‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 421 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

jouit la critique qui parut sous le titre de : Sentiment de V Académie sur le Cid. Mais cette critique est fautive en bien des points ; on a été trop loin quand on l'a qualifiée de chef-d'œuvre , et elle est plutôt un modèle d'impartialité et de modération que de justesse et de bon goût. » Id.

D'autre part, la censure est essentiellement grave , au lieu que la critique a souvent recours au ridicule , emploie l'ironie , se permet le badinage, la plaisanterie et les jeux d'esprit. Aussi critiquer est plus voisin de railler. « Un mot échappé aux ministres du Seigneur devient le sujet de notre critique et de nos railleries. » Bourd. « Le monde ne censure les religieux que quand ils viennent à oublier ce qu'ils sont : autant qu'il a de malignité pour critiquer et railler ceux qui , demeurant dans le monde , y veulent être exactement et régulièrement chrétiens, autant a-t-il de mépris pour ceux qui, ayant quitté le monde , voudraient encore être mondains. » Id.

Enfin , la critique étant subtile et assez souvent maligne et mordante , ce mot s'emploie plutôt que celui de censure pour désigner des objections peu fondées. « A l'égard des censures qu'un journaliste a faites , non du fond de l'ouvrage , mais de la forme , on commence par le remercier d'une réflexion très-juste.... A l'égard de toutes les autres critiques, elles ont paru injustes et inconsidérées. » Volt. « Je ne parle point des critiques vagues , ineptes , infidèles , qui ne méritent aucune attention; je parle d'une censure qui serait motivée, et même équitable en apparence, et je dis qu'en matière de traduction elle ne suffirait pas.» D'Al.

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