DEUXIEME PARTIE
comme fait, étant relative à la durée, on dit bien l'âge', le temps des illusiojis; et la chimère, comme objet, ayant du rapport à l'espace, on pourra dire, avec J. J. , s'enfoncer dans le pays des chimères.
A cause de son caractère de subjectivité, l'illusion est propre à marquer quelquefois un état de l'âme , celui dans lequel elle se trouve quand les objets lui en imposent, ou qu'elle s'en impose sur les objets : on est, on tombe dans Yillusion. Le mot chimère , par la raison contraire , ne comprend point cette acception.
Enfin , quoique nous soyons toujours le but auquel aboutit l'action qu'illusion signifie , nous en sommes aussi très-souvent les auteurs, ou du moins ce mot emporte presque toujours une sorte de participation , une demi-volonté de nous laisser tromper : nous nous abandonnons à Yillusion, et comme nous ne nous complaisons guère que dans ce qui est agréable , il arrive de là que les illusions sont presque toujours douces. Ces deux traits manquent également à la chimère.