‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 653 sur 881 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

le concile le respect que méritait un si grand nom. » Id. « N'est-on obligé d'obéir qu'autant qu'on y est forcé , et en est-on dispensé sitôt qu'on peut faire résistance ? » J. J. « A l'instant que le gouvernement usurpe la souveraineté , le pacte social est rompu; et tous les simples citoyens , rentrés de droit dans leur liberté na- J turelle , sont forcés , mais non pas obligés d'obéir. » Id.

Contraindre , du latin constringere , serrer fortement, étreindre , tient le milieu entre obliger et forcer. Ce qui oblige engage; ce qui contraint presse vivement; ce qui force décide invinciblement. Obliger annonce une influence douce; contraindre, une influence pressante; et forcer^ une influence souveraine, irrésistible. La loi, la morale , la charité , le serment , une parole donnée , obligent; les considérations graves, les importunités , les obsessions , les besoins urgents , les persécutions, les poursuites judiciaires ou autres, contraignent ; la puissance ayant, ou ayant, pour ainsi dire , les armes à la main , force. Dans les Amants jaloux de Lesage, Angélique dit à Cléante , au moment d'accepter la main de Damis : a Souvenez-vous au moins que vous m'y obligez..., que vous m'y contraignez..., que vous m'y forcez. » Contraindre dit donc plus Qu'obliger et moins que forcer. « On est étonné de voir Néron obligé par degrés de se tuer, sans aucune raison qui l'y contraigne. » Montesq. « Des élections contraintes et forcées. » Roll.

Violenter ressemble beaucoup à forcer, comme la violence à la force. Cependant la violence est une force emportée , brutale , qui se porte à des violences, à des sévices, à de mauvais traitements ; en sorte que violenter , mot familier , ou au moins du style commun, signifie forcer à coups de poing ou en montrant le poing, en battant ou en menaçant de battre. « Ils reviennent contre leur signature. Ils soutiennent qu'on les a violentés chez le procureur, qu'on les a battus, qu'on les a menacés de la corde s'ils ne signaient pas. » Yolt. « Voilà l'homme qui nous a violentés , qui ne nous a parlé que de cachots , qui nous a battus pour nous dépouiller de notre bien. » Id. « Pilate condamna Jèsus-Chrit avec répugnance, violenté par les cris et par les menaces des Juifs.» Boss. * On leur arracha cette faute (à Luther et aux siens), dit M. Basnage. Quoi ! leur fit-on violence pour souscrire à cet acte ? Leur fît-on voir des épées tirées ? Les enferma-t-on du moins ? Les menaça-t-on ? On leur promit des monastères à piller.... C'est ainsi que Luther, Bucer et Mélanchton sont violentés , selon M. Basnage. » Id.

Comment! battre une veuve et la violenter/ Regk.

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