II. Parti , faction; — cabale, brigue , intrigue
— complot, conspiration, conjuration. Ces mots expriment . non plus des unions entre des puissances ou des souverains , mais des unions de sujets dans un même État.
Mais d'abord parti et faction ont un caractère bien distinctif : ils signifient les personnes mêmes qui sont unies, et non pas leur conduite ou leurs démarches. Aussi, à la différence de tous les mots qui suivent, n'ont-ils pas de verbes corres-
pondants. Être d'un parti ou d'une faction , c'est en être membre , c'est être du nombre des partisans ou des factieux; être d'une cabale, d'une brigue , d'une intrigue , d'un complot , d'une conspiration ou d'une conjuration , c'est y avoir part , c'est y avoir un rôle , c'est cabaler, briguer, intriguer, comploter, conspirer ou conjurer avec d'autres. Les partis et les factions sont comme les parties ou les fractions dans lesquelles se divise un tout , un État , une ville , une assemblée , une école: ce sont comme de petites nations dans la grande : les cabales, les brigues, les intrigues , les complots , les conspirations et les conjurations représentent les manœuvres et les entreprises des partis et des factions.
Je fuis des factions les brigues ennemies
Qui se glissent parfois dans nos académies. Volt. « L'auteur sacré présente Nathan comme un homme qui est à la tête d'un parti , qui fait une brigue avec Bethsabée pour ravir la couronne à l'aîné. » Id. — Ensuite , le parti et la faction supposent un autre parti ou une autre faction, comme une moitié en suppose une autre. On forme une alliance , une ligue , une cabale , etc. , contre un ennemi ; un parti et une faction ont naturellement pour ennemis ceux qui sont du parti ou de la faction contraire.
1° Parti, faction. Hommes ou classe d'hommes attachés à une même cause , aux mêmes intérêts.
Le parti est plus paisible , plus modéré , moins vif que la faction, a Alors l'esprit de faction, qui produit naturellement l'enthousiasme , donne du ressort à tous les partis. •» Cond. Les partis partagent un État ; les factions l'agitent et le déchirent. La diversité des opinions et des intérêts forme les partis ; l'insubordination et les passions exaltées donnent, naisssance aux factions. Parti indique seulement de quelle part, de quel côté on est , pour ou contre ; faction représente l'animosité et l'acharnement avec lesquels on s'élève contre ceux de la faction opposée. «Rien de plus irréconciliable , de plus opiniâtre , de plus scandaleux que les factions qui se forment entre des personnes religieuses , et que produit la diversité despartis. » Bourd. «Il y eut des guerres civiles si furieuses dans l'empire grec, que les deux factions appelèrent divers sultans turcs , sous cette condition que tous les habitants qu'ils prendraient dans les pays du parti contraire seraient menés en esclavage. » Montesq. « Les philosophes ne faisaient pas un parti, une faction dans l'empire, et les chrétiens commençaient à composer une faction si dangereuse , qu'à la fin elle contribua à la destruction de l'empire romain.» Volt. — Le mot parti se prend souvent dans un sens qui n'a rien d'odieux pour exprimer l'union ou plutôt la rencontre de plusieurs personnes en une estime commune pour un homme ou un système quelles défendent dans leurs discours ou dans leurs écrits , sans concert, et quelquefois sans se connaître les uns les autres. « Mme Guyon avait un parti puissant en France. » Boss. a L'ignorance forme à la cour et à la ville un nombreux parti qui l'emporte sur celui des savants.» Labr. «Descartes eut longtemps un parti en France. » Volt.