TERMINAISON ANGER
Mêler, mélanger (mixtionner).
MÊLER , MÉLANGER. Mettre ensemble plusieurs choses pour qu'elles forment un tout.
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
Ces verbes sont entre eux comme ceux qui précèdent , quoique le second ne dérive pas du participe présent du premier, ainsi qu'il arrive à nuancer par rapport à nuer. Le simple, mêler, marque le genre : c'est l'expression courante, ordinaire , employée à tous les usages et en parlant de toutes sortes de choses; le composé modifie et restreint l'idée simple, radicale ou primitive : c'est une expression formée par une destination spéciale, pour signifier une action qui demande de l'attention et du soin , et une manière de procéder réglée, calculée.
« On mêle les choses pour les mettre les unes parmi les autres, ou pour en changer l'ordre ; on les mélange lorsqu'on les met ensemble dans des proportions propres à produire un certain effet : l'art du peintre est de bien mélanger les couleurs. » COND.
Roubaud établit absolument la même distinction. «-Mêler , dit-il , c'est mettre ensemble , avec, ('ans , entre , etc. , à dessein ou sans dessein . avec art ou sans art , avec une sorte de confusion quelconque, toute sorte de choses, de quelque manière que ce soit, en brouillant, enjoignant, en incorporant, en déplaçant, en alliant, etc. Mélanger, c'est assembler , assortir, ou composer, combiner , à dessein et avec art , des choses qui doivent naturellement se convenir, pour obtenir par leur agrégation et leur variété un résultat avantageux et un nouveau tout. Les recueils, appelés mélanges, ne sont bien souvent que des œuvres fort mêlées. Vous mêles le vin avec l'eau pour boire : vous mélanges différentes sortes de vin pour les corriger ou les améliorer l'un par l'autre , et en faire un autre via. »
On mêle les cartes , au hasard , en les mettant pêle-mêle ; on mêle ses livres , ses papiers , sans le vouloir, sans s'en apercevoir; et c'est aussi de cette façon qu'une rivière mêle ses eaux avec celles d'une autre rivière. Mais un peintre mélange les figures et les couleurs d'un tableau (Fén.); de savantes recherches avaient appris aux Grecs la manière de mélanger la boisson (Barth.) ; Boileau en disant :
Heureux qui , dans ses vers , sait , d'une voix légère, Passer du grave au doux, du plaisant au sévère, n'a pas prétendu qu'on mélangeât tous les styles (Volt.)1.
TERMINAISON ELER.
Denté., dentelé.
DENTÉ, DENTELÉ. Qui est découpé ou entaillé
■1 . Mêler (mesler) et mélanger {meslanger), suivant l'étymologie de Ménage, viendraient du latin miscere par l'intermédiaire du diminutif barbare misculare , mais ce n'est qu'une conjecture. Mixtlonner, au contraire, a été formé évidemment du substantif latin mixtio, mixtion ou mélange, de mixtum, supin de miscere; aussi est-ce un terme de science, savoir de pharmacie , de même que mixtion et mixture. Mixtionner signifie mélanger, c'est-à-dire mêler volontairement quelque drogue dans une liqueur, afin qu'elle produise un certain effet , ordinairement mauvais ou dangereux, a Circé me présente, dit Ulysse, cette boisson mixtionnée dont mes compagnons avaient éprouvé les terribles effets. » Fén.
de manière à présenter des dents : une roue dentée ou dentelée; une feuille dentée ou dentelée.
Que la désinence substantive el ou eau soit de sa nature , ou seulement quelquefois , diminutive, peu importe pour la distinction à opérer ici. La seule chose à considérer , c'est que denté reproduit de plus près et avec plus d'exactitude la valeur du radical, l'idée de dents. Ce qui est denté a véritablement des dents , se termine en pointes égales , qui se suivent avec ordre et qu'on appelle dents. Ce qui est dentelé, au contraire, est seulement comme s'il était denté, comme s'il avait des dents : ce mot indique l'effet d'une action secondaire, d'une imitation plus éloignée. D'après cela ,. il vaut mieux dire en général , une roue dentée, et une feuille dentelée. — Mais ensuite, une roue et une feuille dentées auront des pointes égales, placées avec ordre et à peu de distance les unes des autres ; tandis que , une roue et une feuille dentelées représenteront moins fidèlement l'image des dents, auront des entaillures et des découpures plus inégales , moins régulières , moins proches les unes des autres.
TERMINAISON ETER.
Rapiécer, rapiéceter.
RAPIÉCER, RAPIÉCETER. Mettre des pièces.
Comme la désinence substantive et est essentiellement et toujours diminutive , c'est de là qu'il faut partir pour distinguer ces deux verbes. De même donc que voleter signifie voler petitement ou un peu, et à plusieurs reprises, et craqueter, craquer plusieurs fois de suite, petitement ou avec petit bruit, de même « rapiéceter c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces, ou mettre beaucoup de petites pièces : on rapièce un bas , du linge , un rideau auquel on met proprement une pièce ; on rapiécète le linge , les vêtements qu'on est toujours à rapiécer , où l'on ne voit que pièces et petites pièces. » Roub.
Rapiéceter annonce plutôt la misère ou une plus grande misère. « Elle était à sa toilette avec ses deux dames d'atour qui employaient tout leur savoir-faire à rapiécer pour ainsi dire , ses appas. » Les. « II faut que tous les vêtements d'un mendiant soient usés, déchirés ou rapiécetés. » Id.
TERMINAISON IGER.
Iger , ager , à la fin des verbes français , sont presque toujours la traduction du verbe latin agere, faire, agir, produire, mouvoir. Miliger, mitem agere, faire ou rendre doux ; fustiger , fustem agere , mouvoir le bâton ou le fouet; exiger, exiger e {ex agere) , tirer de , faire effort pour obtenir de ; et de même ombrager , umbram agere , produire de l'ombre , partager, saccager , soulager, faire les parts, le sac, le soûlas.
TERMINAISONS IGER et ETER.
Voltiger, voleter.
VOLTIGER, VOLETER. Voler à de fréquentes reprises, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre. Les