PRÉFIXES DÉ BT CON
Déférer^ conférer.
DÉFËRBR, GONFiRER. Donner des dignités ou dee honneurs.
, On défère par déférenoe, parce qu*on vent bien considérer le mérite personnel; on confère suivant un rite et avec les cérémonies d'usage.
Déférer se dit plutôt d'honneurs extraordinaires , et indique que , pour les rendre , il faut déroger à la coutume , et sortir du droit commun : a On déféra à César des honneurs excessifs.» Montssq. c Les Romains ont déféré les honneurs divins aux empereurs. » Gond. « Hérode écoute avec complaisance des applaudissements qui semblent lui déférer des honneurs divins. 9> Mass. «La couronne obsidionale était le plus grand honneur qui pût être déféré à un citoyen. > Roll. « Les révoltés chassèrent leurs officiers du camp, et d'une voix unanime, déférèrent le commandement i deux simples soldats. » In. «Crassus fut élu consul, et on déféra la même dignité à Pompée, quoiqu'il ne fût que simple chevalier , qu'il n'eût pas été seulement questeur, et qu'à peine il eût trentequatre ans. > YsaT. « Saint Louis ne s'attribuait pas l'honneur d'être le médiateur de tous les rois : il lui était déféré par un libre consentement de tous les princes ses yoisins. » Bounn. « L'hôtel de ville de Paris déféra à Louis XIV le nom de Grand: il fut aussi défM au cxar Pierre par les Etats de Russie. » Volt.
Conférer s'emploie pUitôt en parlant des charges et des privilèges léigalement et régulièrement accordés par qui de droit. « Sa charge est annuelle , et lui est conférée par l'assemblée générale de la nation. » Bartb. Le roi de Pologne conférait tous les honneurs (Volt.) , toutes les charges (GoHD.). « En Suède, le roi confère U digti^
épiscopale. » Gonb. Les sacrements sont conférée par les prêtres (Bourd.,'Yolt.). « I^ pasteur» doivent exercer le ministère et le conférer à leurs successeurs. » FâN. «Le droit de l'empereur était de conférer tous les fiefs d'Allemagne , quand ils vaquaient faute d'héritiers. » Volt., Cqwd. «Le pape donne des bulles de tous leç évôchés, et s'exprime dans ses bulles conmie s'il conférait ces dignités de. sa seule puissance. » Volt, c Chez les Romains , c'était le paviple qui , par ses sufiDr&ges , conférait toutes les charges et toutes les dignités. 9 Roll. « A Carthage on achetait par des préMUts les suffrages de ceux qui conféraient les chargea. » Is.
PRÉFIXE EaaSX.
Chauffer y échauffer. Changer ^ échanger. Lever ^ élever- Se lancer, s'élancer. Mouvoir^ émouvoir. Branler , ébranler.
Peux considérations doivent guider dans la recherche des différences cachées sous la synonymie apparente dont il s'agit ici. La première concerne le rapport naturellement établi entre deux mots synonymes , l'un simple , Vautre composé; la seconde regarde la valeur propre de la prépositive 'ajoutée au simple pour former le composé.
Qu'un mot soit le radical pur qui entre comme élément dans un autre commençant par une préposition , c'est déjà une circonstance à remarquer: elle doit produire quelque effet sur le sens, et empêcher les mots d'équivaloir. On aperçoit effectivement, au premier coup d'oeil, que le simple se dit plutôt au propre , et le composé au figuré. C|la doit ètre> Le simple a pour fonction d'exprimer l'idée commune , telle qu'elle est en soi , rsr dicalement, essentiellement, originellement; au lieu que le composé jouit d'Uhe plus grande latitude , et se prête davantage aux acceptions loizir taines et détournées. Mais , dans l'examen des synonymes , il ne faut pas attacher trop de prix à cette première différence, car elle se montre d'elle-même, et les dictionnaires la signalent d'ordinaire avec une suffisante exactitude.
Une autre , qui mérite plus d'attention sous le rapport synonymique , consiste en ce que le simple se prend dans un sens général et lustrait, indépendamment de tout rapport , de toute idée accessoire , tandis que le composé a plus d'aptitude à devenir technique , à recevoir une acception spéciale et spécificative , une destination particulière, qui le détermine à signifier telle espèce d'action dans le genre plus «étendu marqué par le simple. Ainsi , pour ne citer qu'un exemple , le mot échange ne se dit guère qu'en termes d'économie industrielle et commerciale.
Cette seconde remarque mène à une troisième plvs importante encore. S'il était besoin de prouver que le simple est l'expression absolue et ordinaire, il suffirait de rappeler qu'il s'emploie souvent et seul dans le sens neutre et intransitif : le four chauffe; un homme change à vue d'oeil ; telle plante commence à lever; à un certain âge les dents l^ronlent; et de même en latin , Idborare , piscaH n'adf|let^nt pas de complément , et signi-
STNONTHES QUI ONT LEl MÊME RADICAL.
fleot fravaiUff et pêcher ^ sans iodiquer , comme elaborare et expiscari, ce sur quoi Ton travaille et ce qu'on prend à la pèche. Or , pour ne pas s'en tenir à Texpression générale et ordinaire, à celle qui exprime Vidée simplement , pour lui préférer une expression relative , il faut avoir des raisons. Ces raisons se réduisent à deux. On se propose d'exprimer en pareil cas, ou une manière d'agir remarquable par les efforts, le soin ou l'ardeur du sujet, en raison souvent des obstacles qu'il rencontre , ou une action remarquable par son contenu, sa durée, ses détails, ses degrés, sa progression, sa perfection, son acbèvement. En d*autres termes, le simple se borne à énoncer un certain genre d'action , comme elle se passe d'ordinaire ; le composé ajoute à cette idée celle d'effort ou de Tiolence, d'attention, de précaution, de zèle, d'intention plus marquée, et partant, d'une plus grande difficulté à vaincre. D'un autre côté , au lieu d'être formel et abstrait comme le simple, le composé est matériel, concret, descriptif, complétif ; il montre Faction du commencement à la fin , passant par différentes phases depuis le point de départ jusqu'au but, et s'achevant entièrement.
De sorte que , en résumé , les verbes simples se distinguent par quatre caractères des verbes qui en sont formés, moyennant l'adjonction d'une particule initiale : ils s'emploient de préférence au propre, d'une manière générale, sans rien annoncer de particulier ou de remarquable dans lagent ni dans l'ac^on. Les composés , au contraire, conyiennent mieux au figuré, se disent souYent pour exprimer une espèce particulière d'action, dans le genre signifié par le simple, et de plus , Us ajoutent à l'idée du simple de deux façons, soit en attribuant au sujet plus d'effort ou de soin, soit en peignant l'action pendant son exécution , dans sa prolongation , dans ses détails , et comme arrivant à un développement complet*.
Ces quatre distinctions , ou du moins plusieurs d'entre elles , paraissent s'appliquer à la fois à tous les yerbeis simples , synonymes de verbes composés qui les ont pour radicaux et commencent par une prépositive *. Mais , ensuite , il faut
4. Ces différences ressortent de l'examen même des synonymes contenus dans ce chapitre, et ne demandent pis d'autre démonfltraUon ; cependant, i V&ppui des deux dernières, à cause de leur grande importance, on peut utilement alléguer des exemples emprunlés du latin. Parmi les verbes composés de cette langue , commençant par e onex, apparaissent entre autres, relaiîTement à leurs simples, comme exprimant de la part dd sujet soin, effort on violence, exomare, exymirere, digère, eseerpere, extcrihere, eripere, eniti^ enmee/e, elairare , expellere^ et comme asgmeDtatifk et descriptKii, eomme marquant une action concrète, continue, détaillée, qui a un commencement et une fin, et qui s'achève complètement, emori, emeeare, enarrare, exacuere , exmdifieare , exaeqnare ^ eiaggerare , exalbeteere , exceUus , exasperare , exandire , ehibere , epotare , exccteare , exeogitare y edocere , eradieitus.
). Tous les TSites eomposés, quelle que soit leur pariiciile intiJMl^ ont pins d'afflaité pour le sens figuré qtje le simple, leur radical : ce caractère leur est commun à toos sans exception, liais ceux qui commencent
consulter la Taleor pArtlcoHère de la prépositive , car cette considération peut faire modifier les différences déjà indiquées ou en faire découvrir de nouvelles.
£ ou es , en latin et en français , désigne Taction de faire sortir , une extraction , un point de départ , et plus volontiers un mouvement de bas en haut. Ainsi, en latin, devolare et iefodere signifient , l'un voler de haut en bas , l'autre placer , par rapport à la terre , de haut en bas, c'est-à-dire enterrer; tandis que enolare et effodere ont le sens , celuilà de voler de bas en haut, et le dernier de placer par rapport à la terre de bas en haut, c'està-dire de déterrer.
De l'idée de sortie , comme de celle de déjection, l'esprit passe sans peine à celle de privation ou de cessation. Aussi , la prépositive e a-t-eUe cela de commun avec la prépositive de , qu'elle donne quelquefois au mot composé un sens contraire à celui du radical. Tel çst elugere , quitter le deuil, par rapport à lugerey prendre le deuil. On peut y joindre elinguis, sans langue , qui ne parle pas, et le français éreintéy analogue du latin delumhaitu , ce qui fait bien voir la ressemblance des deux prépositives sous ce rapport.
CHAUFFER, ÉGHAUFFEIU Rendre chaud, doa« ner de la chaleur.
On échauUfe plus en grand , et quelque chose qui demande plus de peine : on chauffe une chemise ; on échauffe une chambre.
Ensuite , comme le moyen le plus naturel et le plus simple de procurer de la chaleur est l'approche du feu , le verbe simple chauffer n'en indique jamais d'autre; il reproduit d'une manière propre, essentielle , l'idée de la chaleur : au contraire , on peut produire l'action ô! échauffer de bien d'autres façons, par le mouvement, l'exercice ou le frottement. De sorte qu'au simple semble attachée l'idée de l'opération de la nature , et au composé celle de l'opératipn ou de la coopération de rhonune.
D'ailleurs , échauffer marque progression et une intention particulière d'arriver au but , du soin , de l'attention. L'ouvrier chauffé le fer qu'il tra-r vaille; les oiseaux échauffent leurs petits en les couvrant de leurs ailes. On dira bien que le soleil échauffe les membres languissants d'un vieillard; non pas que le soleil ait besoin pour cela de zèle ou d'effort, mais parce que Faction ne peut se faire que peu à peu. De même, Montaigne dit de nos vêtements qu'ils « nous échauffent , non de leur chaleur, mais de la nôtre, laquelle ils sont propres à couver et à nourrir. »
Enfin, la valeur propre de la prépositive se révèle en ce que souvent échauffer se dit des animaux , pour marquer , non pas qu'on leur donne ou qu'on leur apporte de U chaleur, mais qu'on
par de partissent plus particulièrement déterminatifs et spéciOcaiifs. Au contraire, ils n'ont pas ou ils ont à un moindre degré que ceux qui commencent par re, cm ou tf, le trait distinclif qui consiste à supposer dans l'agent plus d'activité , de soin et d'effort. Enfin , tous sont également eompléUfii analytiques, c'est-àdire significaiilli d'une action eontinue, détaillée, progressive, dont on veilles phases et qui s'achève (oui entière.
PREMIËRE PARTIE ;
développe en eux ou qu'on en fait sortir par l'exercice ou d'autre manière la chaleur qu'ils possédaient déjà à l'état latent. On se chatte auprès de son feu, aux rayons du soleil; on s'échauffe à courir , à travailler , ou en courant , en travaillant.
CHANGER, ÉCHANGER. Donner une chose pour une autre.
Échanger désigne un changement de conséquence , considérable , et fait à dessein. Au sortir d'un bal, on peut changer son chapeau sans s'en apercevoir.
A vrai dire, changer comme change^ est le > terme général et abstrait; et ce qui fait que parfois l'on ne s'en contente point, qu'on le trouve insuffisant , qu'on lui préfère échanger , c'est qu'on vevt exprimer ime opération & laquelle on regarde davantage, qui demande plus de précaution et d'exactitude. Aussi, échanger n'est point d'un usage vulgaire; il appartient exclusivement au langage du commerce.
Echanger exprime donc une manière de changer remarquable par Tattention qu'elle demande , et remarquable aussi en ce qu'elle est réciproque et porte sur des choses de naturef diverse. Je change d'habillement; mon chapeau m'allait mal , je l'ai changé. On échange des marchandises contre d'autres marchandises ; les monnaies offrent l'avantage de faciliter les échanges. Sans doute , on dit bien , en termes de commerce , changer une pièce d'argent, lettre de change^ agent de change; mais il n'y a toujours dans le mot que la simple indication d'une opération ordinaire , qui ne présente rien de difficile ni de remarquable , soit dans le sujet , soit dans l'objet.
LEVER, ÉLEVER. Changer la position de bas en haut.
Dans lever y l'idée est réduite à ce qu'elle a de plus simple : on Uve en dressant ou en mettant debout , mais sans faire quitter le sol , sans ôter de la place qu'on occupe pour porter à une place supérieure. On lève ce qui touche à terre , comme un arbre abattu , une échelle qui est couchée sur le sol. Hais élever doit à sa particule initiale d'indiquer le lieu , la place d'où l'objet part pour aller en haut, c'est lever de; il emporte l'idée d'un déplacement total et non partiel. Un malade se lève sur son séant; des audacieux s'élèvent en ballon. On lève la main (Vert.) ou la tète (Rac), on iève la pierre d'un tombeau (Bourd.) en la dressant sur un de ses côtés; mais les parties du sel ne peuvent être élevées en vapeurs (Dbsg.), c^est le soleil qui élève les nues (Boss.) , et le prêtre élève le calice (Id.) qu'il prend sur l'autel pour le porter au-dessus à une certaine hauteur. •
Girard et Roubaud s'accordent sur cette différence. Gondillac ajoute une remarque : quelquefois lever signifie aussi ôter , déplacer; mais alors il est absolu, et ne suppose pas, conune élever y une comparaison entre le corps levé et ceux du milieu desquels il sort, c On lève un corps en l'ôtant d'où il est, et alors on le considère en lui-même et sans aucun rapport aux autres ; on Vélève en le portant ou en le faisant monter plus haut, et, dans ce cas, on le considère par rapport aux autres corps qu'il laisse au-dessous, >
Ce qui est levé est ôté; ce qu'on élève prend ou tend à prendre le dessus.
Ensuite, élever suppose plus d'efforts et une opération plus difficile , ou bien une hauteur plus considérable à laquelle l'objet arrive en parcourant progressivement différents degrés. On lèvt quelque chose de terre sans peine et avec la main, c Lorsque nous levwu de terre quelque chose de fort léger.... » Mal. On élève une chose à force de travail , à l'aide de machines et à une plus grande hauteur.
Se LANGER, S'ÉLANCER. Se jeter en avant avec' impétuosité.
S'élancer est relatif au point de départ. On s'élance de. < Aussitôt Minerve s'élance du haut de l'Olympe. > Fén. « Le feu vengeur prendra dans ta conscience , et des flammes s'élanceront du milieu de toi. > Boss. Dans cette phrase , le lion s' élance de sa tanière , on voit l'animal se presser fortement contre la terre qu'il va quitter, prendre son élan , détendre fortement ses muscles , et partir en bondissant. C'est , de plus , comme on s'en aperçoit sans peine, un mot représentatif, qui fait image et peint l'action , qui montre le sujet se levant , revenant sur lui-même , et faisant effort pour sortir du lieu où il est.
Mais' la principale différence consiste en ce que s'élancer témoigne plus d'ardeur et marque plus de violence et de vitesse. Les affamés s'élancent sur les plats (Sév.). «Un loup affamé s'élance, d'une gueule béante et enflammée , pour dévorer des agneaux. » Tév. c Ce sanglier s'élançait rapidement comme la foudre. » Id. « Enflammée de l'amour de Dieu , sainte Thérèse le cherche par son espérance ; ensuite elle y court , elle «'y élance par des désirs ardents et impétueux.» Boss. « Ces eaux se précipitent dans des gouffres profonds et après bien des efforts s'élancent et reparaissent sur la terre. » Barth. Sut l'ordre de leurs chefs, des soldats se lancent à la poursuite des fuyards , et des soldats enivrés de carnage ou irrités d'une longue résistance s'élancent , sans écouter la voix de leurs chefs , à la poursuite des ennemis. On se lance naturellement , sans beaucoup d'efforts , en se jetant en avant avec peu d'impétuosité : c'est ainsi qu'un cheval se lance dans la plûne. On se lance à l'eau.
Le raisonneur parti, raveutureux se lance^ Les yeux clos, i travers cette eau. Laf.
C'est , dans cet exemple , la seule expression qui convienne , parce qu'il n'y a ici ni effort , ni ardeur extrême de la part du sujet , causée par la résistance , le danger , les obstacles ou une grande opposition. « Lorsqu'une des jambes de derrière (du cheval) se lance , la jambe de devant du même côté reste quelquefois en place un peu trop longtemps. » BupF. oc Lorsque les canards s'abaissent , c'est toujours avec précaution : ils fléchissent leur vol et se lancent obliquement sur la surface de l'eau. » Id. Par la même raison , on dit et on doit dire : se lancer dans le monde , dans les affaires , dans la littérature , dans la carrière du barreau. On se lance à travers; on s'élance au travers.
MOUVOIR, ÉMOUVOIR. Mettre enmouTement, agiter.
Au propre , émouvoir marque un rapport au lieu
STNONTHES QUI OIfT LE «fin RADICAL.
ISO
auqnel tient U chose , et d*où elle peut être tirée. cj^moueotr n'est guère en usage qu'en parlant du mouYement donné aux humeurs qu*on veut chasser par des remèdes. Un tempérament difficileà émouvoir. » Cord. Ainsi , dans cette locution , émouicoir , c'est «umcotr de manière à faire sortir, c Ceux qui ont coutume de voyager dans les vallèes où les avalanches sont à craindre s'abstiennent même de parler ou de tousser en y passant, de peur que le hruit de leur voix n* émeuve la neige. » Dbsc
I>ans d'autres, c'est mourotr avec pehie ou effort quelque chose qui offre de la résistance , qui n'est pas fait pour être mû , qu'on ne meut pas d'ordinaire. On metil un pendule , un objet quelconque d'une petite masse et dont la mise en mouvement présente peu ou point de difficulté : on meut les bras , les jambes; le vent fait mouvoir les branches des arbres. Une trombe émeut les flots de la mer, lorsqu'elle les agite profondément, les soulève, et les pousse avec force les uns contre les antres.
Au figuré se retrouve cette même distinction. « L'entendement meui la volonté , parce qu'il la dirige vers un objet. Vais on ne dira ^Asmouvoir les passions. Alors émouvoir est le terme propre , et il signifie les mettre en action. » Coud. D'où il résulte que moicrotr annonce une impulsion sans violence , et ^monvotr une impression plus forte qui nous tire de nous-mêmes. On est mû par une oonsidération (Bbaum.), par une vue (S. S.) , par un principe de religion (Boord.). c L'esprit de J. G. ne pouvait être mû par d'autres ressorts que ceux de la souveraine raison. » Bourd. On est ému par quelque chose de touchant , par une passion, par quelque chose d'assez fort pour faire sortir de Véiat où où est. « Il y avait de quoi émouvoir les plus insensibles. » Boss.
Calisle était un roc; rim n^émauvait la belle. Lav.
BUAIfUBa, ÉBRANLER, fimouvoir, remuer.
La prépositive semble jouer encore ici le r6l6 àe superlatif. On branle légèrement ht tête en signe de mépris; on ébranle un édifice à coups de bélier ou de canon : c'est-à-dire que le simple sert à exprimer un mouvement , une agitation ordinaire, et le composé une commotion violente, une secousse. En conséquence , il faut plus d'effort poiur ^^ronler que pour branler, et l'on ébranle des choses plus difficiles à remuer , qui , par leur nature et leur disposition , semblent devoir rester inomobiles. Yous branlex la tête, les bras» les jambes , un dard dont vous voulez percer votre ennemi; le matelot est branlé dans son hamac. C'est toujours une masse lourde qu'on ébranle : il suffit à Jupiter d'un froncement de sourcil pour ^franler le monde, mais aussi c'est le père des dleax et des hommes, et rien n'est plus beau que cette oi^>osition entre un nM>yen si petit et un effet si grand.
En outre , quoique les deux actions ne produi sent point de déplacement, ne fassent point sor tir l'objet de son lieu , c'est à quoi tend , en pai^ tîcniier, l'action d* ébranler, « On ébranle un covps lorsqu'on le rend moins ferme, soit en le frapfant violemment , soit en le secouant : ébranler m mar, un arbre. » Gon>. Samson ^ania
STV. 7BARÇ.
les colonnes du temple , c'est-à-dire , leur imprima de fortes secousses , capables de les rendre moins assurées sur leurs fondements , de les détruire, de les renverser. Le branle des cloches, par exemple , n'a pas cet effet.
PRÊnXBS i ET CON, Érotion^ eorroeion,
iROSION, GORROSIOIf. Action de corroder, de ronger.
Xais cette action est présentée sous deux points de vue , savoir , dans corrosion comme s' opérant de tous les cêtés à la fois , comme attaquant de toutes parts le corps qu'elle détruit, et dans érosion comme détachant peu à peu de ce corps différentes parties. D'où il suit que la corrotiofi amène plus promptement l'altération ou la ruine de la chose , et c'est pourquoi ce mot se dit prin* cipalement du poison ou du venin, c La corrosion du levain de la petite vérole. »Volt. «Quant à cet arsenic , mis sur la langue , sa saveur est très-Acre , il y fait une corrosion. > Bufp Mais Vérosion agit avec plus de lenteur , par degrés , à la manière de ces humeurs Acres qui mangent les chairs et finissent par les faire tomber en lambeaux, c On trouva dans le ventricule de cette outarde des pierres toutes usées et polies dans les endroits exposés aux frottements , mais sans aucune apparence d'^otion. » Buff.