A, PAR
Ces deux prépositions servent à exprimer ce à l'aide de quoi on forme une induction.
A s'emploie de préférence , quand il s'agit de tout un ensemble de signes apparents et d'une interprétation généralement si facile, que leur seule inspection suffit pour en faire apercevoir le sens ; par , quand l'interprétation des signes , en ce cas bien particuliers , offre des difficultés et demande plus de finesse, un travail plus exprès, plus spécial. On juge, ou plutôt on voit à l'air d'un homme , à sa contenance , à sa voix , à sa démarche , à ses manières , qu'il est en colère ; mais on juge aussi qu'il est en colère par une contraction instantanée de sa physionomie , par un mot qui lui échappe en passant ; un magistrat habile sait découvrir par les réponses embarrassées d'un accusé qu'il est coupable.
A l'œuvre on connaît l'artisan. Laf.
Je vois a votre mine Que vous voulez dormir. Id.
Si l'on en peut juger a l'air de son visage, Elle se plaît ici bien mieux qu'en son village. Regn. Reconnaissez, Abner , a ces traits éclatants, Un Dieu tel aujourd'hui qu'il fut dans tous les temps.
Rac.
« Je ne puis reconnaître l'esprit français à tant de barbarie , ni soupçonner un honnête homme sur des imputations en l'air. » J. J. « Ne diriez-vous pas que ce magistrat juge des choses par leur nature ? » Pasg. « On ne juge point les hommes par leurs pensées , on les juge sur leurs actions. » J. J.
Ce dernier passage , comme le premier du même auteur , montre qu'en ce sens sur peut passer pour synonyme des deux autres prépositions à et par. Mais sur a cela de particulier qu'il ne s'emploie que quand il s'agit de signes extérieurs , superficiels , et par cela même propres à tromper , au moins le plus souvent. Juger sur les apparences , sur l'étiquette du sac.