‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 319 sur 881 · TERMINAISONS IT, I · texte numérisé non relu

TERMINAISONS IT, I

Bénit, béni.

Deux formes propres aux participes passés des verbes dont l'infinitif est en ir : écrire , écrit ; finir", fini. Il n'y a donc aucun doute sur l'origine des adjectifs qui s'en trouvent revêtus : ce sont primitivement des participes passés , et c'est de là qu'il faut partir , si l'on veut arriver à déterminer leur différence d'avec d'autres adjectifs de même radical , qu'ils peuvent avoir pour synonymes. Du reste , elles équivalent tout à fait l'une à l'autre , si ce n'est que la première a plus de rapport avec la terminaison des participes passés latins des verbes en ire et la reproduit plus fidèlement, tandis que la seconde s'en éloigne davantage et a plus d'affinité pour les radicaux venus d'ailleurs que du latin , ou tout au moins francisés. Contrit et érudit traduisent exactement les participes passés latins, contritus et eruditus; au contraire, affranchi, ébahi, affaibli, aguerri, saisi, ne correspondent pas à des participes latins en itus, a , um. Cette remarque a son importance et peut mener ici à distinguer incidemment deux adjectifs synonymes de même radical , mais terminés , l'un en it , l'autre en i , savoir : bénit et béni.

BÉNIT , BÉNI. Participes du verbe bénir : qui a reçu la ou une ou des bénédictions. Tous deux sont formés du latin benedictus , participe passé

I du verbe benedicere : benedictus , bendictus , be-

■ nictus , bénict , bénit , béni.

Mais , on le voit d'abord , bénit est plus près de la source commune et la rappelle mieux. Aussi est-ce un terme de liturgie : il a un sens légal et de consécration; il se dit pour marquer la bénédiction de l'église , donnée par les prêtres avec les cérémonies convenables : du pain , un cierge , des drapeaux bénits (Acad.) ; un anneau bénit (Volt.); des chapelets bénits (Les.); une abbesse (S. S.), une église (Volt.), une épée (Volt.,d'Al.) bénites.

Au contraire , béni , moins semblable au mot latin qui lui sert pourtant aussi de type, appartient au langage commun et se prend dans toutes les autres acceptions du verbe bénir : il a un sens moral et de louange ; il se dit pour marquer la protection particulière de Dieu sur une personne , une famille , une nation , ou pour désigner les louanges affectueuses que l'on donne à Dieu , ou même à un bienfaiteur. « Dieu promit à Abraham qu'en lui toutes ces nations aveugles seraient bénies , c'est-à-dire rappelées à sa connaissance, où se trouve la véritable bénédiction.» Boss. a L'Évangile ne reconnaît point la différence des nations , si ce n'est pour les assembler en Notre- Seigneur, et pour en faire un même peuple béni, par la grâce de la nouvelle alliance. » Id. « La postérité de saint Bernard est bénie comme celle d'Abraham. » Fén.

TERMINAISONS IT et AIN.

Subit, soudain.

SUBIT , SOUDAIN. Prompt , qui arrive instantanément , dans le moment.

Subit vient du latin subitus , participe passé du verbe subire , aller dessous , venir par dessous , secrètement, et éclater, surgir. Soudain est un véritable adjectif , formé de subitaneus ,subtaneus , soubtain , soutain , soudain.

Ce qui est subit, est tel par le fait; ce qui est soudain , est tel par sa nature. L'expression , mort subite , donne l'idée d'un événement ; l'expression , mort soudaine , signifie un genre de mort. « Quand on nous rapporte l'exemple d'une mort subite, et qu'on nous dit qu'un homme vient d'être enlevé tout à coup.... » Bourd. « Mort soudaine seule à craindre; et c'est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grands. » Pasc. On dit: raison subite de partir (Rac); course subite (Id.); mal subit (Mol.); révolution subite (Montesq.); ruine subite (Boss.); fortunes subites (Id.); subite velléité (J. J.); crue subite des eaux (Laf.); en faisant le récit de ce qui s'est passé ou a eu lieu. Mais on dit : fuite soudaine (Mol.), frayeur soudaine (Regn.), pour caractériser des sortes de fuite , de frayeur. C'est aussi , en général et sans avoir égard au temps , que nos plus grands écrivains s'expriment ainsi qu'il suit : La colère a un mouvement soudain et précipité (Boss.); tel homme paraît agir par des réflexions profondes , tel autre par de soudaines illuminations (Id.); il y a des inspirations soudaines qu'on appelle des bonnes for-

iîGk.

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