« t^^
SYNONYMES A RADICAUX DIVERS
ins les Pays-Bas , on exige de toutes les voi- :s un péage modique pour l'entretien des ts pul>liques. » Volt. — En termes de rÉcrie et dans le langage de la dérotion, non<seulent il est d'un fréquent usage au figuré, mais iore on l'emploie quelquefois au propre. « Les lélites , échappés de la mer Rouge, trouvaient voies arides du désert douces et agréables. > ss. — Hors de ces cas particuliers et faciles à :oanattre, voie est inusité au propre, si ce !st dans des acceptions étrangères aux deux très mots. Xinsi il signifie l'espace qui est enî les deux roues d'une Toiture, et, d'autre ^rt^ le mode de transport pour les voyageurs i pour les marchandises : aller par la vote de rre , ' par la voie de mer. Il est vrai qu'on dit len , dans un sens analogue à ce dernier, la 7ute de terre , et la route par eau ou par mer. !ais on emploie alors une expression moins prore et moins choisie.
Chemin et route sont vulgaires; ils ne viennent las d'un mot latin correspondant qui ait le même »ens.
Chemin est plus général : il y a des chemins ^our les gens de pied comme poilr les voitures ; il n'y a de route (de rota, roue) que pour les voitures. Un sentier est un chemin , et non une route. La route est un chemin long, large , droit , fixe, tracé pour toujours, construit de main d'hooune , et très - fréquenté , très - passant. « Faut-il de si grands talents et une si honne tête à un voyageur pour suivre d'abord le grand chemin , et , s'il est plein et embarrassé , prendre la terre et aller à travers champs, puis regagner sa première route ^ la continuer, arrivera son \erme ? » Labr. Routes royales ou impériales ; chemins vicinaux , chemins de traverse ; route d'Allemagne ou d'Italie, chemin du village. « N'y a-t-il pas dans leur pays de grandes routes et des chemins de traverse à construire ? » Volt. On dit la roule, comme le cours, du soleil ou d'un fleuve ; c'est quelque chose de réglé et d'invariablemeDt suivi. Mais un torrent s'ouvre un chemin et dans sa course renverse tout ce qu'il rencontre, c Toutes ces eaux sont d'alftrd descendues dans les plaines, sans tenir de routes fixes.... Elles se sont ouvert des chemins jusqu'à la mer.» BuFF. — Ensuite, la route se considère plutôt d'une manière extrinsèque et abstraite , par rapport à sa direction , à son tracé , aux lieux qu'elle traverse ; aller de Paris à Lyon par la route de Bourgogne ou par la route du Nivernais. Le chemin , au contraire , est considéré intrinsèquement, matériellement, par rapport à sa nature : chemin raboteux , ferré, solide, rompu, glissant, fangeux , gâté par les pluies -, chemin de fer. Aucun chemin de fleurs ne conduit i la gloire.
Laf.
On trace une route , et on fraye un chemin. Pendant la nuit , on s'écarte de sa route, parce qu'on ne voit plus le chemin (Boss.). On tombe malade en roufe (Acad.), au commencement de la route (YoLT.); on trouve des pierres en son chemin [Acad.), à l'entrée du chemin ^ ou un précipice dans son chemin ^ourd.). Une route est belle ou bonne à riison des agrémients qui s'y offrent à la
J vue et des commodités qu'on y trouve dans les hôtelleries ; un chemin est beau oîi bon à raison de la facilité dont il est pour la marche. Chemin est tellement relatif à la matière qpi le composa qu'il se dit pour la quantité qu'on en parcourt. Faire bien du chemin (Acad.). « Sous nos premiers rois , les charrettes faisaient à peine en un mois le chemin qu'elles font aujourd'hui en une semaine. » Volt. Faire rot*/e est une locution tout abstraite qui signifie voyager; faire chemin n'est pas usité. Mais on fait un chemin , c'est-àdire qu'on le construit, et on fait du chemin, c'est-à-dire qu'on parcourt une étendue de terrain plus ou moins longue.
Au figuré , dans le sens où ces trois mots expriment ce qu'on doit faire, la conduite qu'on doit tenir pour arriver à une fin, route et chemin rappellent le sens propre, savoir l'idée de quelque chose d'ordinaire, de tracé, ^e frayé, de battu, de déterminé, de connu , de fréquenté, qui mène à un but commun : le chemin ou la route de la vertu , de la gloire. Foie , inusité au propre , signifie un moyen particulier pour arriver à une fin particulière. On enseigne ou on suit le chemin ou la route qui conduit, qui a toujours con* duit à tel but, la gloire , le bonheur, la fortune, la perfection : on ouvre à quelqu'un une l'oie pour réussir dans telle entreprise. On dit bien des voies indirectes, souterraines (Acad.), extraordinaires (Mass.), singulières (Id.); se frayera soi-même des voies selon sa vanité et son caprice ^Id.). « On cherche à vous tirer du grand chemin battu par nos pères , pour vous jeter dans les voies obliques et détournées de la séparation et du grand schisme. » Boss. « Du temps de Roger Bacon , on était sur la vote de cette horrible découverte (celle de la poudre à canon). » Volt. Dans cette phrase, chemin ou roÏAte ferait un contre-sens, puisque personne n'ayant encore trouvé la poudre, il n'y avait aucun sentier fracé ou frayé qui y conduisit.
Quant à chemin et à route, ils difi'èrent comme au propre.
La route est plus grande et ^lus commune ; c'est pourquoi ce mot a servi à former routine. Elle semble aussi plus certaine et plus sûre. « Le chemin de la vertu n^est pas de ces grandes routes dans lesquelles on peut s'étendre avec liberté. » Boss. « L'homme qui nous montre le but , nous indique la véritable route , nous détourne des chemins trompeurs , nous marque les écueils ne rend-il pas' un service important?» Lah. c L'amour règne au théâtre. Les femmes ont réduit tous les auteurs à ne marcher que dans ce chemin qu'elles leur ont tracé, et Racine seul est parvenu à répandre des fleurs sur cette route trop commune. Il est à croire que le génie de Corneille aurait pris une autre voie , s'il avait pu secouer le joug. «Volt. — D'ailleurs, on suit la route et on marche dans le chemin, « Remontrez-leur qu'ils suivent la môme route que les réprouvés, qu'ils marchent dans le même chemin. » BouRD. « Suivrez-vous une route plus solitaire ? Irez-vous sur le chemin de moins de gens? » J. J. Route a rapport à la direction uniquement, en môme temps qu'au grand nombre
DEUXIËHE PARTIS :
de ceux qni la suivent, et chemin est FeUtif à la facilité ou à la difficulté. « S*eixrichir par une longue épargne ou par un travail assidu, c'était l'ancienne route que Ton suivait; mais de nos jours on a découvert des ehemins raccourcis et plus commodes. » Bourd. On marque^ on moatre la route; ou aplanit le chemitL,
VOIE, MOYEN. Quelque chose à quoi on a recours pour accomplir un dessein , pour iaire ce qu*on a en vue.
Voie^ latin via^ signifie au propre chemin, route. Moyeu^ du latin médium» ce -qui est entre deux ou au milieu, exprime un intermédiaire, un instrument, une faculté, une aide. On suit les voies ; on se sert des monens. On ouvre une voie ; on propose un moyen.
Par la vote on arrive : « On peut arriver & la gloire par plus d'une voie. * Rac. Par le rno^en on réussit : « C'est un excellent moyen pour réussir. » ACAD. On prend une voie pour atteindre un but ; on prend un moyen dans l'intérêt de la fin pour laquelle on agit. Qui entre dans la voie est Kicore loin du but; qui veut la fin Teut les noyenj.
L'idée de marche, d'espace parcoom ou à parcourir, étant inséparable de vote, on dit bien une vote courte ; mais, comme moyen a rapport à une exécution , à la production d*un effet, on dit mieux un moyen prompt. La nature agit toujours par les voiei les plus courtes (Yolt.); le désintéressement est le plus prompt moyen pour concilier les cœurs (BourdO-
Par la plus courte mm ob 7 èbw^e nm plaee (dans la grAce des rois) ;
Et lé plas prompt mojen de gagner lear Ikveor^
Cest de flatter toujours le taible de leur cœur.
Mol.
« La voie de la vertu est longue et ennuyeuse ; les moy^n; légitimes ordinairement aont bien lents. • Boss.
La vote est ouverte, et elle conduit quelque part; on a des moyens, c'est-à-Klire des éicilités pour agir, des ressources. « Rien n*est impossible : il y a des voies qui conduisent à . toutes choses; et si o!bus avions assez de volonté, nous aurions toujours assez de nuiyens. 9 Larocb. « Tout ce qui nous est possible , c'est d'apercevoir quelques effets particuliers, de les comparer, de les combiner. Puisque c'est la seule voie qui nous soit ouverte, puisque nous n'avons pas d'autres moyens pour arriver à la connaissance des choses naturelles, il faut aller Jusqu'où cette route peut nous conduire. » Buff,
La vote est plutôt quelque chose de général, et le moyen , quelque chose de particulier. On s'engage dans la vote des armes ; on imagine , on invente un moyen de faire telle chose. On dit la vote du salut, et un moyen de salut. « Les peines de notre état sont les votet de notre sanctification.... Faisons des peines attachées à notre état des moyens de salut. » Uiss. « Vous ne prenez pas les vote* naturelles pour faire croire un point de lait.... Mais vous allez chercher des moyens si éloignés de cette simplicité, que cela frappe nécessairement les plus stupides. » Pasc.
La vùie est une carrière ; elle suppose un plan ,
une suite d'actions, et sa raqpporte à la eoci. le moyen est la puissance appliquée po-. -^r une seule action, et il ne regarde que .cr'* ment. «Hérode voulait qu'il ne fût point fi\ la naissance de Jésus-Christ ; et la cote qu H :pour cela (le massacre des innocents' est ;. . ment le moyen d'en faire parler par u.i terre, » Bouan. « La tjoie est droite oa c: . le moyen est efficace 00 insaffîsaDt. La : . vote est iuate, légitime; le bon iHioyen êsi bL-
Enfin, parce que voie est relatif à la JDc:is. et moyen, à l'eiTei, i Tiscae, an succès, li }mier se prend de préférence en bonne pan. • le second en mauvaise. « L'aateur n'a f-is :. assez de distinction entre les princes qui oûi 1: quis un Etat par des txner jastes , et ceizx :. l'ont oiurpé par des moyen* illéig^itîraes. « Dzs. « Sans doute que le dergé acquérait souveiit ;;i' des voies hoxm&tes ; mais U est certain qu'il acquérait encore par toutes sortes de moyens. ^ Conn. cScîpion avertit Jngurtiia de ne recherche. jamais VanûtlB das Roooatns ^ue par des roù^ d'honneur... ; que , s'il employait d'indigns moyeitf , il perdrait néme l'ugent qu'il emplpwrait à commpre les saflinfes. > Tsar.
1* TOOL, RBfirAmiia ; — 2* u»Gn&, CXS- OIIHR. A:roir les yeux fuettqua part, ^pVu]iiés i quelque objet
!• Voir, regttfdet.
Voir est passif et involontaire , an Uea que ftgarder, comme observer ^ considérer, etc., doct il est synonyme , annonce un effort et dès^^s? une action faite exprès. On voù on objet qai ha sensation sur l'eeil; on regarde celui sorieqseî on dirige ou on fixe ses yeux à dessein. « Poar regarder y il fsut que les yeux saeiiest se dirigsr sur un seul des objets qu'Us coteiil. * Covo. < Si vous ne regardex qu'une cbose , vous en a^fS plusieurs ; et il vous est même impossible de a'ea pas voir beaucoup plus que tous n'en regarde:^ lo. c On voit en même temps toutes ies choses qui (ont à la fois impression sur la vue , et os regarde un objet sur lequel on dirige ses jtmfxm le voir ezelu^vement. « In. On voi'f phs oa moins clairement, on regarde plus on mois attentivement. Ce que l'indifférent se eonisDtede voir y le curieux ou l'amateur le regarde. Ucv est large, pleine; le regard^ restreint et disdact c Nous ne sommes pas assez détacha de bovs pour nous regarder d'un regani distinct, et nos voir d'une pleine vue. » Boss.
Ensuite, voir exprime une action et le résultai de cette action, et de 1& vient que ce mot est synonyme d'apercevoir et de de'eouvrir (T07. Y^ ticle suivant); re^^arder,' au contraire, nesplSe que l'action indépendanmient de Veffet. Aossi, comme on vot< quelquefois sans regarder, c'està-dire sans intention et sans attention , sans rien faire pour cela, de même il peut arriTer qu'on regarde sans voir y c'est -à- dire sans succès, c Alors on regarde sans vot'r , on écoute sans eatendre. » P. A. « On pourrait souvent dira de votre cousin qu'il écoute sans entendre et regarà sans voir. » Dudeff, « Sans vouloir faire dcTOtïe fille un trèsi^nd botaniste, je crois néasasi»
SYNONTMBS 1 RADICAUX DIVERS.
lut 8«ra loajovn utile d'ai^veadM à làm ZG qu'elle regwâe» » J. l. Lorgmer^ guigner»
rgtker et guigmer sont familierB et teideat l'un et l'autre regarder da coin de Fcul, en laïkt les yeux de c6ié. Maie à lorgner parait en ir plus particulièrement ïidéedv déairetdu qu'on a de n'être paa vu. Les UurgM^et ont été
\e principe det érentaib , an milieu desquels 'ouvait une oiwertiire pour Tmr sane être va. orgne en regardant à la dérebée, sans ikire blant de rien. « Je fis ce que je pue peur le ner à sa Isaètre (un prisennier), maie je ne
l'y apercevoir. > & S. Quant à futtftter , qui Lit moins souTent et plue familièrement en- I , il parait marquer surtout l'envie de possè-
ou la convoitise; c'est regardw non-seoleat en coulisse, mais encoce en Xsrmaat les IX à demi^ d'un air langoureux. Dans VÂ- -e y La Flèche , apportant la cassette d'Harpa- 1 qu'il Tient de dérober^ dit à CLéante : « J'ai igné ceci tout le jour. > Mol. Dans Vtnéiàe, ïi>tst\e , Anne, sœur de Diden , lui dit au s^Jet Snès , l'un de ses prétimdants^
Maie pour eelai*d , qui voue touâm.
Qui fait veair Teaa i la bonche.
Que vous ne (ailes que guign4r, Preœz-le-moi sans barguigner. Scàaa.
vont, APERCEVOIR, BÉOOOVIliR. Saisir ou innattre par les yeux les diosee qui tombent ^us la prise de cet organe.
Voir, étant un verbe simple, n'ajoute & cette lée commune aucun accessoire particulier. Ma», arce que opercetTotr et d^eouvrtreont des verbes omposés , ils représentent d'abord Tuo et Pantre action dont il s'agit canm» vokntaiffB, oemi ésTiltant -presque toujours d'su efbrt on d'ane echerche. ITn homme qui a les yeux ouverts yoix; un liomme qui regarde ou qui observe vperçoit ou déeovorB, a. Le guide nous dit : 7oîci le clkâteau. Nous eûmes beau regarder de tous nos yeux dans la campagne, nous fûmes longtemps sans Xa^percecoir; nous ne le d^icoitvrimet qu'en y arrivant, » Les.
D'uti avtre côté, les actions ^aponeooir et de
ôéamtrir, à la difTérenee de celle de eetr, sont
Temarquahles chacune par un caractère distinct
À!peTcexoxr , ad pet eapere , commencer à saisir
à travers, marque proprement un commencement
àe connaissance, une connaissance impaiftite,
obtenue avec peine, malgré les obstacles, TéUn-
; gnement ou la petitesse. Mais déeowortr, voir à
(Meouv^rl, c'est connaître à plein, d'une manière
fieile et manifeste. Ce qui est aperf» n'est qn*i
trevu ; ce qui est déceuwrt est vu au grand jo«r ,
\ sans nuage , sans confusion. < La grotte de la
déesse était sur le penchant d'une coUiae. De là
on d^cottoroit la mer.... on «percevait de loin
des collines et des montagnes qui se perdaient
dans les nues. » Fén. « Ouvrée les yeux dans un
lien sombre, vous n*apercewrer rien dans l'air;
mais ouvrex-les près d'une teétse, aui( rayons
da soleil, vous y âécowDrinx Jusqu'aux moiodies
atinses. • In. « Les Hottentots ont la vue si
longue, qu'ils d^ovvnenf des vaisseanx à «le
distance où nous ne les epereevoiis qn'sreo des
lunettes. « Conn. « Les anciens s*étant élevés jusqu'à un certain degré où ils nous ont portés, le moindre effort nous fait monter plus haut, ei avec moins de peine et moins de gloire nous nous trouvons au-dessus d'eux. C'eet de là que nous pouvons defcûtienr des choses qu'il leur était impossible d'aperceiH)tr. » Pasc.
Apercevoir procure une idée des choses superficielle , comme toutes celles que donne un premier coup d'œil; mais découvrir exprime une manière de connaître plus approfondie. Un qperfs, en comparaison d'une découverte, est qwB^ quecheee de léger, d'indécis, d'incomplet, une première vue, une sorte d'esquisse, c Quoique vos yeux n'oper^eent dans l'eucharistie qu'une aiqiarence de paio , la foi néanmoins y déoowvre, sous eette apparence, le vrai corps de Jésus- Ghriit. » Tiff, « Les déclamateurs ont dit cent foie tout cela; mais ils le disaient en déclamant, et moi , je le dis sur des raisons : ils ont aperçu le mal , et moi , j'en découvre les causes. » J. J.
VOL, VOLÉE, — E660R. Mouvement ou allure des oiseaux au moyen de leurs ailes.
Fej et foi^e ont été distingués l'un de l'autre dans la i'* partie, p. 199. Us diflereot tous deux d'MN>r de la manière suivante.
Et9or vient du latin «or, hors de, et d'oura* l'air ou les airs : efsor er signifie exposer à l'air pour faire eécher. Si bien que l'eiMr est un iToi en l'air, dans les airs, en plein air, libre, hardi, haut, rapide. C'est surtout !e toi de l'aigle et des antres oiseaux de proie. Un oiseau prend l'eiser, c'est-à-dire le plein air, comme un vaieseau prend le large, c'est-à-dire la pleine mer; un oiseau ne prend pas le vol, niais son voh « Les vauteurs sont obligés de s'essayer et de s'efibrcer à trois ou quatre reprises , avant de pouvoir pr«idre leur plein essor. » Bofv. « Les petits des oiseaux, des alouettes, par exemple, prennent leur «oi bien avant de pouvoir prendre l'ai ser ou leur essor. » In. « Si le corbeau s'aperçoit qu'un oiseau de proie s'approche de son nid, il prend son es$or , gagne k dessus et se rabat sur l'ennemi. » In. « Ils ont voulu prendre Telsor , et porter pSus haut leur vol. » Bouiin. < Cet homme ai stmide et si doux, prenant tout d'un coup l'esfor , s'éleva d'un «o{ rapide i une haute réputation. » J. J.
An hsat des afas le w2 de ma pensée Peut m'élever; mais, sans le caducée De la raiaen, cet «mot ne me sert Qu'à prolonger une erreor qui me petd.
i. B. Rovfls.
Snsuite, comme ea marque un départ ou un point de départ, le commenceiMnit d'un mouvement, essor exprime quelquefois le défaut d'un eel, d'un vol élevé, audacieux, soutenu, en on mot un grand élan. « On a vu des bécasses renfermées dans une chambre prendre régulièrunent un essor de vol tous les matins et tous lee soirs , tandis que pendant le jour ou la nuit elles ne faisaient que pietter sans s'élancsr ni s'élever. » BoFF. « Si , en prenant leur estor non loin de la hutle du tireur, les tétras partent d'un vol rapide et soutenu , il peut conclure qu'ils iront m «vaotsaas ^airéter. » In. c Au temps des Médi-
DEUXIÈHE PARTIE i
cis , la poésie dramati(>ue prenait en Espagne et en Angleterre , non pas encore un vol soutenu et bien réglé , mais un essor quelquefois très^levé.9
LâH.
!• YOLER , DÉROBER ; — 2* DÉYALISER , DÉ- TROUSSER ; — 3* ATTRAPER, ESCAMOTER; — 4* ESCROQUER. Prendre à une personne ce qui lui appartient, pour se l'approprier.
Voler et dérober sont de tous les styles et s'emploient également avec le nom de ToDjet ou celui de la personne pour régime direct : voler, dérober quelque chose ou quelqu'un. — Tous les mots suivants sont familiers, et, de plus, dévar liser et détroiuser se disent uniquement des personnes, attraper et escamoter uniquement des choses , et , quant à escroquer , s'il se place aussi devant les noms des personnes ou ceux des choses indifféremment, il a cela de tout à fait particulier, qu'il signifie non pas précisément prendre , mais se faire donner.
!• Voler, dérober.
On vole de toutes les manières, et, par exemple , ouvertement , de force , par extorsion ou les armes à la main. Dans Amphitryon , Mercure vole à Sosie son nom impudemment, sans s'en cacher (Mol.). « Chacun de tes satrapes volait dans sa province plus d'or et d'argent que nous n'en avions dans toute notre république. » (Léonidas à Xerxès). Fén. « On pend un pauvre malheureux pour avoir volé une pistole sur un grand chemin, dans son besoin extrême, et on traite de héros un homme qui subjugue injustement les pays d'un Etat voisin! » In. Mais on ne dérobe que d'une seule façon, furtivement, en prenant soin d'échapper aux regards.
On dirait que pour plaire, iostruit par la nature, Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture. Boil. Dans Y Avare y Harpagon, dont on a pris la cassette à la dérobée, clandestinement, s'écrie : « Au voleur 1 à l'assassin 1 Je suis perdu; on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent » Lui-même « fut surpris une nuit en venant dérober l'avoine de ses chevaux. » A Sparte, la loi voulait que les enfants s'exerçassent, non pas à voler, mais à dérober (Volt.) , et « on fouettait rudement ceux qui se laissaient surprendre. » Mowtesq. —Outre cela, voler, ainsi que vol, a toujours un sens rigoureux, et exprime une action criminelle; au contraire, dérober, comme larcin, qui y correspond, s'entend parfois d'une manière affaiblie, et annonce quelque chose de moins grave ou même d'indifférent. Dérober un baiser (AcAn.); dérober à quelqu'un les rayons du soleil (Fén.). s La pie a l'instinct de dérober tout ce qu'elle trouve à sa bienséance. » Buff. « Jean d'Alba, servant les jésuites, et n'étant pas satisfait de ses gages, dérda quelque chose pour se récompenser.... On l'accusa de vol domestique.... II avoua qu'il avait pris quelques plats d'étain, mais* il soutint qu'il ne les avait pas volés pour cela, rapportant pour sa justification la doctrine du P. Bauny. » Pasc.
2* Dévaliser , détrousser.
Dévaliser, c'est enlever la valise; et détrousser, enlever la /rotule. La valiie (allemand, felleisen, malle de cuir et ds fer) est
une espèce de long sae de cilir, fe!?ar une chaîne , dans lequel on zoet &£principalement , mais non pas nciçir. quand on voyage. La trovMse {àMen^zL bagage) est le faisceau de bardes ou i€ que le cavalier porte en croupe on derr^ sur son cheval. Par conséquent on dtvc homme partout oîi il peut se tronv-er it. effets, et, par exemple, cbez luL « Ce s:-. .| (Jardinier) nous dévalisait aussi ^isèm^^ : | frontémant; et dans une seule nuit il ;a- i vider ma cave. » J. J . < Mlle Lerasseur . i ? i ne manquerait pas d'être tyrannisée et dt^>^^ de nouveau par toate son avide funiLe. > I c Ne vas-tu pas encore me blAxner de ^\ chargé d'un domestique qui , m'ayant dé 2 ù \ lise, ne pouvait manquer de ré^divisr à ii ;] mière occasion? » Les. Mais on ne déirornsé- ] les voyageurs, c Mon guide indien eut J'sJrsi de me faire éviter la rencontre des nègres =j rons , qui habitent les montagnes , et détrvfu^. \ les voyageurs. » Lbs. « OneJgues Jours srmii 1 mêmes voleurs , an même endroit , sraient airl le chariot de poste, et avaient éMroutsé de qn rante mille florins divers voyageurs. » Bka.uu. YoiU peni-èlfe de cee eeraa
Qui vont pir les forBa iètnmMâer ¥ea yaawanK,
Rscab
3* Attraper, eseamùter.
Attraper, prendre à une trsiipe ou dans u: piège , dénote de la finesse , de la rose. IVazsdter, faire disparaître quelque chose A Tîn^t^ et par un tour de main , sans qu'<»L s'en Bpsrçoive, marque de la subtilité. Ceint qui aitrsfi y met le temps, dresse un piége^ prend des mesures, combine des moyens pour arriver à iss fin. Dans VStourdi de Molitee, Mascarîiie se peut venir à bout d'attraper de l'argent à A^ selme par un stratagènae. Dans l'Atcare, La Fiécit apportant la cassette qu'il a i»iae, dit : «i^u guigné ceci tout le jour^.. C'est le trésor « votre père que j'ai attrapé. » Gelni qui escamati ' le fait avec vivacité, prestement, subito, oe façon qu'on n'y voit que du feu, et Tadresse tjsi il use est celle la nuin plutôt qne celle de l'esprit. « Je ne dis rien de Targent qu'il escasM dans les payements qu'on lui Cait. » J. J. c D 1 filou lui esMUiofa sa bourse. » Acao. '
4* Eseroqiier.
Ce n'est pas , comme voUr , dérober, dé^aUssr, détrousser, attraper et escoaioCer, s'empare: d'une chose , c'est parvenir à se la faire doimer, la tirer , l'extorquer, mais sans violence : escroquer un dtner (Agau. ), des reconnaissance ^iv.), des approbations (In.). Un hcHmae qui emprunte de l'argent avec promesse de Je rendre ou de le faire valoir, et qui ensuite k garde 01. nie de l'avoir reçu , escroque , est an escroc « Je ne dis rien des écus qu*il escroque eux passant' dans les tavernes , et qu'il nie eosuile d'avoir empruntés. » J. J. Outre Tidée d'injustioe ei d'usurpation, evcro^uer implique celle defcor- • berie, d'insigne mauvaise foi, de moyens perfides, et odieux par lesquels l'eacroe cherche i capter la confiance avec rintentî<m d'en abuser. < Que ditessvous de ce petit Lamare qui est
SYNONYMES 1 RADICAUX DIVERS
escrcf^vter de Targent chez yous par un >iige ? » Volt. Uns infâme escroquerie
LEIUR , BRIGAND, LARRON, FRIPON, ES- , FIL.OtJ. Gens qui s'approprient ce qui aptnl à. autrui.
leur est le terme général : il se dit de quel- [lanière que raction se commette , par force iT TMse , ouvertement ou en secret. « L'in- >e n'entrera "point dans le royaume céleste.... cet arrêt , le monde ne serait plus qu'une lite de voleurs. » Bourd. «Lorsque le voleur surpris avec la chose volée, cela était appelé les Komains un vol manifeste ; quand le von*ètait découvert qu'après, c'était un vol manifeste, s Montesq. « Que dites-vous de l'Albret, qui allait voir amoureusement et turnement Mme de Lamethà la campagne?
l'a pris pour un voleur, on Ta tué sur la iô.» Sâv.
Les voleurs ne sont pas Gens honleax ni fort délicats :
Celui-ci fit sa main. L&v.
brigand annonce l'emploi de la force , un vol (vmis à main armée, et d'ordinaire par des Ifalteurs réunis en troupe. « Lycophron rap- -te qu'une horde de voleurs , qui avait été internent condamnée en Ethiopie à perdre le nez les oreilles , s'enfuit jusqu'aux cataractes du 1.... Il raconte que ces brigands élevèrent en le nuit une statue d'or à un dieu d'Egypte. » )LT. « Un chef de brigands tel que Déjocès, . Cyrus, ou Romulus assassin de son frère, i Clovis autre assassin, Genseric, Attila, se nt rois. ^ Id. « Si on avait voulu écrire l'hisire d'ua brigand, d'un voleur de grand chelin , on ne s'y serait pas pris autrement. » Id. Un pirate disait : Parce que j'infeste les mers vec un petit navire , on m'appelle brigand , et lezandre qui pille l'univers avec une grande otte re^it le nom de conquérant. > Roll. « A 'exemple et sous la sauvegarde de Viriathus, )lusieurs troupes de brigands s'étaient mises à lourir la Lùsitanie. Brutas entreprit de leur donner la cbasse, et ce ne fut pas sans peine qu'il sn purgea la province. » In. « Un autre objet bien digne de l'attention d'Auguste, c'étaient les compagnies de brigands qui s'étaient formées à la faveur de la licence et du désordre des guerres. Elles faisaient presque de petites armées, qui exerçaient plutôt des hostilités que de simples vols. » Id.
Voil-OQ les loups brigands j comme nous Inhu-
Pour détrousser les loups courir les grands chemins? Bon..
larron désigne un voleur qui opère en cachette, furtivement, c Qui voudrait avoir un domestique aussi larron que Mercure? » Yen. Dans Titare, Harpagon dit de Valère, qu'il soupçonne d'avoir pris sa cassette ; « Voilà un traître qui s'est coulé chez moi sous le titre de domestique pour me dérober mon argent et pour me suborner ma fille.... » Un peu auparavant il avait dit : « Allons, monsieur le commissaire, faites le dû de votre charge , et donnez-lui-moi son procès
comme larron et comme suborneur.» Mol. a Les Juifs auraient pu dire à Moïse : Vous nous avez fait sortir de l'Êo'ypte en larrons et en lâches. » Volt. « Le larron a été découvert. » Acad.
Ils s'entendent tous deux comme larrons en foire.
Mol.
Measer loup allendail chape-chute i la porte....
Le iarrtm commençait pourlant à s'ennuyer. La».
Fripon , escroc et filou signifient des voleurs adroits. Mais le fripon use proprement de tromperie , l'escroc de fourberie , le filou de subtilité. Les fripons sont des gens d'esprit, qui font de leur finesse un usage frauduleux; les escrocs sont des chevaliers d'industrie ; et les filous, des coupeurs de bourses.
Le fripon n'est pas de bonne foi , il vous dupe « Pour savoir mettre on fripon sur la scène , il faut un auteur bien honnête homme. » J. J. « Au pharaon , le banquier n'est qu'un fripon avoué , et le' ponte une dupe. » Buff. Dans un des dialogues de Fénelon, le cardinal Balue dit à Louis XI : « Vous vouliez tromper tout le monde: qui vouliez -vous qui se livrât à vous de bonne foi? Aurait-on pu durer huit jours chez vous avec un cœur droit et sincère? N'était-on pas forcé d'être un fripon dès qu'on vous approchait? »
Le monde avec plaisir voit les dupeurs dupés....
Vouloir toujours tromper, c'est un malheureux lot :
Bien souvent, quoi qu'on dise, \m fripon n'est qu'un
sot. YOLT.
Vescroc vous dupe indignement, il tire quelque chose de vous par d'odieux artifices. « Molière oppose aux dupes des fripons adroits et souvent heureux.... Dorante du Bourgeois gentilhomme, un homme donné sans ménagement par Molière pour un fourbe , pour im escroc , pour un flatteur , pour un vil complaisant , c'est l'honnête homme de la pièce. > {• J- « De l'homme terrible et vigoureux qu'on avait d'abord peint on fit peu à peu un petit fourbe, un petit menteur, im petit escroc , un coureur de tavernes et de mauvais lieux. » Id. « Il eût été honteux pour la France qu'une horde infâme d'usuriers escrocs eût accablé en justice la vertu d'un maréchal de camp. » Volt. « Un repaire d'usure et d'e«croquerie. » Id. « Le prince d'Harcourt était grand menteur, grand libertin d'esprit et de corps, grand dépensier en tput, grand escroc avec effronterie. » S. S. « Il se produisit un de ces aventuriers escrocs , qui prétendait avoir le secret de faire de l'or. « In.
Le filou vous surprend, vous «nlève en un tour de main ce que vous avez sur vous. « On m'escamota le cordon du chapeau que je portais. Je ne sais comment se fit un tour si subtil.... Je reconnus qu'il y avait dans la galère des filous plus fins que moi. > Les. a Le roi des ribauds était un fou de cour qui prenait un droit Sur les filous et sur les filles publiques. > Volt. LnciDOR.
« Ordinairement les aventuriers sont de grands fUous, »
CR18PIIT.
a Je sais les tours les plus siibtils , mais je ne les ai Jamais pratiqués que par récréation. > Dest.
BEUUtHE PARTIE :
TOLOPrrAIREMEîtT , Mt BOT« GH* î — TOMWf- T1ER8, DE BON (X£UR; — BE BONNE GftiCX.
Toutes ces expressions serrent à mtrqaer qu'on fait qiielqae chose de soi-même , et non par nécessité.
Volontairement et de do» gré ont rapport à la liberté. Qui agit volontairewient on de bon gré suit ses résolutions, n^est assujetti k personne, mais maître de soi. Seulement votontairement exclut la contrainte, et de bon gré, la force; on prend un parti , on porte son attention ici ofu là volontairement; mais une ville se rend à un vainqueur de bon gré, sans attendre Tassant, et dans le Mariage forcé de Molière , ce n'est pas de bon gré que Sganarelle épouse Dorimène.
Volontiers et de bon cœur ont rapport à Ilnclination. Ce qu'on fait volonttert on de bon cour, on aime à le faire , on le fait avec plaisir, et non pas avec peine on à regret. C'est volonfat'remefil ou de bon gré qu'on subit une opération chirurgicale, quand on 8*y détermine et qu'on s'y soumet librement; mais ce n'est ni volontiers ni de bon cœur. De leur cdté , volontiers et de bon coeur signifient, le premier sans répugnance, le second arec plaisir : on voit volontiers une per sonne pour laquelle on se sent du goût; on s'emploie de bon cœur pour le salut de celle qu'on aime tendrement.
I>e bonne grâce a rapport aux manières. Qui agit de bonne grâce le fait sans rechigner, sans témoigner de mécontentement ou de dépit. C'est la seule de toutes ces locutions qui regarde Fexteneur. Mme de Sévigné dit d'une jeune personne qui avait quitté les plaisirs de la ville pour la venir voir à la campagne : « Cela m'anralt inquiétée , si je ne voyais clairement qu'elle en est fort aise et que c'est (f aussi bon cœur que de bonne grâce qu'elle a fait cette expédition. »
Qui donne volontairement l'anm&ne la donne de son propre mouvement. Qui la donne de bon gré la donne sans qu'on la lui arrache. ~ Donner volontiers l'aumdne, c'est la donner y étant porté par sa nature. La donner de bon eceur, c'est trouver ou mettre son plaisir à la donner, la donner avec affection. — Donner l'aumône de honste grâce y c'est se montrer en la donnant graeieu»^ aimable , plein de politesse.
TOtONTÉ, niTENTION, DESSBIIf (RASOUJ- TION, PROPOS, PARTI). Détermination de l'Ame relativement à quelque chose à faire. Telle est sa volonté ou son intention, tel est son deueiu^ c'est-à-dire ce qu'il désire, demande, ou ce qu'il a décidé qui soit; faire du mal sans en avoir la volonté, Y intention ou le dessein; se conformer aux volontés , aux intentions , aux desseins de quelqu'un.
Il y a d'abord une opposition manifeste entre la volonté et Vintention. La volonté est fixe et se rapporte à quelque chose de prochain; au lieu que Vintention est vague et relative à quelque chose d'éloigné. Avec la volonté de faire le bien, on est tout prôt de le faire, on se porte aie faire; avec Vintention de faire le bien, on y tend seulement (m tendere, tendre vers), on j incline; ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes t»tentions? Une femme, araA le mariage, a r«ii«
tention de nourrir elle-mènic ses enû=&. \ elle en aura ; ime fois mariée et dcvei .. : elle en a on n'en a pas la volonté, li lontés sont plus explicites, aussi pcut-oa.5. cuter à la lettre, comme des ordres-, kî tions le sont moins , oa. les sait à p-n : autant que possible. On apprend ou on di.. volontés; on laisse catreToir, deTiner c. j^. trer ses intentions.
De vos iiUcntitmt Je saHs tout le asyslére. h. — Ensuite, la volonté est on acte d'a^' d'empire; elle est absolue, ferme, inlzi Vintention est de la conduite ce qui ne pr. pas , ce qui est dans Fâme et ce qui sert . ractériser ce qni paraît on Inaction; elle ti\ l ralement bonne ou manTaise. II Âut oizr . volonté ou aux vokmiét de ceux dont on dr;.:-. quand nons jugeons des actions , il tant re^i:^ Vintention plutôt que le fait.
Le dessein se distingue par autre cLose' est réfléchi et mét&otfiqne; fl suppose un srrt: gement de moyens, des disposit/aas, des mts. res. < Les dùseins médités longtemps a«%iL l'exéeation sont d'oidinaîre smds effet. » Reg^ « Mon detsKfi, dont voici d*abord l'idée, est de vous représenter la diflërenoe de œs caractères.! DouM). « Quand on songe combien de caQ5o étrangères peuvent nuire aux môUents dzrtei^ et renverser les projets les mieaz concertes. 3 J. J. c Jamais homme ne fut si vastf àms se< desseins (que le baron de Gœrtz) ni si actif dzns tes démarches ; nul projet ne reffitayail , sa] moyen ne lui coûtait. » Volt.
On fkit une chose avec mie toUonté bieo arrêtée , avec une intention pore ou droàtt, et de dessein prémédité. — Noos n'aîmoas pas qs'oc s'oppose ou qu'on résiste à nos cebiiffir, qu'as BOUS prête des intentions que jumsTCironspis, ni qu'on renverse nos desseins, La velenté de nuire en recherche roccasîoa; Fisleatû» de nuire fattend ; le dessein de nuire dressi ss plan, se prépare, c'est on eovp monté oauacerté, une rase, nnartificcy nnflégtK
I. l'Jkcadimie définit la ritoiutwm m deect qu'on prend; le profot, une zésohiaoa formée; et bs partie une résolution, une délenniiiatian.
Le Mt est qm «es mis mntn sienMcM oc déia^ ~ la velinie aptes déliMcattoi, d wm
ppsad sa dmmin vlama ■ance de cause ; on prend une résôùttum, m ftru, on (ait un propos, après avoir balancé, afrâ x^ix été tiré en sens divers , et en faisant ua fibre cboix.
La résolution suppose qu'on s*em, bit fiolcoff . qu*on s'est vaincu; rèseilusioi^ vent diie diss me SDtre acception fermeté , ooorage , rùektm inëbmlaUe, la f^Mfaan» ée se Imt (Yon.ji
i>nfM n'wl cuèis nsité ^vVa tcMMs dedinMMB, el, alofs mestie qu'il est Jmat i répiUièkde>i^, il marque une fennelé moins forte et moiniMrgi^ (|Qe résolmiio». « En venant vous préscoiern trOnnJ de la pénitence, vous fbrmes de ces /rofo* ngoes et tadétersitoftB de eosiveision qui a'oai junii dessita. » Masc < Pss fwyd» vifts eték^de cbameneal. » In.c Desjvwov Tsnwn de Bdsi!esei.i Ws.
Que si la FémlmUm est cosrsgense, cl k ffjit mon» vsfne» le parti est avantageux. On peut praidn ii
SYNONYMES À Radicaux divers.
^OYTBR , BÉTOUm ; -^ 3* GONBACRBR , D*ft- "Donner ou offrir à Diôu.
ot4«ir et déix>uer marquent dèsapproprîation : voue et on dévoue ce qu'on abandonne , ce )ii sacrifie. « C'est le religieux qui luî-raeme, s la profession de ses vœux, fait la fonction sacrificateur et de prêtre; c'est lui-même qui 3liC^e , qui se voue , qui se donne; lui-même en nvot qui s'immole et se sacrifie. » Boutifi. l n^éritera pas le trait du médecin.
t ^arde le dernier, et ce corps cacodiyme E.^ À son art Uitak déptmé ^om rictime. Rttoir. n sacrer et d<fdief indiquent plutôt approprla- >n à la divinité : on consacre et on dédie ce l'on sépare des usages communs pour le fiiire .sser au rang des choses saintes , ce qu'on sancie. «c II était écrit et ordonné dans la loi que »ut premier-né d'entre les Juifs serait coMocré 1 Seigneur , c'est-à-dire destiné comme Samuel soti culte , dédié au temple et à l'autel, séparé es usages profanes, en un mot saint. » Mass. Rome se vantait d'être une ville sainte par sa ondation , eongaerée dès son origine par des aus- )ices divins , et dédiée par son auteur au dieu de a guerre. » Boss. c Jésus-Christ se sanctifie , il s'offre, il se consacre, comme une chose dédiée Bt sainte , au Seigneur. » Id. •
Ce que vous ayez voué ou dévoué cesse d'être à vous ; ce que vous avez consacré ou dédié cesse d'être profane. Dans l'antiquité , on vouait aux dieux une partie du butin f^it sur Fennemi , et on dévouait des victimes; on consacrait et on dédiait des temples, des hots, des statues. L'homme dévoué k Dieu est le serviteur de Dieu , lui est soumis jusqu'à l'abnégation de soi-même ; l'homme consacré à Dieu est marqué du sceau de Dieu, il est dans les ordres ou dans le clottre , c'est un prêtre ou un religieux. Foucf ou d^tfot««f sa vie annonce im renoncement , un dépouillement; coTwacf ér sa vie signifie une destination, une application de son travail, de son temps, de ses talents à tel ou tel ouvrage. Vouer et dévouer ont rapport aux hommes , à leurs sentiments , à leurs dispositions; contacrer et dédier conviennent mieux en parlant des choses , parce que les choses , incapables de dévotion , de priiation volontaire, de siacrifice, sont seulement susceptibles de recevoir divers usages, c Louis XIU contacta son royaume à la reine des vierges ; eonsO" , cre vlui vos familles et vos maisons : il lui dévoua sa personne; d^vouejT-lui la vôtre et celle de vos enfants. » Bonan. « Autrefois dans Tancienne loi on mettait la main sur la victime , en signe qu*on s'y unissait, et qu'on se dévouaiit à Dieu avec elle; c'est ce que témoigne le prêtre en mettant ses mains sur les dons qu'il va coiisacf«r. » Boss. c C'était principalement à la poésie que Lachaussée avut voué son ardeur et consacré son loisir.» D'Al. Une femme se consoffre à Dieu par cela seul qu'elle prend le voile et £ait profession; on dira qu'elle se voue à Dieu> si on veut Idre en-
rèMUaiû^ eu ftdiv le fnpoê d'igir d'une eertadiBe maniée, parce que eela eet beau on jusief on prend «n parti, parce qu'on le Juge utilew «Craies résoloi de se (aire cynique.... Ses parenU vinrent le prier de chax^ (er de résolution, et de prendre un autre /arii.» Ftt,
tendre qu'elle donne à Dieu son cosur et tout son être , après lui avoir immolé ses plus chères affections.
!• Vouer, dévouer^
Vouer et déoomr out été distingués l'un de l'autre dans la I'* partie, p, 123.
2* Consacrer, dédier.
Consacrer et dédier diffèrent en ce que l'un dit plus que Tautre. On ne coiMOcre qu'à Dieu ou aux dieux; on dédie à la Vierge, aux saints ou à des demi-dieux : les Athéniens dédièrent une chapelle à Soorate (Roll.), et les habitants de Pirèoe un templto à Bias (Fén.). On dédie même à un homme ordinaire , à un ami ou à un protecteur; un livre dont on lui fait publiquement honmage.
D'ailleurff, ce qui est consacré est afi^ecté à Dieu d'une manière plus particulière ou plus solennelle, c Le roi Antiochus dit que , quoique ce lustre (volé par Verres) f&t déjà consacré à Jupiter, cependant il l'oflrait, le donnait, le dédiait, le eorwacratf tout de nouveau à ce dieu. » Roll. « Je dédie et consacre oet« autel, dit Virginia, à la chasteté plébéienne. » In. « Le mot de sanctifier se prend pour tout ce qui est d^dt^ aux saints usages.... Ainsi le pain de i'eueharistie, dès qu'on l'a béni, cesse d'être regardé comme profane, encore qu'il n'ait pas encore été consacré pour être le corps de Notre-Sdgneur. Mais outre cette sanctification plus générale, où les choses de profanes deviennent saintes ou sacrées, il y a une autre sanctification du pain et du vin , lorsqu'ils sont consacrés et sanctifiés pour être le corps et le sang de Notre - Seigneur. > Boss. c Lorsqu'on découvrit la statue de Louis XIV qu'on avait placée dans la place Vendôme , le duc de Gesvres, gouverneur de Paris, y fit les tours , les révérences et les autres cérémonies , tirées et imitées de la consécration de celles des empereurs romains.... Monseigneur avait été spectateur de la dédicace de la statue de la place des Victoires. » S. S. Massillon s'adressant à une fenome qui allait prendre le voile dans une église nouvellement bâtie, lui dit : « Dans ce temple nouveau , vous aHez être la première victime qui s'ofi're sur l'autel , et votre sacrifice va lui servir de consécration et de dédicace solennelle. »
YOULOnt , DÉSIIISR , SOUHAITER , SOUPIRER , AVOIR BNTHS, CONVoTTER. Tous ces moU expriment-le mouvement par lequel l'âme se porte vers qu^uê chose.
Mais d'abord vouloir diffère de désirer en ce que l'un est relatif à Faction , et l'autre au sentiment. Qui veut se porte à agir ou ordonne qu'on agisse; qui désire éprouve le besoin d'avoir. Qui veut en vain s'effbrce ou commande inutilement; qui détire en vain fait des vœux inutiles , ne sort pas de peine, n'obtient pas satisfaction. Vouloir est pratique on impératif; d^nrer est optatif, appétitif : un homme résolu à faire une chose, ou un maître, veut ; un homme qui aspire par sa sensibilité à posséder une certaine chose, désire. On veut promptement ou absolument; on désire ardemment. *
Mon Dieu I qOé votre amour en vrai tyran agit !
Que sur les cœurs il prend un tarieux empire i