‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 420 sur 426 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Et qa'avcc Tiolence U veut ce qu^il désire f Quoi ! de Toire poanoite on ne peut te parer, £t vous ne donnez pas le temps de respirer? Sied-il bien de tenir une rigueur si grande. De vouloir sans quartier les choses qu'on demande?

(Elmire à Tartufe). Mol.

Qu*un amant pour un mot a de choses i dire ! Et qu'impatiemment il veut ce qu'il désire/ Id. — Vouloir désigne un mouvement libre de U personnalité , auquel on se détermine d'une manière réfléchie ; désirer indique un entraînement fatal et passionné qu'on subit. On dit de la volonté qu'elle est plus ou moins éclairée; du désir qu'il est plus ou moins riolent. « On désire nécessairement; mais désir et volonté sont deux choses très -différentes, ai différentes, qu'un homme sage veut et fait souvent ce qu'il ne désire pas. » Volt. « Non encore exercé à lutter contre lui-même, non encore accoutumé à désirer une chose et à en vouloir une autre, le jeune homme ne se rend pas; il résiste, il dispute....» J.J.

Souhaiter, c'est désirer vaguement, quelque chose de vague, ou désirer secrètement. Le rêveur souhaite; l'ambitieux qui poursuit une certaine place désire. Ce que nous souhaitons est l'objet de nos espérances; la chose que nous désirons est l'objet de notre espoir. On souhaite le bonheur; on désire une chose qui doit ou qu'on suppose devoir rendre heureux. Dans la fable intitulée les Souhaits , Lafontaine dit que les hôtes du follet, qui avait promis d'accomplir trois souhaits formés par eux, furent Aussi chanceux Qu'ils étalent, et que sont tous ceux Qui souh litcnt toujours et perdent en chimères te temps qu'ils feraient mieux de mettre k leurs affaires.

« Pompée souhaitait avec passion le commandement que lui destinait U loi de Gabinius; mais il sentait qu'en témoignant désirer cet emploi , il s'attirait l'envie. » Roll. — Ensuite, on souhaite plutôt pour les autres , ou on souhaite d'une manière moins forte « Mme de Jonsac , je l'aime assez, parce qu'elle souhaite ce que je désire, > DuDEFF. « Je n'ai d'attachement pour aucune femme de la cour. Je le veux croire , repartit la reine , parce que je le souhaite; et je le souhaite , parce que je désire que vous soyez entièrement attaché à moi. > Delap. a Si la conduite de votre fils est telle que vous le souhaitex et que je le désire (moi , son amante) , je partagerai ma fortune avec lui. » Mark.

Soupirer s c'est désirer avec langueur, en homme qui souffre de la privation, a lis pleurent dans le souvenir de leur chère patrie, de la Jérusalem céleMe , après laquelle ils soupirent sans \esse dans la longueur de leur exil. » Pasc. «c Mon ame désire, mon Ame languit, mon Ame tombe dans la défaillance, en soupirant après vos éternels tabernacles. » Boss. « Aimer Dieu , c'est désirer d'aller à lui , c'est soupirer et Uncruir après lui.» Fâec. «I^s des troubles de votre patrie , vous soupirer après la tranquillité. » J. J. « Tout cela me fera souvent tourner les yeux et soupirer vers cet agréable asile, si bien fait pour me rendre heureux. » Id.

Je ne me fierai point à des propo» .ei d«a,

Qu'un peu de vos fkvenrs, »P*^ T*°î -^ ***'

Ne vienne m'assurer tout ce qu'ils m'ont y. —

(Tartufe). Mm.

Avoir envie , c'est désirer tout à coup , en ;. sant, capricieusement. Il nous prend une?*comme il nous prend une ^ntaisie ou ui£«t. léité. « Les historiens racontent qu'il y er. : infidèles qui eurent envie de faire saint Ldu s l. \ empereur, tant sa réputation était établie t:-:l ' eux. » fioss. « Pourquoi empêcher les geiL* «îj = battre quand ils en ont envie ? Les Tolcntes V7 libres; laissez-les faire. » Volt. « Marie dit « Joseph : J'ai envie ^ si cela se ponrait, de ériger du fruit de ce palmier. » Id. « Il t'est d::: permis de cesser de vivre ? Ia pr:UTe en et si:gulière, c'est que tu at ewcie de mourir. » /. ; c II faut que les enfants sautent , qu'ils coureit qu'ils crient , quand ils en ont envie. 9 Id, »y. pourriez -vous pas m'aider à trouver quelque cideau honnête a lui faire. Je S2is qu elle a ennt d'avoir une tabatière. 9 In.

Convoiter implique un blâme : c'est désiret excessivement ou quelque chose de déftndu, « Puissent les Suédob toujours mépriser les richesses que çonvoitetA les autres puissances*, v CoNft. a J'appris ainsi qu'il n'était cas si terrible de voler ; et je tirai bientAt si bon x^rti de zaz science, que rien de ce qae je eoncoitais n'è.'it à ma portée en sûreté. » J. J. Conroif^r le bic3 d'autrui , la femme de son prochain (Acua j.

Arint qu'un Jour, en on bourg airtlê.

Il vit passer une dame jolie ;

En la voyant, il en fut encbânté,

La convoita, Lâr.

Do votre dot il commit^ les diarmes. Tau. VRAI, TÉRITABLE, ATÉRÉ, JUSTE. Qui n'est pas faux , qui est conforme i la vérité, â ce qui est, ou i la nature des choses.

C'est ce qu'exprime purement et simplemoit le mot vrai. Chacun des autres joint à cette idée un accessoire particulier.

Véritable a rapport à l'allégation , i raffiran* tion, ou au récit qu'on fait d'une chose, aiùfâ qu'à l'effet produit sur l'espnt de ceux qui i'entendent. Une chose est vraie quand l'idée ça nous en avons est conforme i la réalité^ à ce gui est. Une chose est véritable quand on nous i& réprésente ou qu'on nous la rapporte telle qn'elk est ou a eu lieu , de manière à ne poiot nouf tromper. Un fait vrai est ou s'est passé tel que nous le concevons ; l'idée que nous en avcms n'est point fausse. Un fait véritable nous est attesté par un homme qui dit vrai . qui ne ment pas; son témoignage n'est pas faux (voj. I** partie, p. 240 et 241).

^i7^r^, vérifié, constaté, a rapport i 00 travail qui a eu pour but et pour effet de recosaaltre la vérité. Les miracles les plus avérés (Bocbd.]. Il suppose des recherches , un examen, et s'emploie bien avec l'indication des moyens par lesquels on s'est assuré de la vérité. « H est atéri par Taeite que.... a Tolt. < La chose est coostante , trop avérée par les plus grands hommes de rfiglise. » Id. « De plusieurs médecins appelés auprès d'un malade, celui qui UH le pn-

SYNONYMES A RADICAUX DIVERS

•Stic le plus wéré par VéTénement est toi^'ours pu té le plus savant dans son art. » Id. « Il fut ^éré par le compte des voix que.... > S. S. Manlius dit que les sénateurs cachaient de ands trésor».... Il paraissait que, si le fait était 'iéré dans les recherches qu'on en ferait , le crét de Manlius deviendrait sans bornes. » Roll. C*est un fait avéré par l'histoire de M. de hou. » Boss.

La chose (l'infidélité de sa femme) est m^irée^ et Je

liens dans mes mains T}n lM>n certificat du mal dont Je me plains.

(Sganarelle). Moi..

Juste signifie exactement vrai. « Les pensées ont plus ou moins vraies ^ dit Bouhours, selon u*elles sont plus ou moins conformes à leur b^et. Leur conformité entière fait ce que nous ppelons la justesse de la pensée; de sorte qu'une »ensée juste est une pensée vraie de tous les ;&tés , et dans tous les jours qu'on la regarde. » >ondilIao indique une autre différence. Juste a apport à la manière plutôt ou en même temps ]u*au fond. Une réflexion ou une observation 'usfe est non- seulement vraie , mais bien faite, }ien appliquée. Un calcul vrai ne contient point d'erreur ; on peut s'y fier ; un calcul juste est bien fait , bien déduit , exécuté selon les règles , sans faute -, il n'y a rien à corriger. Dans ce sens , un raisonnement très -juste, mais appuyé sur de mauTais principes, conduirait à une conséquence qui ne serait pas vraie.

!• VKAI, DROIT, LOYAL; — 2* FRANC, 81!!- CÈRB, CORDIAL. OUVERT, ROND; — 8« SIM- PLE, NAÏF, INGENU, CANDIDE, INNOCENT. Qui est de bonne foi , qui ne trompe point.

On est «rat par principes , a dit Mme de Staël, on est franc par caractère. Distinction d'une parfaite justesse qui, conrenablement généralisée , ofijre pour tous les termes contenus dans le présent article un moyen de partage tout à fait <ûr.

On est vrai, droit et loyal par principes : en cela consiste la différence qui sépare les trois premiers mots des suivants. Si l'homme vrai, droit , loyal , ne trompe point , ce n'est pas en vertu d'une disposition particulière de son caractère , mais parce qu'il le veut , parce qu'il l'a résolu. Semblable au virjtutus acpropositi tenax du poète , il est rigide , inflexible , il se conforme invariablement à ce que sa raison lui prescrit. Il y a dans sa manière d'agir plus de roideur et d'effort, mais aussi plus de fermeté et de constance , que dans celle de l'homme franc ou dans celle de l'homme simple. C'est un homme d'honneur qui suit un système de conduite , plutôt qu'une &me heureusement douée qui développe ses qualités naturelles. On a des principes de vérité f de drotture et de loyauté, comme on a des principes de vertu; on a un fonds de franr chise ou de simplicité (Roll.), comme on a un fonds de bonté.

1* Vrai, droit y loyal. «

Vrai et droit se trouvent assez souvent ensemble et forment une opposition facile à saisir, c Je n'ai jamais pu croire qu'un homme droit et vrai comme ton père pût se résoudre à tromper

ITN. FBAHÇ.

son gendre et son ami. » J. J. « ^e vous crois vrai et droit d'une certaine foçon; mais il y a une térité et une droiture que le monde ne connaît pas. 9 FéN. c Puységur était un homme droit et vrai. » S. S.

Vrai est théorique , et droit pratique : on doit croire aux assertions de l'homme vrai; on doit se fier à la pureté des intentions et à la probité de l'homme droit. Autant l'un est incapable de mensonge ou de fausseté , autant l'autre l'est d'injustice. C'est par respect pour l'ordre et pour sa dignité d'être raisonnable qu'on est vrai; c'est par équité, par respect pour autrui et pour son droit qu'on est droit. « S'il faut ôtre juste pour autrui, il 2aut être vrai pour soi; c'est un hommage que l'honnête homme doit rendre à sa propre dignité. » J. J.

La loyauté consiste dans une droiture relevée par de hauts sentiments d'honneur, ou pleine de noblesse et de- générosité , telle qu'était celle des chevaliers. « Il était muni de tous ces principes de loyauté chevaleresque. » Mark, a Je publierai dans toute l'armée qu'il n'y a rien de plus noble et de plus généreux que ce qui a déterminé votre mariage, et que tout loyal gentilhomme eût fait À votre place ce que vous avez fait. » In. « Henri IV est partout dans la Benriade ce qu'il était en effet, loyal autant que brave, ami sensible, bon maître, vainqueur généreux. » Lab. c Saint Louis, en mourant, recommanda à son fils qu'il fût loyal, libéral, et ferme en paroles à ses serviteurs. » Boss.

2* Franc, sincère, cordial, ouvert, rond.

Chacun de ces mots exprime la qualité de ne point tromper par déguisement ou par dissimulation; au lieu que simple, naif, ingénu, candide et innocent désignent celle de ne point tromper par artifice. Si vous êtes franc , on connaît votre intérieur , vous avez le cœur sur la main; si vous êtes simple, vous agissez bonnement, sans détours, sans malice. Autre chose est faire ou laisser ignorer ce qu'on pense ou ce qu'on est au fond; autre chose est ruser, former des intrigues , dresser des pièges. Aussi les qualités que nous comparons ici , aboutissent-elles i de tout autres défauts , quand elles sont portées à l'excès : la franchise devient indiscrétion , et la simplicité bêtise. *

Franc et sincère se ressemblent beaucoup.

Cependant la franchise paraît être constante, habituelle, la sincérité^ accidentelle ou passagère. <( Il ne faut rien jouer : la fausse sincérité n'est qu'offensante, et quand elle pourrait s'imiter quelque temps, parce qu'elle ne consiste que dans des actes passagers , on n'atteindrait jamais à la franchise qui en est le principe , et qui est une continuité da caractère. » Ducl. « 0 Montaigne , toi qui te piques de franchise et de vérité, sois sincère et vrai, et dis-moi s'il est quelque pays sur la terre où ce soit un crime de garder sa foi. » JT* J. — Ensuite, la franchise est plutôt spontanée et sans réserve, intempérante pour ainsi dire ; la sincérité, au contraire, est sollicitée, provoquée et accompagnée de mena* gements. On dira donc une confession , une déclaration, une confidence franche; et un aveu

DEraflOR PARTIS :

«a une répPBse tvMlrf* TauventigiMs prétend que la fnmcMMt est nm $ineérité sans voiles. •or quoi'Suard remarque ce qai suit - « La /V«n^ iWw «tt sans réserre. La Hncérité oe dH qae ce qn'on loi deoiande; la franefctfs d(t souvent ce ^<m ne lui demande pas. * Marmontel dit dans le même sens que « la tincérité observe les ménagements qu'on se doit et qu'on doit aux autres, au lieu que la /WmcAite franchit, dès qu'on la presse, la barrière des égards. » — Knfia, la 'ftm^i9$ ne trompe point sur ce qu'on pense , et la wineériti sur ce qu'on sent ou ce qu*on désire : JiMmme franc ne dissimule pas ce qu'il a dans l'esprit, l'homme sincèrt ce qu'il a dans l'âme., On parie franchement^ on a son fr^i^ parler; çn almetrae personne et on Ilionore tmcèrtmenU Ce qui est franc est énoncé librement, sans contrainte : ce qui est tincère part du cqbut.

Cordial par conséquent se rapporte à ftneèv comme une espèce à son genre : il le remplace quand il s'agit d'affection. Sincère se dit bien d'autres choses, de la foi, de la pénitence, de rhumilité, par exemple; mais cordial ne contient qu'à l'égard de l'amitié. < Une stnc^e humilité , une tendre et cordiale charité. » Bourd. « rai été re^e de M. de Grlgnan et de ma fille avec une joie et une reconnaissance wincèret , airec une amitié eordtale. » Siv. D'ailleurs, même en parlant des sentiments de tendresse , il y a de la différence entre «tnc^e et cordial : sincère marque seulement qu'ils ne sont pas feints, et eordtai en exprime la plénitude, c L'amour de Jésus-Christ pour nous est tincère oomme l'amour d'un fidèle ami , cordial comme Famour d'un bon frère. > Boss.

Ouvert , qui n'est pas fermé , indique une qua fité passive , qui consiste à se laisser pénétrer , et non pas à se faire connaître soi-même par ses discours. L'homme franc ou sincère aurait parfois besoin de retenue, et l'homme ouvert de défiance. Au reste , le mot ouvert est d'une application peu étendue; on ne remploie guère que dans un style voisin du fkmilier , avec les motsd'air, de visage, de phy>ionomie, de dehors , qui représentent en quelque sorte la porte de rime.

Rond est tout à fait familier. Gros-René dit * dans le Dépit amoureux :

Je sois homme fort romiôe toutes les manières. Et dans le Dépositaire de Voltaire , If me Agnant appelle U. Garant, le marguillier,

Un homme franc, tout rond.

c Maréchal était bon homme, et rondement homme de bien. » S. S.

3* Simple, naîf, ingénu^'-' candide y innocent.

Simple, naif et ingénu ont un caractère esthétique, et regardent la forme ; candide et tnnocent se rapportent uniquement à la morale, et ne se disent que du fond , de l'âme , des sentiments. La simplicité, la naïveté et V ingénuité plaisent, rendent aimable; aussi dit-on les charmes ou les grâces de la simplicité , ie la naïveté, de Vingértuité : la candeur et l'innocence rendent moralement parfait. C'est simplement, naïvement, ingénument que s'expriment la candeur et finnocence. c L'auteur du Cormo-Veidam rend

eoBpte dea lob les plus extrsfa^istes ot. Mtmplieité de la candeur, » Volt. cLac^r de Lafootaine était égale à ss bonté; il ki /ours dans sa conduite et ses discoon isxi% que dans ses écrits. » Lab. « Bans Ërtk^ris:!: simple j tout est ûmoceiil. > Sbt. C'est^^;:. que ni la critique ni la oeDSDre.nepeoreQtj^ lever de mauvaises finesses.

Simple y dans l'acception dont il s'agit id. s général et vague. Ausn dit-on bieo (fonijs. stmple et naif (Acad.), râpJeetMfMi^Fii sans l'addition du second mot, on ce s:. de quelle simplicité il est qnestios.

La naïveté est une simplicité d'enlàit : e'i: i suppose ni réflexion ni expérience. On dit -^ saillie de naïveté ( J. J.). Visgémiité, la c» traire , est volontaire et éclairée : Coe feo fait fingénne (Mol. , 8. S.) , et non pas la mic c Tout le monde connaît la papille de Gxdisson , cette Emilie Jertins, si saw, â leoih. si innocemment amomsuse de ion tatear; ei bien I j'ai trouvé dans k monde one secoai misa Jervins, plus vire, jaaisf îmk, plus animée que la jeune ii^^ aaapea mieai instruite qu'elle de ce i)û m çassut dios son cœur, mais aussi inffhme ([ae Tautie étai: natve. » Vâbit. fl sait de U ({oe U iut«l; renchérit en quelque sorte sar Xw^éwaii. qu'elle est plus simple, puisqu'elle est isJélibérée, sans conscience d'elle-mêiDe,rei]elpBr du naturel. « La simplicité rendoorertafli^ jusqu'à la naïveté. ^ fia. « Coœmait Badae, parmi des beautés ai sévères, a-ta pu placer h tendresse ingénue et tian» de dm jem amants tels que Britannicus et JonieTiLka.- La naïveté ressemble plus i U fmiiu, ù (rend l'initiative, elle est spontanée.

SâBchelte pread fea ffonfiaMB^ Jl'aime et le dit arec (laiickiK.

Je crains plus sa lÊâneté Qae d'une femme bien ippnie le ne <îraiadrals U boneté. «w.

De son côté, lYiviAitfiVeipmne plutôt. eacsc la sincérité, une acUon secondaire, m^f» a Vingénuité a cela de paiticaliar, çDe.e«p. pose une question; est une lépooie »»««.' CoHD. . Quand vos supérieurs w"»^^' vous n'avez qu'à leur dÎK arec «^^'J" ^ vous penses .Fis. -Enfin, la saic€i^«:^ souvent lamilière. « U galâDtfne,i«jedân tions d'amour, la coquetterie, Ï*'"«^''V^ miliarité, tout cela ne se trou« ^^ %7 nos héros et nos héroïnes de IJo^ *^^^ Grèce, dont nos théâU.si.t«|U«^^t.^«^

« Naïveté familière. » Id. ^^"^"**^4^ aenutlos, est plus oràiaairemeatnm le siècle de nos pares une J»* *'j2%esse

lieu d'art et de finesse. » ^^^.[L;,fis.

d'Alexandre fut m)We, cbsite, i«^' Cet âge est innocent : son w^»**;' N'aliére pdai encor U sunpie r^,^

Candeur. Utiu «ador.b^fl^^S^^

un terme figuré, qui s^^^^^^^^^ptiM»

cence, l'tnnocence w°^f ^f? \>eue tf «^ de modification ou d'altération. *^'''

STimmiEs X Kimckmi divbrb.

i xnontrart TOtre tmeioit entière ne laisse plas ir que des pensées noires et cachées. » Mass* Ooe \a condeuT de votre innocence soH eolorée ir l'ardeur du zèle, et par la pudenrmodeste et nide. » Boss. « Saint Ifrançois de Panle conirv e à la cour de Lonis XI cette Isonté si franche si cordiale, et cette naïve enfimoe de son in- 3cente simplicité. Chacun admire une si grande nndeuTy et tout le monde demeure d'accord u'elle -vaut mieax que toutes les finesses. » Id. - Candeur dit plus qoUnnoeenec : arec de la ean' eur on est 'sans tache , trréprâiensible ou saint , n n'a pas la moindre malice , on ne soupçonne nème pas le mal; arec de Vinnoeence, on est ans faute ou irréprochable seulement, on n'a )oint de malice coupable ou criminelle , on n'a rien commis de graye. c L'apologie composée par Lysias était tournée d'une manière qui ne conveoait point à la droiture et & la candeur de Socrate. » Fin.

VRAI, YARmQCrs. Bnneoii de Ferreur; qui se Gonfonne à la Térité , à ce qui est.

Frot , du Istin -verus, a une signification plus étendue : on. est vrai dans ses actions, dans ses procédés , dans son air , dans son silence même ou au fond de son âme , comme dans ses paroles, c Je suis vrai dans tout oe que je dis et fais. » 6b AU H. Vëridique^ veridicus^ de verum dicere, dire vrai, ne regarde que le discours : on est vërtdtgue dans une allégation, dans un rapport, dans un témoignage. L'homme «rot ne voudra point en imposer,. paraître autre qu'il n'est, et, si quelqu'un lui dit ees vérités, il se taira, se laissera faire, ne réclamera point; Thomme vériddqm n'avancera lien de fabuleux ou de menaonger.

On eet vnit, comme on est droit, essentiellement, en tout et partout. On est véridique en racontant avec une louable exactitude œ qu'on sait , ce qu'on a vu ou entendu. Nous avoua confiance en Tbomme vrai , à cause de son caractère ; nous croyons au récit de l'homme véridifiie. L'un a pour qualité éminente le vrai ; l'autre Ait vrai. £tre vrai est une partie de la perfection morale. Dieu est vrai, « M. de Barillon ne parie que de M. de Turenoe. Il nous contait la solidité de ses vertus, combien il était vrai, combien il aimait la vertu pour elle-même. » Ssv. £tre véri^ dtqtie est une des conditions exigées par la critique historique pour que le témoignage des hommes ait toute sa valeur. Un historien (Volt.) . un voyageur (Bupf.), un narrateur (Acad.) véridique ; des miracles rapportés par des auteurs véridiquet (J. J.).

VUE, ASPECT. Perception des objets à l'aide des yeux.

1* Vue rappelle voir y la faculté ou l'action de voir^ celui qui voit. Aspect y latin aspectus^ participe passé du verbe aspicere, voir, regarder, a rapport à ce qui est vu et à la manière dont il se montre.

J'enini dans son vaisseau (d'Achille), détestant sa

{tireur, Et toi^ouri détournant ma vue avec horreur. Je le Tis : son aspect n'avait rien de (àrouche. (Ériphile dans Iphigéme). Bac

La mie d'une TiHe e^ tme «xprestfon ^it^résente cette ville comme voyant. « La vue de Lausanne sur le lac de Genève. » Volt. Vaspect d'une ville désigne cette ville comme étant rue. « La maisoigest jolie et commode ; Voepect en est charmant. » In. Toute ville ou toute maison d'où on aperçoit de beaux sites , fût-elle vieille ou mU sêrable , a une belle vue ; elk nia un bel ospecf que quand elle est «He^nôème belle à voir. ^ On dira plutôt repdtre ses yeux de la vue du carnage (Bos9.), ce qui montre le sujet comme voyant, comme faisant l'action de voir; et être dégoûté de Vaspeci -du carnage, ne pouvoir le souffrir, ce qui fait moins songer au sujet qu'à l'objet, oe qui indique celui-ci comme étant de telle nature , comme se montrant ou agissant de telle manière. « Je ne puis plus sans horreur souffrir Vaspeet d'une rue. » J. J. Cet aspect m'importune, m'alarme, m'effarouche, me fatigue (Rbgs.) , me déchire le cœur (J. J.). -* Bn conséquence, au figuré, fausse vue signifie delà part de l'esprit qui voit une mauvaise manière de voir, et faux aspeei exprime de la part de l'objet vu une mauvaise manière d'être vu ou de se prîësenter.

2<* Qomme la làoulté ou l'action de voir «st toujours la même , au lieu que la manière de paraître des objets change continuellement, la «ne, quand elle est prise passivement, dans le sens d'asped, est invariable, la même pour tous, et de quelque côté qu'on regarde; et VaepeetyêM contnaire, est tel ou tel suivant les cireoDstidbes. La vue du ciel, de la mer^ d'une montagne , c'-est simplement la qualité de ces olq'ets d'être aperçus ; Yaspect du ciel, de la tner, d'une montagne , c'est leur qualité d'être aperçus avec teie ou (telle manière d'être dans le moment, ou de tel côté. La vue d'une montagne n'est pas différente pour ceux qui- viennent du nord et pour ceux qui viennent du midi; ils la voient tous, les uns aussi bien que les autres : mais son aspect varie suivant qu'on l'aperçoit de tel ou tel côté. « Vat^ pect de cette montagne est riant et agréable du côté du midi ; du côté du nord , il est sauvage et affreux. » Barth. La vue de la mer donne l'idée de l'infini; Vaspeet^ de la mer calme ou irritée inspire différentes idées au poète. La vue de la campagne réjouit toujours l'écolier et le citadin enfermés depuis longtemps ; Vaspeet de la camj^une , suivant les saisons et les divers effets de la lumière du soleil, doit être attentivement observé par le paysa.iste.

3<* L'impression produite par la vue est ordinaire, douce, faible; mais celle qui résulte de Vaspeet est extraordinaire, grande, forte, terrible. Vue se dit plutôt de ce qui paraît , et aspect de ce qui apparaît (voy. Paraître et apparaître , r* partie, p. 132), de ce qui forme spectacle (de spicercy racine d'a^pecl). On emploiera de préférence vue en parlant d'un chat ou d'un rat (Pasg.), et aspect s'il s'agit d'un lion (Boss.). Thésée qui , rendu à sa famille ,

Vient se rassasier d'une si chère vue, dit à Hippoly te , qu'il croit incestueux :

De ton horrible aspect purge tous mes États. Rac

Que veux-tu? Je ne sais si cette négligence,

DEUXIËWS PARTIE : STMONTMES k RAUGàUX DIVERS.

homar à laint Fr&nçoit Jxna. Retiré im c hôiûtal, quel objet il aperçoit derantsesisQ C'était un malaiep disons mieux, c'était œW ne vif ant. Au premier oqMct soa eœar nuire M soulèTe. 9 Id. Le même Bouidaloae opp» vue da fib de Dieu muchant dus Jcnuika vaille de la passion, bafoué, traîné arec rji de tribunal en tribunal eomine un criiBiati.i Vaip€€t du Fili de Dieu marcbant en tries:! dans une procession du saint sacraDest-li vue des merTeiUes de la nature nous itrti! s bievL bon et puissant (Boss., Kass.).

De V aspect du suppUee efityerraiolan. Bb.

&.«■ Tfirr^ -WT * , ^^ crisetleiflenee,

Et le rarouclie aspect de ses flert raTtaseort Beteraieni de ses jeux les timides doacecui : Quoi qu'U en soit , ravi d'une si belle nttf , i*al voulu lui parler, et ma voix s'est perdue.

(Néron à Narcisse an sigetée renlèveiaent de iunle). Ii».

c Marie eat si peu aocontiimée à la vue deahommas qu'elle est même troublée à l'aspect d*un ange. • Boas. « La vue de son troupeau, Toipeci des campagnes , tout ce qui se présente à sainte Geneviève lui lait connaître Dieu et Félèvc à Dieu. > DoDU>. « La 9U$ seule d*une plaie faisait

EÉPHTBB, ZÉPffn. Vent doux et rafraîdiis* sant.

Comme le marifrê exprime l'idée dont un martyr désigne une application ou une réalisation particulière , de même le Zéphyre eignifie le type dont un x^phyr est une copie ou une image. Zé' phyre est le nom propre du vent d'ouest, lequel est essentiellement doux et tiède, et ce mot ne s'emploie qu'au singulier, c Ëole, roi et gardien des yents, les avait livrés tous à Ulysse, enfermés et liés dans une outre, excepté le Zéphyre. » Roll. On dit par extension un xé^ pliffT et des féphyn en parlant d'un vent et de vents qtii ressemblent à celui-là, qui sont doux et tièdesi « Dieu parle et d'un mot il change la tempête en un doux xéphyr. » Roll. « Il n'y a plus de glaces dans le nord, et tous n'y trouverez que des xéphyrs, » Volt.

Ensuite , Zéphyre est plutôt une personnification, le nom de la divinité qui était supposée présider au vent d'ouest ; et de là vient que ce mot commence toujours par une majuscule, et s'emploie d'ordinaire sans article. « C'est pour l'amante de Zéphyre, pour la divinité du printemps et des fleurs que je Tiens emprunter les traits de Lycoria. s Màrm. « Les filles de Gnide parurent. On ne Toyait sur leur tête que les présents de Flore ; mais ils y étaient plus dignes ()es embrassements de Zéphyre, » Montesq. « Les flèches de l'Amour, son bandeau, son enfance. Flore caressée par Z^hyre, etc. , ne sont-ils pas les emblèmes sensibles de la nature entière 7 » Volt.

Si Z^pérre un nMBatlUiftFbie, n flétrit les fleun qaH bîtédw; Un seul Jour les forme et IH Moi. à Une oodeirroeslèiiniMi Dont Zéphyre habitait les oofitÊtt ksM.

Ui.

Sans cesse vous allei detoftrteite{(R :

Zéphyre n'eut jamais d'Brâeârii|i9i(^ ■ Plus on a de tourments sodoti, Plus douce est la fin daflaitjre; Phia Borée a troublé les lin, Et plus le retour de 1À^ Cause de joie i TnaiTers. a.

Zéphyr^ au contraire, s'écrit twjow pa « petit g , ne peut se passer d'nn îrticle, <tf^ sente une chose physique. « Si \'éi»m tiers moins dense au-dessos te^*'^ montagnes , tous les vents ne senwit ^ ■ Méphyrs à une lieue de hautenr. > Bstî.

Toutefois , le poète personnife m ^m et surtout les x^p^yrs. Maiste^ijns^ Zéphyre comme les asuwrt i ^'^^ J^ dire secondaires, tenant seuleœeirfèsiaBw troupe de ministres ou d'agents ufcsiB^ sont par emprunt et rel»li^«"^*^S est par excellence et absolument î«^î^* Xéphyn (Laf.). » Les jr^kyri saas» » amours enflent les voiles. » Ksi-

DieoBaitsilesafl^F'j.^^ Peuple ami du démea, l'aseiiiiifl*!»»^ saUche! ^.

« Le Marini peint la rose assise sut 0^ épineux , ayant pour courtisans et ?«»»»• la &mille lascive des x^ftyn.» mi.

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