‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymesChapitre 833 sur 881 · EMPRISONNEMENT, PRISON, DÉTENTION · texte numérisé non relu

EMPRISONNEMENT, PRISON, DÉTENTION

Trois mots dont on se sert pour exprimer qu'un homme est renfermé par autorité, et ordinairement par autorité de justice.

« Prison, dit l'Académie, signifie quelquefois emprisonnement. » Il n'en est rien, à prendre les mots à la rigueur. V emprisonnement est l'action de mettre ou le fait d'être mis en prison, incarcéré, placé dans un lieu à ce destiné; on le raconte et on en cite la date. « Les enfants de Jacob lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé, Yemprisonnement de Siméon, et l'ordre exprès qu'ils avaient reçu de mener Benjamin en Egypte. » Roll. « Le duc d'Albe fit arrêter les comtes d'Egmont et de Horn.... On dit que le cardinal de Grandvelle, quand la nouvelle de cet emprisonnement fut portée à Rome, demanda si le duc avait arrêté le Taciturne. » Boss. « 11 paraît évident que la perte des templiers était résolue trèslongtemps avant cet éclat. L'accusation et Yemprisonnement sont de 1309. » VoLT.Lejour (Bach.), le lendemain (Volt.) de son emprisonnement. — Mais la prison est un état, celui qui succède à

Y emprisonnement, le séjour plus ou moins long qu'on fait dans le lieu à ce destiné. Au lieu de dire qu'elle arrive à telle ou telle époque comme

Y emprisonnement, on dit qu'elle est d'une durée plus ou moins grande. « La duchesse du Maine ne craignait rien pour sa tête ni même pour une prison dure et longue. » S. S. «Vous savez après combien de prison et à quelles conditions l'un de ces ducs d'Alençon eut sa grâce. » Id. Pendant sa prison (Les.), pendant sa longue prison (S. S.). i Par jugement du tribunal des Maréchaux de France, MM. de.... ont été condamnés à une prison de six semaines. » Bach. « Richard (Cœur de Lion) ayant été arrêté en Allemagne, Philippe- Auguste fit durer sa prison autant qu'il put. » Boss. -rOn rapporte toutes les circonstances d'un emprisonnement (Les.) ; on plaint quelqu'un de la longueur de sa prison (Fën.).

, a Quoique le roi eût fait des défenses rigoureuses d'écrire dans les pays étrangers Yemprisonnement de don Carlos, la nouvelle en fut bientôt répandue.... Le comte de Lerme, à qui le roi avait confié la conduite de don Carlos durant sa

prison, avait conçu pour lui une amitié extraordinaire. » S. Real. « Les emprisonnements, les exils, dont on avait disputé la puissance aux rois, sont devenus leurs prérogatives.... La noblesse ne devait se plaindre ni des prisons ni des exils qu'ont subis les plus grands seigneurs de France. » Staël.

La détention ressemble plus à la prison qu'à Y emprisonnement. Ce n'est cependant pas tout à fait la même chose. La prison est l'état d'un homme pris, qu'on tient ; la détention [detentio, de detinere, tenir éloigné, retenir, arrêter) est l'état d'un homme qu'on retient, qu'on a soin de tenir. La prison est une peine ; la détention est une précaution, ou une peine et une précaution en même temps. On inflige pour châtiment à un élève de collège une heure ou deux de prison ; J. J. Rousseau prétend que la détention de l'auteur d'un livre déjà publié n'est jamais une précaution propre à en arrêter le progrès. Le nom de détention se donne particulièrement bien à une prison subie avant le jugement, à la prison d'un adversaire ou d'un compétiteur dont on met Péloignement à profit, et à une prison dans un lieu particulièrement sûr, dans une forteresse. « La détention de M. de Morangiès et le refus d'entendre de nouveaux témoins me font trembler pour lui. Dieu veuille qu'il n'augmente pas mon catalogue des innocents condamnés ! » Volt, a Je souhaitais ardemment d'être interrogé; ce qui arriva le troisième jour de ma détention. » Les. a S'il est écrit que l'usurpateu* de mon bien profite de ma détention pour faire juger notre procès au parlement.... » Beaum. « Ainsi mourut Marie Stuart dans la quarante-sixième année de son âge, et dans la dix-neuvième de sa détention en Angleterre. » Cond. « Si ma détention à la Bastille avait duré huit jours encore, elle aurait été mon tombeau. » Marm. « M. de Lauraguais ayant écrit à M. de Voltaire pour lui faire part de son séjour à la citadelle de Metz, cet auteur a pris la chose en plaisantant. Il paraît ignorer dans sa réponse les motifs de la détention de ce seigneur. » Bach.

ENDETTER, OBÉRER. Dire avec l'Académie qu'endetter signifie charger de dettes, engager dans des dettes, c'est définir le même par le même, puisque les deux mots dette et endetter sont manifestement de la même famille. Quant à obérer, l'Académie l'explique simplement par endetter, comme si ces deux verbes étaient tout à fait synonymes.

On endette et on oh ère quelqu'un en l'amenant à un tel état de fortune , qu'il a beaucoup de créanciers, que son passif dépasse son actif, et qu'il lui est bien difficile de s'acquitter, de se remettre au-dessus de ses affaires. Voilà la ressemblance ; voici la différence.

Endetter, mettre en dettes, est le mot commun; car, bien que dette, anciennement dëbte, ce qu'on doit, ait été pris du latin debitum, tiré lui-même de debere, devoir, debitum, pour devenir dette, a subi une si grande altération de forme, que dette a perdu tout caractère de noblesse provenant de son origine. Mais obérer est un terme relevé, parce qu'il reproduit d'une manière exacte et

évidente son primitif latin obœratus, qni exprimait la même idée.

Endetter, s'endetter, endetté s'emploie à l'égard de tout le monde, et spécialement en parlant des particuliers, même les moins considérables. « Les Hollandais n'ont aucune commisération de ceux qui font des dettes. Ils pensent que tout nomme endetté vit aux dépens de ses concitoyens s'il est pauvre, et de ses héritiers s'il est riche. » Chamf. <c Mes affaires sont dans une fort mauvaise crise. Je suis déjà fort endetté, et je n'ai qu'une seule écolière. » J. J. « Je me serais considérablement endetté à l'Ile de France si je n'y avais pas vécu d'herbes. » Bern. « Les pauvres (à Athènes avant Solon) étaient si endettés, qu'on les adjugeait tous les jours comme esclaves à leurs créanciers. » Fén. Dans une lettre familière de Fénelon à sa belle-sœur on lit : « J'aurai encore la dépense des meubles pour mon logement, que je crains dans ces premières années, où je suis endetté. » — Mais obérer, s'obérer, obéré sont préférables quand il est question d'une nation entière, d'un État, d'une ville, d'un gouvernement ou de quelque grand personnage. « Vous ruinez, par ces multiplications d'offices, la bonne police de l'État; vous obérez toute la nation. » Fén. « Quand le despotisme est notoirement obéré et banqueroutier. » Id. « Sicyone se trouvait alors extrêmement obérée. » Roll. « Croyez-vous que l'État en fût obéré?» Dm. « Les dépenses augmentèrent, l'État s'obéra de plus en plus. » Volt. « Un ministère malheureux, obéré, et ignorant. » Id. « Mazarin gouvernait les finances comme l'intendant d'un seigneur obéré. » Ii). « D'Arrouy, trésorier des États de Bretagne, s'obéra si bien que, quand il fallut compter, il ne put jamais se tirer d'affaire. » S. S. D'un autre côté, endetter, qui est d'un plus grand usage, convient seul quand il s'agit de marquer avec précision à combien s'élève l'excédant du passif sur l'actif, la somme qu'on est tenu et actuellement incapable de payer. « Antoine s'endetta de six millions de sesterces. »Roll. « Les largesses de César l'avaient endetté de treize cents talents. » Cond. « Le roi vint au secours de la Comédie-Française, qu'un désordre antérieur " avait endettée de quatre cent quatre-vingt-sept mille livres. » Beaum. «La France et l'Angleterre, pour s'être fait la guerre, se sont trouvées endettées chacune de trois milliards de nos livres. » Volt. Avec obérer, au contraire, on ne détermine jamais le montant de la dette ; c'est un mot dont on ne se sert que d'une manière absolue. Aussi est-il seul propre à désigner une fâcheuse situation, non pas relative, à tel ou tel degré, mais complète , un épuisement de fortune. Qui est endetté a une dette ou des dettes; qui est obéré est accablé de dettes. « Des familles obérées, ruinées sans ressource et tombées dans la dernière mendicité. » Bourd.

ÉNERGUMÈNE, DÉMONIAQUE. Au propre, un homme possédé du malin esprit; au figuré, un homme qui se livre à des emportements.

Ces deux mots sont pris du grec, evEpyoij[jL£.voç, oai^oviaxo;. Cependant le premier a seul un air de science, ce qui en fait plus particulièrement un terme de théologie comme catéchumène, par

exemple. Dans la primitive Église on distinguait divers ordres : les surveillants, ÈTCityxouoc ; les anciens de la société, upe^êutepot...; les catéchumènes qui attendaient le baptême, et les énergumènes qui attendaient qu'on les délivrât du démon (Volt.). Au commencement de l'oblation on renvoyait les catéchumènes, les pénitents et les énergumènes (Boss.). Démoniaque, auquel correspond un mot français démon , comme à maniaque manie, à élégiaque élégie, est un mot de la langue commune. « Tous les peuples ont cru à la magie, aux sorciers, rux démoniaques , aux apparitions. 53 Volt. «Des ecclésiastiques, ennemis secrets de Henri IV, imaginèrent de produire sur la scène une démoniaque pour confondre les protestants. » Id.

D'ailleurs, énergumène dit plus que son synonyme, il suppose une plus grande fureur. «Les querelles de la religion achevaient d'ulcérer tous les coeurs. Les convulsionnaires surtout étaient des énergumènes atroces qui disaient hautement qu'il fallait du sang. » Volt. Le démoniaque, selon la valeur de la terminaison de ce mot, tient seulement du démon, y a rapport, au lieu que Y énergumène en est proprement travaillé ou tourmenté comme anciennement la pythonisse parle dieu qui s'emparait de son esprit. Pour peu qu'un homme se démène en agissant ou en parlant, on dit, surtout en style de conversation, qu'il fait le démoniaque (Fén.) , qu'il prend un ton de démoniaque. « Il me semble qu'un roi qui s'entretient tout seul avec son capitaine des gardes parle un peu plus humainement et ne prend guère ce ton de démoniaque. » Mol.

ENFONCÉ, ABIME, ABSORBÉ. Ces mots s'emploient en parlant d'un homme qu'ils représentent comme entièrement plongé dans certaines choses, au figuré.

Mais d'abord enfoncé dit moins qu'abîmé. Mme de Sévigné écrit à sa fille au sujet d'un dérangement de fortune de M. de Grignan : «Bon Dieu ! quel horrible mécompte ! Jamais il ne fut une telle dissipation: on est quelquefois dérangé; mais de s'abîmer et de s'enfoncer h perte de vue, c'est ce qui ne devrait point arriver. » Abîmé veut toujours dire enfoncé à perte de vue ou enfoncé dans une chose où on est perdu ou comme perdu. Onestm/bwcedansune étude (Acad., S. S.); enfoncé, c'est-à-dire plongé profondément ou jusqu'au fond; maison est abîmé dans une rêverie (Volt.), c'est-à-dire qu'on est engagé en pensée dans quelque chose de vague, d'illimité, qui est sans fonds et sans bornes. Un théologien érudit est sans cesse enfoncé dans la sainte Écriture (Volt.) ; un mystique est continuellement abîmé en Dieu (Bourd., Sév.), dans la contemplation de l'infini, ou, selon l'expression de Bossuet, dans l'incompréhensibilité de l'Être divin. Enfoncé dans le sommeil (Corn.), on dort profondément, rien de plus; abîmé dans la mort, abîmé de dettes, on se trouve comme quand on est abîmé dans les flots, c'est-à-dire perdu, c'en est fait.

Absorbé, du latin sorbere, humer, attirer avec la bouche, et ab, de, hors de, loin de, a cela de propre, qu'il est relatif. Il se rapporte aux choses dont on est tenu éloigné par celle à laquelle on

SUPPLÉMENT

est appliqué. L'homme enfoncé ou abîmé dans ses réflexions est considéré en soi, comme étant dans tel état ; mais celui qui est absorbé dans ses réflexions est considéré par rapport à tout le reste, comme hors d'état d'y penser, comme abstrait. « Quoique je sois absorbé dans des in-folio, je n'oublie pourtant pas Corneille. » Volt, « Vos concitoyens sont tout absorbés dans leurs occupations domestiques , et toujours froids sur le reste. » J. J. «■ Tu découvrirais des vérités qui te paraîtraient si dignes de ton application, qu'absorbé dans la contemplation de ton être tu ne pourrais plus penser à autre chose. » Mal. « Le bon gros bourgmestre, absorbé dans la contemplation de Mme de Blumm, ne s'était d'abord aperçu de rien. » Bouffl. Quand votre attention est absorbée par un objet , il ne vous en reste plus à donner aux autres. — Une seconde différence , conforme à la première, a été indiquée par Éberhard : c'est qu'absorbé, exprimant proprement une préoccupation, est purement intellectuel, ne regarde que l'esprit, au lieu que enfoncé et abîmé sont d'une application plus générale, et se disent bien, par exemple, quand il est question de l'âme et de ses états. On est absorbé dans ses pensées ou dans la lecture d'un livre (Volt.); on est enfoncé dans le chagrin (Corn.), abîmé dans la douleur (Boss.).

ENHARDIR, ENCOURAGER. Déterminer quelqu'un à ne pas craindre, à ne pas reculer.

D'abord, c'est toujours à agir qu'on enhardit, et c'est quelquefois à souffrir qu'on encourage. « Jésus-Christ avait souvent encouragé ses disciples à souffrir. » Mass.

Et quand encourager se prend comme enhardir par rapport à quelque chose à faire, il en diffère encore. La personne qu'on enhardit craint d'entreprendre, hésite, manque d'assurance; et celle qu'on encourage craint de succomber, se laisse abattre, manque de fermeté. Si tel homme n'était enhardi, il ne se porterait pas à agir; si tel autre n'était encouragé, il ne se soutiendrait pas en agissant, il se relâcherait et céderait.

C'est donc pour commencer, pour attaquer qu'on enhardit ou qu'on a besoin d'être enhardi. « Le flatteur enhardit la timidité du crime. » Mass.

Si l'amour m'enhardit, l'amitié m'intimide. Corn. « Cet assoupissement du régent le rendait méprisable, et enhardissait ses ennemis et ceux de l'État à tout oser et à tout entreprendre. » S. S. « Éloignez de moi, ô mon Dieu, une autre sorte de confiance qui enhardit les libertins à se révolter contre vous par l'espérance de l'impunité, » Boss. « Le roi parlait de Richelieu avec tant d'aigreur, qu'il enhardit Cinq-Mars à lui proposer plus d'une fois de l'assassiner. » Volt. — Mais c'est à l'exécution que se rapporte encourager ; il fait considérer l'action pendant qu'elle se fait, et non pas avant ou au début. « Il faut encourager la faiblesse. » Boss. « Ils Ta' encouragèrent à continuer. » Acad. « Compter que ce que nous aurons entrepris et commencé avec la grâce, elle nous le fera soutenir et achever ; nous encourager et nous affermir contre les répugnances et les révoltes de la nature par ce généreux sentiment : Je puis toutes choses en celui qui me fortifie. » Bourd.

« Faiblesse que le parlement mépriserait et qui Y encouragerait à aller plus avant. » S. S. — L'occasion vous enhardit; un premier succès vous encourage.

Comme encourager se dit seul quand il est question de quelque chose à souffrir, et non pas à faire, de même il y a des cas où enhardir est le seul mot qui convienne. C'est, par exemple, quand il s'agit d'exprimer l'idée de faire en sorte qu'une personne prenne l'essor, se hasarde, se lance, se produise, et non pas fasse une action suivie qui demande qu'on persévère, qu'on ne se démente point. « Ronsard n'avait pas tort de tenter quelque nouvelle route pour enhardir notre poésie. » Fén. Pareillement on dit que l'éducation publique enhardit (Roll.), et non pas encourage, un jeune homme, en l'accoutumant à aborder les gens sans crainte. « Je mourais d'envie de parler; je n'osai jamais. Plusieurs raisons renforçaient ma timidité naturelle.... Je ne trouvais dans les manières de Mme Dupin rien d'assez agaçant pour m'enhardir. » J. J.

En deux mots, on enhardit la timidité en faisant qu'elle ose, et on encourage la faiblesse en faisant qu'elle souffre ou qu'elle agisse avec constance.

ENLÈVEMENT, RAVISSEMENT, RAPT. Action de s'emparer d'une personne et de l'emporter ou de l'emmener avec soi : ¥ enlèvement, le ravissement, le rapt des Sabines.

Enlèvement, action de lever en soi, avec soi, est de ces trois mots le plus général. Il ne suppose pas nécessairement que l'action qu'il exprime soit faite avec violence, sans le consentement de la personne, ni que ce soit un crime. Fénelon écrit à La Motte : « Paris vous retient; vos amis disputent à qui vous aura; je ne pourrais vous espérer à mon tour que par un enlèvement de la main de M. Destouches. » « Un grand seigneur l'enleva, et j'appris que, éblouie de la qualité de son ravisseur, elle avait consenti à Yenlèvement. » Les. « Elle ne résistait plus que par un reste d'honneur, aisé à détruire; en effet, après quelques difficultés, elle consentit à un enlèvement. » In.

Ravissement, du latin rapere, se saisir, emmener de force, entraîner, implique toujours l'idée de la violence : une femme ravie l'est contre son gré, n'a point consenti à l'être. Le ravissement d'Europe (Fén., Les.). « Comment exprimer les mouvements de fureur et de pitié qui s'élevèrent dans le cœur de don Quichotte, si sensible au ravissement des pucelles ? » Les. — Du reste, ravissement est peu usité dans cette acception, parce qu'il en a une autre et qu'il est à craindre qu'on ne les confonde.

Rapt, dérivé également de rapere, indique de même que ravissement une action violente. Mais comme il se distingue néanmoins de son synonyme sous le rapport étymologique, en ce qu'il est pris immédiatement d'un mot latin de même forme et de même signification, raptus, il se dit particulièrement en style de palais, et il est relatif à la criminalité du fait. Le rapt est un ravissement considéré comme une action qui mérite d'être poursuivie et punie par la justice. Ce dernier caractère prévaut même dans rapt sur celui de la

violence. En sorte qu'on reconnaît un rapt de séduction qu'on oppose au rapt de violence. Mais, comme l'observe fort bien l'Académie, le rapt de violence est le rapt proprement dit. Être coupable ou accusé de rapt, du crime de rapt; puni pour un crime de rapt.

Ce jeune homme d'un rapt a médité le crime. Duc. « La mythologie est un amas de vices et de crimes déifiés : l'impudicité, l'adultère, l'inceste, le viol, le rapt, la fourberie, le larcin, le parricide même avaient leurs exemples parmi les dieux. » Marm.

Ainsi, l'enlèvement des Sabines est l'expression commune et la moins significative ; le ravissement des Sabines fait entendre que les personnes enlevées le furent malgré elles ; et le rapt des Sabines présente l'action au point de vue du droit, comme un attentat.

Page 1