‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 142 sur 881 · A,SUR · texte numérisé non relu

A,SUR

A et sur marquent tous deux qu'on se sert d'une chose comme d'un soutien pour faire une action , avec cette différence que à ne s'emploie que quand c'est une habitude générale de faire la même action en prenant la même chose pour soutien. On va ou on vient à pied , à cheval ; on transporte des bagages à âne ou à dos d'âne; les marins transportent quelquefois à bras les marchandises du port dans la ville. Mais on va ou on vient sur un âne , ou monté sur un âne ; des bateleurs marchent pendant plusieurs minutes sur les mains; des soldats transportent sur leurs bras ceux des leurs qui ont été blessés ; parce que les choses ici représentées comme soutiens pour faire les actions, que ces phrases expriment, n'ont point reçu de la nature ou de l'usage cette destination. Par une raison analogue , si on emploie comme soutien pour faire une certaine action une chose qui sert ordinairement de soutien , mais pour faire une autre action , sur sera le mot propre.. On dira donc monter à cheval pour partir , pour s'enfuir , pour se promener; et monter sur un cheval ou sur son cheval , quand ce sera pour arriver à d'autres buts , et par exemple , pour s'élever au-dessus de la foule qui empêche de voir un spectacle. Sur est encore le seul mot à employer , quand on particularise de quelque façon la chose qui soutient. On s'avance ou on est monté' sur un cheval fougueux. Un chien fait à pied le voyage que son maître fait à cheval ou en voiture ; et on l'accoutume à marcher sur les pieds de derrière , etc.

A et sur sont encore synonymes à la suite du verbe veiller, dans les expressions veiller à et veiller sur; mais veiller sur implique l'idée d'une vigilance particulière, extraordinaire, et c'est pourquoi seul il se dit bien et principalement,

lorsque l'action de veiller a pour objet une personne. Quand il exprime comme veiller à une vigilance relative aux choses , il la représente comme plus spéciale et plus attentive. Dans cette phrase de J. J. Rousseau : «Vous m'offrez quelqu'un de votre choix pour veiller à mes effets , » à la place de veiller à , veiller sur marquerait plus de soin , une vigilance qui tiendrait de plus près son objet. On veille à la santé et à l'éducation de ses enfants (Marm .) ; on veille sur leur pudeur (Montesq.). — Veiller sur se rapproche sous ce rapport de veiller pour; il s'en éloigne cependant en ce qu'il signifie une vigilance d'en haut, d'autorité, une sorte d'inspection ou de protection , au lieu que veiller pour signifie une vigilance de prévoyance, ou plutôt de pourvoyance , qui entoure , qui écarte les dangers , en faveur et à la place de celui pour qui on veille. « Les deux yeux sont égaux, placés vers le milieu et aux deux côtés de la tête , afin qu'ils puissent veiller commodément pour la sûreté de toutes les parties du corps. » Fén. Vous cependant ici veillez pour mon repos. (Mithridate à Xipharès.) Rac.

C'est ainsi que s'attendrir sur quelqu'un marque un sentiment qui tombe sur une personne malheureuse ; et s'attendrir pour un sentiment favorable à une personne pour laquelle on s'intéresse.

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