‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 209 sur 881 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

vapeur de l'eau qui bout dedans le soulève. « La marée soulève les navires qui sont sur la vase. » Acad. « Sur un ballon à demi enflé, dit Malebranche , mettez une grosse pierre , si quelqu'un souffle de nouveau seulement avec la bouche dans ce ballon , il soulèvera la pierre qui le comprime. »

Mais si , en qualité de mot composé , soulever dénote quelque chose de remarquable dans le poids du corps , il ne faut pas oublier que sa particule initiale est parfois minorative et doit lui faire signifier , lever peu , à un degré qui reste bas, inférieur. » Soulever, dit d'Alembert, ne signifie pas lever entièrement , mais lever tant soit peu. » Pour soulever, il suffit de faire perdre terre ou d'opérer une séparation entre le corps et la place où il repose. « Soulever un malade dans son lit. Ce fardeau est si pesant, qu'on a peine à le soulever. » Acad. « Le flatteur montrant aux autres l'un des mets qu'il soulève du plat : cela s'appelle , dit-il , un morceau friand. » Labr.

PORTER, SUPPORTER. Être chargé de quelque poids.

Aucune détermination ne convient essentiellement au simple ; mais il est susceptible d'en prendre un grand nombre , surtout celle qui est relative au lieu où l'objet porté doit être remis : où portez-vous cela? Du reste, on porte à la main, sous son habit, comme sur sa tête. Supporter, c'est porter étant dessous , et les deux mots ne sont synonymes que quand le premier se prend aussi dans cette acception. Mais alors supporter annonce quelque chose de fort pesant , et appelle l'attention sur ce qui est en dessous. Dans le corps humain, la tête porte les cheveux, les yeux , les oreilles ; les jambes supportent tout l'édifice. Les arbres portent des fruits; des animaux portent de la laine, d'autres des poils, d'autres des cornes; un pilier supporte une voûte.

Au figuré, supporter signifie subir, endurer quelque chose de pénible qu'on considère comme un poids accablant , un malheur , une perte , la fatigue, la misère, les maux de toutes sortes. Dans le même sens porter est plutôt énonciatif du fait qu'indicatif de la grandeur du poids. Un homme porte son malheur de telle ou telle manière ; on n'est pas toujours capable de supporter un malheur, on y succombe quelquefois. Une injure est difficile à supporter et non pas à porter.

POSER, SUPPOSER. Admettre comme vrai quelque chose dont la vérité n'est pas établie ou convenue.

Le supposer, poser dessous, c'est l'admettre afin d'en tirer une induction , d'élever dessus une opinion ou une doctrine. Ce qu'on suppose est comme un fondement sur lequel on asseoit une assertion. Poser quelque chose , c'est vouloir bien le supposer , parce qu'on est sûr que cela ne servira de rien , qu'on ne pourra rien bâtir dessus, a Vous prétendez que cela est, je n'en demeure pas d'accord: mais posons que cela soit. » Acad. « Posons que j'ai eu tort , certainement il était l'agresseur. » J. J.

Ou bien encore, poser, c'est, toujours dans la conviction qu'on n'en pourra rien tirer , admettre le fait ouvertement, sans hésiter, l'établir en principe ; au lieu que le supposer , c'est le poser

avec une sorte de retenue , comme possible ou vraisemblable, sous forme de conjecture, eu égard au sens minoratif de sub . « Posons que nous ayons bien observé tout ce que l'hirondelle voyageuse fait pendant son séjour dans notre climat , et supposons qu'il soit bien certain qu'elle passe d'Europe en Afrique , il nous manquera encore tous les faits qui se passent dans le climat éloi gné. » Buff.

PRÉFIXES SOUS et RE.

Soupirer, respirer.

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