‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 605 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

souvent l'étude et l'examen, soit qu'on n'en ait pas besoin, soit qu'on ne s'en donne pas la peine, qu'on agisse d'autorité, arbitrairement ou à la légère. « Le pouvoir se substituerait au droit. Les procès se termineraient encore ; mais on ne jugerait plus , on déciderait. » Beaum. « Il y a un public qui décide avec connaissance et avec équité ; il est vrai que ce public qui juge , c'està-dire qui pense, n'est pas nombreux. » D'Al. « Les connaisseurs jugent , les journalistes décident.» Id. Un être raisonnable juge; le sort, un événement décide.

Quand les dieux étonnés semblaient se partager,

Pbarsale a décidé ce qu'ils n'osaient juger. Corn. — 3° L'action de juger étant d'une certaine étendue , et celle de décider courte , la décision se prend bien pour la fin du jugement, la résolution, pour le point précis où on prend parti après avoir délibéré. On juge et on décide, a César blâma fortement la témérité et la cupidité des soldats, qui avaient pris sur eux de juger et de décider jusqu'où ils devaient aller. » Roll. œ Parce qu'on est prêtre , on s'arroge le droit de juger de tout, de décider de tout. » Bourd. « Quelle sera la décision de ce jugement formidable (le jugement dernier pour chacun de nous) ? Sera-ce le ciel ou l'enfer? » In.

Comme la décision termine le jugement, l'action de prononcer succède à l'une et à l'autre. Prononcer, c'est proclamer ou déclarer la décision des juges. A la rigueur, le jugement et la décision peuvent être intérieurs et solitaires ; au lieu que prononcer désigne toujours une assertion, une sentence rendue, a Quelques habiles prononcent en faveur des anciens contre les modernes. » Labr. On juge avec connaissance de cause ; on décide sans balancer ; on prononce hautement. Juger de tout, décider de tout, est le propre d'un esprit qui ne doute de rien; prononcer sur tout, est le propre d'un homme affirmatif , dogmatique, qui s'exprime en maître. Comme prononcer achève entièrement le fait , est définitif, comme le juge qui prononce fait acte d'autorité , prononcer se dit bien d'un oracle ou d'une personne qui décide souverainement. ce Troïle est l'oracle d'une maison; s'il prononce d'un mets qu'il est friand , le maître le trouve friand , et ne peut s'en rassasier. » Labr. a C'est le roi qui doit prononcer sur cette affaire. » Sév. « C'est nous qui pouvons prononcer souverainement si nous sommes de la terre ou du ciel. » Boss. ce Des empereurs avaient osé prononcer sur les questions de la foi. » Id.

JUSTESSE, PRÉCISION, EXACTITUDE. Qualités de l'esprit et du style qui ont pour effet de bien faire comprendre, par le bon emploi des mots, ce qu'on dit ou ce qu'on écrit. Raisonner (Fén., Roll.), faire l'analyse d'un livre (Roll.) , parler avec justesse , précision et exactitude. Esprit juste, précis , exact (S. S.). Esprit de justesse , de précision (Volt.) et d'exactitude. « Vincent de Lérins a dit que la tradition passe d'un état obscur à un état plus lumineux , en sorte qu'elle reçoit avec le temps une lumière, une précision, une justesse, une exactitude qui lui manquait auparavant. » Boss.

La. justesse emploie les mots qu'il faut; la précision n'emploie que les mots qu'il faut; et 1' 'exactitude emploie tous les mots qu'il faut.

Sans justesse, on se sert de termes impropres qui ne vont pas bien à la pensée , qui n'y conviennent pas de tout point , qui s'y appliquent mal, ou n'est pas vrai. Sans précision, au lieu de se réduire aux termes propres, on emploie une abondance d'expressions approchantes qui troublent l'esprit, on n'est pas net. Sans exactitude , on ne met pas assez de soin à réunir tous les mots nécessaires pour rendre pleinement sa pensée, on n'est pas complet.

De sorte que, sans justesse, on donne de ce qu'on pense une idée fausse ; sans précision , une idée vague ; et, sans exactitude , une idée incomplète ou inachevée.

La justesse est ennemie de la fausseté; elle exige que le mot soit toujours calqué sur la pensée. La précision est ennemie de l'embarras et de l'obscurité ; elle exclut les circonlocutions , les longueurs, les expressions mal déterminées. L'exactitude est ennemie de la négligence.

Avec trop de justesse le style deviendra austère et timide ; on ne se permettra ni saillies , ni métaphores, rien qui s'écarte tant soi peu de l'idée. Avec trop de précision, on sera d'une excessive sobriété, sec , maigre , écourté , d'une clarté mathématique. Avec trop d'exactitude, on sera minutieux et ennuyeux.

Justesse et précision se disent encore en parlant de la manière dont on exécute une opération ou un mouvement. Avec justesse , c'est-à-dire sans écart , en allant droit où il faut aller , en mettant chaque chose juste à l'endroit qu'il faut, sans se tromper ; avec précision, c'est-à-dire sans embarras.

JUSTICE, ÉQUITÉ, — DROITURE. Disposition, qualité ou vertu qui consiste à ne pas faire tort à autrui, a Vous redemandez vos droits avec une hauteur et une exactitude que vous appelez droiture, justice , équité, mais que j'appelle, moi, inhumanité. » Bourd.

Justice, justitia, de jus , droit , de la même famille que jubeo -, j'ordonne, marque la conformité à une règle positive , le respect d'un droit rigoureux, dont l'exécution peut être exigée par la contrainte. L'équité, du latin œquitas, égalité, consiste à traiter les autres comme nos égaux, comme nous voudrions en être traités; mais le droit auquel elle correspond n'est pas ordonné ou prescrit par les hommes, il l'est par la conscience ou par la raison , et il n'emporte pas avec lui le pouvoir de contraindre. On observe la justice en accomplissant les lois que la société a établies pour sa conservation; et Y équité , en suivant les principes de la loi naturelle. Les règles de la justice sont variables et dérivées de celles de IVquité ; et parfois le jurisconsulte a besoin de remonter à celle-ci et de s'en servir pour éclairer ou corriger le droit positif, ou bien pour y suppléer.

a Le magistrat joint à la loi souvent trop générale le discernement des cas particuliers; il ajoute à la justice cette équité supérieure sans laquelle la dureté de la lettre n'a souvent qu'une

rigueur qui tue , et l'excès de la justice devient quelquefois l'excès de Y iniquité. » D'Ag. «Quand la loi était trop sévère, Zadig, devenu juge, la tempérait; et quand on manquait de lois, son équité en faisait qu'on aurait prises pour celles de Zoroastre. » Volt. « Les Romains n'avaient point de lois civiles : sous la monarchie , les rois, qui rendaient seuls la justice, n'avaient d'autres règles, dans leurs jugements, que les usages, leurs lumières et leur équité. » Cond. « Nous portons en nous-mêmes, et la loi de Y équité naturelle, et la loi de la justice chrétienne.» Boss. « Comme la mode fait l'agrément, aussi fait-elle là justice. Si l'homme connaissait réellement la justice , il n'aurait pas établi cette maxime , que chacun suive les mœurs de son pays : l'éclat de la véritable équité aurait assujetti tous les peuples, et les législateurs n'auraient pas pris pour modèle , au lieu de cette justice constante , les fantaisies et les caprices des Perses et des Allemands. » Pasc. « Un sage a dit que les lois mêmes et la justice ont besoin d'être menées et conduites justement, c'est-à-dire avec équité. » Charr-

La justice ne voit que le fait et n'entre pas dans la considération des intentions et des circonstances; Y équité, au contraire, moins étroite et plus délicate , tient compte de la faiblesse, de l'erreur, du mérite ou du démérite particulier. Un père dénaturé déshérite son fils dont il n'a réellement pas lieu de se plaindre : la justice doit confirmer ses dispositions ; mais Yéquité défend de les exécuter. J'ai promis à un ouvrier un certain salaire pour une journée de travail; quoi qu'il fasse , il est juste que je lui paye la somme convenue. Mais si , grâce à son ardeur, il a fait bien plus d'ouvrage que je ne devais raisonnablement en attendre , ne lui ferai-je pas tort et serais-je équitable de m'en tenir aux termes de notre engagement?

Comme la justice se rapporte à des lois écrites et d'institution humaine , ce mot convient particulièrement aussi pour exprimer l'application de ces lois , l'action des magistrats dans les tribunaux. L' équité, au contraire, se montre dans la conduite ordinaire et dans les jugements qu'on porte communément sans être revêtu d'aucun caractère. « Des magistrats qui n'ont point mis Yéquité dans les plus petits événements de leur vie courent -risque de perdre bientôt celte justice même qu'ils rendent sur le tribunal. » Montesq. « Comme Aristide se portait pour arbitre dans les différends entre les particuliers, la réputation de son équité faisait déserter les tribunaux de justice.* Barth. « J'ai prononcé des jugements, disait David, mais ces jugements ont été accompagnés d'une justice exacte.... Un des désordres où tombent ceux qui jugent du prochain , c'est le défaut (Yéquité et d'intégrité, » Bourd,

Une autre différence provient du sens primitif d'équité. Vous êtes juste envers l'homme dont vous ne violez pas le droit , et équitable envers celui dont vous ne violez pas le droit au profit d'un autre homme. Un juge est juste quand il juge conformément à la loi, et équitable quand il ne fait acception de personne , quand il est égal pour celui-ci et pour celui-là, c'est-à-dire impartial. Une impartiale équité (Acad.); un partage, une distribution équitable (Id.). On est juste en traitant un homme comme on le doit , comme il le mérite; et équitable, en le traitant comme les autres , également , ou bien en lui assignant une part ou une place convenable. La justice exclut l'offense; Yéquité, la faveur ou le passe-droit. «; Ces secours se dispensent avec équité et avec bonté, sans que personne se puisse plaindre. » Boss. « Je lui voyais remplir si dignement sa place (au frère de Mme de Pompadour) , qu'à son égard la faveur me semblait n'être que la simple équité. » Marm. « A force d'être équitable envers lui, elle était inique envers elle, et se faisait tort pour lui faire honneur. » J. J.

La droiture , comme Yéquité , consiste à suivre envers autrui les lois ou les inspirations de la conscience. Mais, au lieu que Yéquité est douce, attentive à réparer , à excuser, et impartiale , la droiture est inflexible (d'Ag., Lah. , Mabm.) et sincère (Mass. , S. S.). Elle est inflexible , c'est-àdire qu'elle ne se laisse détourner par rien de la droite voie ou de la droite ligne ; elle est inaccessible aux sollicitations tendant à nuire à autrui, et inébranlable aux assauts de l'intérêt ou de la passion. En sorte que, si l'homme équitable ne favorise personne , l'homme droit ne se favorise pas lui-même et peut aller jusqu'à se condamner. Une droiture inébranlable (J. J.), à toute épreuve (Id.), invariable (Id.). De ce côté, la droiture touche à la fermeté. De l'autre , elle touche à la bonne foi : elle ne biaise pas , elle ne dissimule pas , elle ne cache pas sous l'apparence du désintéressement des vues personnelles ; elle veut le bien pour le bien, a Que signifient ces précautions , ces retardements , ces mystères? Est-ce ainsi qu'on répond à la confiance? Cette allure est-elle celle de la droiture et de la bonne foi? » J. J. « Vous attaquez la probité des gens de bien et la droiture de leur cœur; vous les soupçonnez de noirceur , de dissimulation, d'hypocrisie ; de faire servir à leurs vues et à leurs passions les choses les plus saintes , d'être des imposteurs publics. » Mass.

L'homme juste ne fait pas de tort. L'homme équitable n'use pas d'une rigueur exacte , littérale , toute judaïque , et n'a pas de préférences. L'homme droit n'a pas la faiblesse de se laisser entraîner à nuire , et son attachement à la cause légitime est sans feinte et sans arrièrepensée.

LABYRINTHE, DÉDALE. Édifice ou lieu plein de détours et tellement disposé , qu'il est difficile , une fois qu'on y est , d'en sortir. Au figuré , ces mots donnent l'idée d'une grande complication et d'un grand embarras.

Labyrinthe est le mot qui en égyptien , en grec et en latin a signifié un palais ou un enclos de bâtiments , dont ceux qui s'y engageaient avaient peine à trouver l'issue. Dédale est primitivement le nom du célèbre architecte qui construisit le labyrinthe de Crète sur le modèle de celui de l'Egypte. « Nous vîmes en Crète le fameux labyrinthe, ouvrage des mains de l'ingénieux Dédale, et qui était une imitation du grand labyrinthe que nous avions vu en Egypte. » Fén. On a ensuite donné à l'ouvrage le nom de l'ouvrier , et on a dit un dédale pour un labyrinthe.

De là plusieurs différences.

Labyrinthe s'emploie au propre pour désigner des constructions, des plantations, des lieux dont les tours et les détours sont si multipliés, qu'on s'y perd. Dans les Amours de Psyché et de Cupidon, une tour enchantée dit à Psyché : « Vous entrerez dans un labyrinthe dont les routes sont fort aisées à tenir en allant; mais quand on en revient , il est impossible de les démêler. »Laf. a Je ferais dans une grande salle une espèce de labyrinthe avec des tables, des fauteuils , des chaises , des paravents. Dans les inextricables tortuosités de ce labyrinthe , j'arrangerais au milieu de boîtes d'attrapes une boîte de bonbons.... » J. J. « Le sentier n'aboutissait à la muraille que par une infinité de tours , de détours et de circuits très-difficiles. Mais bientôt la lune, dissipant les nuages, dévoila à Aratus tout le labyrinthe de ce sentier. » Roll. « J'ait fait planter une infinité de petits arbres et un labyrinthe d'où on ne sortira pas sans le fil d'Ariane.» SÉv. — Mais dédale , qui ne signifie un labyrinthe que par métonymie, n'est d'usage que quand on parle par figures ou dans le style figuré. Lors même qu'il se rapproche le plus du sens propre , il conserve néanmoins quelque chose d'abstrait et d'immatériel qui le rend parfaitement distinct, a L'hirondelle semble décrire au milieu des airs un dédale mobile et fugitif, dont les routes se croisent, s'entrelacent , se fuient, se rapprochent..., et dont le plan, trop compliqué pour être représenté aux yeux par l'art du dessin, peut à peine être indiqué à l'imagination par le pinceau de la parole. » Buff.

En second lieu, labyrinthe convient mieux en prose. « J'ai renoncé à juger les hommes, bien convaincu que l'obscur labyrinthe de leurs cœurs m'est impénétrable. » J. J. « Il faut donc alambiquer son esprit dans ces questions, c'està-dire dans les plus fines disputes où la raison puisse entrer, ou plutôt dans les plus dangereux labyrinthes où elle se puisse perdre. » Boss. — La poésie, au contraire, préfère dédale.

Le dédale des cœurs en ses détours n'enserre Rien qui ne soit d'abord éclairé par les dieux : Tout ce que l'homme fait, il le fait à leurs yeux.

Laf.

Le malheur de ta fille au tombeau descendue

Par un commun trépas , Est-ce quelque dédale où ta raison perdue

Ne se retrouve pas? Malh.

Enfin , le mot labyrinthe concentre toute l'attention sur la nature de la chose : le labyrinthe est inextricable (Acad., Beaum.), inexplicable (Boss.). a Si je sors des voies de la foi, je tombe dans un labyrinthe où je ne fais que tourner, que me fatiguer, sans trouver jamais d'issue. » Bourd. « J'ai montré à ce ministre dans son système un labyrinthe d'où il ne peut sortir.» Boss. ««Qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.... Il avance. Ah! quel labyrinthe, et combien de fallacieux et inévitables détours il va rencontrer!... » Id. « Je voulus fixer une bonne fois mes opinions, mes principes.... Je me trouvai d'abord dans un labyrinthe d'embarras , de difficultés, d'objections , de tortuosités, de ténèbres.» J. J. « On conçoit dans quelle étrange perplexité , dans quel labyrinthe de difficultés et de périls jetaient Octavien les intérêts opposés des possesseurs des terres et d'une multitude infinie de gens de guerre accoutumés à donner la loi à leurs chefs. » Roll. a L'ignorance de la nécessité de la création, pour les anciens, faisait de la métaphysique un obscur labyrinthe d'où ils ne pouvaient se tirer. » Marm. — Mais le mot dédale fait penser à l'artiste et à l'art : le dédale est une œuvre d'habileté ou de ruse. AouoaAo; et dxdalus veulent dire fait avec art , industrieux , habile, a Comment l'auteur des Métamorphoses at-il pu , de tant d'histoires différentes , former un tout si bien suivi , si bien lié , et tenir toujours dans sa main le fil qui vous guide dans ce dédale d'aventures merveilleuses? » Lah. « Que l'impôt soit un , la fraude n'aura plus à se réfugier dans un dédale ténébreux d'édits absurdes et bizarres. » Marm. a Je ne doute pas de la sagacité , de l'adresse avec laquelle vous saisirez le dessein de l'auteur (du Barbier de Séville) , et suivrez le fil de l'intrigue à travers un léger dédale. » Beaum. a C'est bien assez pour moi d'avoir suivi le comte de La Blache dans le dédale affreux de sa politique , d'avoir développé par quelle suite de ruses et de noirceurs il s'est flatté d'en imposer à tous les tribunaux. » Id. Dans le Tartufe, Cléante dit en parlant de Tartufe :

Aux menaces du fourbe on doit ne dormir point.... Ne vous y fiez pas ; il aura des ressorts <

Pour donner contre vous raison à ses efforts ; Et sur moins que cela le poids d'une cabale Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale.

Mol. I

Souvent en étudiant ou en raisonnant, on se ' jette ou on tombe dans des labyrinthes, faute de méthode ou à cause de l'extrême variété et com-

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

plication des choses auxquelles on s'applique. « Pendant que je suivais cette fausse méthode, je m'aperçus que j'enfilais une fausse route qui m'égarait dans un labyrinthe immense. >» J. J. « Je ne vais que tâtonnant dans un petit coin de cet immense labyrinthe (la botanique). » Id. Voltaire écrit à Mme du Châtelet : « Comment avez-vous pu marcher après Newton dans cette route obscure du labyrinthe immense où se perd la nature? » a Les Juifs ne connaissent plus rien dans les temps qui leur sont marqués par leurs prophéties , et ne savent par où sortir de ce labyrinthe. » Boss. « En l'étude de l'homme, je trouve une extrême variété de jugements, un profond labyrinthe de difficultés les unes sur les autres. » Mort-aigu. — Mais si les choses au milieu desquelles on a peine à se reconnaître sont du nombre de celles que les hommes ont indiscrètement multipliées ou embrouillées par des subtilités, elles forment pour celui qui cherche à les démêler, non plus un labyrinthe, mais proprement un dédale. « Avec la folle idée de vouloir tout prévoir , les Anglais ont fait de leurs lois un dédale immense où la mémoire et la raison se perdent également. » J. J.

Mais que Maupeou tout seul du dédale des lois Ait su retirer la couronne ,

Qu'il l'ait seul rapportée au palais de nos rois ;

Voilà ce que je sais, voilà ce qui m'étonne.

Ministre de Thémis , dont la rare prudence

Du dédale des lois démêle les détours. Désh. « Au barreau , on voit tous les jours L'innocence aux abois

Errer dans les détours d'un dédale de lois. Boil. Dans le Lutrin, le prélat dit à la Chicane :

Épuise en ma faveur ta science fatale ;

Du digeste et du code ouvre-nous le dédale. Id. *

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