‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 479 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

le trafic ; et , lorsque les villes y envoient , c'est pour savoir si leurs terres seront fertiles ou si leurs troupeaux multiplieront. Ces demandes-là. ne valent pas la peine qu'on y réponde en vers. » Font, a Si Jésus-Christ nous faisait aujourd'hui la même demande qu'il fit à saint Pierre : M'aimez-vous? pourrions-nous lui répondre : Oui, Seigneur, je vous aime. » Bourd. a Faisons seulement cette demande à nos adversaires : ce précepte, Manges ceci, et buvez-en tous, comprend-il les petits enfants baptisés? » Boss.

Question est de tous les styles et suppose quelque chose de plus sérieux, de plus compliqué, de plus embarrassant , des explications à donner, des points à discu'.er, des difficultés à éclaircir. « Il me vient à l'esprit des questions, des objections, des raisonnements où je me perds et que je ne puis démêler. » Bourd. « Les pharisiens, reconnaissant en Jésus-Christ une doctrine supérieure, furent bien aises d'apprendre sa résolution sur la plus importante question qu'on pût faire sur la loi. » Boss. « 11 ne s'agit point de ces questions abstraites où peut quelquefois se méprendre l'intelligence la plus exercée, mais d'objets à la portée de tous les hommes un peu instruits. A quoi sert donc l'esprit , vat-on dire (et cette demande n'est point du tout déplacée), s'il n'empêche pas un homme tel que Fontenelle de dire trois sottises en trois lignes? » Lah. Le nouvelliste, l'homme qui veut simplement savoir un nom, obtenir une indication, fait des demandes; le philosophe, l'homme curieux de s'instruire , de se rendre compte des choses, d'en connaître le pourquoi et le comment , fait des questions.

Problème, usité d'abord en mathématiques, s'applique à quelque chose de plus difficile encore, se Comme s'il s'agissait d'un profond 'problème à résoudre. » J. J. «Le géomètre trouve jusque dans ses songes la résolution d'un problème dont il aurait été occupé durant tout le jour. » Boss. » C'est un fameux problème qui a été souvent agité dans les écoles des philosophes, lequel est le plus désirable à l'homme ou de vivre jusqu'à l'extrême vieillesse , ou d'être promptement délivré des misères de cette vie. » Id. » Ce serait un problème à résoudre que d'examiner combien l'impression a contribué au progrès des lettres et des sciences, et combien elle y peut nuire. » Ducl. — Ensuite, le problème est plus théorique, plus scolastique , il appartient davantage à la science pure, a Dans un quart d'heure, il décida trois questions de morale et quatre problèmes historiques. » Montesq. « L'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme étaient devenues des problèmes, qui, de part et; d'autre , n'étaient destinés qu'à amuser le loisir des écoles et la vanité des sophistes ; des questions oiseuses où l'on ne s'intéressait pas pour le fond de la vérité , mais seulement pour la gloire de l'avoir emporté. » Mass. — Problème a. fini par signifier une question indécise , adhuc sub judice , sur laquelle les avis sont et peuvent être différents, problématiques. « Si cette femme fait mal ou bien de consentir à un tel hymen , c'est un problème; les avis sont différents. » Dudeff.

« L'éloquence est-elle un art que l'on doive enseigner? Ce fut un problème chez les anciens.» Marm. « C'est encore un problème si Mme de Maintenon était mariée. » S. S. « C'est un problème à résoudre si Mme de Maintenon ne pensa pas mieux que tout le conseil. » Volt. « Cette question est un vrai problème. » Acad. — Il est à remarquer aussi que problème est objectif : on fait une demande ou une question; on ne fait pas, on propose un problème.

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