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DEUXIÈME PARTIE

au crucifiement de la chair , à la mortification de l'esprit. » Bourd.

Mater, c'est, au jeu des échecs, réduire le roi , par l'échec qu'on lui donne , à ne pouvoir sortir de sa place. Ensuite, c'est, en parlant des animaux , les réduire , parvenir à les dompter , à les apprivoiser. « Après qu'on a maté ces éléphants sauvages (qu'on vient de prendre) pendant quelques jours par la faim et par la soif, on entre dans l'enclos. Comme ils sont extrêmement affaiblis, ils ne résistent pas longtemps.... Ainsi domptés, ils se laissent conduire.... On les apprivoise.» Roll. Enfin, dans le style de la dévotion, c'est soumettre le corps et la chair, les réduire en servitude, les assujettir, après avoir abattu leur fierté et leur arrogance, a Notre chair est une chair rebelle , et il n'est pas possible de la tenir dans la soumission et dans Tordre , si l'on ne prend soin de la réduire sous le joug, à force de la châtier et de la mater. » Bourd. a Combien en voyez-vous qui , dans l'opulence , s'étudient à mater leur corps et à le réduire en servitude?» In.

Ainsi , on macère son corps en l'exténuant ; on le mortifie en le chagrinant , en le tourmentant parla répression de ses désirs, par l'extinction du feu de la concupiscence ; on le mate en le subjuguant , en le rendant docile et désormais incapable de résistance. Les saints se sont macérés, il ont châtié leur corps par le jeûne , les privations , les veilles , les disciplines et lés autres exercices de la pénitence ; ils se sont mortifiés, ils ont renoncé , non-seulement aux plaisirs du corps, mais encore à ceux de l'esprit et du cœur, ils ont combattu toute leur nature sensible , ils l'ont affligée de mille manières , et l'ont traitée avec une impitoyable dureté ; ils se sont matés , c'est-à-dire domptés , et par là ils ont acquis sur eux-mêmes un empire absolu.

1° MAGIE, CHARME, ENCHANTEMENT, CON- JURATION ; — 2° SORT , SORCELLERIE , SORTI- LÈGE , MALÉFICE , ENSORCELLEMENT , FASCI- NATION. L'idée commune à tous ces mots est celle d'un art prestigieux , d'un art prétendu , auquel la superstition ou l'ignorance attribue le pouvoir d'opérer d'une manière occulte et surnaturelle des effets réels ou imaginaires.

Mais les quatre premiers n'expriment rien de fâcheux , au lieu que les six derniers se prennent en mauvaise part. Ce peut être tout au moins sans préjudice pour personne que le magicien emploie les charmes, les enchantements et les conjurations ; mais le sorcier tient ses pouvoirs du diable, du génie du mal , et c'est d'ordinaire pour nuire qu'il emploie le sort , la sorcellerie , le sortilège, le maléfice et la fascination. Un affranchi, à force de soin et de travail, avait rendu son champ bien plus fertile que ceux de ses voisins. Ceux-ci l'accusèrent d'user de magie pour procurer à sa petite propriété une fertilité si étonnante , et d'employer des sortilèges pour rendre leurs terres stériles (Roll.). Les verbes charmer , enchanter et conjurer marquent figurément la production d'un effet agréable ou avantageux; ensorceler et fasciner , au contraire, signifient agir sur l'esprit d'une manière mauvaise ou funeste.

1° Magie, charme , enchantement, conjuration.

Magie est général, et désigne l'art même : on dit absolument , la magie , croire à la magie , les curiosités, les opérations de la magie, a Dans le pouvoir de chasser les démons était compris celui de détruire les opérations de la magie; car la magie fut toujours enseignée chez toutes les nations. » Volt, a Quelques-uns ont soupçonné Empédocle de magie.... Il semble qu'il ait voulu lui-même marquer dans ses poésies qu'il avait quelques connaissances secrètes de cette nature , lorsqu'il dit à Gorgias qu'il ne veut apprendre qu'à lui seul les secrets dont il faut se servir pour guérir toutes sortes de maladies, rajeunir les vieillards, exciter les vents, apaiser les tempêtes ,. faire venir la pluie et la chaleur , et enfin donner la vie aux morts et les faire revenir de l'autre monde. » Féh . — Charme , enchantement et conjuration sont particuliers ou relatifs à dès applications de cet art : faire ou rompre un charme , un enchantement, une conjuration. Les Juifs ont dit que Jésus-Christ avait fait ses miracles par magie , par des charmes , des enchantements , des conjurations (Boss.). « Les deux partis croyaient fermement à la magie.... On faisait plusieurs conjurations par le moyen du mot Abraxas. » Volt.

Charme et enchantement se ressemblent beaucoup. L'un vient de carmen , chant , et l'autre de cantare in , chanter dans , sur ou contre. C'est en chantant et plus tard en prononçant certains mots consacrés ou certaines formules que les magiciens étaient supposés opérer leurs prodiges. ■■ On trouve dans Virgile :

Carmina vel cœlo possunt deducere limant; et

Frigidus in pratis cantando rumpitur anguis.

Mais charme est un substantif pur : au lieu de dériver d'un verbe , il sert à en former un , charmer. Enchantement^ au contraire, est un substantif verbal.

De là il suit que le charme est une chose, un objet, et X enchantement un fait, une action ou un état. On porte sur soi un charme ou des charmes [ Acad. ) , on en attache au cou de quelqu'un (Fén.), les Juifs au moyen âge vendaient des philtres et. des charmes (Volt.), Socrate disait qu'il en avait pour gagner et s'attacher la jeunesse athénienne ; mais V enchantement commence ou cesse , on est dans Y enchantement ou on en sort, a Les pavots que le sommeil répand sur la terre apaisent tous les noirs soucis par leurs charmes , et tiennent toute la nature dans un doux enchantement. » Fén. Le charme est plus ou moins fort ou efficace; Y enchantement dure plus ou moins , est plus ou moins long. On lève un charme comme on lève un emplâtre ; on rapporte des enchantements comme on rapporte des miracles ou des faits quelconques.

La conjuration est un enchantement dans lequel on emploie des paroles, des pratiques, des cérémonies, des invocations ou des exorcismes. Un compositeur d'opéras fait des tempêtes , des tremblements de terre , des conjurations magiques (Mabm.). Voltaire rapporte une conjuration dont on se servait encore au temps de Rabelais

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

pour se faire aimer des filles. « Le secret consistait à prendre un cheveu de la fille ; on le plaçait d'abord dans son haut-de-chausse ; on faisait une confession générale ; on faisait dire trois messes pendant lesquelles on mettait le cheveu autour de son cou ; on allumait un cierge bénit au dernier évangile , et on prononçait cette formule : 0 cierge! je te conjure.... » De plus, la conjuration a pour but ordinaire d'écarter de grands maux, de chasser les démons ou de détourner des fléaux. Que si, au lieu d'être dirigée contre le diable, la conjuration quelquefois l'appelle, c'est moins pour user de son pouvoir contre quelqu'un que pour apprendre quelque chose de caché. « Le démon, malgré la force des conjurations qu'elle employait pour l'obliger à révéler l'avenir, avait la malice de la tromper. » Les. Dans son voyage en Laponie Regnard raconte que , par curiosité , il alla consulter un magicien du pays sur ce qui se passait en France. Celui-ci, qui prétendait avoir un démon à ses ordres , eut recours à son tambour et à son marteau, qui sont des instruments magiques ; mais il eut beau faire des conjurations (Regn. , Lah.) et des grimaces , se frapper le visage , se mettre tout en sang, le diable n'en fut pas plus docile.

2° Sort , sorcellerie , sortilège , maléfice, ensorcellement , fascination.

Le sort est , comme le charme , une chose ou un objet : on le. jette, on le met, on le donne. Et quitte ce morveux et l'amour qu'il te donne. C'est quelque sort qu'il faut qu'il ait jeté sur toi.

Mol.

La sorcellerie est l'art ou le métier : accusation de sorcellerie (Volt.) , histoire , jurisprudence de la sorcellerie (In.), enseigner la sorcellerie (Id.), savant en sorcellerie (Id.). « On a banni l'astrologie judiciaire , la sorcellerie , la possession du diable , la baguette divinatoire , la panacée universelle et les jésuites. » Id. « Les protestants du Nord ont été assez imbéciles et assez cruels pour faire brûler deux ou trois misérables accusés de sorcellerie. » Id. a Érasme lui-même conte des histoires de sorcellerie auxquelles il croit.» Gond.

Sortilège se prend quelquefois comme sorcellerie pour l'art du. sorcier, mais c'est dans un style plus sérieux ou plus noble, a Que penser de la magie et du sortilège ? » Larr. « Sous Gengis, le sortilège fut expressément défendu, sous peine de mort. Charlemagne ne le punit que par des amendes. » Volt. — D'ordinaire sortilège exprime une. application du sort, un fait où ce moyen mystérieux de nuire est employé, une pratique ou un trait de sorcier. « On ne voit pas d'idoles en Jacob ; on n'y voit point de présages superstitieux , on n'y voit point de divination ni de sortilèges. » Boss. a Horace reproche à Sagana et à Canidia leurs horribles sortilèges. » Volt, a Dans le pays où on cessa d'exorciser, on remarqua que le nombre énorme de possessions et de sortilèges diminua beaucoup.» Id. « Dans les Ensorcelés de Favart , il y a deux enfants à qui on fait accroire qu'on a jeté un sort sur eux , j et qui s'en accusent réciproquement jusqu'à ce qu'ils en viennent à se guérir du sortilège comme Alain et Nicette. » Lah.

| Le maléfice {maleficium , mauvaise action , méfait) ne diffère du sortilège que parce qu'on le I considère au point de vue moral ou légal , comme j criminel. « Ces sciences curieuses (l'astrologie judiciaire et la chiromancie), qui servent de couverture aux sortilèges et aux maléfices , sont condamnés dans tous les États. » Boss. « Au concile d'Orléans, en 1017, les manichéens furent condamnés par le roi Robert , autant pour leurs maléfices et leurs sacrilèges que pour leurs erreurs. » Id. « Si, depuis 1672 , il y a eu encore des accusations de maléfices, les juges n'ont condamné d'ordinaire les accusés que comme des profanateurs qui d'ailleurs employaient le poison. » Volt. — D'autre part, le maléfice est quelquefois un objet non pas abstrait , comme le sort, mais concret, matériel, c'est-à-dire la drogue ou le composé dont on se sert pour commettre le crime. « Domitius Afer, qui cherchait à se faire un nom, chargea Claudia d'adultère avec Furnius , de poisons et de maléfices destinés à l'empereur. « D'Al. a Cette esclave est une chrétienne ; ces gens-là ont des maléfices , et je crois qu'elle en use pour vous inquiéter. » Marri. « On ouvrit la chambre du sorcier; on y trouva les maléfices et il fut condamné à être pendu. » Volt.

On la vient voir, cette sorcière,.

Pour trouver de l'argent perdu,

Pour de la corde de pendu

Dont elle fait ses maléfices. Scarr.

L' ensorcellement est l'action d'ensorceler, de jeter un sort sur quelqu'un, d'exercer contre lui la sorcellerie , d'employer contre lui un sortilège ou un maléfice , ou bien c'est le résultat de cette action. Pendant l'ensorcellement le sorcier fait ceci ou cela, se tient dans tel ou tel endroit. L'ensorcellement de telle personne eut lieu à telle époque , dans telles ou telles circonstances , dura tant d'années , fut ou ne fut pas constaté , causa la mort du maléficié , etc.

La fascination est un ensorcellement partiel, dont l'effet se borne à empêcher de voir les choses telles qu'elles sont, « Écoutez le sage : la vie humaine est une fascination, une tromperie des yeux : on croit voir ce qu'on ne voit pas ; on voit tout avec des yeux malades. Mais vous l'aimiez si éperdument, et maintenant vous ne l'aimez plus? J'étais ébloui; j'avais les yeux fascinés ; je les avais troubles. » Boss.

MAINTENIR, SOUTENIR. Empêcher qu'une chose ne tombe ou ne succombe , ne défaille ou ne soit détruite. Ils se disent, au propre, d'un bâtiment , mais plus souvent au figuré , en parlant de diverses choses, et, par exemple, d'un État , de l'autorité , de l'honneur , de droits , d'intérêts, etc. On maintient et on soutiejit une personne dont on assure la position. Maintenir et soutenir se prennent aussi l'un et l'autre dans le sens d'affirmer.

Mais maintenir, tenir la main ou par la main , a rapport à la durée , il marque une continuité d'assistance; soutenir, tenir par dessous ou en dessous, se distingue davantage par l'idée de force, il annonce un secours puissant, plutôt énergique que durable, et plutôt physique que

moral. « Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu'un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soutiennent. La force des lois dans l'un, le bras du prince toujours levé dans l'autre , règlent ou contiennent tOUt. » MONTESQ.

Le respect des lois sert à maintenir l'ordre ; quand une atteinte grave est portée à l'ordre , c'est au pouvoir à le soutenir. On maintient une personne en place en veillant sans cesse à ce qu'elle ne soit point déplacée ; on la soutient contre des ennemis en repoussant leurs attaques. On maintient la paix; on soutient des guerres- Voulez-vous maintenir votre santé, consultez l'hygiène ; s'agit-il de la soutenir dans le besoin , ayez recours: à la médecine. La tradition maintient la foi (Pasc.) ; les confesseurs de la foi l'ont soutenue avec courage, malgré les menaces et les plus violentes persécutions (Bourd.). Un ami vous maintient dans tel état, et vous soutient dans vos entreprises.

La chose qu'on maintient on la conserve , on la fait durer ou continuer à être ; la chose qu'on soutient on la défend, on la fait triompher de tous les assauts. Maintenons les coutumes qui sont bonnes , ne nous lassons pas de les suivre ; soutenons-les , combattons les novateurs insensés qui s'efforcent de les détruire. Une femme se maintient qui reste toujours fraîche et belle ; elle se soutient quand elle résiste aux ravages du temps , aux attaques et aux accidents de toutes sortes. L'âme du sage se maintient, demeure égale à elle-même , dans toutes les circonstances de la vie ; elle se soutient , elle surmonte toutes les causes d'accablement dans les revers.

A l'égard des opinions ou dans le sens d'affirmer, même différence. On maintient longtemps , toujours, partout, constamment. « J'ai fait voir combien vous aviez imputé d'hérésies l'une après l'autre à vos adversaires, manque d'en trouver une que vous ayez pu longtemps maintenir. » Pasc. « Je maintiendrai toujours, avec tous les gens de bon goût, que.... » Volt. « Je le maintiendrai partout. » Acad. Mais on soutient avec chaleur, vivement, dans le feu d'une dispute. « II s'échauffe ensuite dans la conversation , déclame contre le temps présent, et soutient que....» Labr. « Oui, je te soutiendrai par vives raisons, je te montrerai par Aristote , que tu es un ignorant. » Le docteur Pancrace irrité. Mol. « Le prêtre avec lequel je disputais rejetait toutes mes citations, soutenant qu'elles étaient fausses. » J. J.

MAISON; — 1° CHÂTEAU, HOTEL, PALAIS; — 2° MAISONNETTE, CHAUMIÈRE, CABANE, HUTTE, CAHUTE, BABAQUE, BICOQUE. Bâtiments plus ou moins considérables qui servent au logement des hommes.

Maison est le terme commun, celui qui désigne l'objet indépendamment de son importance , ou en lui attribuant une importance ordinaire. « Quitter le monde pour Dieu, c'est s'enfuir d'une maison qui tombe en ruine. » Boss. « A ce mot de maison répond l'idée d'un lieu où nous nous renfermons contre les incommodités du dehors. » Id. On dira qu'une ville renferme tant de mai-

sons (Volt.); c'est le seul mot qui convienne en ce cas, parce qu'il n'y est nullement question de la grandeur ou de la petitesse de la chose, « On voit encore aujourd'hui les vestiges de la maison de campagne d'Adrien, qui ne passe pas la grandeur de nos maisons ordinaires. » Boll. Les hommes de la classe moyenne, ceux qui ne sont, ni grands ni petits , ni riches ni pauvres, les bourgeois, en un mot, occupent des maisons.

1° Château , hôtel , palais.

Le château , l'hôtel et le palais sont de grandes. maisons. Mais ce qui d'abord sépare nettement le château de Yhôtel et du palais , c'est que le château est une maison de campagne et non une maison de ville, ce II suffit de n'être point né dans une ville , mais sous une ruine qui trempe dans un marécage, et qu'on appelle château, pour être cru noble sur sa parole. » Labr. « L'épouse d'Auguste II , roi de Pologne , se retira dans un château , à la campagne , dès qu'elle sut sa conversion. » S. S. « Begarde, auprèsde ce hameau de neuf à dix feux, cette maison qui a quatre petits pavillons; c'est mon château. » Les. « Cet orgueilleux gentilhomme de campagne habitait une maison qu'il appelait son château, et qui n'était qu'une masure. » Id.

De leur côté , Yhôtel et le palais diffèrent en ce que le palais renchérit sur Yhôtel : Yhôtel est grand et beau, le palais très-grand et très-beau. « Étant à Mexico , j'aperçus une grande maison : C'est le palais du vice-roi, me dit mon hôte. Est-il possible , m'écriai-je ? Il y a des hôtels aussi beaux dans toutes les grandes villes d'Espagne. Je m'étais attendu à un bâtiment plus superbe. » Les. On dit l'hôtel d'un seigneur (Volt., Les.), d'un duc (Volt.), d'un ambassadeur (Volt. , Les.) , d'un grand quelconque , d'un ministre; et le palais d'un roi (Les.), d'un souverain, d'un prince ou d'un haut dignitaire de l'Église, a L'ambassadeur d'Autriche, à Paris, devait vivre avec plus de luxe et de splendeur; car il avait la première ambassade de l'Europe ; une grande fortune et un palais pour hôtel. » | Marm. a Je ne démentis point dans Yhôtel de Son Excellence (l'ambassadeur) la réputation que je m'étais acquise dans le palais du cardinal par : mes espiègleries.» Les. — En fait de maisons, palais exprime donc ce qu'il y a de plus relevé et de plus magnifique, a Pendant que notre corps est détruit, maison de terre et de boue, Jésus-Christ nous offre son palais. » Boss. a Les Juifs don- ' naient à leur Messie de belles et triomphantes armées, de grands et de superbes palais, une 1 cour plus leste et plus polie , une maison plus : riche et mieux ordonnée que celle de leur Salo- , mon , et enfin tout ce pompeux appareil dont la j majesté royale est environnée. »Id. «A Florence, les maisons des particuliers , qui pourraient passer pour autant de palais , sont ornées d'une infinité de beaux ouvrages d'architecture. C'est avec raison qu'on appelle Florence la huitième merveille du monde. » Id. a Je m'étais figuré Paris une ville aussi belle que grande , où l'on ne I voyait que de superbes rues, des palais de marbre et d'or. » J. J.

SYNONYMES À RADICAUX DIVER5.

2° Maisonnette, chaumière, cabane, hutte, cahute, baraque, bicoque.

La maisonnette, la chaumière, la cabane, la hutte , la cahute, la baraque et la bicoque sont de petites maisons.

Maisonnette est le diminutif de maison. Mais il n'entre rien de mauvais dans l'idée de ce mot : la maisonnette est de petite dimension , mais non pas chétive et désagréable. C'est quelquefois un mot du style familier ou un terme de modestie.

Elle logeait , comme j'ai déjà dit ,

Tout près des champs, dans une maisonnette

Dont la cloison Laf.

a Allez , mademoiselle , la maisonnette d'un garde-chasse, bon vivant, vaut mille fois mieux que le plus beau couvent du monde. » Marm. « Mon père avait réalisé mon songe. Le moulin , la vigne , le petit verger , bordé de haies et peuplé de troupeaux, s'offrirent à mes yeux tels que je les avais rêvés. Le plus intéressant manquait encore à mes désirs, lorsque je vis sortir de la nouvelle maisonnette le meunier, la meunière, avec leurs deux enfants : imaginera qui pourra l'ivresse de ma joie en ce moment. » Id. Voltaire écrit au président Hénault : « Honorez-moi de vos remarques sur ce second volume (du Siècle de Louis XIV). Vous qui avez bâti un si beau palais , mettez quelques pierres à ma maisonnette. »

La chaumière et la cabane sont des maisons de village , de méchantes maisons.

Mais la cabane est encore pire que la chaumière. Dans les chaumières on trouve sans doute des hommes peu fortunés, qui mènent une vie laborieuse ; dans les cabanes on ne trouve qu'indigence : c'est proprement la maison du pauvre. La chaumière, sans être ni élégamment bâtie, ni précisément gracieuse, comme la maisonnette, n'exclut pourtant pas l'idée d'une certaine aisance. Gil Blas , après avoir fait figure à la cour, et essuyé une disgrâce , « achète du peu de bien qui lui reste une chaumière pour y aller mener une vie retirée. » Les. « La vieille reine pleurait tous les jours et disait : Hélas ? si j'étais Péronnelle, à l'heure que je parle, je serais logée dans une chaumière, et je vivrais de châtaignes; mais je danserais sous l'orme avec les bergers au son de la flûte. » Fen. « Je ne suis plus qu'un vieux soldat , retiré dans sa chaumière. » Volt, a Que je voudrais avoir l'honneur de vous donner à dîner dans ma chaumière, avec des philosophes tolérants qui daignent y venir quelquefois 1 » Id.

La cabane , au contraire , se conçoit nécessairement comme misérable, a La fertile contrée d'Arpine, disait-on à Télémaque, doit vous faire oublier la pauvre Ithaque avec ses cabanes. »

FÉN

Tout est pour eux bon gîte et bon logis , Sans regarder si c'est Louvre ou cabane. Laf. Le pauvre en sa cabane , où le chaume le couvre.

Malh. Lorsqu'on veut peindre les deux extrêmes de l'opulence et de la pauvreté , on oppose le palais habité par l'une à la cabane occupée par l'autre.

' a Par l'effet de l'enfantement de Marie , les palais | et les trônes sont à bas , les cabanes sont relevées. >> Boss. « Après avoir vu Jésus couché dans j une crèche , jamais nous ne nous plaindrons de i notre misère : nous préférerons nos cabanes aux palais des rois. » Id. a La vieille reine métamori phosée en jeune paysanne , charma toute l'assemblée ; mais il fallut qu'elle se retirât dans un village et sous une cabane , étant couverte de haillons. Corysante, la jeune paysanne, au contraire, devint hideuse , et elle demeura dans ce superbe palais, où elle commanda en reine. » Fen. « Oserait-on comparer les palais magnifiques de ces grands seigneurs avec la cabane de Curius ? » Roll.

a Permettez-moi de vous parler de la réflexion que vous faites sur les chaumières des laboureurs , sur ces cabanes , sur ces asiles du pauvre; vous condamnez ces expressions dans le poëme des Saisons. Vous dites qu'une cabane ne peut pas être le logement d'un agriculteur considérable. Mais comparez les hôtels des fermiers généraux avec les logements de nos fermiers de campagne , et vous verrez que les termes de chaumière , de cabane ne sont que trop convenables. » Volt.

Hutte et cahute (voy. I" partie , p. 163) signifient des cabanes informes , faites sans aucune industrie avec de la terre et du bois ou de la paille.

Mais les huttes sont plutôt des cabanes de sauvages ou de soldats grossiers , qui ignorent l'art de bâtir; et les cahutes, des cabanes de pauvres paysans ou de pauvres bergers , répandues dans la campagne ou dans les bois. La rudesse du mot hutte annonce celle du constructeur et de l'habitant de la hutte; la misère marquée par cahute est telle que ce mot, à la différence de cabane, par exemple , ne saurait être admis dans le style un peu soutenu. Lafontaine le met dans la bouche d'un paysan qui parle patois.

A cahute , dans le langage familier , on donne pour synonymes baraque et bicoque, qui, comme cahute , se disent en raillant et par mépris d'une mauvaise petite maison.

Mais ce qui frappe surtout dans la cahute, c'est le peu de prix de la matière. Ce qu'on considère dans la baraque, c'est qu'elle a été bâclée , faite à la hâte, sans proportion, sans ordre. En effet , baraque , au propre , sert à exprimer , comme hutte , les petites maisons improvisées par les soldats en campagne; avec cette différence que la baraque est en planches , au lieu d'être en terre , comme la hutte , et que baraque s'applique aux soldats d'à présent, et non pas, comme hutte , à des soldats barbares ou à des sauvages.

Quant à la bicoque (place de guerre de peu d'importance et de peu de défense), elle est , ce semble, bâtie sur une hauteur ou bien hors d'état de résister beaucoup ou longtemps à l'action du vent et de la pluie.

1° MAISON, LOGIS, HABITATION; — 2° DE- MEURE, DOMICILE, RÉSIDENCE, SÉJOUR. Ces mots indiquent le lieu ou ont rapport au lieu dans lequel on se tient d'ordinaire. La première condition pour trouver une personne , c'est de

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