‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 69 sur 426 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

A et pour sont synonymes en tant qu'ils marquent tous deux la destination, l'usage des choses : bois d brûler, bois pour brûler; table à jouer, table pour jouer, etc. Mais d exprime une destination naturelle ou habituelle^ et pour une destination tout accidentelle et subordonnée à des exigences passagères. Au milieu d'un hiver très-rigoureux, si l'on manquait tout à fait de bois 4 brdler, on pourrait faire de divers instruments en bois, des bancs, des tables, etc., du bois pour brûler. Si, dans une réunion, les joueurs arrivent en très-grand nombre , et qu'on manque de tables à jouer, on pourra faire de tables à écrire des tables peur jouer. -—1 et pour sont également synonymes, en tant que tous deux marquent la fin . le but qu'on cherche à atteindre en agissant. Vais ils se distinguent par une différence analogue à la précédente : à s'emploie dans les phrases où le sens est général, pour dans celles où il est particulier. Hercule cherchait des monstres à combattre , et le lion de Némée pour le combattre. Il faut employer tous ses soins à servir ses amis; il emploie tout le monde powr obtenir cette place.

n en est de pour comme d'avec, n a pour valeur propre d'exprimer un certain rapport que désigne aussi quelquefois d, à cause de l'indétermination et de la flexibilité de cette dernière préposition, si commune , si usuelle; mais comme a^c il reprend sa fonction et sa place , il se substitue à la préposition à , toutes les fois que le rapport qu'ils signifie proprement n'est point ordinaire, mais spécial, remarquable. De là la règle à suivre dans le choix que l'on doit faire entre deux expressions synonymîques , qui ne diffèrent qu'en ce qu'elles renferment, l'une la préposition d, l'autre la préposition pour. Ces expressions sont les unes substantives , les autres adjectives , les autres verbales , et quelques-unes adverbiales. Quoique soumises à la même distinction , elles méritent d'être examinées séparé* ment.

ATTENTION A et POUR une chose; atfcnfiofi d faire et pour fûre une chose.

On emploie aîtenHon avec d quand on ne veut exprimer qu'une attention ordinaire ou même médiocre : avoir attention à ce qu'on fait , à ce qu'on dit (ACAS.); c'est un homme qui n'a aftenfton d rien (ACAU.). Vais pour doit être mis après attention, toutes les fois qu'il s'agit d'une attention particulière , sérieuse ou constante, a On décou- ,vre dans les abeilles la plus soigneuse attention pour les plaisirs de leur reine. > Bufp. c Cette eonnaissanee engage à avoir ph» d'off ention pour

PREMlfiRB PARTIE

Tos auteun. * Pasc. -* De même aToir allMiliofi à faire une chose amionce une attention habituelle ou générale plutôt que forte ou vive. « Les Romains avaient atUntiùn à ne recevoir dans la miUce que des gens assez riches. » Mortbsq. Au contraire, avoir attention pour faire quelque chose implique une attention peu commune, c Ayez de plus en plus attention pour ne vous rel&cher jamais et pour éviter la dissipation. » Vin, Un roi doit avoir attention à ne choisir que des ministres capables et fidèles (Mass.), et une attention suivie pour redresser tout ce qui en a besoin (Fân.).

Pareillement , fermeté à faire quelque chose est Texpression courante ou communément usitée. « Je regarde ces prospérités conmie les récompenses éclatantes de la fermeté et de la force de Votre Msgesté à réprimer l'hérésie, à exterminer l'erreur, à abolir le schisme. » Bourd. « Une autre qualité caractérisait encore davantage Fabius, c'était une fermeté à se tenir au parti qu'il avait pris sur de bonnes raisons. » Roll. Mais on dira plutôt fermeté pour ^ s'il s'agit d'une fermeté singulière ou qu'on veut faire remarquer sous quelque rapport. « Notre roi s'est acquis beaucoup d'estime par sa fermeté pour régler les finances, pour discipliner les troupes, pour réprimer les abus. 9 Fén. « Andronic Comnène avait une fermeté admirable pour empêcher les ii\justices et les vexations des grands. » Hontbsq.

ATTACHE et ATTACHEMENT, quand ils sont suivis de à , signifient une affection plus vague , plus faible ou moins profonde que quand ib sont suivis de pour.

C'est pourquoi on dit généralement attache ou attachement aux choses , d la vie (Boss., Flâch.) , à la santé (Boss.) , aux biens de ce monde (Mass.) , aux choses sensibles (Mal.), A l'étude (Acad.); et attache ou attachement pour les personnes : D'aillears pour cet enfant leur attache est visible. Rac. c Mon atiachemenJt pour vous. » Volt. ,J. J. « Il a de VattachemenX pour son maître. » Labr. — Que si on se permet quelquefois pour en parlant des choses , c'est afin de marquer un grand attachement, un attachement tel que celui qu'on a pour les personnes : « Peut-on avoir plus d'ottochement pour ses devoirs? » SÉv. Et, d'autre part, l'attache ou V attachement à une personne doit être, en fait de sentiments, quelque chose de bien peu énergique , puisque c'est ce que nous éprouvons pour les choses : « Vattache sensible que les apôtres avaient à la personne de J. G. était un obstacle à l'amour spirituel. » Boss.

C'est de la même manière qu'il faut distinguer indinaiion à et pottr, et penchant à et pour.

Quand ces mots signifient des sentiments qui ont pour objet des personnes , c'est toujours pour qu'ils demandent après eux. « J'avais de Vindiwuion pour ce jeune homme. » J. J.

La sincère Éliante a du penchant pour vous. Mok..

Mais on peut dire avoir de YincUnation ou du penchant A et pour certaines choses, comme on dit avoir de la pente ^ de Vaptitude, des dispotitions aux choses et pour Us choses. Or, avec à on exprime , par rapport aux choses dont il s'agit , une* puissance ou une capacité plus générale ou plus

commune. Nous avons tous de rtncKfiaftoii m mal (J. J.). Il y a des hommes qui ont de rtii4;Hiuition pour les lettres ou pour les armes : c'est une inclination à part, une vocation. L'honune a de Vindination à toutes sortes de biens; mais c il a une indincUion ou propension natucelle pour le bien suprême. » Fer. Chaque homme a une certaine indination à la vertu ; mais c d'ordinaire les princes et les grands naissent avec des indinations plus heureuses pour la vertu que le peuple. » Mass. — On a peu ou on n'a pas de penchant à une chose; on a pour une chose un penchant plus ou moins fort et décidé. Et de même avec le verbe pencher on emploie ordinai* rement d, mais on se sert de pour dans les cas remarquables : « Si cette lettre obtient une réponse favorable , je penche extrêmement pour eo profiter. * J. J. — Nous avons tous une pente naturelle à faire le mal ; mais un homme en particulier a besoin du secours de la prière, paice qu'il trouve en lui « une pente malheureuse pour foire le mal. » Mass. — « Ces matières nous décèlent leur nature commune par leur aptitude à se réduire immédiatement en verre. » Buff. c L'alouette huppée a une singulière aptitude pour apprendre en peu de temps à chanter un air qu'oa lui aura montré. » In. — « Helvétius affirme que tous les hommes sont nés avec les mêmes dispositiont à tous les progrès de l'esprit. » Lah. « Ce sontU les causes occasionnelles du développement des dispositions particulières de Vaucanson pour b mécanique. » Id.

PROPRE, BON, UTILE, NiCBSSAIBK A et POUR; PRÊT A et POUR; IMPUISSANT, DfDIF FÉRSNT A et POUR.

À fait partie de l'expression générale, commune, ordinaire, et on n'y substitue pour qw dans les cas particuliers, extraordinaires, renur quables. Avec Tune de ces deux prépositions comme avec l'autre , l'adjectif signifie dans le sige une certaine aptitude ou disposition à certaine choses; mais il la signifie, d'un (ftté, comm générale, et, de l'autre, comme spéciale. - Comme générale, c'est-à-dire d'abord commi convenant à tout un genre , ou à un individu ei tant qu'il fait partie de ce genre; comme spè ciale , c'est-à-dire conmie appartenant particuliè rement à un individu ou à une espèce , et commi tenant aux dispositions de sa nature. Le bœa est propre au labour; ce bœuf ou telle espèce di bœuf est très-propre pour le labour. Parmi k choses propre* , bonnes , utiles , nécessaires à \ conservation de la vie, il y en a qui sontpre pref , etc. , pour la conservation de notre vie, u voir, celles qui peuvent nous guérir de nos m ladies. — Comme générale, c'est-à-dire encoi comme s'appliquent à tout un genre de choses comme spéciale, c'est-à-dire comme s'appliqua! dans le genre à tel individu ou à telle espèce, (k est propre à tout, prit à tout entreprendre , is^ puissant à faire quoi que ce soit, indifférent i tout ; on est propre ou indifférent pour telle chom prit ou impuissant pour faire telle action, t cheval est propre ou utile à la guerre, et pour j guerre de campagne. Un général est propre dl guerre, et propre pour la guerre d'escarmoucu

SYROimiES QUI ONT LE MÊME RADICAL.

Le phannaeien qui a des remèdes pnpnt à gaèrir tontes sortes de mam , tous donne le remède propre pour gnèrir TOtre mal. La guerre est nécosaire au militaire comme rourrage à Ton- Trier; la guerre est néeataire pour le militaire qui Teut aTaneer en se distinguant par des actions d'éclat. — À généralise , et pour spécialise le sens de radtjeetif d^ane troisième manière fort importante. Avec â l'adjectif désigne une aptitude Tagne, éloignée, peu prochaine, peu prononcée ; et arec pour , au contraire , une aptitude toute particulière, immédiate, qui peut se réaliser i finstant ; à n'emporte que Tidée d'une simple tendance vers un bat placé dans Téloignemeztt, et powr donne^^elle d'une fin qu'on atteint sar-lé<hamp. En conséquence, on est propre à un emploi quand on a des talents relaâft à cet emploi, quand, au besoin, on peut le remplir couTenablement et encore moyennant quelques îiBtructions , le temps et la pratique ; on est propre pour un emploi quand on a le talent même de cet emploi, quand on 7 est spécialement propre, destiné, préparé, de manière à pouToir commencer sans retard de l'exercer. La même différence sépare propre à de propre pour, quand, au lieu de se dire des personnes, cet adtjectif se dit des choses , comme bon , utile , nécessaire. De même , être prêt à rendre service indique une disposition moins décidée qu'être prêt pour rendre tel serrice. — Une quatrième nuance ' distinctÎTe dépend de la précédente , et est contenue comme elle dans l'opposition de la généralité | à la spècialitë; elle consiste en ce que pour, qui I détermine davantage l'aptitude, la détermine ; quelquefois au point de la rendre non-seulement dominante dans le s^j^, mais encore ezclusiTO. | On est propre â plusienn choses à la fois , et pro- ' pre pour une seule : un cheval peut être propre . d U guerre et ou labour, mais non pas propre ' pour la guerre et le travail des champs.— Ginquiè- \ memost, dire que à est général et pour ^cial, ■ c'est dire que le premier exprime le constant, i l'habituel, le naturel, et pour l'accidentel, le ' particulier. Je mis toujours prit à vous servir; ' me voilà prit peur vous rendre tel service , par tel moyen. Le cheval est propre à la guerre , c'est chez lui une disposition naturelle , un état habituel, une qualité constante : tel cheval est propre pour la guerre , annonce , dans le cheval , une éîspoâtion acquise , une qualité accidentelle, résultant de Vexercice et comme ajoutée à sa nature. « Les peuples , dit Montesquieu , par la nature et par fèducation sont plus ou moins propres pour la guerre. » Otez de cette phrase par téiueaiùm, et rien n'y justifiera^ l'emploi de pour. Une plante bienfaisante de sa nature est utile et homtê à la santé-, une plante vénéneuse peut , entre les mains d'un pharmacien , devenir utile et Uftme peur la santé. — Sixièmement, et conséquemment encore au caractère de généralité de d et au caractère de spécialité de pour, A désigne plutôt une disposition d'esprit abstraite, ^kle, morale, et pour une disposition physi- ^. Cest ce qui fait qu'il n'y a pas identité entre être prit à la mort et pr^ pour la mort , tout prêt pour le départ. — Enfin , à conrient mieux à

l'égard des choses, et pour à l'égard des personnes : vous êtes indifférent aua avances d'une personne pour qui vous êtes indifférent.

Après les verbes , à et pour remplissent le même rôle, avec les mêmes nuances caractéristiques, qu'après les adjectifs,' et ce rêle peut s'exprimer de* la même manière : à généralise la signification du mot précédent , et pour la spécialise. Mais cette opposition n'étant ni simple ni facile à comprends dans toute son étendue, des développements redeviennent nécessaires; d'autant plus que les différences entre d et pour, à la suite des adjectifs , ne sont pas les seules qui distinguent d et pour à la suite des verbes; d'autant plus aussi que ces différences ne se réalisent pas toutes à la fois à propos de chaque verbe, mais les unes uniquement ou principalement avec certains verbes, les autres avec d'autres, suivant le sens particulier des uns et des autres.

A généralise, et pour spécialise l'action du yerbe. C'est pourquoi on dira : telle somme ne peut suffire à mes dépenses, et d'une manière particulière : telle somme ne peut suffire pour un voyage , pour cette emplette. Si la raison suffit à vous conduire, elle suffira toujours pour vous faire éviter des fautes dans l'occasion. A la tête d'un chapitre de Montaigne on lit : « Des mauvais moyens employés à bonne fin , » et dans le cours du chapitre : « La faiblesse de notre condition nous pousse souvent à cette nécessité de nous servir de mauvais moyens pour une bonne fin. »

A est plus vague et suppose un but plus éloigné. On se prépare et l'on se dispose à une guerre éventuelle et possible, et pour la guerre qui va avoir lieu. On est porté à une chose par un penchant peu décidé, et 'pour ^ae chose, quand le penchant est fort. De même, destiner, réserver, déterminer, employer à n'annoncent pas comme destiner , etc. , pour , une destination , une fin prochaine , fixe , précise et bien arrêtée.

A s'emploie plutôt dans le sens abstrait, idéal, et pour dans le sens physique et rigoureux. Un prince est destiné à instruire la terre , et un salon est destiné pour la musique ou pour la comédie (Volt.). On est disposé à la mort , et disposé pour un voyage : disposé au combat , animé , plein d'ardeur; disposé pour le combat, n'ayant plus de préparatifs à faire. Se préparer à un voyage , c'est y disposer son esprit , et presque simplement y songer; se préparer pour un voyage suppose qu'on fait deS préparatifa effectifs , réels. Sacrifier quelque chose à quelqu'un, se dit, dans un sens affaibli et peu rigoureux , en parlant de choses idéales, les intérêts, le repos, le ressentiment; et «ocri/ter quelque chose pour quelqu'un annonce un sacrifice positif, considérable, comme celui de la vie , et dans une circonstance particulière.

L'une des manières dont se manifeste la spécialité propre à pour , consiste en ce qu'il indique un emploi ou une destination exclusive. Ce qu'on destine , r^«erf?« , détermine , dispose , prépare pour quelqu'un est mis de côté pour lui être appliqué à lui seul de préférence aux autres, c Le ciel nous a destinés l'un pour l'autre. » Las. L'argent qu'on emploie pour bâtir n'aura pas

PlUtHIftAE PART» :

d'Autre ddgtinatioii. Coneowrir pmr vn» plMd, etsi aspirer à posséder cette plaoe seul , à VatkasioB des autres; au lieu que l'effet qu'on eanwri à produire sera rapporté à tous ceux qui auront concouru à sa production. On est absolument porté à une chose pour laquelle on a de rincli» nation , et relativement plus porté pour une chose que pour une autre. On iinUrttH à quelqu'un sans que cet intérdt nuise à celui qu'on porte à d'autres^ mais dani une affaire où des concur" rents sont en présence, vous vous wXérunn pour celuk)! on pour 0eliii-<là.

Enfin, de la généraUté inhérente à d et dé U spécialité qui caractérise pouf résulte , pour les locutions verbales synonymiques dans lesquelles ils entrent comme seul élément de différence , un trait de grande importance. Pour rend l'action du verbe remarquable par l'eflbrt, l'application, le soin, l'attention qu'il eïprime de la part du sujet. Conspirer , eoneourir à conviennent même en parlant de Faction des choses inanimées -, il n'en est pas ainsi de conspirer et de concourir pour. On trcMLtUe quelquefois à sa propre perte sans le vouloir, même sans le savoir, sans s'en douter ; on ne fronaille que pour un but qu'on se propose et qu'on s'efforce d'atteindre. Dans tous les cas , UwMiUer à n'est que spontané et ne suppose qu'une application modérée : c'est ainsi qu'un bon fonctionnaire travaillé om bien-être de son pays, tout en ne songeant peut-être qu'à ses propres intérêts. TrOMiUUr pour est toujours volontaire et marque beaucoup de soin et d'effort Il en est de même de s'appliquer pour par rapport à s'applkfuer à. On emploie une partie de son temps à faire telle ou telle chose , et tous ses efforts pour arriver au but de ses désirs. « Sfaf* fecHùnnér à , dit Mannontel , c'est s'attacher ; s'a^ feetionner pour , s'intéresser vivement , se paésion-. ner. » L'un consiste en un certain laisser-aller de sympathie, l'autre en une affection active. S'tnt^refjsr d, c'est n'être pas indifférent, se trouver touché en entendant un récit ou en voyant un spectacle; impression purement passive : quand on ^intéreuo pour , on déploie de l'activité , on se porte à des démarches. 9ewpr99ter pour faire une chose marque bien plus d'empressement, de xéle ou d'ardeur que éemprenor d ou de la faire. (Yoy. p. 60). « ta fille d'un pa^uvre laboureur était belle comme le jour. Toute la jeunesse de son voisinage ^empressait pour la voir , et chaque jeune homme eût cru assurer le bonheur de sa vie en l'épousant, v Fi», c Ces ambassadeurs alhéniens, les philosophes Carnéade, Diogène et GritolaOs, furent extraordir nairement accueillie à Rome. Ils parurent des hommes merveilleux , et les jeunes gens s'empressèrent pour les entendre. » Gond.

 n'est donc plus qu'indicatif du but lointain auquel tend l'action ; il est tout objectif. Pour , au contraire, est subjectif; il appelle l'attention vers l'agent , il ftiit remarquer la part considérable que celui-ci prend à l'action pour arriver à un but prochain et précis. C'est pourquoi à est plutêt suivi d'un substantif significatif du bat à atteindre, et pour, d'un infinitif marquant une action précise , â fain à Finstant.

Dans les locutîont adverbiales, en apparence équivalentes, qui admettent, l'une à, Vautre pour , ces deux prépositions produisent toujours le même effet qu'après les substantifs et les verbes.

Rapporter un discours mot à mot, c'est le rapporter à peu près tel qu'on l'a Uaaa. « Je vais vous rapporter sa réponse presque mot d mot. > J. J. c J'ai rendu les scènes anglaises presque mot à mot) malgré la difficulté de la rime.> DesT. Rapporter un discours mot pour mot marque plus de précision et de rigueur : c'est, noaseulement n'y rien changer d'essentiel, le rendre par des termes équivalents, mais pousser la fidélité jusqu'à rapporter les propres termes dont s'est servie la personne qui a parlé. « Le chancelier me dit mot pour mot ee que j'avais dit à la Chapelle; je convins qu'il n'y avait pas uamot de changé. > S. S. « Ia membre des mots consiste à réciter fidèlement et à rendre mot peur mot ce qu'on a appris par cœur. » Roix. On rend bien ce qu'on rapporte mot à mot; on reproduit d'une manière parfaitement exacte ce qu'on rapporte mot pour mot. On traduit mot d mot (Boss., Volt.) ; une traduction n^est jamais qu'une copie plus ou moins approchante : mais apprendre par ooBur, c'est apprendre mot pour mol (Rou.., FAir.), et cher un pasaage, o^est le transcrin mot pour mot (VoLt.).

Le rapport est le même entre à jamais etpovr jamais. Â jamais est indéfini , vague , hyperboUque ; pour ;amaM est précis et positif : le premier permet encore , dans un avenir indéterminé , l'espéranoe d'un retour qu'exclut rigoureusement le second. C'est, d'une part, une expression qui convient au langage passionné, et qui -peaX reoetoir des augmentatii^ : à tout jamais , au grwi jamais; c'est ^ de l'autre, une expres»on d'une valeur pleine et entière, laquelle i^artient au langage froid et exact de la philosophie. « Exemple mémorable à jamais. » J. J. • Jour à jamait malheureux l*BA«ra.«aésOBtne laissa l'Bgjpte riche d jamais. » Bots.

Mai , parier pour Yalére 7 tt flsiidrail être foHe. Que lÂvlAt à famaU Je perde la parole ! Bsoai. « Le traité de Westphalie sera peut-être à jamais panni nous la base du système politique. » J. J. J*âl cru que celle noil serait sa nuit dernière , Bt que je fermerais pamr Jamais sa paapière. Rau. < Bile n'est plus. Mes yeux ont vu fermer \» siens poitr jamais, » J. J. « En sortant de ce monde , je tombe pour jamais dans le néant ou dans les mains d'un Dieu irrité. » Pasc.

Une diiTérenoe semblable a lieu aussi entre otoff et pour Ion, expressions synonymiques, comme signifiant, l'une et l'autre, en ce tempslà. La première est l'expression ordinaire , courante , usuelle ; elle rappelle une époque étendue, pendant laquelle se Dûsait tout un-genre ou toute une suite d'actions: elle s'emploie surtout avec un verbe à l'imparfait. < On pensait aiorr (au temps des rois de Ronie)«dans les républiques d'Italie, que les traités qu'elles avaient faits avec im roi ne les obligeaient peint envers son successeur. » M oiTTBSOw « Les forces du Nord étaient toutes en Orient, en tgypte, lonie, Grèce, seuls pays où ily ett êtors (lors des empires d'Orienti en <f Oo*

SYNONYMES QOI ONT LS MSME RADICAL.

tiàend^ qvdifiM coiubotos* » Ia. « Lft oorresponduce de Toltaire aTee le prince royal de Pnuse faisait du brait cUort. > J. J. « Durant les terlibles chelBQTB qu'il liûait alun, » Id. « Les goerr» qu'U y arait ofon en Asie. » Fén . c Solon diTiaa les citoyens en trois difrérents ordres, seloa les bic&s dont chaque particulier était alori en yenpwrinn » £». Awr lor« est l'expression remarquable, de olioix, celle qu'on préfère pour indiquer l'époque courte et précise à laquelle un éyénemeot particulier, unique, s'est passé : elle oooTJeot surtout dans le récit d'un fait aTOC le parûit défini, c Tout est changé, djt |>ottr lors un irooiBie qui.... » Mohtbsq. « Et comment, lui dis-/e patÊt lors P.». » In. « L'histoire moderne nous fournit un exemple de ce qui arriva pour Ion (après la mort de Lucrèce) à Rome. > lo. « Je ûs pour lors si peu d'attention k son langage que.... B ]. I. « Pour Ion il n'y eut plus moyen de m'en dédire. > Jb>. < Cette femme fwur lors mourante. > lo. c Platon avait quarante ans pour Ion (lors de son premier voyage en Sicile). » F^n. « flenrauscflient pour Platon , Annicéris de Cyrène s'étant trouvé pomr lort dans le pays , il l'acheta au prix de vingt mines. » lo. Montesquieu a parbitement observé cette distincticm dans le passage suivant des lettres persanei: « Monsieur, dit pour lors un ecclésiastique, vous parlez là du temps le plus miraculeux de notre invincible monarque : y 8h<-a rien de si grand que ce qu'il Uisait alors pour détruiTe l'hérésie? »

AC «oras, POOft LB MOnw. En mettant les choses au plus bas, au «liiitmuin, pour ns pas direplua.

Pour le wwùu est plis précis et suppose une estimation ri^ureose. « Apprenez qu'il y a seize ans pour le aMs# que Tbomme dont vous nous pariez périt sur mer. » Mol. Au mou» se dit approximativement, sans qu'on soit bien sûr de son calcul. « Un %d Uvie doit donner au moins vingt nulle francs de profit au libraire. » J. J.

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