FAIRE AIMER A, FAIRE AIMER DE
« On met de après faire aimer f lorsque aimer signifie le sentiment affectueux et tendre que l'on A pour quelqu'un; sentiment qui fait les amis ou les amants : mais on se sert de d , si aimer marque seulement l'attachement et le goût que l'on prend à certaines choses , et le sentiment du plaisir qu'elles donnent. La politesse , la complai- «sance , la docilité et la modestie font aimer un jeune homme de tous ceux qui aperçoivent en lui ces belles qualités. La religion fait aimer les souffrances même à ceux dont elle rempli l'âme et l'esprit. » Andrt de Boisrbgard.
Distinction parfaitement juste, confirmée par l'usage , et qui revient à dire qu'avec d on exprime un rapport d'affection moins étroit et qui laisse plus d'intervalle entre ce qui est aimé et la personne qui est déterminée à l'aimer.
c II y a une fermeté sage qui sait faire aimer à ceux-même que l'on corrige la salutaire correction qu'ils reçoivent. » Bourd. « Gyrus et Philippe feignirent de supporter le joug des lois pour le faire aimer à leurs sujets. » Coud. — « L'art de se faire aimer de sa femme. » Labr. « Vous avez des qualités qui vous font aimer de tous ceux qui vous approchent. » Mol. c La Rancune avait
Î promis à Ragotin de le faire aimer de Mlle de 'Etoile. » ScARR.
AYANT , DEYART. Ces deux mots marquent également le premier ordre dans la situation.
Ils ont été formés l'un d'ob ante , l'autre de de ah ante , mais à une époque où les prépositions ab et de avaient perdu une grande partie de leur valeur , et n'avaient plus de sens que celui de nos prépositions à .et de. Vant est comme le radical auquel'on a joint d et de pour en faire les deux mots composés avant et devant, qui diffèreat comme leurs préfixes. Or, avant est plus abstrait , et devant plus concret; l'un se dit dans Tordre du temps , l'autre dans l'ordre des places , par rapport à l'espace. Nous venons après les personnes qui passent a/oant nous; nous allons derrière celles qui passent devant.
Devant ne s'emploie plus jamais par rapport aa temps, en cette sorte : Henri lY régna devant Louis Xin. Mais a^xMt empiète quelquefois sur le domaine de devant , et marque aussi une priorité d'ordre; ce qui ftrive uniquement en matières abstraites : certains adjectifs se mettent tantôt avant , tantôt après le substantif. L'article se met avant ou devant le substantif. C'est une difficulté que Laveaux a levée de manière à justifier la distinction ci-dessus établie entre d et de quant à leur valeur. Avant conrient dans les propositions générales pour marquer un rapport nécessaire d'ordre ; et devant dans les propositions particulières où il s'agit d'un rapport d'ordre spécial, déterminé. < Il faut mettre l'article avatU le substantif; il faut mettre un article devant ce substantif : ou bien même , il faut mettre l'article avant ce substantif, et il faut mettre un article devant ce substantif. » « Lorsque même , sans l'article , peut être mis aoant le substantif, c'est un signe qu'il est adverbe... Quelque , devant un substantif, est toujours déclinable. » Marm.
En un mot , c'est toujours au degré de détermination qu'il faut s'en rapporter. En disant à une personne , vous marchez , ou marchez avant moi , j'exprime une priorité d'ordre abstraite , de droit , honorable ; et en lui disant , vous marchez ou noarchez devant moi, j'exprime une priorité d'ordre , de fait, concrète. Marchez a/oant moi, je vous cède le pas ; marchez devant moi , je veux vous voir marcher ou que vous me serviez de rempart.
ÊTRE D'HUMEUR, ÊTRE EN HUMEUR. Être en telle disposition qu'on se porte à faire telle chose.
La différence de ces deux tours de phrase dépend du sens des prépositions qu'ils demandent après eux. Or, on dit, être d'humeur à^ et, être en humeur de. C'est pourquoi, comme le remarque Bouhours, 'sans toutefois en indiquer la raison : it Être d* humeur se dit plus ordinairement d'une disposition habituelle qui tient de l'inclination , du tempérament , de la constitution naturelle ; et être en humeur marque toujours une disposition actuelle et passagère. » « Ainsi , ajoute-t-il , qiiaod on dit : je ne suis pas éPhumeur à rebuter les gens qui me demandent quelque chose; U u* est pas cTl^i*meur à souffrir une insulte; on entend par là. le tempérament, le naturel, une disposition ordinaire et habituelle : mais quand on dit, je ae stâis pas en humeur d'écrire , de me promener , de faire des visites, on veut dire seulement qu'on n'est pas disposé ^ toi;t cela dans )e moment qu'on
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
ptrte. s On erf dthmimewr à , conuipe on est homme â^ ou bien, de naitixreè, de caractère à : on est enkumeur de , comme on est en état ck, en Terre OQ en train de.
ITapprèhendez-TOiu point qoe je ne sois tthumeur
A dire à mon mari cette gâbnle ardear ? Mol.
Si tout hts d'humemr m roos en contenter (de l'infldé-
iitéd^one femme), Quant à nni, ee n^ert pas la mienne d'en tâter. Id.
— « Tétms m le théâtre en humeur d'écouter la pièce, lorsque... » Mol. « Mme Jourdain est arrirée là bien malbenrensement 1 j Vlaû en humew de dire de jolies choses, et jamais je ne me sois senti tant d'écrit. > In.
Le nombre des expressions synonymiques qui n'ont d autre ^fierence que celle qui tient au sens des prépositions à et de pourrait être encore augmenlé. Mus il suffira de signaler les plus importantes , en indiquant briéTement leurs nuances caractéristiques.
Une chose est comme à beaucoup de personnes : c'est une connaissance générale , mais TSgue , qui se borne d'ordinaire à aroir entendu parler de cette chose', c Les contentions de ces deux sectes , les luthériens et les calyinistes , sont connues à toat le monde. » Boss. « Les moteurs de l'esprit soDt des Tentés naturelles et connues à tout le monde, x Pasc. Mais les secrets d'un art ne sont connus que de quelques personnes : c'est une connaissance particulière mais entière et appro> fondie*.
C^n s'ennuie d faire une chose , c'est-à-dire en la faisant , ce qui ne marque ni un grand ennui , ni précisémept qu'il soit causé par la chose que l'on fait : on ^ennuie à lire on Tîeux roman; on dit même , en ce sens ; s'ennujfer à plaisir. S'ennuyer de exprime positivement un grand ennui , même de l'impatience, et cet ennui provient de la chose dont on s'omuie. On ^ennuie à attendre , c'est-àdire en attendant: on ^ennuie d'attendre, c'està-dire que l'attente elle-même est désagréable, qu'on ne peut pins la supporter.
YmiB e9Hajrez"9oms point de coucher toujours seul 7
Laf.
Jkmamàer à convient en parlant d'une prière. Ses yen baignés de pleurs demandent a toos Toir . Rag. « Philoclcs demande au roi à se retirer dans une Bohtude. X FéH. J>einander de exprime une condition et même une exigence, c On ne vous demande pas de TOUS récrier : c'est un chef-d'œuvre.» LABa.c Je vous demande de m'entendre^ » Acad. , suppose que la demande est juste et ne peut être refusée.
Participer à indique une participation plus vague ou moins intime et moins essentielle que participer de. On participe à des profits , à une conjuration , à une chose quelconque , à laquelle on ne reste pas étranger , à laquelle on a ou on pr«id part; une chose participe d'une autre quand elle en tient relativement à ses qualités coQstitutîyes , quand elle a avec elle, non pas un rapport accidentel ou de fait , mais un rap-
1. à cet égard, par enchérit sur de (Toy. la classe de iTBonyiDM suivante), c Cette singularité du tétras n '< été toumme que par très-peu de modernes. » Buw.
STB. FaAVC.
port fondamental ou de nature : telle maladie participe de telle autre.
Le péril dont on échappe est plus pressant que celui auquel on échappe : il vous enveloppe. On échappe des mains des ennemis , on était en leur pouvoir; on échappe à la poursuite des ennemis, avant d'être encore en leur pouvoir. On échappe à la mort; elle poursuit, elle menace, elle est près d'atteindre : on n'échappe pas de la mort; quand elle tient, elle ne Iftche plus. On échappe au naufmge , ou feu , auquel on a (iailli être exposé , et du naufrage , du feu , du milieu duquel on s'est tiré.
Tarder à faire une jchose, c'est ne pas la faire par laisser-aller, négligence ou omission; tarder de la faire , c'est ne pas la £aire par résolution , la remettre volontairement à un autre temps, et c'est pourquoi on dit plus généralement tarder à , et toujours , différer de , tarder impliquant déjà dans sa signification propre l'idée de négligence et d'oubli, et différer emportant par lui-même celle d'une détermination expresse.
On convie à (aire quelque chose de plus ou moins éloigné, c Ils furent comnéi à s'y trouver. » Acad. On cowi^ de faire quelque chose d'actuel , qui se termine tout sur-le-champ. « On nous convia de parler, f Acad. Peutrêtre aussi convier de marque-t-il plus d'instance , et est-il plus qu'une simple invitation.
SoUtctIer d annonce plus de soumission , d'insinuation , d'incertitude dans le succès de la sollicitation; soUicilerde est plus direct, plus décidé, et se dit d'une action à l'égard de laquelle il y a peu à hésiter.
Pareiteux à donne l'idée d'une habitude commune , qui se voit souvent : on est paresseux à se lever. « Les hommes sont curieux et diligents à rechercher les vices des autres, lâches et paresseux à corriger leurs propres défauts. » Boss. Pareueux de sert à exprimer une habitude particulière, rare, caractéristique : un homme est paresseux d'écrire (Sév. , Volt.). « Il n'y a que les paresseux de bien faire qui ne sachent faire du bien que la bourse à la main. » J. J. Quelquefois même paresseux de ne marque pas une habitude , mais un accident. < Je vous écrirai une autre fois plus au long; le jour me manque , et je suis paresseux d'allumer ma bougie, s Rac.
Avoir du plaisir à faire une chose exprime quel* que chose de 4)lus vague , de moins précis que , avoir le plaisir de la faire.
Capitaine aux gardes , désignait autrefois un officier des gardes françaises, et capitaine des gardes , un officier des gardes qui veillaient plus particuUèment et de plus près à la sûreté du roi , c'estrà-dire des gardes du corps. Aussi à capitaine des gardes , ajoutait-on quelquefois du corps : c M. de Duras eut deux cent mille francs pour la charge de capitaine des gardes du corps, » Sév. « M. de Toulongeon n'était point capitaine des gardes , mais seulement capitaine aux gardes.» Id.
Fer de cheval signifie proprement et précisément le fer qu'on met au pied du cheval , et fera cheval se prend dans une acception étendue pour un objet ayant seulement la forme du fer de cheval , I pour un ouvrage de fortification , un escalier , ou
PREMIÈM PARTIS
bien pcmr nue marque d«mi««ircalaire sur le plumage d'un oiseau ; il y a môme un merle que cette marque à fait appeler le fer à cheval (Bupp.).
À et de placés devant un même substantif, comme dans capitaine au9 gardes et eapitaiw des gardes , servent à former deux locutions adjeotives qui semblent équivaloir Tune à Tautre : homme à talents , homme de talent; homme à expédients, homme étexpédient; habit à tous les jours , habit de tous les jours; paye à pâ4mrages , pays de pâhirages; soupe aux herlfes, soupe d*herbe.
Ces locutions cependant diffèrent entre elles conmie les prépositions 'ô et de : elles ont, Tune un sens plus large , plus indéterminé , et l'autre un sens plus strict , plus rigoureux. Celle qui contient à désigne une qualité potentielle, une simple disposition , une aptitude à être ou à faire : celle qui contient de exprime au contraire une qualité effective, qui a actuellement son application. Ou bien la première sert à indiquer une qualité possédée à un Ikible degré , et 1a seconde en marque la possession abondante , pleine et entière. Â donne toujours l'idée d'une sorte d'éloignement , d'un rapport Prague , et de celle d'une sorte d'intimité , d'nn rapport étroit entre le sujet et ce qu'on lui attribue. Ces différences se comprennent et se justifient aisément par la considération attentive et >mpartiale des exemples.
Homme à talents , homme de talent. L'homme d talents est en puissance ce que l'homme de ta- Unt est en réalité : l'un est capable , l'autre luibile ; l'un promet beaucoup , l'autre fait beaucoup ; l'un a reçu de la nature d'heureuses dispositions , mais qui ne se développent pas encore , l'autre a un mérite qui éclate présentement, il réussit , il se distingue par son talent. — Ensuite l'homme à talents ne participe au talent que de loin en quelque sorte; s'il le possède d^à,oe n'est qu'en partie et à un faible degré; c'est ce que contribue à exprimer le pluriel qu'on emploie plus ordinairement avec à : en sorte que l'homme â talents a quelques talents , des talents qui le rendent propre à tout ce qu'on veut, mais non pas supérieur en une partie. L'homme de talent, au contraire , a la plénitude du talent dans un genre précis , il y excelle , il y est un homme émisent : un grand orateur est un homme de talent. De là vient que à talents est parfois une expression de dédain , et qu'on dit d'ordûaaire gens à talents , plutôt que hommes à talents , le mot gens étant par lui-même commun et un peu dépréciatif. ff Les philosophes ne nous conduisent guère au delà des idées déjà connues , ce ne sont que des esprits au-dessus du médiocre , des gens à talents tout au plus. » Cohd. < Les singes sont tout au plus des gens à talents que nous prenons pour des gens d'esprit. > Buff. « Je connaissais aussi quelques pédants , des poètes , des philosophes , àQsgens à talents en tout genre; mais je tenais ces espèces dans la subordination. » Vauv. (Sénécîon, favori de Néron, parlant à Çatilina). Hais homme de talent se prend toujours dans un sens favorable pour exprimer absolument un éloge, c Ptolémée Soter favorisa les arts et les scienoee : il attira dans ses fitats les hommes de talent. 9
GoifD. « Les grammairiens n'aviaient pas le goût des hommes de talents, qui se contentaient de bien écrire , sans donner leurs observations sur la langue. » In.
Homme à expédients', homme éP expédient. L'un a la faculté , l'autre l'habitude de trouver des expédients : chez l'un c'est une simple aptitude, chez l'autre c'est comme xm métier. L'homme â expédients est jugé tel à priori; on lui suppose l'esprit inventif : l'honune ^expédient est connu et renommé pour les ruses et les stratagèmes dont il a déjà fait usage. L'homme à expédienu ne manquera jamais de ressources; l'honune d^expédimt n'en a jamais manqué. — Toutefois , homme d expédients signifie aussi Un homme qui use effectivement d'expédients; mais ce sont des expédients de toutes sortes, peu décisifs. L'homme ^expédient n'en a qu'un peut4tre, mais il est souverain. Ceci rappelle fa fable du chat et du renard. Le renard est un homme à expédients : il a cent ruses au sac , il fait cent tours , mais inutilement; il est pris et étranglé par les chiens. \Jt chat est un homme d* expédient : il n'a qu'un stratagème , nuds il est sûr , c'est de grimper sur un arbre , ce qui le met à l'abri de toute poursuite.
Habit d loi» les jours, habit de tous les jours. L'habit d tous les jours est tel qu'on peut ou qu'on pourrait le mettre tous les jours; l'habit defoiti lesjowrs se met tous les jours. Un habit à tous les jours est , par exemple , un habit de fête qui a vieilli , qu'on ne ménage plus , et qui n'est plus bon qu'à porter tous les jours; mm rhàbit de tous les jours a été fait exprès pour l'usage journalier. On peut avoir plusieurs habits à tous kt jours; on n'en a qu'un de tous les jours : aussi ditron tin habit à tous les jowrs et rhabit ou mon habit de tous les jours. Un avare porte les dimanr ches et fêtes un habit d fous les jours , c'est-àdire qui conviendrait les jours ouvriers. On peut avoir dans sa garde-robe des habits à tous kt jours qu'on n'a paa encore employés à cet usage. — Peut-être aussi dtaia Us jours se dit-il d'un habit qu'on met tous les jours , mais peu régulièrement, avec des interruptions.
Pays à pâturages, pays de pâturages. Le pays à pâturages est propre ou de nature à avoir des pâturages ; le pays de pâturages en a. Dans l'un se trouve une simple disposition ou aptitude qu'on lui attribue à priori, et avant toute épreuve, avant le défrichement peut-être; dans l'autre, c'est une qualité qui se développe présentement et dont on juge par le fait. C'est comme le pot d fleurs , le pot à beurre , par rapport au pot de fleurs, au pot de beurre. Le pays à pâturages k reçu de U nature une puissance indéterminée, qui est encore sans application ; le pays^ de pâturages a reçu des hommes une destination fixe et effective, celle de produire de l'herbe pour la nourriture des bestiaux. -— Que si quelquefois pays dpdlura^e^ signifie aussi un pays où on voit réellement et actuellement des pâturages , les pâturages y doivent être rares , en petit nombre , an lieu qu'ils abondent , qu'ils couvrent presque par^ tout la terre dans les pays de pâturages^
Soupe aux herbes, soupe d^herhe. L'herbe n'est qu'un aooessoire, on ingrédient) dana 1& aoupe
SYNONYMES Om ONT LE MÊME RADICAL.
«tfA«rlet;c'e6i le principal dans lafoope dPhêrbe, Ccst ainsi que le aucre n'est qu'un assaisonnement dans le gfttèau oii cucrt ^ au lieu que k ria , dans le g&teau de riz , est ce qui le compose. Dons la soupe IMS herbts il y a de l'herbe ; 6tez-en l'herbe , le mets subsistera, la soupe dPherfm est toute foite d'heibe; 6ies-en l'herbe il ne restera rien, rien du moins qui resemble à un mets. C'est-iHlirt toujours que I« rapport marqué par à entre le surjet et ce çni sert à le qualifiw , eat TUgue , éloigné , lâdie, d que, au eontraire, ce même rapport, étani exprinié par de , devient précis et rigoureux. Oœlqiefais d et de rappellent plus iidèlement leur sens origtneL C'est ce qui arrive dans les ez^ prenons sfnonymiques ocftefer et emjminfcr une chose d une personne , ou (f une personne, d , ad , vers , désigne vers qui Fon est allé , à qui l'on s'est adressé pour avoir cette ehose. D€ marque de qui on la tient; différence réoUe, quoique peu importante, ee semble, d qui avea-vous acheté cet objet? se dira quand on voudra aller trouver le marchand pour lui acheter un objet semblable. Ik qui aver-v0us aeiieté cet objet? la qualité n'en est pas supérieure; il ne sort pas d'uns bonne fabrique. Vous commandez à un domestique de repor> ter une chose empruntée; mais n'en connaissant pas le maître, 11 demandera : À qui a-trelle été emprwUéê? U ne faudrait pas emprunter de tout le monde y et , par exemple , de personnes atteintes de certaines maladies , des instruments à boire et à manger , des verres , des cuillers , ou bien des vêtements. Les écrivains pauvres de pensées en empfunUnt à tout le monde, et surtout au^ auteurs les plus inconnus: dans un sujet noble et grave , il ne faut pas emprunter ses comparaisons d'un ordre de choses bas et trivial.
Enfin , d et de font la seule différence dé certaines locutions adverbiales ou conjonctives rè^ putées synonymes , telles que au fesU et au rttte , au maint et du moitu. Et là encore ces paitieules conservent la même valeur relative.
AU ueSTE, M RKfTB. Manières de parler usitées dans le diaeoufa pour passer à un autre trait , à une autre raison.
Au reste annonce quelque chose qui fiut «uifé à ce qui précède , qui est du même genre , et par conséquent H marque une transition douce, ordinaire, peu remaniuable. Du rette annonce quelque dioae qui tranche avec ce qui précède , qui est ^un autre genre , une raison spéciale , pérticulière, nouvelle; il exprime une addition p&f opposition. ^Â% teste est bien employé avec son sens propre dans les exemples suivants. Lafon-' taine rieat de dépemdre une agate , sa grandeur, sa forme, «es couleurs, ses veines, et fl ajoute pour terminer : « Au reste , vraie agate d'Orient, laquelle a tantes les qualités qu'on peut souhaiter aux pierres de cette espèce, et pour dire en un mol, la reine des agates, v < U a fallu ramasser tout eft qu'il y a de lumineux dans la nature pTir représenter Féclat de Marie : l'Écriture a ^tETss la lune à ses pieds , les étoiles autour de sa i«i2: au reste , le soleil la pénètre toute et l'enviitxBB» de ses rayons. » Boas. « C'est U ce qu'il y a de fins sage; a« reste, c'est aussi ce qu'il y a de plus jaste. > Maan. c Je passai pour un bon
maître (de musique) , parce qu'il n'y en avait que de mauvais. Je ne manquais paa, du reste, d'un certain goût de chant.»J. J.--I1 n'est pas moins facile de trouver des phrases dans lesquelles dm reste présente le caractère qui lui vient d'être auigné. Dana le lulnii, fivrard opine qu'il vaut mieux aller renverser oette machine odieuse qne d'en chercher la condamnation dana laa livrée, et il i^oute :
JDu rette, déjeunens, messleofs, et btfvous frais. Aman se plaint qu'Assuérua lui ait inq>oié la honte de mener Mardoohée en triomphe. Zafès lui représente que le roi a cru récompenser une bonne action, qu'il y a même lieu de s'étonner qu'il Ue l'ait paa fait plus tbi, H ajoute : Dm rette, il n'a rien Adt que par votre conseil. Hao. {£ttker).
« n est Certain que vqb vers ne sont pas bons. Du reste , qnand on né croit pas teire de bons vers, il est tougours permis d'en fhlre, pourvu qu'on ne lee montre qu'à ses amis. » J. J. « Mon enfant , soyez toge , et cherehek à plaire ici à tout le monde ; voilà quant à présent votre unique emploi; du reste , ayez bon courage : on veut prendre soin de vous. » lo.
AD MOINS, DU MOINS. Locutions coxgonetives, qui servent à revenir à une assertion, afin de U modifier ou de la corriger.
Au moins ne iait que la restreindre , la réduire à de certaines limites , il produit une modification vague, peu marquée, peu saillante*, du moins , distinctif , séparatif , de sa nature , change cette même assertion et lui en substitue une autre plus ou moins approchante.
Pascal a très -bien observé cette difiérence. D'une part , il dit ; c U laut lout d*un coup voir la chose d'un seul regard , au moins jusqu'à un certain degré.* « Les andennes lois de r£glise excluaient pour jamais du saorifide, ou ou metna pour un long temps , les prêtres qui«... • « Ils ont raison d'improuver ce sentiment , au moins pour tout ce qui touche la oonseieaoe. » D^un autre cété, on trouve du même auteur les phrases suivantes, oc Qu'ils lisent cet ouvrage : peut-^être y rencontreront-ils quelque chose, ou au moins ^ ils n'y pefdront pas beaucoup. » « Tous les obligeres à conclure ou que la reUgion est fiiusse, ou du moins que vous en êtes mal instruits. • « Les justes ont toujours ce qui est nécessaire pout observer lee eoifimandements, ou du mains pour le demander à Dieu.* -^ J. J. Rousseau parle avec la même justesse. 1* e J'étais, sinon tout à fhlt inepte, au mains un garçon de peu d'esprit. » «f Je toudrâia être à portée de coniehter, en» inoins de temps à autre , le besoin que mon ccstir a d^ivous. » a Apprenez par où vous devez chercher, sinon le bonheur, au moins la paix. » a* « Ne pouvez-vouB sans fausseté lui faire le sa^ orifice de quelques opinions iautÂlet; oudufnotfw les dissimuler 7 « • Je pourrai aller au Beia réparer mes fautes , ou du moins en implorer le pardon.»— De même Montesquieu. 1*« Dans l' Europe, la nature humaine souffrirait , au moins pour un temps , les insultes qu'on lui fait dans les trois autres parties du monde. » 3* < ta liberté politique consiste dana la aÛMlé, tu dm moins dans