‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 827 sur 881 · CONSIDÉRATION (EN) DE, EN FAVEUR DE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATION (EN) DE, EN FAVEUR DE

Eu égard à, en se laissant déterminer par telle chose ou telle personne.

En considération de marque considération, estime ; de sorte que ce qu'on fait en considération d'une chose ou d'une personne est dû ou mérité. « Dieu l'a fait saint en considération de sa foi et de sa douceur. » Bourd. « Je ne puis lui refuser mes faibles offices, en considération du commerce obligeant qu'il a eu avec moi en ce pays-ci. » Fén. « On accorda la qualité de citoyens romains aux Campaniens, en considération de leurs cavaliers qui avaient refusé d'entrer dans la révolte

SUPPL. SYNON. PHANÇ.

de

s Latins. » Roll. « On le déclara vice-amiral en considération de ses services. » Volt. « Je fis dire au roi que je ne lui demandais ni grâce ni retour pour moi, mais que je le suppliais, eu considération de mes services, de donner quelque chose à mes enfants. » Bussy. « Egée assure Médée d'une retraite chez lui à Athènes en considération d'un service qu'elle promet de lui rendre. >»

En faveur de a un caractère tout opposé : quand en faveur d'une chose ou d'une personne, on fait telle ou telle action, ce n'est pas une récompense qu'on donne, c'est une faveur, une grâce, un pardon ou une libéralité qu'on accorde. « Dieu cherche dix justes, en faveur desquels il puisse épargner toute la multitude innombrable. » Fén. « Le ciel semblait suspendre, en faveur de la piété de la reine, la vengeance qu'il méditait. » Boss. « Us nous pardonnent les endroits qui leur ont déplu, en faveur de ceux qui leur ont donné du plaisir. » Rag. « L'esprit religieux et militaire domine tellement en Russie, qu'on peut faire grâce à bien des travers en faveur de ces deux grandes sources des belles actions. » Staël. « On excusera les grandes fautes de François Ier en faveur des arts et des sciences dont ïl a été le père. » Volt. « 11 faut que vous supportiez mes défauts en faveur de mon amitié. » Sëv. Géronte dit de Lisette, sa servante, dans le Légataire : Je la souffre en faveur de quelques bons talents.

Regn.

« En faveur de ce mariage, le roi d'Espagne le fit grand de la première classe. » S. S. Quand je vous la promis vous me fîtes serment Que votre oncle, en (avear de cet engagement, Vous ferait de ses biens donation entière. Regn.

Ainsi, en considération de annonce chez celui qui agit de la reconnaissance ou de la justice, et en faveur de lui suppose de l'indulgence ou de la générosité.

CONSUMER, DISSIPER, ENGLOUTIR, AB- SORBER. C'est, en parlant de biens ou de rij chesses, les faire disparaître, faire en sorte qu'il n'y en ait plus.

Consumer, du latin consumere, consumer, détruire, employer entièrement, épuiser, exprime I une action complète, qui ne laisse rien subsister de la chose : une succession consumée a totalement disparu. De plus, ce verbe a cela de particulier, qu'il est relatif, qu'il se rapporte à l'emploi de la chose ; et c'est pourquoi on peut dire consumer ses biens, ses richesses à faire telle ou telle chose, ou en telles ou telles choses. « Il consuma tout ce qu'il avait de richesses à faire bâtir un temple. » Laf. « Consumer de grandes sommes en habits, en meubles et en équipages. » Labr.

De son bien en procès consumer le plus bpau. Rac.

Dissiper, du latin dissipare, répandre çà et là, c'est gaspiller, user de sa fortune en dissipateur, en homme qui administre mal ses affaires, qui jette l'argent par les fenêtres. « ]] avait caché son talent....; il l'eût dissipé en folles dépenses. » Mass. A dissiper ajouter en folles dépenses, c'est faire un pléonasme; car l'idée de folles dépenses est toujours contenue dans celle de dissiper.

Engloutir, in gtdd, dans la gueule, c'est dévo-

rer en glouton, tout d'un coup. Un joueur, par exemple, peut engloutir en un instant tout un riche héritage. « Il eut le malheur de s'entêter d'une de ces fameuses coquettes qui dévorent et engloutissent en peu de temps les plus gros patrimoines. » Les.

Mais absorber, de sorbere ab, humer en tirant de, avaler, non pas gloutonnement, mais par une action successive, suppose un fait qui s'accomplit peu à peu. Ainsi un plaideur peut voir sa fortune absorbée par une longue suite de procès. « Toutes ces nations qui entouraient l'empire en Europe et en Asie absorbèrent peu à peu les richesses des Romains. » Montesq.

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