STRABON
Le soufre préparé n'est pas plus combustible. Démocrite. Regn.
Autre différence non moins importante. Aimant ne va pas au delà du sentiment : qui est aimant aime, se plaît à aimer, vit d'affection, rien déplus, a Encore aurais-je pu me passer d'amis, quoiqu'ayant un cœur aimant et tendre pour qui des attachements sont de vrais besoins. » J. J. t La fauvette fut l'emblème des amours volages; cependant la fauvette, vive et gaie , n'en est ni moins aimante ni moins fidèlement attachée. » Buff. « Il est des caractères aimants, qui, profondément convaincus de tout ce qui s'oppose au bonheur de l'amour, repoussent tout ce qui peut entraîner à cette passion. ■» Staël. « Je suis persuadé que l'amitié de Nisus et d'Euryale est un des morceaux qui ont le plus intéressé l'âme aimante de Virgile. » Bern. Mais sensible a un caractère pratique ; il suppose qu'on prend part à ce qui touche les autres, qu'on compatit à leurs maux ou qu'on travaille à y remédier. L'homme aimant n'est que liant; l'homme sensible est bon. ^ Durant l'opération je m'efforçais de retenir mes plaintes pour ne pas déchirer le cœur sensible du bon maréchal. » J. J. a Nous les conjurons de daigner se mettre à la tête de ceux qui ont entrepris de justifier et de secourir la famille des Sirven. L'aventure effroyable des Calas n'aura point épuisé la compassion des cœurs sensibles. » Volt. « Soyez touchés de mes malheurs , sensibles et compatissants voisins. » Bern. « Tous les êtres à qui leurs malheurs et leurs besoins donnent des droits à la pitié des âmes sensibles. » Del.
J'appris de l'infortune à devenir sensible ;
Vous souffrez : mon devoir est de vous secourir. Chén.
AIMER À, PRENDRE PLAISIR À. On aime à faire et on prend plaisir à faire ce qu'on fait volontiers.
Aimer à faire une chose, c'est y incliner, y avoir du penchant, et, comme le penchant est quelque chose de constant, aimer à suppose une disposition habituelle et caractéristique du sujet. Telle personne aime ou n'aime pas à donner (Bourd.). « Les jolies femmes n'aiment point à se fâcher; elles aiment à rire. » J. J. « J'ai trouvé ma vie très-courte, dit Caton ; car j'aimais fort à vivre. » Fén. « L'humilité nous fait demeurer dans notre place, qui est d'aimer à n'être rien. » Id. « L'homme n'aime point à s'occuper de son néant et de sa bassesse. » Mass.
Oui, mon cœur au mérite aime à rendre justice. Mol.
Le peuple aura peut-être une âme moins soumise :
Il aime à censurer ceux qui lui font la loi. Corn.
Au contraire, prendre plaisir, se plaire, trouver du plaisir à faire une chose, le plaisir étant de sa nature passager, de peu de durée, exprime dans le sujet une disposition accidentelle, et, en
général, quelque chose qui arrive dans l'occasion. a D'espérer que Dieu sera toujours disposé à faire un autre miracle encore plus grand, qui serait de nous convertir, c'est prendre plaisir à nous tromper nous-mêmes. » Bourd. «< Quand on est orgueilleux pour des biens empruntés, le prêteur prend plaisir à confondre l'emprunteur ingrat. » Fén. « Monsieur, dis-je un soir au docteur Sangrado, j'atteste ici le ciel que je suis exactement votre méthode; cependant tous mes malades vont en l'autre monde : on dirait qu'ils prennent plaisir à mourir pour décréditer notre méthode. » Les. « Un amateur ne prend plaisir à voir un tableau de Vernet, que parce qu'il lui rappelle une série d'effets qu'il a observés luimême. » Bern.
Quelqu'un a pris plaisir à se jouer de vous. Corn.
Et pour traiter la paix avec tant d'avantage,
On ne m'a point forcé de m'en faire le gage :
J'ai pris plaisir à l'être. Id.
Qui aime à vous obéir est toujours prêt à faire ce que vous voulez ; mais on dira de quelqu'un, qui dans un cas particulier a exécuté avec joie quelque ordre de vous, qu'il a. pris plaisir à vous obéir.
ALTÉRER, FALSIFIER. Altérer ou falsifier des écrits, des textes, des passages, c'est en changer le vrai sens; altérer ou falsifier des monnaies, c'est les modifier de façon à en diminuer la valeur.
Mais altérer (d'alter, autre), rendre autre, signifie cette action sans imputer au sujet d'intention bien mauvaise, et même quelquefois sans lui supposer d'intention. C'est ainsi qu'il peut arriver à un copiste d'altérer un texte faute d'attention ou par ignorance. « Ces passages de saint François de Sales se trouvent (sans mauvais dessein, nous le croyons) supposés, tronqués, altérés dans les termes et pris à contre sens par l'auteur de Y Explication des maximes des saints. » Boss. « Il s'en est fait des copies ; elles se sont répandues, elles se sont altérées.... Sans dessein de mentir, il se trouve qu'on altère la vérité. » Id.
Falsifier, au contraire, implique le dessein de mentir; car c'est changer ou altérer en trompant, en commettant une fausseté, en faussaire ou en fourbe (falsifions). « J'ai écrit à M. de Montmollin une lettre qu'il a fait courir, mais dont les voltairiens ont pris soin de falsifier beaucoup de copies. » J. J. « On voit ici la raison pourquoi les Samaritains ont falsifié, dans leur Pentateuque, l'endroit où il est parlé de la montagne de Ganzim, dans le dessein de montrer que cette montagne était bénie de Dieu et consacrée à son culte, a Boss. « Voilà l'accusation la plus formelle de mensonge et de falsification. » Fén.
Une chose est plus ou moins altérée, et plus ou moins audacieusement ou artificieusement falsifiée : « On a imprimé un recueil de mes lettres à Avignon; on dit que ces lettres sont aussi altérées et aussi indignement falsifiées que celles qui ont été imprimées à Amsterdam. » Volt.
En général, falsifier dit plus qu'altérer : ce n'est pas seulement produire une simple ou une légère modification, qui échappe en quelque sorte, c'est causer un changement déterminément, ex-
près, de propos délibéré, et, par conséquent, un changement essentiel ou profond. Aussi falsifier se met-il bien après altérer pour renchérir. « Ces vils champions se cachaient sous des monceaux de textes altérés et falsifiés. » Lah. « Ceux qui profanent ainsi la science du christianisme sont des ouvriers mercenaires qui altèrent et falsifient par un mélange étranger cette divine monnaie. » Boss.
« Il n'y a rien que je déteste davantage que de blesser tant soit peu la vérité; et j'ai toujours pris un soin très-particulier non-seulement de ne pas falsifier, ce qui serait horrible, mais de ne pas altérer ou détourner le moins du monde le sens d'un passage. » Pasc.
AMANTE, MAÎTRESSE. Une femme est IV mante ou la maîtresse d'un homme qui est sa passion ou dont elle est la passion.
Amante, en latin amans, est un mot qui a été emprunté d'une langue savante et polie pour être transporté en français avec sa signification originelle. Maîtresse, féminin de maître, tire bien aussi son origine d'un primitif latin (magister, magistra) ; mais ce primitif a un autre sens, et ce n'est pas sans peine qu'on aperçoit que maîtresse en dérive. Il suit de là qu'amante est plus noble, et maîtresse plus commun. Cela peut aussi servir à expliquer pourquoi amante ne se prend jamais comme maîtresse en mauvaise part, dans le sens de concubine, de femme qui a avec un homme un commerce de galanterie.
Sur ce vers du Sertorius de Corneille,
Si vos Romains ainsi choisissent des maîtresses..., Voltaire remarque que le mot de maîtresse n'a jamais été employé par Racine dans ses bonnes pièces. Ce n'est pas assez dire : maîtresse ne doit jamais paraître dans une tragédie. Là le mot propre est amante.
Je plains les tourments de l'amour, Phèdre abhorrant sa flamme, et se cachant au jour, Didon sur son bûcher. Toute amante a des charmes; Hermione a ses cris, Andromaque a ses larmes. Oui, je plains et Chimène, et ses nobles douleurs, Et les longs cris perdus d'une Ariane en pleurs. Duc.
Ce sont là en effet les noms d'autant d'amantes, et c'est dans des tragédies ou des poèmes héroïques que figurent les femmes qui les portent. •
Mais dans la comédie, c'est maîtresse qu'il faut dire. Harpagon, dans Y Avare, n'y manque pas. t Les beaux yeux de ma cassette! Il parle d'elle comme un amant d'une maîtresse. » Mol. « Térence ne pouvait, comme Plaute, donner à ses jeunes gens que des courtisanes pour maîtresses. *> Lah.
Une autre différence plus essentielle, quoique d'une application moins ordinaire, c'est que IV mante aime, et que la maîtresse, soit qu'elle aime ou qu'elle n'aime pas, est considérée uniquement comme aimée. Dans Andromaque, Hermione est Y amante de Pyrrhus, comme elle le dit elle-même à 0 reste :
Ah ! fallait-il en croire une amante insensée ? Mais Bernardin de Saint-Pierre, dans le passage suivant, l'appelle avec une parfaite justesse la maîtresse de ce même Oreste : « Les vertus criminelles d'Oreste, qui, pour plaire à une mai-
SUPPLEMENT
tresse dont il était haï, assassina Pyrrhus, auprès duquel il était ambassadeur, sont d'un trop dangereux exemple. » Dans VIngé7iu de Voltaire, Mlle de Saint- Yves est dite Yamante de l'Ingénu quand elle est représentée comme l'aimant, comme portée vers lui de cœur et d'affection. « Une indifférente qu'on mettrait au couvent jetterait les hauts cris, mais une amante, et une amante aussi sage que tendre! c'était de quoi la mettre au désespoir. » Mais l'auteur change le nom d'amante en celui de maîtresse toutes les fois qu'il montre la belle Saint-Yves comme étant l'objet de l'amour du jeune Huron. « L'Ingénu voulait aller mettre le feu au couvent, enlever sa maîtresse, ou se brûler avec elle. »
AMATEUR, CURIEUX. Ces deux mots pris substantivement désignent un homme comme ayant pour certaines choses un goût prononcé, prédominant.
Mais ce qui caractérise l'amateur, c'est le sentiment qui l'attache; et ce qui distingue le curieux, c'est la nouveauté, la rareté ou l'originalité des choses qui l'attachent. Dans le jardin d'un amateur vous trouverez beaucoup de fleurs, ou de belles fleurs, ou telles fleurs de prédilection; dans le jardin d'un curieux vous trouverez des fleurs étrangères (J. J.). « Les amateurs des anciens et d'Homère ne pardonneront jamais à Dacier sa malheureuse érudition. » Lah. « Les médailles sont devenues un objet de recherche pour les curieux d'antiquité. » Id. Les amateurs de littérature se plaisent à lire les ouvrages d'esprit, à en admirer les beautés; « Il y a un panégyrique des poésies de Lefranc de Pompignan si extraordinaire, qu'il sera toujours cité comme un phénomène unique en ce genre, du moins par les curieux de littérature. » Lah. On dit les amateurs de tableaux en parlant des hommes qui aiment la peinture ; mais on dit les curieux de tableaux anciens (Les.), de tableaux originaux.
AMBITIONNER, BRIGUER. C'est, selon la définition de l'Académie, rechercher avec ardeur, avec empressement.
Ambitionner déplaisait à Vaugelas qui l'avait proscrit comme n'étant pas du bel usage et lui avait prédit une chute prochaine. Ce mot n'en a pas moins fait son chemin, parce qu'il est nécessaire aussi bien que celui de briguer, chacun des deux ayant une nuance particulière qui le rend seul propre à être employé dans certains cas.
Ambitionner, comme ambition, latin ambiiio, se prend en bonne et en mauvaise part : on peut ambitionner des choses grandes et belles et les poursuivre par des voies honorables, a Cette maison cache un trésor dont y ambitionne la possession. » Dest. « J'ai longtemps ambitionné l'honneur d'être curé;je V ambitionne encore, mais je ne l'espère plus. Je ne trouve rien de si beau que d'être curé. » J. J. « Louis XIV montra d'abord qu'il ambitionnait toute sorte de gloire, et qu'il voulait être aussi considéré au dehors qu'absolu au dedans. » Volt. « Puisque Boileau désirait avec tant d'ardeur l'approbation de l'immortel Colbert, pourquoi n'ambitionnerions-nous pas les suffrages de ceux qui ont rendu des services essentiels à la patrie?» Id. «Les princes et les grands n'ambi-
tionnent guère le surnom de juste, parce qu'ils n'en connaissent pas la beauté et l'excellence. » Roll. Briguer n'est jamais susceptible d'un bon sens, non plus que brigue, qui a servi à le former et qui est d'une origine probablement vulgaire : ce qu'on brigue est de peu de valeur, mérite peu d'estime, ou on emploie, pour l'obtenir, des brigues, c'est-à-dire des cabales, des manœuvres secrètes, honteuses ou tout au moins blâmables. « On verra les aspirants aux charges briguer la faveur des comédiens pour obtenir les suffrages. » J. J. « On brigue sourdement la faveur; on mérite et on demande hautement des récompenses. » Volt. « Toutes les nations de l'Europe, qui avaient négligé l'alliance de l'Angleterre sous Jacques 1er et sous Charles 1er, la briguèrent sous le protecteur. » In. a Un peu d'honneur suffit à un principal pour ne jamais briguer aucun pensionnaire. Ce serait avilir et dégrader sa profession et la confondre avec l'emploi des mercenaires et des ouvriers, dont plusieurs même rougiraient d'une telle démarche. » Roll.
On voit parmi le monde un tas de sottes gens Qui briguent des flatteurs les discours obligeants.
LAF.
a Pompée ambitionnait le commandement ; mais dans le commandement il cherchait moins la puissance que l'éclat... . César, qui comptait peu sur la faveur du peuple, ne la briguait que pour obtenir le commandement, et, bien différent de Pompée, il ne cherchait dans le commandement que la puissance, c'est-à-dire les richesses et l'affection des soldats. » Cond. a On ambitionnera les grandes places pour s'attirer dans le monde une considération agréable et profitable; on briguera les offices publics pour le bénéfice qui en revient.» P. A.
A cette différence il en faut joindre une autre moins importante, mais non moins réelle. Ambitionner est absolu, et briguer relatif. Ce qu'on ambitionne, comme, par exemple, la gloire, la louange, n'est pas disputé, ou plusieurs peuvent en jouir à la fois. Mais ce qu'on brigue, ce pourquoi on forme une brigue ou une cabale, suppose des concurrents qu'il s'agit de surpasser ou de renverser. De là vient qu'on dit briguer plutôt qu'ambitionner un choix, et briguer plutôt qu'ambitionner à l'envi.
Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix.... rac » On aurait peine à croire que les plus grands hommes briguassent à l'envi la société des courtisanes d'Athènes. » Thom. « Ce fut à qui briguerait cette commission. » Roll.
ÂME , COEUR. Partie sensible et appétitive de notre être.
A Vâms se rapportent proprement les sentiments, et au cœur les passions.
On a touché son âme, et son cœur s'est épris. Corn. a Ce discours augmenta encore mon estime pour Mme de Selve, et par conséquent mon amour. Quand cette passion est une fois entrée dans le cœur, notre amené reçoit plus d'autres sentiments qu'ils ne servent encore à fortifier l'amour. » Ducl.
En morale et en esthétique, où les mouvements sensibles sont toujours calmes, on montre plus ou moins d'âme; mais en amour et à la guerre, où il
faut être tout ardeur, tout feu, c'est précisément
du cœur, et non pas de Yâme, qu'il s'agit d'avoir.
a Suis-je moins bonne et moins vraie, ai-je moins
de fierté, moins d'élévation dans Y âme, parce que
l'amour règne sur mon cœur'} » Staël.
Ces braves citoyens (les bourgeois de Calais),
Qui mourant pour l'État en sont les vrais soutiens,
Savent qu'à leur grand cœur mon âme porte envie.
De Belloi.
ÂME, ESPRIT. C'est le nom donné en français à la partie intime et invisible de notre être, au principe de vie dont les opérations et les facultés sont étudiées par les philosophes. Quand une personne est sur le point d'expirer, nous disons également, à l'imitation des Latins, qu'elle va rendre Y âme ou rendre Y esprit.
Cependant Y âme se considère plutôt en rapport avec le corps; elle est jointe à un corps qu'elle anime et qu'elle meut. Mais Yesprit se conçoit indépendamment du corps, comme quelque chose de fin et de subtil qui est proprement opposé à la matière : Dieu et les intelligences célestes sont des esprits, non des âmes, et quand Y âme de l'homme aura dépouillé son enveloppe corporelle, elle sera, elle aussi, un esprit, un esprit pur. a Comme Dieu est esprit, mon âme aussi est esprit. » Labr.
D'autre part, au mot âme se rattache spécialement l'idée de nos facultés les plus corporelles, les plus dépendantes du corps dans leur développement, l'idée de la sensibilité et de la volonté ; au lieu qu'esprit rappelle particulièrement notre faculté la plus abstraite, pour ainsi dire, la moins assujettie, dans son exercice, à la condition du corps, la raison. On dit, les sentiments et les mouvements de Y âme; une âme sensible, passionnée, forte : mais on dit, les idées, les lumières, la justesse, les inventions de Yesprit ; un esprit éclairé, instruit, méthodique. Du principe intellectuel et moral de vie dans l'homme âme représente le côté moral, et espritle côté intellectuel. C'est avoir de Yâme que de se distinguer par le cœur, que d'être capable de sentiments vifs, de passions fortes et de résolutions énergiques; c'est avoir de Yesprit que d'être une bonne tête, que d'être capable de saisir les choses et leurs rapports, d'imaginer, de réfléchir, de raisonner.
« On voit dans le monde des esprits élevés, mais en même temps des âmes basses; de bonnes têtes, mais de méchants cœurs. » Bourd. «L'émotion qui nous fait rire est une affection de Yesprit ou de la raison humaine ; celle qui nous fait verser des larmes est un sentiment de Yâme. » Bern. «L'esprit est l'œil de Yâme, non sa force; sa force est dans le c «ur, c'est-à-dire dans les passions. » Vaut, a Marie Tudor laissa une mémoire odieuse dans Yesprit de quiconque n'a pas Yâme d'un persécuteur. » Volt. « Grâce au retour de l'humanité dans les âmes, de la raison dans les esprits.... » Marm. « Cesvérités répétées à l'homme par la Providence ne peuvent échapper ni aux émotions de son âme, ni aux recherches de son esprit. » Staël, a Ces grandes questions ont intéressé tant d'esprits éclairés, et calmé tant d'âmes souffrantes. » Id. « Il y a parmi nous si peu d'élévation dans Yâme, et de justesse dans Yesprit.»
Id. a Ce parti a besoin plus que tout autre de courage dans Yâme et d'étendue dans Yesprit.-» Id. a Un esprit raisonnable et une âme vertueuse valent bien des parents. » Mariv. « La lecture où il se trouve quelque chose qui peut façonner Yesprit et fortifier Yâme est celle que j'aime le plus. » Laroch. « On dit que, faible par caractère, Cicéron n'était grand que par réflexion...., que son esprit donnait du ressort à son âme. » Thom.
Au figuré, même différence. On appelle âme d'un parti l'homme qui le mène, qui le fait aller, qui en est le moteur , et esprit d'un parti l'ensemble des vues ou des maximes qui lui servent comme de symbole. L'âme d'une ligue change nécessairement par la mort de son chef, tandis que son esprit reste le même.