TERMINAISON ETTE
Amour, amourette. Nonne , nonnette. Char, charrette.
Désinence diminutive , ne différant de la précédente que par le genre des noms qu'elle termine. Elle donne à ces noms , tous féminins , un caractère si tranché que leur différence d'avec leurs radicaux , qui leur servent quelquefois de synonymes, saute aux yeux tout d'abord. Personne n'ignore , par exemple , qu'une lancette est une petite lance à l'usage des chirurgiens. «Ayant ouï dire qu'Hippocrate recommande, quand on saigne , de faire une large ouverture , le frater en fit une qui paraissait plutôt un coup de lance que de lancette. » Les. Une femmelette est une faible femme , une femme de peu de capacité , de valeur ou de mérite. Elle a voulu faire l'héroïne , elle n'est qu'une femmelette (Marm.).
AMOUR, AMOURETTE. Affection d'un sexe pour l'autre.
Amourette, suivant l'Académie, est un terme
diminutif et familier qui désigne un amour de pur amusement sans véritable passion. « La différence qu'il y a du sérieux au badin , dit Girard , à l'égard du même objet, fait celle de Y amour et de Y amourette. Celle-ci amuse simplement, et celui-là occupe. » Condillac, de son côté, considère Y amourette comme un amour peu sérieux , ou encore comme un petit attachement qu'on n'ose avouer , soit parce qu'on n'est plus d'âge à se permettre Y amour , soit parce qu'on rougit d'aimer une personne trop au-dessous de soi.
NONNE, NONNETTE. «Noms donnés autrefois aux religieuses , et employés encore dans le style badin. »
« Nonne est le mot simple ; il signifie une fille religieuse. Nonnette est un diminutif de nonne; c'est une jeune religieuse. Le premier de ces termes exprime donc l'état ou la qualité de la personne ; le second , sa jeunesse ou quelque chose de tendre ou de fin. » Roub.
a Ceux qui ont imaginé que ces captives furent employées au service de l'arche , ne songent pas que les Juifs n'eurent jamais de nonnes et que la virginité était chez eux en horreur. » Volt. Pas une n'est qui montre en ce dessein De la froideur, soit nonne , soit nonnette, Mère prieure, ancienne, ou discrète. Laf. Lafontaine dit même par pléonasme une jeune nonnette dans le conte qui a pour titre le Psautier. On a donné le nom de nonnettes à plusieurs sortes de petits oiseaux, à une mésange, par exemple , parce qu'ils ont une sorte de béguin sur la tête (Buff.).
CHAR, CHARRETTE. Sortes de voitures à deux roues.
Char , traduit immédiatement du latin , currus, carrus , s'emploie figurément pour exprimer, dans le style élevé, toutes sortes de voitures; et, au propre , il signifie particulièrement des voitures d'apparat dont on fait et dont autrefois surtout on faisait usage dans les courses , dans les triomphes et les cérémonies publiques. La voiture appelée charrette sert à transporter des fardeaux et les objets nécessaires pour les besoins de l'agriculture ou de la vie ; elle a ordinairement deux ridelles , et le timon du char s'y trouve remplacé par deux limons.
TERMINAISONS ETTE et ON.
Toinette, Toinon. Fanchette , Fanchon. Susette Suson.
Ces deux désinences diminutives , en s'ajoutant aux mêmes radicaux , servent à former des noms appellatifs de femmes entre lesquels il y a synonymie. Tels sont les termes de familiarité et de tendresse, Toinette et Toinon, Fanchette et Fanchon, Suseiie et Suson.
Mais les uns dénotent , dans les femmes qui les portent , de la gentillesse et de la grâce ; les autres , à terminaison essentiellement masculine , s'appliquent à des femmes sans façon , un peu luronnes , à de grosses réjouies qui tiennent de la virago. On ne les trouve guère employés qu'au village ; encore ne s'y donnent-ils qu'aux domestiques. A un poète qui fait parler ses bergers
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
comme on parle au village Boileau reproche de changer
Lycidas en Pierrot, et Philis en Toinon. Que de femmes se récrieraient , et à bon droit , si , au lieu de les appeler Marguerite, Jeanne ou Jeannette , on se permettait à leur égard la dénomination , plus que commune et plus que familière , de Goton ou de Jeanneton! Dans le Mariage de Figaro , Susanne , sa fiancée , est généralement nommée Suson par tous les personnages , surtout par ceux dont elle dépend. Mais le comte, au milieu de ses cajoleries, l'appelle Susette ; Figaro lui - même dit , ma Susannette , et Marceline : « Embrasse ta mère , ma jolie Susannette. »