JOAS
Us m'ont abandonné . Rac.
Moi qui, de mes parents toujours abandonnée , Étrangère partout, n'ai pas, même en naissant, Peut-être reçu d'eux un regard caressant.
(Ériphile dans fyhigénie.) Id.
— On délaisse , au contraire , tous ceux dont on se retire. « Cette grâce efficace , mise comme en dépôt entre vos mains, se trouve comme délaissée pour des intérêts si indignes. » Pasc. «Ceux qui tombent quittent , dit saint Augustin , et ils sont quittés , ils délaissent Dieu , qui les délaisse à son tour.» Boss. «Nestorius fut si délaissé, qu'à peine il put ramasser neuf ou dix évêques, la plupart flétris , déposés , sans siège , hérétiques , pélagiens , chassés d'Italie , qui cherchaient auprès de lui un vain recours. » Id. « Furieux de me voir fêté , et lui délaissé , tout ambassadeur qu'il était, il perdit tout à fait la tête.» J. J. «La
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triste vérité délaissée est-elle plus chère aux uns qu'aux autres? » Id.
D'autre part , abandonner enchérit sur délaisser. Délaisser, c'est laisser seul ; abandonner, c'est négliger , ne pas prendre soin , ne pas soulager les maux. On délaisse un favori disgracié , ou un homme qui s'est déshonoré , ce qui prouve qu'on l'estime peu , mais non pas qu'il soit dans un état de besoin et de souffrance d'où on ne se met pas en peine de le tirer. On abandonne celui qu'on laisse dans la peine ou dans la douleur. Les Grecs délaissèrent Philoctète dans l'île de Lemnos et eurent la cruauté de Y abandonner . « Dans cette. dernière maladie vous demeurerez sans secours, plus délaissé, plus abandonné que ce pauvre qui meurt sur la paille.» Boss. a Imite cet Homme-Dieu qui , tout délaissé , tout abandonné , se rejette entre ces mains qui le repoussent.... Obstine-toi , chrétien, quoique délaissé , quoique abandonné, à te rejeter entre les mains de Dieu. » Id. — On laisse là , on évite ceux qu'on délaisse; on laisse en proie à la misère ceux qu'on abandonne.
1° ABATTEMENT, ACCABLEMENT, LANGUEUR; — 2° DÉCOURAGEMENT, DÉSESPOIR. Tous ces termes expriment un état pénible de l'âme , une sorte de détresse à laquelle elle est réduite par les maux qu'elle éprouve.
Mais les trois premiers ne s'emploient pas seulement en parlant de l'âme ; ils signifient aussi un état du corps causé par les maux physiques ou les maladies. Ce sont des termes de médecine en même temps que des expressions morales. D'ailleurs , le découragement et le désespoir ont trait à l'avenir, supposent une entreprise com mencée et emportent le jugement que les moyens pour l'achever sont insuffisants et que les obstacles sont insurmontables. Ce sont des termes purement moraux qui désignent un défaut de cœur ou de force morale pour atteindre un but qu'on se propose.
1° Abattement, accablement, langueur.
Abattement et accablement diffèrent bien de langueur. La langueur consiste dans un épuisement de forces qui est l'effet d'une lente consomption; c'est un état dans lequel on traîne , on végète tristement, on agit d'une manière molle et énervée. L'abattement et Y accablement , au contraire , sont causés par un accident , par un mal qui nous assaille ou tombe sur nous tout à coup, et sous lequel nous succombons. La langueur se distingue par la durée et l'affaiblissement général des forces ; Y abattement et Y accablement par l'intensité de la souffrance et par l'impuissance de résister précisément aux maux auxquels on est en proie. « Toujours insensibles aux avertissements de Dieu , vous demeurez dans le même assoupissement et dans la même langueur.» Bourd. a L'âme n'a d'autre marque de son dérèglement qu'une certaine langueur dans le service de Dieu. »Id. « Excitez ma langueur, excitez ma foi. » Boss. « Souhaitez de changer votre langueur pour Dieu en une ferveur toute céleste.» Id. « Le loisir de Quintilien ne fut pas un loisir de langueur et u j paresse , mais d'activité et d'ar-
deur. » Roll. «La belle saison ne me rendit point mes forces ; et je passai toute l'année dans un état de langueur. » J. J. — L'abattement et Yaccablement sont en opposition avec la constance; la langueur l'est avec la vigueur.
De leur côté, abattement et accablement diffèrent aussi l'un de l'autre , et font deux images différentes. L'un donne l'idée d'une affliction, d'un revers , d'un souffle ou d'un choc qui renverse , de manière cependant qu'on peut se relever; l'autre, celle d'un poids énorme qui nous écrase et nous anéantit en quelque sorte. Abattement signifie en conséquence un état moins absolu , une simple défaillance , et non une oppression totale, et comme un anéantissement. On dira donc : Avoir des accès Rabattement (J J.); il me prend des moments à.' abattement (Id.). On emploiera ce mot au pluriel : Jeter dans des abattements d'esprit (Bourd.); on rencontre dans la voie de la piété des répugnances, des tristesses, des abattements (Id.). Mais accablement ne s'emploie jamais au pluriel , et il exprime toujours un état absolu , sans degré ni restriction. « La trahison d'un faux ami portait dans mon cœur Yaccablement , la tristesse et la mort.»J. J. « J C. se soumet au bon plaisir de son Père dans le dernier accablement de l'affliction. » Bourd. L'accablement est un extrême abattement. «L'accablement de cette pauvre cousine ne saurait s'imaginer. Son cœur semble étouffé par l'affliction.... Ses yeux éteints, sa pâleur, son extrême abattement , me font craindre pour ses jours. » J. J. — Outre cela, abattement est plutôt subjectif, et accablement objectif; ce que Condillac indique en disant que l'un peint plus particulièrement la situation de celui qui succombe sous le poids des maux; et l'autre , le poids des maux sous lequel il succombe. De là vient qu'on dit : Y abattement de l'âme , de l'esprit , des forces , du visage , et Y accablement des maux, des affaires, du travail, du chagrin , du sommeil.
2° Découragement , désespoir.
Le désespoir est le comble du découragement. « Être dégoûté jusqu'au découragement et jusqu'à la tentation du désespoir. » Fén. « L'idée du petit nombre des élus peut décourager et peut même désespérer, quand elle est mal conçue. » Bourd. « Tout pécheur qui désespère après cela, ou même qui se décourage , est un insensé. » Mass. a Si les réparations de la pénitence vous découragent aujourd'hui , que sera-ce au jour où vos crimes seront multipliés à l'infini? Elles vous jetteront alors dans le désespoir. » Id. « Se garder du découragement et du désespoir. » J. J. — De plus, au lieu d'abattre notre énergie comme le découragement , le désespoir l'exalte quelquefois; c'est une fureur qui nous transporte. C'est pourquoi on dit bien le courage du désespoir. Le découragement fait jeter les armes, « Ils avaient perdu leurs armes sur les chemins , ou les avaient eux-mêmes jetées de découragement et de lassitude. » Boss. Le désespoir fait qu'on se sert de ses armes en désespéré, en frénétique. «La fureur et le désespoir leur tenaient lieu de courage, et rendaient superflue toute exhortation » Roll.
Julie.
Que vouliez- vous qu'il fît contre trois? Le vieil Horace.
Qu'il mourût , Ou qu'un beau désespoir alors le secourût. Corn.
1° ABATTRE, RENVERSER; — 2° RUINER, DÉTRUIRE. Faire tomber.
Les actions d'abattre et de renverser produisent un changement de situation; car elles consistent à mettre bas ce qui était haut , et à V envers ou sur le côté ce qui était bien placé ou debout , droit , sur pied. Mais les actions de ruiner et de détruire produisent une altération de la constitution ; car elles consistent à déconstruire , à désorganiser, à dissoudre, à mettre en pièces. La chose abattue ou renversée peut, rester entière , mais non pas la chose ruinée ou détruite : la première n'a plus la même position , la seconde est endommagée , dégradée , ou bien brisée , désassemblée et anéantie. — On abat et on renverse un homme , un animal , un arbre , des choses indivisibles ou considérées comme telles , comme étant d'une seule pièce; on ruine et on détruit, au contraire , tout ce qui est ouvrage ou fait corps , un édifice , une digue , quelque chose de décomposable. De même , au figuré, on abat le courage et on renverse l'esprit , c'est-à-dire qu'on abaisse l'un et qu'on dérange l'autre ; mais on ruine et on détruit proprement un système , et tout ce qui peut être , non pas affaibli , mais diminué , démoli , réduit par la séparation et la dispersion de ses parties à n'être plus. — Quand tous ces verbes se disent des mêmes choses, abattre et renverser indiquent la cause de l'effet exprimé par ruiner et détruire. Gomme c'est d'ordinaire parce qu'un verre tombe qu'il se casse , de même c'est d'ordinaire parce qu'on abat ou qu'on renverse certaines choses , des murailles , par exemple , qu'on les ruine ou qu'on les détruit : leur chute amène leur ruine ou leur destruction , leur diminution ou leur cessation d'être. « Les Romains se servirent habilement des Grecs pour abattre et détruire la puissance macédonienne. » Roll. « L'idole avait été renversée et détruite. » Volt.
1° Abattre , renverser. Faire tomber une chose sans la défaire ou la rompre , une chose qui n'est pas susceptible d'être défaite ou rompue, ou qu'on ne considère pas actuellement comme défaite ou rompue.
On abat en mettant à bas ce qui est élevé , des fruits qui pendent aux branches , un oiseau qui j vole , la tête de dessus les épaules , des plantes ou des arbres , etc. On renverse en versant , en mettant à l'envers, en couchant par terre ou sur le côté ce qui est debout ou sur pied , une per- > sonne , une table , une voiture , un rempart. ! « Télémaque vint fondre sur son ennemi ; il le ! saisit d'une main victorieuse, il le renverse, comme ' le cruel aquilon abat les tendres moissons qui ! dorent la campagne. » Fén. K
Au figuré, abattre a rapport à la hauteur; ce
h , Toutefois abattre se dit aussi , quoique moins proprement, des personnes; auquel cas il diffère encore de renverser d'une manière à peu près semblable.
qui abat cause un abaissement , une dépression . on abat le courage , la fierté , la rébellion , un parti. Renverser a rapport au sens , à la manière dont sont posées les choses ou les personnes ; ce qui les renverse les met à l'envers , en désordre , ou ne les laisse pas debout , en vigueur ; on renverse l'esprit ou le sens , la morale , les lois , là. religion, des desseins, des obstacles. On dit un abattement de cœur (Pasc.) et un renversement d'esprit (Mal.) ou d'idées (J. J.); abattre les forces (Acad.), et renverser l'ordre (Agad.).
2° Ruiner, détruire. Faire tomber une chose qui en tombant se défait ou se rompt.
Ruiner, de ruere, s'écrouler, s'en aller par morceaux, annonce une action lente, successive ou partielle. « Il faut du temps pour ruiner un monde. » Font, ce Une longue négligence avait laissé ruiner toutes les défenses de la ville. » Boss. a Vous n'ignorez pas le siège de Troie qui a duré dix ans, et sa ruine qui a coûté tant de sang à toute la Grèce. Ulysse, mon père, a été un des principaux rois qui ont ruiné cette ville. » Fén. Détruire, destruere , déconstruire ou débâtir, marque une action vive, forte , ordinairement soudaine , d'où résulte une ruine ou une perte entière. Dans un tremblement de terre le colosse de Rhodes fut abattu et détruit (Roll.) ; Brennus s'étant emparé de la ville de Rome la détruisit (Vert.). « Rome en détruisant Corinthe crut devoir donner cet exemple de sévérité. D'ailleurs la situation avantageuse de cette ville , où des peuples révoltés auraient pu se cantonner , les détermina à la ruiner absolument. » Roll. Les pluies ruinent un mur peu à peu ou un peu ; un torrent , un grand coup de vent , le détruit tout d'un coup et ne laisse pas pierre sur pierre. — Par conséquent , détruire est propre à enchérir sur ruiner. ce La troisième guerre punique se termina par la ruine et la destruction de Carthage. » Roll.
Au figuré , ruiner signifie dégrader , faire dépérir, faire éprouver du déchet :1a tempête ruine les campagnes , la guerre les provinces , la concurrence les marchands ; on ruine l'honneur , le crédit , la santé , une doctrine , etc. , toutes les choses qu'on fait tomber en ruine , dont on enlève une partie , auxquelles on fait essuyer quelques pertes. Mais détruire , c'est supprimer l'union des parties , anéantir , faire cesser d'être : on détruit des objections qu'on pulvérise, une fortune qu'on dissipe totalement , une doctrine qu'on ruine de fond en comble.
ABDIQUER, SE DÉMETTRE. Quitter de gré ou de force une dignité, une place éminente.
Abdiquer, venant d'un mot latin abdicare, qui a le même sens, est plus noble et ne se dit que de l'autorité souveraine ou d'une couronne. Mais comme se démettre est un mot tout français , on s'en sert aussi en parlant de postes moins considérables, d'une régence (Volt., Cond.), d'un emploi (Bourd.), d'une charge (Roll.), du gênéralat (Cond.), d'un évêché (Fén. , Yolt.] d'Al.), du tribunat (Roll.), d'une tutelle (Id.), du commandement (1d.). — Il semble aussi que l'abdication se fait plutôt d'une manière publique, éclatante, a Le consul Mérula monta à la tribune aux harangues, et fit solennellement devant le
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peuple son abdication. » Roll. « Dioclétien abdiqua solennellement l'empire , comme fit depuis Charles-Quint. » Volt.
Une autre différence tient à celle des préfixes , ab et dé , qui entrent dans la composition de ces deux verbes. Abdiquer exprime un acte brusque, s''achevant en un seul coup , au lieu que se démettre désigne quelque chose de successif, une délibération , une discu-ssion de raisons pour arriver à une renonciation et qui parfois n'y aboutit pas. « Dans cette scène immortelle , Auguste délibère s'il se démettra de l'empire. » Volt. « Périandre voulut se démettre en faveur de Lycophroon de la puissance souveraine au préjudice de son aîné. » Fén. Sylla, insulté par un jeune homme , après son abdication , dit « que , si quelqu'un après lui parvenait au même degré de puissance, il ne s'en démettrait pas aussi facilement. » Vert. « La reine (Catherine de Médicis s'approcha du trône du roi (Charles IX), et voulait se mettre à genoux pour se démettre entre ses mains du gouvernement de l'État; mais il la prévint, et lui dit en l'embrassant qu'il ne recevrait sa démission , que dans l'espérance qu'elle lui continuerait ses bons conseils. » Boss. « Célestin V abdiqua... C'était une grande question de savoir si un pape peut se démettre. » Cond.
Abdiquer signifie le fait; se démettre le représente s'accomplissant ou dépeint le travail qui y mène.
1° ABOLIR , ABROGER ; — 2° RÉVOQUER , CASSER, INFIRMEB, ANNULER. Tous ces verbes expriment la mise hors d'usage de ce qui fait autorité , de ce qui est reçu ou tenu pour valable parmi les hommes.
Mais les deux premiers se distinguent des autres par leur généralité. Ce qu'on abolit et ce qu'on abroge se rapporte à une société tout entière, est suivi ou observé par elle, fait règle pour elle ; au lieu que ce qu'on révoque , ce qu'on casse , ce qu'on infirme , ce qu'on annule est un acte , c'est-à-dire une chose qui oblige quelques particuliers seulement.
1° Abolir, abroger.
Abolir, abolere, détruire, faire passer ou disparaître, effacer, oblitérer, se dit des modes, des coutumes , de tout ce qui a cours , de tout ce qui est admis, usité, pratiqué, en vogue ou en vigueur : on abolit une religion , l'idolâtrie , les faux dieux , la royauté , des cérémonies , des honneurs , des traditions , des usages , des franchises, des impôts, des dettes, des noms, des mots, la vénalité des charges, etc. Mais on n'abroge jamais que des lois. « Par la puissance législative , le prince ou le magistrat fait des lois pour un temps ou pour toujours , et corrige ou abroge celles qui sont faites. » Montesq. « Le peuple (à Rome) avait seul le droit d'établir et d'abroger des lois.» Roll. Abroger, abrogare, est le contraire de rogare (legem) , proposer une loi pour la faire examiner et adopter , et le mot français , comme le mot latin correspondant , est une expression uniquement applicable aux lois. « La république , après avoir aboli la domination
mais elles furent ensuite expressément abrogées par la loi tribunitienne . » Roll.
Ensuite, quand même abolir se dit spécialement des lois comme abroger , il ne signifie pas exactement la même chose. Pour abolir il suffit du non-usage , de la désuétude , du temps , de la négligence , en un mot d'une action lente ou indirecte. « Sous Tarquin , le non-usage paraissait avoir aboli toutes les lois. » Cond. ce Ne souffrez pas qu'un règlement si utile s'efface jamais par l'oubli ou s'abolisse par l'inexécution. » D'Ag. « Tant de lois abolies , ou par l'oubli , ou , ce qui est plus criminel, par le mépris. » D'Al. Mais pour abroger il faut un acte unique , positif, formel, une décision législative qui frappe directement et en un seul coup ce qu'une décision législative antérieure avait établi, ce II ne faut jamais souffrir qu'aucune loi tombe en désuétude. Fûtelle indifférente , fût-elle mauvaise , il faut V abroger formellement ou la maintenir en vigueur. » J. J. ce Après l'expulsion des décemvirs, presque toutes les lois qui avaient fixé les peines furent ôtées. On ne les abrogea pas expressément ; mais .... elles n'eurent plus d'application. » Montesq. ce La loi Oppia fut abrogée sans difficulté par le suffrage de tous les tribuns ; ce qui arriva vingt ans après qu'elle eut été établie.» Roll. — Suivant l'Académie, abroger s'emploie avec le pronom personnel; c'est une erreur. Elle donne pour exemple : Cette loi s'est abrogée d'elle-même , par désuétude, par le laps de temps. On ne saurait s'exprimer d'une manière plus impropre et plus contraire à la pratique des bons écrivains. — La loi abolie a cessé peu à peu d'être observée; la loi abrogée a été légalement condamnée , déclarée désormais sans valeur.
2° Révoquer, casser, infirmer, annuler.
Révoquer, de revocare , rappeler , faire revenir ce qu'on a envoyé , reprendre ce qu'on a confié ou donné , a cela de particulier que la chose révoquée a été établie par celui même qui la révoque.
Grand Dieu, que ta bonté révoque tes arrêts. Rac. ce Galérius révoqua ses édits. » Boss. <* Ces amies étaient sur son testament, qu'elle n'a point révoqué. » Dudeff. Le roi a révoqué son ordonnance (Acad.) ; révoquer une donation (Acad.) ; faire révoquer une lettre de cachet (J. J.). — Quelquefois aussi la chose révoquée a été anciennement établie , mais en vertu d'une autorité qui a passé et réside actuellement dans la personne qui la retire. C'est pourquoi on dit bien que Louis XIV a révoqué l'édit de Nantes, a Le pape Benoît XI révoqua quelques bulles de son prédécesseur , injurieuses à Philippe le Bel. » Boss.
L'action de casser et celle d'infirmer diffèrent essentiellement de l'action de révoquer, en ce qu'elles sont toujours faites par une autorité étrangère, par quelque autre que celui qui a établi la chose.
Et pour ce qui regarde le rapport de casser à infirmer , n'est-il pas évident que le premier est plus fort que le second; que casser, du latin quassare , secouer, ébranler, briser, désigne une action plus décisive , plus souveraine qu'm-
des rois retint quelque temps les lois royales; ftrmer , du latin infîrmare , affaiblir? La cour de