‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 519 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tention des bons citoyens , dont l'exaltation de parti n'a pas égaré les lumières , sur ce décret d'accusation. » Beaum. «. Il a toute l'exaltation des fanatiques. » Acad.

2° Transport, ravissement, extase. « C'est toi qui vis , qui causas ce délire , ces pleurs , ces ravissements, ces extases, ces transports qui n'étaient pas faits pour un mortel. » J. J. « Voilà ce qui fait le plus doux entretien des âmes fidèles. De là ces extases, ces ravissements , ces saints transports où elles entrent.» Bourd. a J'en suis ravi, transporté, extasié. » Dest.

Dans le transport , on est agité . on tressaille , on tempête, on crie, on applaudit, on court çà et là ; ce qui n'empêche pas ce mot de différer des précédents , car l'activité qu'il implique est vaine ou stérile. L'enthousiasme se saisit de Joad , et lui fait rendre un oracle ; les transports d'Oreste, d'Hermione, des Ménades, leur font produire , non pas des actions proprement dites et des œuvres, mais des mouvements. Ajoutez que le transport peut être l'effet d'une impression pénible aussi bien que d'une impression agréable : des transports de colère , de jalousie (Acad.); les transports de la douleur (Fèn.).

Dans le ravissement et dans l'extase , au contraire, on jouit toujours; ce sont des états essentiellement agréables. Aussi ces deux mots sontils très-usités dans le langage du mysticisme pour signifier les délices d'une âme toute dévouée à Dieu. « Avant que sainte Thérèse eût paru au monde, il y avait eu des visions, des ravissements, des extases. » Bourd. «Dans le monde, on traite les ravissements , les extases et les saintes délicatesses de l'amour divin, de songes et de creuses visions.» Boss. Il en est de même dans le langage profane : ravissement et extase s'y emploient assez souvent ensemble pour marquer le comble de la félicité. « Je m'endormis dans une loge à l'Opéra. Qui pourrait exprimer la sensation délicieuse que me firent la douce harmonie et les chants angéliques de l'air qui me réveilla? Quel réveil ! Quel ravissement , quelle extase , quand j'ouvris au même instant les oreilles et les yeux ! Ma première idée fut de me 'croire en paradis. » J. J.

Cependant extase (exataffiç, renversement d'esprii , stupeur) renchérit sur ravissement. Dans l'état qu'il désigne , l'âme est totalement absorbée, insensible à tout le reste, immobile et stupéfaite ; au lieu que dans le ravissement on a en core assez conscience de soi et assez de liberté pour faire éclater sa joie par des transports. «Les corsaires s'applaudissaient de cette prise, en faisant éclater leur ravissement par des transports inexprimables. » Les. « Les saints dans le ciel aiment Dieu avec un doux ravissement qui leur fait toujours trouver de nouvelles délices dans l'objet de leur amour; et le saint transport dont ils sont animés ne leur permet pas de se lasser jamais de louer et de célébrer ses miséricordes. » Boss. — D'ailleurs, le ravissement et Y extase ont des causes différentes, savoir, le ravissement l'aise , et l'extase l'admiration. On est au comble du contentement, on ne se sent plus de joie, quand on est ravi. «Lorsqu'on entre dans

ce temple , on sent dans le cœur un charme secret qu'il est impossible d'exprimer; l'âme est saisie de ces ravissements que les dieux ne sentent eux-mêmes que lorsqu'ils sont dans la demeure céleste. » Montesq.

A tous les cœurs bien nés que la patrie est chère 1

Qu'avec ravissement je revois ce séjour ! Volt. Dans l'extase, on est émerveillé , ébahi , on n'en revient pas. « La vue de tant de merveilles ravit en extase. -a Acad. « Je suis dans l'extase de Lekain. » Volt.

ENTIER , COMPLET (TOTAL). A quoi il ne manque aucune partie.

Entier vient du latin integer , à quoi on n'a pas touché , intact. Complet , completus , est le participe de complere , remplir , achever , accomplir. Ce qui est entier a toutes ses parties, on n'en a rien ôté ; ce qui est complet a reçu toutes les parties qu'il doit avoir, il n'est besoin d'y rien ajouter. Votre bibliothèque on votre garde-robe est entière, on n'en arien distrait; elle est complète, si on y a mis ou si vous y avez mis tout ce qui était nécessaire eu égard à sa destination. Entier se rapporte à la quantité ; complet à la qualité , à l'usage , à la convenance, à la perfection. J'occupe votre appartement tout entier , mais ce n'est pas un appartement complet. J'ai lu cet ouvrage entier en un jour; il ne sera complet que quand l'auteur aura ajouté un second volume au premier pour le compléter ou en guise de complément. Une armée entière , c'est toute une armée ou une armée intacte , qui a conservé tous ses membres ; une armée complète , c'est une armée dont on a bien rempli les cadres et dont on a mis toutes les compagnies au complet, à qui on a donné tous les soldats qu'il faut.

De plus , ce qui est entier est tel ; ce qui est complet a été fait tel. Complet rappelle seul l'action d'un verbe , action qui a eu pour effet d'achever la chose dont il s'agit , d'en faire quelque chose d'accompli. Vous direz absolument : Ma joie est entière ; et avec Mme de Sévigné : « Les trois lignes que vous m'avez écrites m'ont donné l'achèvement d'une joie complète. » Fénelon, parlant du bonheur des justes dans les champs Elysées , écrit : « Mille et mille siècles écoulés n'ôtent rien à leur félicité toujours nouvelle et toujours entière. » Et un peu plus loin, au sujet des rois qui ont régné avec une sincère vertu : « Ils possèdent ici tout ce que la puissance des dieux peut donner pour rendre une félicité complète. » De même , Rollin dit quelque part : « La victoire des Romains fut entière. » Et ailleurs : ce Les Romains prirent le camp, et rendirent leur victoire complète. » Année, province, foi entière; fruit entter , œuf entier , le monde entier : énumération, démonstration, collection, conversion complète; habillement complet1.

\ . Total est un mot abstrait signifiant, qui est relatif à un tout . On ne dit pas une armée totale, comme on dit une armée entière ou complète; mais on dit le nombre total des soldats. Destruction totale s'emploierait donc en parlant de choses idéales, la réputation , le crédit , et on préférerait destruction entière ou complète quand il serait question de choses matérielles, dune ville, par exemple; un homme

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

ENTREMISE , MÉDIATION. Action de s'interposer.

1° Le secours de l'entremise peut être apporté par une chose aussi bien que par une personne -, le service de la médiation n'est jamais rendu que par les personnes. Entremise est donc le seul mot qui convienne dans les exemples suivants; on ne saurait y substituer médiation. « L'âme n'aperçoit ce qui se passe au dehors de cette partie du cerveau que par Yentremise des fibres qui y aboutissent. » Mal. « Suivant Épicure, les connaissances viennent peu à peu à l'entendement par Yentremise des sens. » Fen, « Que de choses se sont dites sans ouvrir la bouche ! Que d'ardents sentiments se sont communiqués sans la froide entremise de la parole ! » J. J. « Les instruments peuvent seconder la voix, y suppléer, et porter à l'âme, par Yentremise de l'oreille, d'agréables émotions. » Marm.

2° Quand il est question des personnes , Yentremise moyenne entre elles une communication, ou fait l'office d'un canal; et la médiation les rapproche, comme le fait un homme qui se jette au milieu de gens qui se battent, pour les séparer, ou qui sert de moyen entre deux extrêmes. — L'entremise est un ministère entre personnes qui ne sont pas directement en rapport , ministère semblable à celui des courtiers : on fait connaissance , on traite , on noue une intrigue galante avec une personne , on lui demande une grâce, par Yentremise d'une tierce personne. « Demandons, implorons par Yentremise de Marie , la grâce et les lumières du Saint- Esprit. » Bourd., Mass. « J. C. se sert aujourd'hui de Yentremise des apôtres pour distribuer aux troupes le pain miraculeux. » Mass. « Combien de trahisons exécutées par Yentremise d'une femme à qui il fallait de l'argent ! » Bourd. « Recevoir les révélations de Dieu par Yentremise des hommes. » Id. a Par Yentremise de Thérèse , ce La Roche fit connaissance avec Mme Levasseur. » J. J. « D'Effiat se rendait un personnage par ses entremises entre son maître (le régent) et le parlement auquel il le vendait. » S. S. « Il fallait que ce fût Daraxa que quelqu'un de ses amis venait voir la nuit par Yentremise de quelque valet infidèle. » Les. « C'était le comte de Lemos qui conduisait cette

totalement ruiné serait dans la misère, et un homme entièrement ou complètement ruiné n'aurait plus le sou. Mais entier et complet indiquant la présence, la réunion de toutes les parties d'une chose, sont mal propres à exprimer l'anéantissement, la ruine, et en pareil cas on devrait toujours se servir de total. Qu'on dise un succès entier (Vert.) ou complet , une victoire entière (Volt.) ou complète (Id.), une guérison entière (Mass.) ou complète, rien de mieux; mais on devrait toujours faire usage de total, quand on veut marquer une désunion, une dissolution, une dispersion de parties, qui ne laisse rien subsister. C'est alors surtout que ce mot convient. Destruction totale (Boss., Fén.), perte totale (Boss., J. J.), ruine totale (Boss.), dépérissement total (Roix.), éclipse totale (Acad.). Total paraît même être en général négatif ou privatif. «L'inutilité totale de mes actions.» Pasc. « Ce qui paraît dans le monde ne marque ni une exclusion totale ni une présence manifeste de divinité. » Id.

STN. FRANC.

intrigue par Yentremise du seigneur de Santillane. » Id. « Smerdis le mage affecta de ne se point montrer en public et de traiter toutes les affaires par Yentremise de quelques eunuques. » Roll. « Les vestales avaient le droit de tester du vivant de leur père , et de disposer de tout ce qui les regardait sans Yentremise d'un curateur.» Id. Dans Andromaque , Pyrrhus dit à Oreste qui vient réclamer Astyanax au nom de la Grèce :

Qui croirait en effet qu'une telle entreprise

Du fils d'Agamemnon méritât Yentremise? Rac. — La médiation est un arbitrage entre gens qui sont en guerre ou ennemis les uns des autres : deux puissances belligérantes demandent, acceptent ou refusent la médiation d'un souverain qui doit rétablir entre elles la paix ; et de même vous offrez votre médiation, pour faire cesser des inimitiés , des haines. <c Volckra fut rappelé à Vienne pour faire place à Penterieder pour traiter la paix de l'empereur avec le roi d'Espagne , par la médiation de la France , de l'Angleterre et de la Hollande. » S. S. « Le pape Urbain VIII, qui pressait la France de se réconcilier avec la maison d'Autriche, offrit sa médiation.... La Hollande et la Suède ne voulaient pas de la médiation du pape. » Cond. « Philippe de Macédoine trouva à Corinthe des ambassadeurs de Rhodes et de Chio , qui venaient offrir leur médiation et porter les deux parties à un traité de paix. » Roll. Des vautours étaient en guerre; la nation des pigeons en fut émue : Elle employa sa médiation Pour accorder une telle querelle. Laf.

« Le duc de Guise s'était réconcilié avec Henri III par la médiation de la reine mère. » Fén. « J. C. est l'auteur de notre salut , le pacificateur entre Dieu et nous , et le médiateur de notre réconciliation. » Bourd.

3° Entremise est un mot commun, ayant été formé de deux mots français, entre et mettre; au lieu que médiation , latin mediatio , de médius , qui est au milieu, est une expression relevée. C'est ce qui frappe surtout quand on compare entremetteur et médiateur. Après avoir parlé des dieux inférieurs qui, dans le système de Platon, ont créé les nommes et les animaux, qu'ils dirigent spécialement, Bossuet ajoute : ce La religion chrétienne ne connaît point de pareils entremetteurs qui empêchent Dieu de tout faire , de tout régir , de tout écouter par luimême. Si elle donne aux hommes un médiateur nécessaire pour aller à Dieu, c'est-à-dire J. C, ce n'est pas que Dieu dédaigne leur nature. » On dira donc mieux, Yentremise d'un valet, et avec Massillon : ce Un rang d'honneur dans l'Église est une médiation entre le ciel et la terre. » Et c'est parce que entremise est un mot vulgaire, qu'on dit non-seulement Yentremise d'un valet, mais encore Yentremise d'une chose, comme il a été marqué au commencement de cet article.

ENVIE , JALOUSIE. Chagrin mêlé de haine qu'on ressent des avantages et des succès d'autrui.

V envie est le désir d'avoir ; la jalousie, le désir d'avoir à l'exclusion des autres. L'envie est considérée solitairement dans celui qui l'éprouve :

la jalousie l'est plutôt par rapport aux sentiments qu'elle excite contre celui qui en est l'objet, a Retranchez ces envies du bonheur d'autrui dont vous vous faites un supplice , et ces jalousies qui vont jusqu'à vous inspirer les haines et ; les aversions les plus mortelles. » Bourd. « Fa- j bius voulut faire passer l'indignation de Papirius pour un effet de jalousie : Il vient, disait-il, possédé d'une basse et maligne envie contre le bonheur et la vertu qu'il voit à regret dans un autre. » Roll. « Quoique l'abbé Alary eût condamné ses talents à un silence rigoureux , bien fait pour adoucir Y envie , son entrée dans le sanctuaire des muses avait armé contre lui la jalousie de quelques gens de lettres. » D'Al.

Venvie produit ses effets dans l'âme même de l'envieux. On est dévoré ou rongé par Venvie; on sèche , on crève d'envie. « Venvie se glisse dans l'âme; elle aveugle les esprits et endurcit les cœurs. » Bourd. « On regarde d'un œil à' envie et de tristesse la prospérité de son frère. » Mass. — La jalousie se signale au dehors par des animosités et par des vengeances. On dit une violente , une furieuse jalousie (Acad.), une jalousie éclatante (Volt.), une jalousie mortelle (Bourd.). « La jalousie et l'ambition causent dans la société humaine des divisions et des troubles. » Bourd. « La charité est patiente , douce et bienfaisante : elle n'est sujette ni aux jalousies , ni aux emportements et aux colères. » Id.

Venvie est plutôt timide et honteuse , obscure et lâche; « elle se plaît aux plus secrètes et aux plus noires menées.» Boss. La jalousie, quoique aussi soigneuse de se cacher, est obligée de paraître davantage à cause de sa violence contre ce qui en est l'objet.

Ensuite, on peut être envieux de toutes choses, et de tout le monde , au lieu qu'il n'y a jalousie qu'entre égaux , entre gens de même profession , ou qui courent la même carrière. Ce mot suppose rivalité ou concurrence , comme le grec fâ- Xoç, italien gelosia, d'où il dérive. C'est pour cela qu'on dit jalousie de métier, jalousie de corps (Volt.), et qu'on a pu regarder jalousie comme synonyme d'émulation, qui marque un effort pour parvenir à atteindre ou à surpasser un rival. « Venvie est le chagrin que nous donne la vue des avantages des autres , de quelque nature qu'ils soient, fût-ce dans des choses auxquelles nous ne prétendons pas. La jalousie est la crainte de voir passer à un concurrent ou à un rival un bien dont nous jouissons ou dont nous espérons jouir , et que nous ne voulons partager avec personne. » Cond. « Venvie, dit Labruyère, est quelquefois séparée de la jalousie, comme est celle qu'excitent dans notre âme les conditions fort élevées au-dessus de la nôtre , les grandes fortunes, la faveur, le ministère. » Venvie peut aussi avoir pour objet le bonheur de personnes placées au-dessous de nous de quelque manière : telle a été celle du démon contre nos premiers parents (Bourd.). Mais on connaît la jalousie de Caïn contre Abel (Boss., Mass.), celle des enfants de Jacob contre leur frère Joseph (Boss.), celle de Saùl contre David (Mass.). Les pharisiens témoignaient leur jalousie contre

J. C. en disant : que ferons-nous ? tout le monde court après lui (Boss.).

a Les jugements des hommes sont des jugements que forment l'aversion et Venvie. Il n'est presque pas en notre pouvoir de conserver des sentiments raisonnables pour ceux qu'une malheureuse jalousie nous fait envisager comme nos compétiteurs. » Bourd. « La jalousie suffit pour diviser deux amis qui sont dans la même profession , et dont l'un réussit , tandis que l'autre demeure en arrière. Mais tous ne sont pas dans les mêmes rangs , et quiconque se trouve au-dessus des autres n'a pas le droit de les mépriser. Rien n'attire plus Venvie. » Id. « Le monde qui est autour de nous excite plus communément nos jalousies et nos animosités. On ne se mesure ni avec les grands, ni avec les petits. » Id. a Qu'un homme de lettres soit élevé au-dessus des autres par la fortune et par ses places , ceux mêmes qui ont reçu de lui des bienfaits portent Venvie jusqu'à la fureur.... Tout homme est jaloux de la prospérité de ceux qui sont de son état , ou de l'état desquels il croit être. » Volt. « Point de comparaisons avec d'autres enfants, point de rivaux, point de concurrents. J'aime mieux que mon élève n'apprenne point ce qu'il n'apprendrait que par jalousie ou par vanité. » J. J.

Venvie donne le regret de n'être point à la place des heureux (J. J.) et les fait haïr. C'est un effet de l'amour désordonné de soi-même. La jalousie se dépite de se voir préférer un rival , de lui voir obtenir un bien ou un succès qu'elle prétendait; elle se trouve par là blessée, déprimée. C'est un effet de l'orgueil. « Les insupportables présomptions de l'orgueil, ses ridicules fiertés, ses basses et odieuses jalousies.» Bourd.

ENVIER , PORTER ENVIE. Envier quelqu'un et lui porter envie, c'est désirer pour nous son honheur, ses avantages, ses succès.

Mais envier a une plénitude et une rigueur de sens dont porter envie ne représente que faiblement l'idée.

Ceux que nous envions nous causent une sorte de chagrin mêlé de haine , selon la force originaire du mot envie. « Quand vous serez au faîte des honneurs, on vous enviera, et par conséquent on vous contrôlera , on vous traversera, on vous offensera. » Bourd. « Les hommes habiles et intelligents sont-ils aimés, sont-ils estimés autant qu'ils le méritent ? on les censure s'ils échouent, et on les envie s'ils réussissent. » Labr.

Nous souhaiterions pour nous le sort de ceux auxquels nous portons envie , mais nous ne leur en voulons pas pour cela.

Astolphe était un prince aussi beau que le jour,

Et tel que des beautés qui régnaient à sa cour,

La moitié lui portait envie. Laf.

Voltaire écrit au prince royal de Prusse, qui fut plus tard le grand Frédéric : « Votre devoir est de rendre un jour les Prussiens heureux. Ah! qu'on leur porte envie! »

Hélas! je porte envie

A ceux qui dans ces murs ont terminé leur vie. (Jocaste clans OEdipe.) Id.

1° ENVIRONNER , ENTOURER : — 2° ENVELOP-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

PER; — 3° CEINDRE, ENCEINDRE; — 4° EN- CLORE, ENFERMER. S'étendre ou étendre quelque chose de telle manière par rapport à, un objet, qu'il se trouve au milieu ou au centre.

1° Environner , entourer.

Ce qui environne un objet en est à une certaine distance, est dans les environs, vis-à-vis. Les cieux environnent la terre; nous sommes environnés par l'horizon; de charmants villages environnent Paris. « Saturne a un grand cercle et un grand anneau assez large qui l'environne et qui est assez élevé pour être presque entièrement hors de l'ombre du corps de cette planète.» Font. Un pays est environné de montagnes, un État de places fortes, etc. — Mais ce qui entoure un objet est placé autour de cet objet, en suit le contour, en est tout près, y touche, l'embrasse. Un anneau entoure le doigt , une bordure un tableau; on entoure une bague de diamants, un enfant de linges et de bandages (J. J.); les licteurs, chez les Romains,. portaient des haches entourées de faisceaux de verges (Roll.); une île est un espace de terre entouré d'eau de tous côtés (Acad.). « Tout à l'heure nous n'étions occupés que de ce qui nous touche , de ce qui nous entoure immédiatement. » J. J. « Les génies président à la terre , ainsi qu'à l'espace dont elle est immédiatement entourée. » Barth. « Cimon et Clitandre ne sont pas les satellites de Jupiter, je veux dire ceux qui pressent et qui entourent le prince ; mais ils l'annoncent et le précèdent. » Labr.

Une ville est environnée de belles prairies , et entourée de remparts. Un chef de famille est environné de voisins , et entouré de ses enfants.

Ce qui nous entoure nous touche, nous intéresse beaucoup, nous menace, nous presse; au lieu que ce qui nous environne nous regarde seulement, n'a avec nous qu'un rapport éloigné, a Gémir de la corruption qui nous environne, des pièges dont nous sommes entourés. » Fén. « Les comédiennes , sans cesse entourées d'une jeunesse ardente et téméraire , résisteront- elles à leur âge, à leur cœur, aux objets qui les environnent, aux discours qu'on leur tient? » J. J. Les personnes qui nous environnent composent le monde au milieu duquel nous nous trouvons ; les personnes qui nous entourent forment notre entourage , le petit . cercle de gens avec lesquels nous vivons familièrement et intimement. On dit qu'un homme est bien ou mai entouré , et non environné, selon les qualités de sa famille , de ses amis, et l'influence qu'il en reçoit.

Enfin , ce qui nous environne est plutôt grand , beau , pompeux ; et ce qui nous entoure , utile ou nuisible. La nature , pour préserver les princes des pièges qui les menacent, a environné leur âme d'une garde d'honneur et de gloire , et entouré leur cœur d'un mur d'airain (Mass.).

2° Envelopper.

Envelopper signifie entourer de toutes parts, en tous sens : envelopper des marchandises. Une ville est environnée ou entourée d'un mur , d'une rivière , d'une prairie , de tout ce qui forme comme un cercle autour d'elle; elle est enveloppee'par un tourbillon de poussière, par des té-

nèbres qui la couvrent en même temps qu'elles l'entourent. Des ennemis enveloppés sont comme pris dans un filet.

3° Ceindre, enceindre.

Ceindre et enceindre , du latin cingere , mettre une ceinture, n'ont pas une aussi grande étendue de signification que les trois mots précédents, et ne s'appliquent pas comme eux à toutes sortes de choses. Ils veulent dire primitivement entourer quelque partie du corps de l'homme , les reins ou la tête, a Le front ceint d'une couronne de laurier. » Roll. « C'était Myrtis que l'on voyait enceint des longs replis de ce serpent qui l'étouffait. » Marm. — Hors de là, ces deux mots sont pris métaphoriquement, avec cette différence que ceindre n'exprime pas une action volontaire , ou se dit d'un objet moins étendu. « Ce roc était ceint d'un profond abîme qui lui servait de fossé. » Roll. oc J. C. a distingué très-nettement le siège où la ville de Jérusalem serait seulement enceinte de l'armée , et plutôt investie qu'assiégée dans les formes. » Boss.

4° Enclore , enfermer.

Enclore et enfermer ne sont pas du langage métaphorique et figuré, comme ceindre et enceindre. De plus, ils emportent l'idée d'une barrière pour empêcher le passage ou l'entrée : on enclôt ou on enferme un espace qu'on entoure ou qu'on enceint de manière à le clore ou à le fermer. Didxm commença par enceindre ou par environner avec une peau de bœuf découpée en trèspetites bandes la ville qu'elle voulait bâtir , et de cette façon elle la délimita ; ensuite elle Yenferma de murailles pour la mettre en état de défense.

On enclôt proprement ce à quoi on met une clôture, un champ; mais on dit bien enfermer une ville de murailles. — Enclore s'entend seul; mais avec enfermer il faut ajouter quelque chose: on enclôt un terrain simplement; mais on Yenferme d'un mur, d'une haie, etc. — On enclôt pour toujours; on enferme quelquefois pour un temps : c'est ainsi qu'une armée enferme les ennemis entre deux montagnes. — Enfin, on enclôt pour empêcher l'accès ou l'entrée; on enferme quelquefois pour empêcher la sortie. On enclôt un parc pour qu'il ne soit pas ouvert à tout venant ; on enferme un parc dans lequel on tient enfermé du gibier. Quand on a enclos son champ, les bêtes ne viennent plus le ravager (Volt.) ; des assiégeants enferment une ville par des travaux qui mettent les assiégés dans l'impossibilité de faire des sorties (Roll.).

ÉPAIS, DENSE , — COMPACTE. Dont les parties sont rapprochées, serrées.

Épais appartient au langage ordinaire. Dense, latin densus, est, au contraire, un terme de physique, et ne se dit qu'au propre. La signification d'épais est moins rigoureuse; ce mot se dit bien des choses dont les parties sont encore à une certaine distance les unes des autres , séparées par des intervalles sensibles : un épais bataillon , une forêt épaisse , une crinière épaisse ; épais sourcil , plumage épais , fourrure épaisse. On l'emploie bien aussi en parlant des corps liquides ou gazeux , c'est-à-dire des corps

dont la consistance est trop faible pour qu'ils soient solides : vin épais, sirop épais, une épaisse fumée, un brouillard épais, un nuage épais, un air épais, une atmosphère épaisse. Lorsqu'il s'applique aux solides , épais n'est plus synonyme des deux autres mots , il n'est plus opposé à rare , à lâche , mais à mince.

Dense sert à qualifier les choses tellement épaisses , qu'entre leurs parties , ou plutôt leurs particules , leurs molécules , leurs atomes , ne subsistent plus d'intervalles ou de vides, mais seulement des pores. Aussi est-il le seul mot qui convienne à l'égard des corps solides. La terre est plus dense que le soleil (Volt.). Pins les pierres sont denses, plus il faut de temps pour les convertir en chaux (Buff.). Le fer, quoique trèsdur, n'est pas fort, dense (In.). L'or est le plus pesant et par conséquent le plus dense des métaux (Id.). Le verre, quoique transparent, ne laisse pas d'être dense et pesant (Id.).

Compacte, de compingere, assembler, unir ensemble , ajoute à l'idée commune celle de la liaison, delà cohésion des parties. «Quoique l'or soit le plus compacte et le plus tenace des métaux , il n'est néanmoins que peu élastique et peu sonore. » Buff. « Un caillou est un assemblage de parties homogènes dont résulte une masse souvent inébranlable au marteau. Quelle force avait joint ces petits cristaux ? d'où résultait ce corps si dur ? Est-ce l'attraction qui rendait toutes ses parties si unies entre elles et si compactes ? »Volt. a La matière de la lune est environ un cinquième plus dense , plus compacte que celle de la terre. » Id. « L'or, ce corps si dense et si compacte, contient peut-être encore plus de vide que de plein » Buff. Compacte est opposé, non pas seulement à rare, mais à tendre, à mou, à friable, a Dans toutes les collines et montagnes- calcaires, les lits supérieurs sont les moins compactes et les plus tendres, » Buff. « Terre compacte ou molle. » Volt. «Terre compacte ou friable.' »Id.

ÉPANCHEMENT, EFFUSION. Flux, mouvement ou transport d'un liquide hors de ce qui le contient. Ils se disent aussi l'un et l'autre au figuré, dans un sens analogue : épanchement ou effusion de cœur, de joie, de tendresse, de sensibilité.

Au propre , ils ne sont pas véritablement synonymes. Epanchement n'est usité qu'en termes de médecine pour marquer l'extravasation de quelque humeur dans une partie du corps qui n'est pas destinée à la contenir : épanchement de bile ou de sang. Mais jamais ce mot ne signifie un écoulement hors du corps, et c'est précisément ce qu'exprime, en parlant du corps, le mot effusion : effusion de larmes ou de sang.

Au figuré , la différence se déduit de l'étymologie. Épancher, c'est verser en penchant ou en inclinant le vase, doucement, goutte à goutte. Effusion, du latin effundere , répandre, emporte l'idée d'abondance, de profusion, de force. L'epanchement est modéré, naturel, sans effort; Y effusion est brusque , impétueuse , pleine , sans réserve. Épanchement suppose des sentiments doux , qui découlent, pour ainsi dire, avec calme et sans secousse-, effusion indique des passions violentes qui éclatent, qui font explosion.

Il y a épanchement de cœur entre deux amis qui se content leurs peines avec une sorte de laisser-aller, « Tu n'as plus pour moi ces épanchements de cœur, ces manières libres qui font le charme des liaisons. » Les. « Si on n'a guère de pensées secrètes pour ses amis , c'est que leur communication est un épanchement naturel qui est un des plaisirs de l'amitié. » Lah. a Louise, dans Yépanchement de son âme, confiait à son bon curé le récit de son aventure. » Marm- « Cette confidence intime du sentiment le plus cher, ce tendre épanchement qu'il était permis de donner à ses désirs.... » Id. « Dans les plus doux épanchements de son cœur, je la voyais jeter sur le jeune homme un coup d œil à la dérobée. 55 j. j. — Il y a effusion de cœur. dans un moment de transport , de ravissement ou de passion. « La réponse d'A'ménaïde à Argire (dans Tancrède) est la plus rapide effusion d'un cœur surchargé , qui cède au besoin de se répandre. » Lah. «Les Méditations sur VEvangile, de Bossuet, n'ont pas moins d'onction, d'enthousiasme et d'effusion de cœur que les lettres du tendre Fénelon. » Id. « Dans quels termes, avec quelle effusion , Orosmane avoue tout le plaisir qu'il sent à complaire à ce qu'il aime ! » Id. « Tantôt c'étaient des marques d'amitié, des caresses et une effusion de cœur sans borne et sans fin ; tantôt des reproches, des menaces et des emportements furieux. » Roll. « Nul triomphe n'approche de ces acclamations qui partent du cœur, et qui en sont une vive et sincère effusion. » Id. « Disons, avec une pleine effusion de .cœur, en éclatant en reconnaissance et en action de grâces , le psaume en. » Boss.

Ce qui est épanchement dans la conversation , dans la comédie, dans l'élégie ou dans les écrits en général , devient effusion dans la tragédie et dans le discours oratoire, où il y a toujours quelque véhémence. — « Ce psaume n'est qu'un épanchement continuel d'admiration et de reconnaissance envers le créateur. » Lah. « La harangue pour Marcellus ne s'annonce que comme Y effusion de la reconnaissance et de l'admiration publique pour la clémence de César. » Marm. —

Il faut que je t'embrasse , et qu'un épanchement

De joie et de tendresse

(Crispin à Lisette dans le Légataire.) Regn. « Voyez dans Hermione ce passage si prompt des effusions de la joie aux transports de la fureur.» Lah. — «Tout cet épanchement de bonté naïve et de sensibilité innocente (dans une pièce de Sedaine) fait rire et pleurer. » Lah. « C'est encore un trait de sentiment que cette dernière phrase , un mouvement admirable, digne de terminer cette effusion de sensibilité (péroraison d'un sermon de l'abbé Poule). » Id. — Un témoignage ordinaire de douleur est un épanchement de douleur (Pléch.); c'en est une effusion, si ce témoignage est éclatant : « Angélique ne mit plus de réserve à Yeffusion de sa douleur. » Marm.

Les idées de l'esprit en sortent par une espèce (Yépanchement; les sentiments, ou mieux encore les passions de l'âme , en jaillissent ou s'en échappent par une espèce d'effusion. « Le vieux naturel du style de Montaigne et d'Amyot convient

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

dans le libre ëpanchement des pensées d'un philosophe. » Marm. « Le langage de l'homme qui ne parle que pour exprimer ce qu'il sent n'est que l'effusion ou l'explosion de son âme. »

ID

De plus , épancher , c'est non-seulement verser doucement , mais encore presque toujours verser d'un vase dans un autre , au lieu que le mot effusion ne signifie que l'action de répandre, de mettre dehors , sans indiquer ce que devient la chose répandue : c'est pourquoi ëpanchement donne souvent l'idée de communication, de chose donnée et reçue, à la différence d'effusion, qui désigne un simple développement. Un ëpanchement ou des épanchements de cœur impliquent presque toujours des discours tenus, des secrets confiés; une effusion de cœur est un mouvement de tendresse. Dans un ëpanchement de cœur, on dit telle chose ; et on dit ou on fait telle chose avec effusion de cœur. Cela est si vrai, qn' ëpanchement seul signifie confidence. « Louis XIII avait besoin d'un confident qui lui dît du mal de Richelieu, et avec lequel il pût s'en plaindre. Cet époMchement faisait diversion à ses chagrins. » Cond. « Quand on sent vraiment que le cœur parle , le nôtre s'ouvre pour recevoir ses épanchements. •» J. J. « Une confiance mutuelle mêlera ses épanchements aux charmes de nos entretiens. » Marm.

Des épanchements de cœur instruisent. « Alors il me faisait des épanchements de cœur qui servaient à m'initier dans les sacrés mystères de la maltôte. » Les. Une effusion de cœur touche, fait plaisir. « Bienfaits versés avec effusion de cœur. » J. J. « Notre bon roi Henri IV jouit, sans être connu, chez le paysan Michaut, d'un hommage qui était l'effusion du cœur. » Lah.

Les épanchements de l'amitié sont les confidences que les amis se font dans l'intimité ; les effusions de l'amitié, ou mieux des effusions d'amitié, sont les élans , les transports par lesquels l'amitié s'exprime.

ERRANT, VAGABOND. Qui va çà et là, sans demeure fixe ou chemin certain.

Errant est relatif, et vagabond absolu. Celui qui est errant s'éloigne du lieu où naturellement il devrait être , du chemin qu'il devrait tenir , du but qu'il se propose : c'est ainsi qu'au figuré errer rappelle l'idée de la vérité dont on s'écarte. Vagabond est dépourvu d'un pareil accessoire : il exprime d'une manière toute générale et sans rapport à ce qu'on a quitté, l'action de rôder, d'aller à l'aventure. « Ulysse , toujours éloigné de sa patrie, est toujours errant et contrarié dans son retour. » Fén. Didon, désespérée du départ d'Énée , court vagabonde dans toute la ville, sans savoir où elle va et ce qu'elle fait.

Sans boussole, vous errez; au gré des vents, vous vaguez. Un esprit errant se trompe ; les hérétiques sont appelés des brebis errantes. Une imagination vagabonde est volage, instable , sans arrêt, sans frein , se promène incessamment d'objets en objets. C'est pour exprimer ce jeu capricieux de l'imagination que Bossuet a employé au j figuré le verbe vaguer : « Le juge qui se présente | à vous par coutume et par bienséance laisse va- '

guer ses pensées sans que vos discours arrêtent son esprit distrait. »

On est errant loin de sa patrie ou de son habitation. «La fortune tenait Télémaque errant dans tous les pays loin d'Ithaque. » Fén. Les villes de la grande Grèce furent fondées pour la plupart par des Grecs errants (Id.). «Les Juifs sont encore aujourd'hui errants, fugitifs, méprisés. » Mass. « Albéroni, chassé d'Espagne , fut réduit, en Italie , à se tenir longtemps errant et caché. » S. S. Tel fut , chez nous , le sort des Girondins à l'époque de la Terreur. «Les prêtres, pasteurs zélés de ce troupeau affligé, vivaient en Angleterre, pauvres, errants, travestis. » Boss. « Le séjour de leur presbytère devient insupportable à certains prêtres : ils sont sans cesse errants pour dissiper leur ennui. 55 Mass. — Mais on appelle vagabonds les gens qui courent le pays , sans avoir ni feu ni lieu : tels sont les mendiants; tels étaient les condottieri en Italie ; ils composaient des armées vagabondes (Volt.). Bossuet appelle les oiseaux les familles les plus vagabondes du monde, et dit des Scythes : « Ces peuples vagabonds erraient de çà et de là sur des chariots, sans avoir de demeure fixe. 55 Et ailleurs: « Les Scythes vagabonds traînaient sur des chariots leurs familles toujours ambulantes. 55

Ensuite , vagabond est absolu dans un autre sens : il est comme le superlatif d'errant. C'est pourquoi on trouve souvent dans nos meilleurs écrivains ces deux mots ainsi joints : errant et vagabond (Boss. , Fén. , Rag. , Buff. , Montesq., Volt., Mass.). Errantne donne l'idée que de deux choses , d'un chemin ou d'un lieu où on était ou bien où on devrait être , et d'un autre où on est; vagabond fait concevoir bien des chemins , bien des lieux. D'abord, on s'éloigne du bon chemin ou de sa résidence, on est errant; ensuite, ne sachant plus où aller, on tente toutes les voies, tous les lieux , sans s'arrêter nulle part , on est vagabond. «Un criminel s' étant échappé, se fie à peine à soi-même : fugitif, errant, vagabond, il croit que tout ce qui luit le décèle. 55 Boss. « Sans la soumission au prince , nulle union ; les peuples errent vagabonds comme un troupeau dispersé. 5> Id. Les chevaliers errants, les peuples errants habitaient et quittaient successivement différents lieux ; ils n'erraient pas sans mesure , ou n'étaient pas vagabonds comme les condottieri et les Scythes , qui étaient , pour ainsi dire , toujours en course et ne s'arrêtaient jamais.

ESCALIER, DEGRÉ , MONTÉE. Partie d'un bâtiment qui sert à monter et à descendre.

Escalier est le mot ordinaire , celui de l'architecture et du langage commun. Degré et montée, quoique bien plus rarement employés , ont chacun sa nuance propre , qui en rend l'usage nécessaire dans certains cas, et qu'il importe de connaître quand on tient à bien parler sa langue.

Le degré est un escalier distingué : il fait partie d'un édifice , d'un temple , d'un palais , d'un château, ou le précède à découvert et en amphithéâtre. Entre le degré et Y escalier se trouve par conséquent la même différence de noblesse qu'entre les degrés et les marches (voy. Degré, marche). On dit le grand degré du palais (Agad.),

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