FÊTER, CHÔMER, CÉLÉBRER, SOLENNISER
On dit également fêter, chômer, célébrer, solenniser un jour, ce qui signifie le signaler de différentes manières ou par différentes pratiques en
l'honneur de Dieu ou d'un saint, ou en mémoire d'un événement.
Fêter et chômer d'abord ont cela de commun entre eux et de distinctif par rapport aux autres qu'ils se disent spécialement d'un saint. Chacun d'eux a en outre une nuance tout à fait propre et caractéristique.
Fêter, faire fête, donner une fête, vient du latin festus, joyeux, gai, divertissant; en sorte qu'on fête par des réjouissances, des jeux, des danses et des, festins, comme il arrive dans les fêtes de village, par exemple, ou quand on fête quelqu'un. Il n'est pas rare de voir le saint jour du dimanche fêté par des divertissements emportés, pleins de licence et d'excès.
Chômer veut dire primitivement et absolument ne pas travailler. D'où il suit qu'on chôme en cessant de travailler ou en se reposant. On peut fêter un jour sans le chômer, et la preuve, c'est qu'il y a des fêtes chômées et d'autres qui ne le sont pas. Les jours chômés ou les fêtes chômées diminuent les gains de l'ouvrier en l'obligeant à rester oisif. C'est ce dont se plaint le savetier au financier dans une fable de Lafontaine : Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours Qu'il faut chômer; on nous ruine en fêtes. — Il semble aussi que chômer, dont l'origine est probablement vulgaire, est plus familier que fêter, qui tire manifestement la sienne du latin. On dira donc pour l'ordinaire en parlant d'un homme décrédité : c'est un saint qu'on ne fête plus. Mais en conversation et dans la comédie on préférera chômer:
L'honneur est un vieux saint que l'on ne chôme plus.
Dest.
Célébrer emporte l'idée de cérémonies; aussi dit-on célébrer des funérailles, les mystères, l'office divin, la messe, toutes expressions qui supposent quelque chose,de religieux. C'est généralement dans les temples ou les églises que se fait l'action de célébrer.
Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel; Je viens, selon l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée. Rac.
Solenniser, c'est célébrer avec solennité, c'està-dire avec des cérémonies extraordinaires. <r Les saints rois Ézéchias et Josias sont célèbres pour avoir fait solenniser la Pâque avec religion et une magnificence extraordinaire.... Les fêtes des chrétiens sont beaucoup plus simples, et en même temps beaucoup plus saintes; et cependant on est bien plus lâche à les célébrer. » Boss. « Lorsque l'Église fut protégée par les empereurs, les cérémonies se firent avec pompe. On solennisa les dimanches, les fêtes de Noël, de Pâques et de Pentecôte; et on célébra encore les fêtes des martyrs dans les lieux où étaient leurs tombeaux. » Cond. — D'ailleurs les cérémonies dont solenniser implique l'idée sont moins essentiellement religieuses que celles d'une célébration. Tout mariage se célèbre devant l'autel; mais Mazarin, pour solenniser celui de Louis XIV, fit représenter au Louvre un opéra italien (Volt.), et Sidoine Apollinaire rapporte que les soldats de Clodion solenniser ent le mariage du fils de l'un
SUPPLÉMENT
d'entre eux par des danses guerrières (Vert.) . Ainsi solenniser, c'est célébrer et quelquefois fêter avec de grandes cérémonies.
FINIR, TERMINER, DÉCIDER, VIDER, RÉ- GLER, ACCOMMODER, AJUSTER. C'est, en parlant d'une affaire, d'un différend ou d'autres choses semblables, les faire cesser, faire en sorte qu'on n'ait plus besoin de s'en occuper.
Les finir, les mener à fin ou à leur fin, marque une action douce, lente, naturelle ; mais les terminer, y mettre un terme, y couper court, signifie une manière d'agir soudaine, brusque, qui arrête les choses au lieu de les faire aller jusqu'au bout. En France on finit les procès et les disputes en suivant une marche prescrite par des lois (Fléch.) ; en Turquie on les termine promptement, on veut surtout avoir bientôt fait (Montesq.). Les dernières années de Louis XIV se passèrent à finir des disputes de religion (Fén.) ; saint Louis terminait sur-le-champ avec une netteté et un jugement admirable les choses qui demandaient une prompte résolution (Boss.). Il arrive quelquefois que, faute de pouvoir finir un différend par des négociations, on le termine par un combat. Dans une autre acception, on dit finir ses jours dans les ennuis de la vieillesse, et les terminer par un suicide.
Décider, du latin de et cxdere, couper, tran- Gher, ressemble à terminer en ce qu'il annonce comme celui-ci une action prompte, expéditive, par laquelle on en finit tout d'un coup. Mais il en diffère par l'effet qu'il exprime. En terminant, on empêche de continuer ; en décidant, on lève les doutes, on tire d'incertitude ou d'indécision. Vous terminez une guerre ou une querelle ; vous décidez une question ou quelque chose qui est en question. Quand une affaire , telle que celle d'un mariage, est terminée, c'est une affaire faite, il n'y a plus à y revenir; quand une affaire, une affaire contentieuse, par exemple, est décidée, on en connaît la solution, on sait à quoi s'en tenir sur ce qui était disputé ou débattu. On dira plutôt terminer un procès, et décider un différend, parce qu'un procès et un différend demandent, le premier à être arrêté, le second à être éclairci. « Les différends des nobles doivent être promptement décidés; sans cela, les contestations entre les personnes deviennent contestations entre les familles. Des arbitres peuvent terminer les procès ou les empêcher de naître. » Montesq.
Vider, épuiser, c'est finir, terminer ou décider à fond,Étitièrement. Ce verbe emporte l'idée d'une action complète, qui supprime toute difficulté, qui ne laisse plus absolument rien à faire ou à expliquer. « Il faut une fois vider, à cette occasion, la question que nous avons avec l'auteur sur le sujet de saint François de Salles. » Boss. « Le grand procès des anciens et des modernes n'est pas encore vidé; il est sur le bureau depuis l'âge d'argent qui succéda à l'âge d'or. » Volt. — D'ailleurs, comme ce mot désigne au propre une action commune, celle d'ôter d'un vaisseau ou d'un sac ce qui y est contenu, il ne convient guère au style noble dans l'acception dont il s'agit ici. C'est ce que Voltaire déclare expressément à propos de ces deux vers de la Mort de Pompée :
Sire, quand par 1 e fer les choses sont vidées,
La justice et le droit sont de vaines idées. Corn. Parmi les écrivains qui font le plus grand usage de vider on compte Mme de Sévigné, Lafontaine et Molière. Bossuet ne s'en sert que dans ses ouvrages de controverse. Fénelon dit en parlant des hommes grossiers du premier âge d'après Epicure : a Ils n'avaient point d'autres défenses que leurs mains, leurs ongles, leurs dents, des pierres ou des bâtons; c'étaient là les armes dont ils se servaient pour vider leurs différends. »
Régler, ordonner, c'est finir, terminer ou décider souverainement, d'autorité ou comme le fait l'autorité, en maître, par un arrêt qui fait loi. « Samuel parut à la tête du peuple de Dieu, régla les différends des tribus, et fut le censeur des rois et des princes du peuple. » Mass. « S'il n'y avait point de testament pour régler le droit des héritiers, je ne sais si l'on aurait besoin de tribunaux pour régler les différends des hommes. » Labr. «Idoménée représenta à Mentor qu'il ne pouvait régler sans lui un différend qui s'était élevé entre le prêtre de Jupiter et celui d'Apollon. » Fén.
Accommoder et ajuster, arranger, c'est finir, terminer ou décider en accommodant et en ajustant les personnes, c'est-à-dire en les réconciliant, à l'amiable, sans en venir aux moyens extrêmes et aux voies de rigueur. Mais ensuite chacun de ces deux verbes a sa nuance propre.
Accommoder se distingue par l'idée de la commodité, de l'avantage (commodum) que procure ce mode de réunion aux personnes qu'il rapproche et qu'il accorde. « Mme de Wolmar se charge de mille soins pour ses ouvriers et ses domestiques; elle leur donne des conseils ; elle accommode lfiurs différends. » J. J. Dans l'oraison funèbre de Lamoignon, Fléchier représente ce magistrat dans sa retraite de Basville, qui accommode les différends des gens de la campagne et assure ainsi le repos de pauvres familles.
Une affaire d'honneur.... Cette affaire cruelle
Vient d'être accommodée....
Je n'ai plus rien à craindre.... Dest.
On crie, on nous sépare; un procureur du coin
D'accommoder l'affaire a pris sur lui le soin :
Pour empêcher les gens d'aller chercher main-forte,
Pour prévenir, dit-il, une amende plus forte,
Je lui signe un billet encor de mille écus. Volt.
Ajuster a cela de particulier, qu'il suppose, dans celui qui opère la réconciliation, de la justesse d'esprit, un certain talent d'entremise, de l'habileté pour rétablir l'harmonie entre les personnes. « Le duc d'Orléans cajola le maréchal d'Huxelles, et lui fit entendre qu'y ayant beaucoup de petites choses locales à ajuster avec le duc de Lorraine, il fallait quelqu'un qui fût au fait de toutes ces choses; qu'il pensait que S. Contest était celui qu'il pouvait choisir comme le plus instruit et le plus propre à travailler au traité. » S. S. « Il vous faut l'entremise d'un homme de tête pour ajuster ce différend. » Dest.
Votre oncle prévenu veut vous déshériter. Une telle menace alarme votre père, <
Qui ne sait de quel biais ajuster cette affaire. Us sont partis ensemble, et vont, je crois, tous deux, Consulter sur ce point un avocat fameux. Id.
FLATTER (SE), SE VANTER. Ces verbes marquent tous deux l'effet d'une confiance qui fait qu'on s'attribue un certain avantage ou un certain pouvoir. Se flatter ou se vanter d'un grand crédit, d'être juste, de réussir, etc.; vous pouvez vous flatter ou vous vanter d'avoir fait sa conquête.
Ils sont cependant séparés par une première différence qui saute aux yeux, et qui consiste en ce que se flatter est absolu et se vanter relatif : on se flatte en se persuadant à soi-même qu'on est tel ou tel, et on se vante en s'efforçant de le persuader aux autres; celui qui se flatte en vain s'en fait accroire, et celui qui se vante à tort en fait accroire. Ne vous flattez point de telle cbose, ce serait une illusion: ne vous en vantez point, ce serait de la vanterie, de la jactance.
Mais il arrive quelquefois que se flatter se prend dans le sens relatif de se vanter. Il en diffère même alors. Il suppose un moindre degré de confiance. Celui qui se flatte espère simplement; on dit très-bien : j'ose me flatter, parce que se flatter emporte l'idée d'une sorte d'hésitation. Mithridate, dans Racine, dit en parlant des Romains :
Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux Nul ne leur a plus fait acheter la victoire.
Se vanter, d'autre part , annonce dans le sujet une assurance pleine et entière : « Le pharisien de l'Évangile se vante de n'être pas semblable aux autres hommes. » Bourd.
FLEXIBLE, SOUPLE, PLIANT. Facile à tourner en un certain sens ou en différents sens; au figut é, qui cède aisément aux volontés des autres, à leurs vœux, à leurs désirs.
Au propre, flexible se dit particulièrement des plantes, et souple des animaux. Au figuré, flexible est passif, il exprime une capacité; mais souple est actif, il indique un talent.
Pliant enchérit sur l'un et sur l'autre. En effet, l'objet pliant se met en pli comme du linge ou du papier; au lieu que l'objet flexible ou souple se courbe seulement. Il y a dans ce qui est pliant plus de mollesse ou moins d'élasticité. L'osier pliant est tres-flexible. De même on appelle pliantes les parties du corps de l'animal ou d'un animal qui sont très-souples. « Les parties de notre corps doivent bien avoir quelque consistance. Mais si elles n'avaient aussi quelque mollesse, elles ne seraient pas assez maniables ni assez pliantes pour faciliter le mouvement. » Boss. « Ce qu'il y avait de plus étonnant, c'est que les oreilles de cette mule étaient si longues, et en même temps si pliantes, qu'elles liaient, de même qu'une queue de serpent, les personnes qui auraient voulu s'approcher d'elle. » Les. — Même .lifférence au figuré. Ce qui est pliant plie, ce qui est flexible peut fléchir, c'est-à-dire commencer à plier. « Ce qui est étonnant, c'est que la religion s'est maintenue sans fléchir et plier sous la volonté des tyrans. » Pasc. Et pour ce qui regarde le rapport de pliant à souple, on trouve continuellement dans nos meilleurs écrivains pliant après souple, comme marquant un degré de plus. « Le principal effet de cette oraison est de tenir
l'âme souple et pliante sous la main de Dieu. » Boss. « Dieu seul peut te rendre aimable, car tu ne l'es point par ton naturel roide et âpre. Il faut que la main de Dieu te manie pour te rendre souple et pliant. » Fén. « Callisthène n'était pas né pour la cour, où il faut avoir un esprit souple, pliant, accommodant, quelquefois même fourbe et perfide, mais au moins dissimulé et flatteur. » Roll. « Cicéron entend par flatteurs ces hommes faux et doubles d'un esprit souple et pliant, qui, vrais Protées , prennent mille formes différentes selon le besoin. » Id.
FOIS, COUP. Mots qui servent à manquer les différents cas où une chose se fait, se passe ou se dit.
L'Académie définit coup, dans une de ses acceptions, par fois, simplement. Mais, après avoir indiqué encore un coup comme équivalent à encore une fois, elle ajoute qu'encore un coup s'emploie principalement lorsqu'on répète avec vivacité ce qu'on a déjà dit.
C'est là en effet un des caractères distinctifs de coup, et par conséquent d'encore un coup: il rappelle l'action de frapper, qui est soudaine, prompte, rapide. — Dans la Défense de la tradition, de Bossuet, il dit avec calme à la fin d'un chapitre : « Il ne reste plus ici qu'à remarquer encore une fois qu'il faut juger de la même sorte de toutes les autres matières dont on dispute avec Pelage. » Mais, dans un autre endroit du même ouvrage, il s'emporte contre son adversaire jusqu'à s'écrier : « Il faut dire encore un coup à notre critique qu'il ne sent pas ce qu'il dit. » — J. J. Rousseau en use de même. On lit dans V Emile: « Encore une fois, mon objet n'est point de donner à mon élève la science, mais de lui apprendre à l'acquérir au besoin. » Mais une lettre du même écrivain à Hume, fort animée et pleine de passion, se termine ainsi : « Encore un coup, si vous êtes innocent, daignez vous justifier; si vous ne l'êtes pas, adieu pour jamais. » — Dans VÉcole des femmes, Amorphe, d'un ton tranquille et satisfait, félicite Agnès d'avoir échappé à un piège tendu à son innocence :
Mais, encore une fois, grâce au soin apporté,
Vous en êtes sortie avec honnêteté.
Au contraire, dans le Misanthrope , Alceste courroucé relance de la façon suivante Philinte qui l'importune de ses observations :
Ah! morbleu! mêlez-vous, monsieur, de vos affaires...
Monsieur, encore un coup, laissez-moi,. s'il vous plaît,
• Et ne prenez souci que de votre intérêt.
On dit à quelqu'un humblement : encore une fois, pardon (Volt.) ; et avec colère : encore un coup, ceci ne saurait durer (J. J.) .
Une autre différence consiste en ce que coup est familier parce qu'il rappelle quelque chose de commun : boire un coup ; avoir encore deux coups à jouer.
Certaine Égyptienne Dont j'ai l'àme piquée, et qu'il faut que j'obtienne, Je l'ai déjà manquée, et même plusieurs coups. Mol. Voltaire reproche à Corneille et à Racine d'avoir fait un usage assez fréquent de la locution encore un coup, qu'il déclare trop familière et presque basse.
SUPPLÉMENT
FOIS (A LA), EN MÊME TEMPS. Simultanément, et non successivement ou à différentes époques. •
Fois a été formé du latin vices, qui signifie tour, rôle, et par conséquent à la fois annonce une action, et une action particulière, quelque chose à faire en un seul tour, en un seul rôle, en un seul coup. En même temps, au contraire, se dit bien des états, des modifications subies, ou encore des actions qui ont de la durée, qui sont en quelque sorte permanentes. Faire deux choses à la fois; posséder, éprouver deux choses en même temps, être, devenir tel et tel en même temps. Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois; une même chose ne peut pas en même temps être et n'être pas. L'âme ne peut connaître distinctement plusieurs choses à la fois, de même qu'un morceau de cire n'est pas capable d'avoir en même temps une infinité de figures différentes (Mal.). César dictait à quatre secrétaires à la fois; être en même temps comblé de richesses et accablé de misères. Quand on mange de deux mets à la fois, on n'a pas toujours deux sensations différentes en même temps.
FORFAIT, ATTENTAT. Grand crime, « Les richesses amènent une inégalité odieuse : c'est alors le siècle des attentats; on commet hardiment les plus grands crimes, et les succès paraissent justifier les forfaits. » Cond.
Le forfait est un fait, et Y attentat une tentative. Jocaste commit un forfait en épousant son propre fils (Fén.), et Clytemnestre en tuant son mari (Barth.) ; Thésée crut faussement son fils, Hippolyte, coupable d'un attentat (Boss.), et les entreprises de Catilina étaient les attentats d'un brigand déterminé et féroce (Lah.).
Toutefois, attentat se prend aussi dans le sens de forfait, de fait accompli, de crime commis;" mais alors, à la différence de forfait, c'est moins l'atrocité qu'il exprime que l'audace. Le forfait, fait hors, excède, passe les bornes, transgresse, c'est une énormité; Y attentat touche à ce qui doit être respecté, à quelque chose de sacré ou de vénérable. Il y a de la scélératesse dans le forfait, et du sacrilège ou de l'insolence dans Y attentat. L'infanticide, surtout avec des circonstances qui font horreur, est un forfait; un régicide (Boss.), le meurtre d'un ambassadeur (Roll.) est un attentat.
FORMALISER (SE), SE SCANDALISER, SE GENDARMER. C'est se choquer, se blesser ou s'offenser mal à propos, par trop de susceptibilité.
Mais se formaliser regarde les procédés ou les égards. Qui se formalise trouve qu'on manque envers lui aux formalités, aux civilités, à ce que son rang exige. « Qu'un aveugle-né entreprît de raisonner avecles ]ïïia.risiens,ilss,enformalisaient... : C'est bien à un pécheur comme vous, lui disaientils, de vouloir nous instruire! » Bourd. «Le diraije, et ne s'en formalisera-t-on point? non; car je le dirai avec tout le respect et toute la circonspection convenable. » Id. « La noblesse qui vint audevant du maréchal de Montesquiou anivant à Rennes pour tenir les états, se formalisa de ce qu'il ne sortit point de sa chaise de poste pour monter à cheval avec elle. » S. S. « Le chancelier demanda le suffrage des princes et des pairs; les
présidents se formalisèrent qu'on n'eût pas commencé par eux. » Volt.
Se scandaliser, de scandale, primitivement terme de religion, se dit par extension de ce qui se rapporte aux mœurs. Qui se scandalise d'une chose la trouve impie, immorale, déshonnète point du tout édifiante. « Vous vous scandalisez tant de voir le monde si corrompu. » Bourd. Voilà ma précieuse Qui préfère toujours la morale à l'esprit, Et qui se scandalise aussitôt que l'on rit. Dest.
a Le lecteur (d'un livre français) toujours plus habile à trouver des sens obscènes que l'auteur à les écauter, se scandalise et s'effarouche de tout. » J. J.
Se gendarmer, faire le gendarme, se soulever en gendarme, en dragon, est familier d'abord, et ensuite il emporte une idée étrangère à ses deux synonymes, celle d'éclat, d'emportement et de violence.
Je m'en vais la rejoindre, et tâcher de calmer Son esprit violent, prêt à se gendarmer. Regn. Ici mal à propos votre esprit se gendarme : Le mal est donc bien grand pour taire un tel vacarme ?
Id.
Quel vacarme I Quoi ! pour un rien votre esprit se gendarme?
Volt.
Il est plus dangereux au moment qu'il caresse Que lorsqu'il se gendarme et paraît en fureur. Dest.