SI
L'approche d'un combat qui le glaçait beffroi.
Rac.
Que vois-je? cria-t-il; ôtez-moi cet objet S Qu'il est hideux ! que sa rencontre Me cause d'horreur et à: effroi!
N'approche pas , ô Mort ! ô Mort , retire-toi 1 Laf.
Le plus horrible effroi saisit le voyageur. Volt. « Ce mélange de compassion et d'effroi enchaîne toutes les puissances de l'âme et exclut tout discours. » Id. Lorsque Villeroy, le gouverneur de Louis XV , fut exilé près de Lyon par le régent, <r tout était non-seulement demeuré sans le plus léger mouvement , mais dans V effroi et la stupeur d'une exécution de cette importance. » S. S.
Frayeur a la même racine qu'effroi ; mais , à cause de son rapport évident avec le verbe effrayer , il signifie un sentiment d'effroi passager, actuel, instantané, un accès. On dit: entrer en effroi (Pasc.) , mais non pas en frayeur. C'est une crise subite et peu durable souvent produite par un songe, une apparence ou un jeu de l'imagination abusée. Au lieu de glacer, comme l'effroi, elle ne fait que causer un frissonnement. Elle ressemble assez à la peur , si ce n'est qu'elle est toujours plus forte , moins dépendante du caractère que des apparences , toute réduite à l'impression et ne portant point essentiellement à la fuite, a Une parole étonne saint Pierre, une simple fille le fait trembler ; dans le trouble où il entre et la frayeur dont il est saisi , il devient parjure. » Bourd. « Jésus Christ se fit de sa mort une image cjui le saisit de frayeur. » Id. « Après que Mégaclès eut fait massacrer ceux de la faction de Solon, les Athéniens furent saisis d'une frayeur qui les troublait tous les jours de plus en plus.... Ils croyaient qu'il revenait des esprits par toute la ville. » Fén. « Quand on eut conduit Patkul au lieu du supplice , et qu'il vit les roues et les pieux dressés , il tomba dans des convulsions de frayeur. » Volt. « La frayeur et le trouble à la vue d'un danger subit décèlent le fond du cœur d'un prince. » Roll.'« Une frayeur plus grande et plus juste vint s'emparer de mes sens.... Mes deux conducteurs, sentant bien que je tremblais , m'exhortaient inutilement à ne rien craindre. » Les. a Je n'eus jamais de frayeurs nocturnes.» J. J.
Terreur, latin terror, vient de terrere, faire trembler. L'épouvante , Y effroi et la frayeur se rapportent davantage à l'état de l'âme, et la terreur à la cause qui fait impression sur elle. C'est pourquoi on dit en parlant d'un conquérant, il est la terreur des peuples, il porte partout la terreur de son nom ou de ses armes ; locutions dans lesquelles les trois autres synonymes ne sauraient convenir. « Condé , jusqu'alors l'appui de l'État , en devint tout d'un coup la terreur. » Bourd. « Au dernier jour le fils de Dieu paraîtra environné de ses anges , et précédé de puissance , de terreur et de majesté. » Mass. « Philippe n'eut qu'à se montrer ; la terreur de son nom jeta partout l'épouvante. » Roll. Voltaire dit en parlant de Charles XII : ce Rien ne pouvait prévaloir contre la terreur de ses armes.» Or, la cause de la terreur est représentée par ce
mot comme puissante, redoutable, supérieure en force,, irrésistible. De là vient que terrible ressemble plus à redoutable et à formidable que épouvantable et effroyable, plus voisins, de leur coté, d'affreux et d'horrible; car on dit bien laideur épouvantable , laideur effroyable, mais non pas laideur terrible.. Quant à l'effet de la terreur, l'idée de force lui étant propre , c'est d'abattre , de décourager, de faire jeter les armes, ce Pierre fit un exemple d'Ananias et de Saphira. Ce premier coup' de foudre inspira aux fidèles une salutaire terreur. » Boss. ce La justice tonne et foudroie. Elle remplit l'imagination de la terreur de la peine. » Id. ce Pour répandre partout la terreur, les Romains laissaient dans les villes prises des spectacles terribles de cruauté. » Id. ce Ceux que la mort aura trouvés sans l'amour de Dieu ne le verront grand que pour en être remplis d'une terreur qui les fera abîmer dans l'enfer pour se cacher autant qu'ils pourront à une majesté si redoutable. » Nie. ce En arrivant en Espagne , Crassus trouva la terreur répandue partout; et la cruauté de Marius n'y était pas moins redoutée que si on l'eût vu lui-même présent sur les lieux. » Roll.
CREUSER, APPROFONDIR. Au propre, caver, faire un trou en écartant les parties extérieures ; au figuré, pénétrer bien avant dans quelque chose parla pensée.
Au propre, approfondir ajoute à creuser; car approfondir , ad profondir , marque par sa particule initiale une seconde action, et signifie creuser encore ou de nouveau , recreuser , pour ainsi dire. On creuse un puits , et si ensuite il n'a pas assez d'eau , on V approfondit. Approfondir enchérit donc sur creuser, d'autant plus qu'il a pour idée essentielle celle de profondeur , de creux profond, et non superficiel. Approfondir équivaut à creuser profondement.
Au figuré , même différence : on pénètre plus avant quand on approfondit que quand on creuse, ce Le poëte (Voltaire) avait enfin appris à creuser, à approfondir le sujet qu'il n'avait d'abord qu'effleuré.» Lah. ce Dans les Annales, ce sont les hommes encore plus que les choses que Tacite creuse et qu'il approfondit. » Marm. — D'ailleurs, creuser se rapporte davantage au travail, à l'effort; et approfondir, au terme du travail , au succès. Dans ses Remarques sur le premier discours de Corneille , Voltaire dit : ce II est beau de voir l'auteur de Cinna et de Polijeucte creuser ainsi les principes de l'art dont il fut le père en France. » Et un peu plus loin , après la citation d'une maxime très-judicieuse , qui prouve que notre grand tragique connaissait effectivement la nature du poëme dramatique , son commentateur ajoute : « Rien ne fait mieux voir combien Corneille avait approfondi tous les secrets de son art. » ce On doit d'autant moins creuser les mystères de la religion , qu'il est impossible de les approfondir, parce qu'il est à craindre que, piquée de l'inutilité de son examen, la raison, par orgueil, n'aime mieux les juger faux que de les croire incompréhensibles. » Beauz. ce J'ai creusé autant que j'ai pu les principes généraux du langage ; je ne croirai pas ma