PREMIÈRE PARTIE
ligne ou nne phrase, on Tefface toat entière, il n'en reste rien. Faire des raturet, au contraire, sert à marquer diverses actions partielles , tour i tour interrompues et reprises ; en sorte que si on fait des ratures dans une ligne ou dans une phrase, on n'en fait disparaître que certaines parties ou certains mots. Silvio Pellico , dans sa prison , ne recevait les lettres que sa Camille lui adressait qu'après qu'une certaine commission y avait fait des ratures avec une encre très-noire. Un jour, le geôlier lui en remit une qui avait été raturée de manière qu'il n'y restait plus que ces mots du commencement : Mon cher Siliio , et ceux-ci de la fin : Nous f embrassons tous de coeur. Un ouvrage qui mérite d'être ro^ur^ ne vaut rien, ne contient rien de bon ; un ouvrage où il faut faire des ratures n'est pas par&it , mais on peut le rendre tel en le corrigeant. — Même différence entre réprimander et faire des réfprtmandef . On réprimande durement, vertement, c'est-à-dire qu'on malmène, qu'on traite en mattre , avec empire ef quelquefois avec menace. Faire des réprimandes a bien moins d'énergie : on /ait desr^rimandes comme on fait des représentations, en exprimant un simple blftme. « Quelqu'un /itdef réprimandes à Aristote de ce qu'il avait donné l'aumône à un méchant honmie. » Fân.
Ensuite , le verbe a plus de rapport à la forme , et son explication en a davantage à la matière ; l'un exprime le mode d'action ou d'occupation du sijyet , l'autre a trait à la nature de ce qu'il fiiit ou de ce qui l'occupe. Cela doit être. Le verbe contient implicitement le substantif, mais sans le laisser apparaître , saillir; au contraire, dans la définition , le substantif est dégagé et mis à nu , et c'eûst pourquoi il attire particulièrement l'attention sur la nature des choses qu'il signifie. Ne le troublez point, il réfléchit; maintenant qu'il est ruiné , qu'il a commis la faute , il fait des réflexions. Un observateur de la nature humaine soutiendra que, dans le sommeil, nousr^vons toujours, quoique nous n'en gardions pas toujours 1^ souvenir; après une journée remplie d'agitation , nous faisons des rêves. Dans les écoles de la philosophie scolastique on a/rgumentait: c'était en général l'occupation à laquelle on se livrait ; pour résoudre les questions agitées alors on faisait des arguments : c'est à ce genre de moyen de connattre qu'on avait recours. C'est l'habitude des enfants de questionner les personnes avec lesquelles ils se trouvent ; voulez-vous qu'ils vous révèlent ce qu'ils savent , faites-leur des questions. Les enfants crient sans cesse et à tout propos; on fait des cris quand on est vio^ lemment affecté, en présence d'un péril, et qu'on appelle du secours. Le verbe complimenter est tout à fait indépendant de ce qui fait le sujet des paroles agréables qu'on adresse. < Avoir fait mille visites de devoirs et de couvents, aller, venir, complimenter^ s'épuiser, devenir tout aliénée, comme une dame d'honneur, c'est Ce que nous fîmes hier. » SÉv. < Le roi Jacques envoyai Rome le duc de Berwick pour complimenter le pape sur son élection. » Montesq. Faire des complisnents se rapporte aux choses dites en complimentant, c Ne nous sentir pas plus émus quand on nous
dit des injures que quand on nous fait des comrpliments. * FéN. Il est d'usage d'aller ou d'envoyer complimenter un grand , mais non pas lui faire des compliments , à l'occasion d'un événement heureux ou malheureux qui lui arrive. Ce qu'il importe d'exprimer en ce cas , c'est le fait de la démarche et non le genre de discours tenu à la personne complimentée. Hais on est plus ou moins habile à faire des compliments. « Quoique je n'eusse pas fréquenté longtemps la senora Dalfa et sa nièce , j'avais si bien profité de leurs entretiens , que je savais déjà faire des compliments. » Les. *.
Il arrive quelquefois aux dictionnaires, dans leur explication du verbe, de ne pas mettre au pluriel et de ne pas faire précéder de l'article le nom de la chose qu'on fait. Exemple : choisir y faire choix. Alors la différence du verbe et de sa définition semble se réduire à celle que constitue l'opposition de la forme et de la matière. Ainsi, choisir est formel, subjectif, significatif du genre d'action en lui-même, et indépendant de l'objet vers lequel porte cette action : c'est à vous de choisir. Faire choix , au contraire , est matériel et exige qu'on indique l'objet précis et particulier du choix : faire choix de quelqu'un ou de quelque chose. C'est ce que Girard veut dire, mais ce qu'il exprime peu nettement dans le passage qui suit : « Le mot de choisir marque plus particulièrement la comparaison qu'on fait de tout ce qui se présente , pour connaître ce qui vaut le mieux, et le prendre. Le mot de faire choix marque plus précisément la simple distinction qu'on fait d'un sujet préférablement aux autres^. Les princes ne choisissent pas toujours leurs ministres ; on n'a pas fait choix en tout temps d'un Colbert pour les finances , ni d'un Louvois pour la guerre. » — Mais dans courtiser , faire la cour , la seule différence qu'on puisse saisir est la pre-
4. VicompiimentervX/aire des compliments nepro\ivent qu'on s'intéresse réellement à ce qui touche U personne complimentée. Car complimenter donne souvent l'idée d'une simple forme, d'une simple démarche, qui marque seulement qu'on fait alteniion aux personnes , qu'on ne les oublie pas ; tlfeùre des compliments annonce presque toujours, caaanejaire des amUiés, qu'on se borne à des démonstrations. C'est d'ordinaire pure cérémonie, d'une part , et pare politesse , de l'autre. « Après la mott d'Eiisabetb d'Angleterre, Jacques étant monté sur le trône, le prétexte de le complimenter sur son avènement fournissait une occasion de sonder son caractère. > Cott». « En Italie je /a** des compliments i tout le monde ; en Allemagne je bois avec tout le monde. » MoirrasQ! — Quand il s'agit d'exprimer qu'on prend véritable^ ment part i ce qui arrive aux autres , il bat se servir àt faire compliment, c Faire compliment à quelqu'un sur son prochain mariage, s Lss. « Votre Mt^eaté a la bonté de me /aire compliment sur mon Age de 70 ans. » Volt, (au roi de Prusse). « Le bailli , qui s'était caché dans sa cave pendant le combat, vint /<n>e «ompliment au vainqueur. » Id. — Quant à faire im compliment y c'est composer, débiter ou lire iin discours dans leqoel on complimente, une sorte d*«loge. Un enfant fait un compliment à son père le jour à« la fête de celui-ci. « Dans Inès^ tragédie de La Motte le rOle de l'ambassadeur de Caslille est inutile ; c< personnage ne paraît que dans la premiéro mcèm ponr faire sa eom^iment. • LàB.
STNONnES QUI ONT LE MfiME RADICAL.
9, celle de l'abaoln au relatif, du général au particulier, de l'habitael à l'accidentel, du sens ngoureux au aeus aflàibli. On eowrtite eontinnellem»il, aTec peraéréFUice; on fait la cour une f(Hs, passagèrement, dans l'occasion. Celui qui courtise est courticoRl ou amrîisan , c'est pour lui comme un état ou une profession; celui qui fait la eow tùi une seule action de courtisan , sans l'être , sans en SToir U qualité , sans que ce soit son canctére ou son genre de Tie. Les courtisans d'un pimce le comtitent; un voyageur , qui ne fait que passer dans le pays, va faire la cour au prince qu'il désire connaître. Un galant eourti$e Je dames, il les fréquente sans cesse, et en fait pour ainsi dire métier. « ITayens-nous pas employé nos beaux jours à coitrtifer les dames7»LBS. Un jeune homme fait la eoiirà une jeune personne qu'il doit épouser dans peu. Ensuite Tasaiduité, la plénitude d'action, marquée par le veii>e, fait qu'il se prend d'ordinaire en mauvaise part; c'est le contraire pour faire laeowr, par la raison contraire. On amrtûe les grands, aân d'en obtenir des faveurs à ibrce d'obsessions et de flatteries; c'est une injure pour eux; et les femmes que l'on cotirf ise sont supposées des beautés peu séyères , des courtûones. Mais ni les grands ni les fenunés ne s'offensent et ne peurent s'offenser qu'on leur fosse la COUT.
Une autre chose à remarquer, c'est que le verbe de la définition n'est pas toujours faire ^ mais quelque autre verbe presque aussi commun et non moins usuel , comme mettre , af>otr , dire , donner. D'où, par eiemple, les expressions synonymiques , écarter et mettre à V écart , c'est-àdire Eure disparaître de la 'rue ou de sa vue quelque chose, ewder et avotr ewoie , c'est-à-dire désirer la possession de ce qu'on n'a pas. Leur différence revient toujours à l'une de celles qui ont été ci-dessos indiquées. Ainsi , mettre à V écart atténue le sens ^écarter en l'étendant. «tÉca/rter, dit l'Encyclopédie, est plus fort que mettre à r écart. On écairte ce dont on veut se débarrasser pour toujours : on met à V écart ce qu'on veut on qu'on peut reprendre ensuite. Un juge doit écarter toute prévention, et mettre à V écart tout sentiment personnel. « < Je souhaiterais que la mort éoorfdi d'ici cette femme pour jamais. » Mol. Et iUds XÉoate des Femmes^ Amolphe raconte que de peor des damoiseaux , il a mis Agnès à l'écart dans un couvent. On écarte une question qu'on renonce à trailer; on met à V écart celle qu'on se réserve pour une autre fois. Suivant Voltaire, «un homme qui veut s'instruire est obligé de s'en lenir an fil des grands événements , et d'^earfer tons les petits iàits particuliers qui viennent à la traverse. » D'autre part, il écrit au comte d'Aj^ental , à qui il parlait souvent de tragédies , et à qui il comptait bien en parler encore : «Il ne s'agit pas tous les jours de conspirations et d'as* sassinats. Je mets, pour cette fois, à Pécari les Gre» et les Romains, et je ne songe qu'aux
De même , encier dit plus que Motr etwie: c'est èprcuver on sentiment décidé , une sorte de chagrin à la vue des avantages d'autrui ; cwotr envie , c'est seulement éprouverun légerdésirconcemant
quelque chose de petit, de frivole, de peu considérable. «Les subalternes emcient l'autorité des supérieurs : les enfants <mt efwie de tout ce qu'ils voient. On dit, envier le bonheur de quelqu'un, et, otTOtr envie d'un mets. » Gir.
De même encore , menttr est plus fort que dire des mensonges, parce qu'il est essentiellement significatif du genre faction. « L'amour qui loue en nous des perfections que nous n'avons pas , les voit en effet telles qu'il les représente ; il ne ment point en disant des mensonges. » J. J. C'est aussi la différence qui existe entre injurier et dire des injures. Les amants se disent quelquefois des injures sans sHnjurier.
Un chien est placé à la porte d'une maison pour chasser les voleurs ; et dans un cas particulier il donne la chasse aux voleurs. Un sanglier ravaget-il quelque contrée , les paysans accoutumés à chcuser de pareils animaux se rassemblent pour donner la chasse à celui-là. — On congédie pour toiqours , on donne congé pour un temps. On congédie une armée qu'on Ucencie, qu'on renvoie sans retour; on donne congé à des écoliers en leur accordant seulement un ou quelques jours de loisir et de repos. D'ailleurs on congédie net , sans formalité, sans ménagement; on donne congé d'une manière plus douce , c'est plutôt une permission qu'un ordre de se retirer. ~ Enfin , et pour supprimer des détails qui seraient à présent ^superflus , on distinguerait de la même manière louer et donner des louanges , souffleter et donner des soufflets , assister et donner oa^ûtoiice , sotûfaire et donner satisfaction^ eonseiUer et donner conseil , etc.
STRONTMIK DBS VERBBS aécIPBOQUBS ST Dl LIUB DÉFINITIOU COMMBHÇANT PAR SS mettre à.
S'attabler y se mettre à table. S'aliter, se mettre au lit. S'agenouiller, se mettre à genousf.
Le verbe apparaît dès l'abord comme une expression recherchée et qu'on emploie bien plus rarement que la phrase explicative. C'est l'indice d'une différence plus profonde. En effet , on se sert de la définition dans tous les cas qui se présentent fréquemment, c'est-à-dire toutes les fois qu'il s'agit d'exprimer que quelqu'un prend , pour un temps et pour des motifs ordinaires , la position marquée par le radical ; au lieu que le verbe ne convient que s'il est besoin de désigner l'action de prendre cette position dans certaines circonstances particulières , pour un temps plus long ou pour des motifs autres qu'à l'ordinaire.
C'est généralement pour manger et boire qu'on se meta table, et l'on y reste pendant un certain temps ordinairement assez court. En pareil cas , on devra toujours dire se mettre àtable. Mais lorsqu'on se met à table pour écrire ou pour jouer pendant plus ou moins de temps , on flottable , et on s'atuàfle aussi quand on se met à table pour prendre un repas, mais qu'on y reste pendant un ^ temps plus long que de coutume.
On se met au lit pour se coucher, pour sa reposer durant quelques heures; on s'alite pour cause de maladie, et d'ordmaire on garde le Ut plus d'un jour. < Les pauyres gens ne t^àlitent que
PREMIËRE PARTIE
pour mourir, » MOKiAiail* «Une mère de famille ne doit s'aliter que pour mourir. * J. J. « Un pauvre vieillard alité depuis deux mois et mourant. «Volt.
Or se met à genoux pour prier, pour adorer Dieu; les enfants, dans les écoles, se mettent à genoux pour expier des fautes, leurs dissipations, leurs étourderies. S^agenouUler est une expression extraordinaire , apparemment inventée plus tard pour désigner Faction de se mettre à genoux avec d'autres dispositions que celles qu'on a généralement en prenant cette posture , ou seulement abstraction f&ite de ces dernières. « Hénalque s'étant aperçu qu'il est à genoux sur les Jambes d'un fort petit homme . se retire confus et va s* agenouiller ailleurs, s Labr. On ne peut guère décapiter un condamné qu'il ne t^agenouille. Les chameaux et les éléphants s*agenouillent. Si vous parlez de quelqu'un qu'on a forcé de se mettre à genoux , ou qui «'est mis à genoux simplement , sans éprouver le sentiment d'humilité ou d'adoration dont cette posture est le signe, dites qu'il c'est agenouillé,
STNOlf TICIB 1)18 YIBBIS ACTIFS DONT Ll rAgIMB , D'UNK PABX , SST , DB L'aUTRB , N'SST PAS PEÉ- OàDÈ SB LA PAipOSITIOH d.
Prétendre quelque obose, prétendre à quelque ohose. Toucher une chose , toucher à une chose. SaAiifaire quelqu'un ou quelque ohose, SQ^/ie^ fawe à quelque choee. Insulter quelqu'un, inmtUer à qy elqu'ua ou à quelque chose . Suppléer quelqu'un ou quelque chose , suppléer à quelque chose. Croire quelqu'un ou quelque chose , troire à quelqu'un ou k quelque chose. Chasser le ou la, chasser au ou à la. Etc.
Lb différence de ces locutions, prises deux à deux, dépend uniquement de la valeur inhérente i la préposition à. Celle-ci dérive de la prépositlon latine ad , vers , qui marque le but vers lequel tend ou se dirige l'action,. la chose à faire, la chose à venir, en général. Employé sans elle, le verbe a un complément direct, comme on dit, c'est-Àrdire que l'action qu'il exprime tombe directement, immédiatement, à l'instant, sur la chose ou la personne ; avec elle , le même verbe n'a plus qu'un complément mdirect , et son action , au lieu d'atteindre le but , o'est-à-dire ]r chose ou la personne, aussitôt , sans détour, n'y arrive plus que comme à quelque chose d'éloigné, de placé hors de la portée. Ainsi , le verbe n'étant pas séparé de son complément par à , désigne une action précise qui a un terme actuel ou prochain. Que si , au oontraire , entre lui et son complément se trouve la préposition a . il en résulte une locution vague et iBdétenninée , significative d'une action plutôt générale et abstraite que particulière et physique. De sorte que l'action précise , directe , spéciale , se terminant entièrement et complètement dans le premier cas , devient dans le second une action vegue, mdireete, générale, abstraite ou incomplète.
PaÉTElfDRR quelque chose, PRÉTBNIHUS A quelque chose.
On prétend à la première place, quand on y aspire , quand on travaille à l'obtenir dans un avenir indéterminé. On prétend la première place , quand on l'exige actuellement comme un droit, comme une prérogative qui nous appartient.
On prétend à une charge , à une place , à quelque chose d'élevé , à la main d'une personne.
Quel eat le cœur où prétendent mes vœux? Bac. Avec vonuB , l'auteur ne pouvait employer que prétendre 4; ce qui nous est dû, ce que nous pou- «vous prétendre est plus que l'objet de nos vœux, c'est celui de nos réclamations, de nos exigences. Avec le mot faneur , prétenàfe à est aussi le seul tour qui convienne.
A de moindres fwmre des malheureuz priuadau.
Rac.
Dans le même poète , Iphigônie dit i Agamemnom
Qaelle félicité peut manquer à vos vesux 7
A de phis grands honneon un roi peat4l prétendre
Auteurs qui prétende» aux honneurs du comique.
Mon fils a» consulat a-t-il osé prétendre Avant l'Sge où les lois penneUent de l'attendre ? Volt. {Brutus),
« Pour toute disposition au sacerdoce on porte la témérité <f y prétendre, » Uass.
Mais on prétend une part dans une distribution , le remboursement des ses avances , etc. « Le (frère de Tacite, Florien, prétendit l'empire par droit de succession, comme le plus proche héritier. 9 Boss. « Charles le Bel mourut; sa femme était grosse : £douard 111 prétendit la régence en qualité de petitrfils de Philippe le Bel par sa mère. » Volt.
Un aigle sur un dbanup prétendant droit d*atibaine, Ne fait point appeler un aigle à la huitaine. Bchl. Le lion ayant dépecé le cerf tombé dans les lacs de la chèvre, s'attribue toutes les parts : La seconde (dit-il), par droit, me doit échoir encor: Gomme le plus vaiUant, Je prétends la troisième. Laf. L'estime où Je vous tiens ne vous doit point ma-
(prendre, Bt de tout l'univers vous la pouves prétendre.
Moi.. [Misanthr,f Oronte à Alceste).
oe Ce grand mattre avec un pouvoir arbitraire sur les sujets conquis, le prétend encore sur les sujets conquérants. » Hontbsq.
TOUCHER une chose, TOUCHER A une chose.
Toucher une chose , c'est mettre la main dessus pour la palper, s'en emparer, hi recevoir, etc. Toucher à une chose , c'est y porter la main de manière seulement à être légèrement en contact avec elle ou avec quelqu'une de ses parties. Quelquefois même toucher à , loin d'indiquer un cour tact entier, précis, n'indique qu'une simple proximité. Ainsi, un édifice touche à un autre, quand il en est voisin à une distance indéterminée ; au lieu que , ma maison touche la sienne, le lambris touche le mur , signifient qu'il n'y a rien entre deux. « Il y a un champ qui touche celui de mon père. » Montbsq. On dit aussi , il est si grand qu'il touche OKplanoher, c'est-àdire, qu'il est près d'y atteindre, et nous tov^ chonsau printemps , à l'été , d la fin , etc. , pour, nous en approchons. «Enfin, je n'en puis plus
SYNONYMES QUI ONT LE 1I£ME RADICAL
doQter , nous tomehong presque à l'Ile d'Ithaque. > FÊ:i. — De là la raison pour laquelle , quand on défend, on dit plutdt, ne touchez pas à cela, que 80 touàies pas cela; c'est qu'on yeut marquer qa'il ne &ui pas se permettre le plus léger attouchemeût. Or , ne pu tmcher à une chose , signifiant s'abstenir d'y porter la main de peur de fendonuDager, d'eo ahérer, ou d'en déucher quelque part», ce loor a été employé flgurément dans le seosdé. ^ter quelque partie d'une chose , ou smfiaaaî Ja modifier. Ainsi , au lieu que iOMkr acf leienas , c'est mettre la main dessus , les rmfm, toucher à ses rerenus » c'est les éeoraer. comme on dit, en employer, en dépenser aae partie. On dit continuellement avec la oégatm, ne pas toueKer à une loi, à un oumge, a un article àm règlement, à la religion, pour, n'y riea changer.
SATISFAIRE quelqu'un ou quelque chose , 8A- TISFAOE A quelque chose.
Le Terbe actif satisfaire signifie donner un plaisir, m contentement précis , causer une satL5&ctio&. et se dit toujours en parlant des per- ^onDes , de leurs passions , de leurs facultés , de leurs besoins, de leurs espérances. Satisfaire à hdiqoe, non pas une satisfaction précise donnée efectÎTement à une personne ou à une passion préci^,mais une conformité à une règle morale, à une obUgation générale. < On satisfait ses incUnatioDs, on satisfait à son devoir. »
On sslûfatt sœ parents , ses créanciers , un homme qu'on a offensé , ses passions , l'esprit , les sens, en fabant en sorte qu'ils soient contents; et ce toor est plus relatif à l'effet produit , lequel eSet est ioajonrs bien déterminé.
la délicats sont malheureux :
Bien ne saanil les satisfaire, LàW.
K Cela oe loir suffit pas encore (aux jésuites). Il faut pour satisfaire leur passion qu'ils accusent ces saintes filles d'avoir renoncé à J. C. » Pasc. On satisfait à son devoir , à une loi , à une ob- JectioQ. à on ordre , etc. , en prenant les moyens M faire par rapport à eux ce qu'on doit ; et l'at- (ffiikm ici est appelée, non sur l'effet spécial qui est produit, mais sur la manière générale dont en &e emporte par rapport à une règle. « Avec ifuelle tianquillité a-t-ella satisfait à tous ses defoinl* BcsB.
torfcaBMM'oMife cti*^ dois satisfaire, Coair.
Powni-i* wtet fou deux régler alors mon Ame,
.Soeu/mamieroin et de sœur et de fesune? In. » Cette imèk de la terre iait le charme des pmagesy et eo aâme temps elle satisfait aus divers bcwHBs des peuples. > FAn. « Cette lettre fetisfaitâ la pfaipart de ses difficultés. » Pasg. < S'arrétCT à éelaireir une équivoque , pour satitfoire à la demande d'un auteur. » Mai..
raCLTRK quelqu'un, IHSULTER A quelqu'un w A quelque chose.
Insulter quelqu'un n'est relatif qu'au fkit de '"^pîie. et il se dit toujours d'une personne ^T'Wak qui reçoit une insulte dans un cas parti- ^«^Çf- Ifttultef d ne se dit guère que des choses 3Q de toute une classe d'hommes, et il est relatif ,
non pas au ikit de l'infulte, mais au genre de £aute qu'on commet ea tenant une conduite insultante.
En conséquence, le premier s'emploie bien dans les récits pour marquer qu'une insulte est ou a été fiùte. < Cet ivrogne a insulté son hôte. Il est allé l'ifvutter jusque chez lui. > Aqad.
Est-ce mon maître ou mol que l'on veut insulter P
Volt.
« L'impie paraît élevé comme le cèdre du Liban et semble insulter le ciel par une gloire orgueilleuse. » Mas6. « Las grands hommes du paganisme n'auraient osé insulter tout haut un culte si insensé, » In.
Insulter à convient mieux dans la morale et en style dogmatique où l'on défend àHnsulter et où l'on raisonne sur Tinconvenance de l'in» suite, c II ne faut pas insulter aux malheureux , à ses juges , au public , à la misère pu'blique , à la raison , au bon sens , au bon goût t à la douleur d'un affligé , etc. » Agad. « Il n'est pas permis dHnsvkUer à un mourant. > Volt* « C'est une marque de férocité et de bassesse d'ttmi2ter à un homme dans l'ignominie. » Vaut. a Lorsqu'un homme a B^jet d'être dans la tria* tesse ou dans la joie , c'est lui insulter en quelque sorte, que de ne pas entrer dafb son sentiment. * Mal. — Gomme satisfaire à exprime moins l'effet spécial , la satisfaction , que l'action , ou la ten« tative dîe le produire , de même insulter à se rapporte moins à l'insulte effectuée qu'à l'action qui y tend. Nous nHneulUms pas celui, mais nous insultons à celui qui est au-dessus de nos insultes , de manière que l'action n'aboutit pas à son but. « Astarbé, en mourant, regarda le ciel ayeo mépris et arrogance, comme pour insulter au» dieux. » Fén . « N'approche pas de lui , mon fiU , car il croirait que tu voudrais lui insulter dans son malheur. » lo. G'esf ainsi que Pascal s'est servi de satisfaire à en parlant de Dieu : c L'Ame doit lui rendre gréce comme redevable, lui satisfaire conmie coupable. »
. SUPPLÉER quelqu'un ou quelque chose, SUP- PLÉER A quelque chose.
Quand on supplée une chose, le supplément est justement ce qu'il faut pour réparer le manque ou l'absence , et il est du même genre que ce qui manque. Un juge en supplée un autre. Pour taire une acquisition , il lui manquait six mille francs, son père les a suppléés. « Certains animaux servent par leur force , comme les bœufs, à suppléer ce qui manque à notre force bornée. » FAn. «c Dieu promet de suppléer (par la grftoe) ce qui manque (aux forces de la raison humaine) , quand il ne manque point par rindlsposition déméritoire de la volonté. » In.
Mais, quand on supplée à tme chose, ce qu'on supplée est à peu près ce qu'il faut pour réparer le manque ou l'absence d'une chose; c'en est l'équivalent, quoique non du même genre que ce qui manque. La valeur supplée au nombre , le mérite au défaut de la naissance, a Suppléer par les ressources de son travail à l'insuffisance de son revenu. » J. J. c Gens en qui l'usage du monde , la politesse , ou la fortune tiennent lieu d'esprit et euppléenî au mérite. • Labe. « UJt