‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 114 sur 444 · PRÉFIXE PRÉ · texte numérisé non relu

PRÉFIXE PRÉ

Miter, préméditer. Se munir ^ se prémunir, Suppoier, présupposer. Tendre à , prétendre à.

Cette particule initiale , formée de la préposîtkm latine prx , a quelque analogie avec la pré- ^totepour le sens comme pour la forme. Elle pntae rendre par, d'avance, auparavant, par devant, dans la partie antérieure. En général, et àladiilerénce de pro^ eUe est comparative, et jdiii relative au temps qu'à l'espace; elle marque

plûtêt précaMiion. que protection, prévoyance que providence.

MÉDITER , PRÉMÉDITER. Chercher avec réflexion les moyens d'exécuter une chose.

Ces deux mots supposent , mais le second plus particulièrement, que c'est d'avance qu'on se livre à cette recherche. Préméditer d'avance (Bbauk.) est un pléonasme. Méditer un discours, c'est appliquer sa pensée à trouver ce qu'on doit dire. On prémédite un discours , quand on craint de ne pouvoir l'improviser et de rester court au moment de parler. Dans l'imp/ittryon de Molière, Sosie dit:

Il me faudrait, pour l'ambassade, Quelque discours prémédité.

« Cicéron paraît se borner à vouloir que l'auteur prémédite les figures et les principales expressions de son discours.» Fén.

On médite un projet quelconque , et ce mot ne signifié guère autre chose sinon le fait de concevoir l'idée Je ce projet et d'en occuper son esprit; on prémédite celui qui demande qu'on fasse naître ou qu'on saisisse plus ou moins longtemps à l'avance les circonstances favorables , qu'à leur égard on se tienne prêt ou sur ses gardes. On est toujours coupable de méditer un crime , mais plus coupable encore de le préméditer , car cela prouve qu'on l'envisage et qu'on s'y prépare de sang -froid plus ou moins longtemps auparavant , et c'est une circonstance aggravante que cette plus grande participation de la volonté. « Un insensé vient d'écrire que la Saint-Barthélémy n'avait point été préméditée. 9 Yolt.

c Quand on demandait à César quelle mort il^ trouvait la plus souhaitable : la moins pr(^m^dit^e , répondit-il, et la plus courte. » Montaign. « Le hasard en apparence, mais un hasard en efiet bien^iénagé et bien prémédité y fait ces prétendues rencontres qui sont de vrais rendez-vous. » Bouan.

La différence est la même entre les deux expressions se munir et se prémunir, qui veulent dire , se fortifier , prendre des mesures , se pourvoir de choses nécessaires à la défense. On se munit dans le péril de manière qu'on est en sûreté, oc Dans les maux violents, la nature se recueille tout entière , le cœur se mutité de toute sa constance. » Flâcb. On se prémunit avant le danger , par précaution , de manière à n'être pas surpris quand le mal arrivera , s'il doit arriver. « Ce temps de l'Église est représenté très au long comme celui qui allait venir, et contre lequel par conséquent les fidèles avaient besoin d'être le plus prémunis. » Boss. — Au cœur de l'hiver, le voyageur se munit d'un manteau; en toute autre saison, il se prémunit d'un manteau, de peur que le temps ne devienne froid.

SUPPOSER, PRÉSUPPOSER. Admettre quelque chose comme vrai sans vérification , sans s'en être assuré.

D'abord on présuppose par avance , et ce mot regarde toujours l'avenir; on dirait bien, au contraire , à une personne qui a commis une faute : je suppose qu'on vous a mal conseillé.

Ensuite, supposer devant être considéré comme un radical simple à l'égard de présupposer^ il

fS4

«miMIËIffi TifltTIB

Deut arriver <m*on tvppote tua dessein, saBsl^tone efila«eBoentraiA.-<Si4nir«iMMI)a»^tnoi-

même s'en apercevoir : dans votre raisonnement TOUS tupposex par inadvertasee ce qai est en ques* tion. On ne présuppose qne TOlontairement , «xplicîtement et avec une sorte de solennité. « Tâchons d'entendre dans le fond ces paroles dn Fils de Dieu ; et pour cela pr^ntppofotw quelques vérités qui nous en ouvriront rintelligënce. > Boss.

Enfin on suppose quelque chose au moment même où on en a hesoin; on présuppose quelque chose par avance , prévoyant bien le besoin qu'on en aura.

TENDRE A , PRÉTENDRE A. Se porter vers un but , faire eïïbrt pour y parvenir.

Tendre se dit des choses comme des personnes: des écrits tendent à raflaiblissemeot de laTdigion , au renversement des États. Frétendre ne se dit que de Faction des personnes.

Ensuite , quand on ne parle que des personnes , tendre exprime une action naturelle et non pas volontaire; en sorte qu'on tend à un but par inclination , et non pas de propos délibéré :^el philosophe tend au matérialisme , et il ne parait pas qu'il s'en doute. Ou bien l'action de tendre est au moins plus vague , plus couverte , plus cachée , moins prétentieuse , moins déclarée. « Le oardinal Fleury se réjouit de pouvoir désonnais se conduire en liberté vers le grand objet où il avait toujours tendu , qui était de s'attacher le roi sans réserve. » S. S. Catilina tendait sourdement et en secret à la destruction du gouvernement de ftome ; Jusqu'au 19 brumaire , Bonaparte ne fit aussi que .tendre à la domination, mats à partir de cette époque il y prétendit ouvertement.

A quoi on peut ajouter (^ue prétendre est seul comparatif, et que seul il suppose des concurrents qu'on veut procéder ou provenir , s\jr lesquels on veut prévaloir ou prédominer. La chose à laquelle on tend peut n'être pas facile à atteindre, et pour y parvenir, il faut surmonter des obstacles ; la chose à laquelle on prétend est disputée , et on ne l'obtiendra qu'autant qu'on l'emportera sur.les autres prétendants, sur aes tontendants.

TKÈjTsss TBÉ n voir.

JPréeis^ conçu.

^FR&CIS , G0IVC18. Ces deux termes expriment des qualités du discours également x)pposées jà la longueur , à la verbosité.

^Précis, de prxcidere, couper devant, de manière à empêcher d'avancer indéfiniment, se dit des mots limités , déterminés , qui rendent l'idée exactement, avec netteté, sans ambages ni circonlocutions. Conçu, de concidere, couper tout autour avec soin , de manière que la chose seit réduite à elle-même , contractée et comme rendue compacte , qualifie le style opposé au style étendu m développé.

La différence est Ibien sensible. .Xa précisûm conaeme k choix des mots et tend à produire la clarté. « lAipréeision et la justesse du langage di^endent de la propriété des termes qu'on emploie.* Vaut. Ia sonctsUm regarde l'exposition de la pensée et a pour objet de lui donner plus

tement ses pensées, m on les «erre, le 'Sifte 4âlevient fente , nerrens «t oemeis. » Bctfv.*— Oa est préeû, i£b de se flûre evappeadre , et fsr oofiséquent c^est vme qualité «seentielle , «n Aswoir -de tout «éorivan dans tovs les ««ires; «n eat contis , afin d'étie énergi|q[ue , de fûre ilne forle isipressioB, etpareensèquent c'^eet une quaUlé apé -ciale , une vwiété de style^-^'«st aux ■mIs<gi1'«iix termes seuls que oonvient l^thèle de prémt : ib sont|n^ctf , propres ,«laifs , intellîgiblas , fmt" mel»; omneilit peint d^s mots eenoâr. G^'est-aanlement an style qu^est applieable fépi^èle de -eofictr: il est eonaif , -vif , «er»é, prôeé, fort. ferme , énergique , ^isoureus , nerveuc , nptde ; •si "en dit anesi un -style pHiofs , ^'est qu*«B y considère , nea son peu détendue , mais l'axaole déterminatioB'Hies nwts qu'«n y emploie.

Ce qui n*etft pas 'préms «st «vague ^ indistinct , indéterminé , Âargéd'aoocssmrcs qui •déteument l'esprit de i'ebiet^esBesti^ et l'empêchent devilir celui'-ci exaolemeA, ngonrettsemeat , ni phis^i moins. Ce qui -n'est pas coMis^tX développé longuement , étendu ,-pvésenté «eous dfveis poiota de vue. Un ordre pnfoif «st un oïdve formel, set, donné en termes non équivoques; un wét^ oorm est un nrdre-hrcf , donné «en peu de paFoles. 1-e répente en Vkm net»; «t, qoeiqve tfésëwgwg. Mon dlpeem SÉrenent >seni «kir et ft^ieu, Dc^r.

Avec trop -de prétiinon , on devient technifae et sec , d^nne clarté mathématique; avec trop de concttMfi, t>n devient énigmatiqne «t obràar. a- Dans le -disoonrs mis par d'AlenÂert fi la tête de 1 fincjfcsop^fte xa~pf6£tfievi est sans seonepesse. ^ Lab. « lÀ ■coneifto» ontrée de Perse le rend, obscur. » Id.— La pr^otcion «est ennemie de l'ofaecu- TÎté , inais elle peut se trouver av«c l'abendacce : la coneiften est ennemie de l'alNïndanoe , mais tropaourent elle.se trouve avec Tobsourité.

Tous les bons écrivains «sont prétis; ils tmploient foojonrs le-motpn^e, et ne vous font point teumer sans cesse autour de levr iéée^ sans vous y arrêter fixement. Montesqweu , Tacite et 'SaUuste sont des modèles parfaits de concision; leurs jdirases sont serrées, nerveuses, pleines tle sens «t réduites au moins de mots possible.

La précision Tetranche ' les expressions approchantes, quasi-équivalentes; elle n'en a pas besoin , elle a trouvé le mot qui rend parfaitement toute'la pensée: la eoncisUm retranche les développements qni donnent au style quelque chose de traînant et de lâche , en même temps qp.'Us énervent la pensée. Voulez- vous être précis? ayez des idées claiiasetidistiaotefl^ et connaissez bien la valeur des mots que vous employez. Voulez- !nNU<ltin>eoiiBti ^ ratmaclMe ks oraernenin Mpirfltts , lis détails inutiles , n'expnnMZ ie .se^ft que sous une face , mais d'une manière énergique et qui dise beaucoup en peu de mots.

Enfin , pour résumer , il appartient à la logique de recommander la précision , surtout en matière de sciences.; car c'est au besoin logique de la pensée que correspond cette qualité : il a^i^T' tient i la ittétorique d'enseigner aux littérateurs les moyens d*être eoneit et les genres ta» les-

SYNONYMES iX&l 0NT IX SËIE RADICAL.

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quels n oonvient le phxs de Têtre; car c'est un besoin accidentel , et concernant une impression particiilière h produire, que ia concision doitsa^ tîslaire.

HlÉnXE ÂNTÉ,

m^lZBS ANTÉ « PME.

ÂntécédefUy précédent.

Entre la particule anté et la précédente , comme elle originaireneiLt Utiae, il y a le même rapport qu'entre Vantériorité et la priorité. L'une est {dus relative au temps , et répond èien ànotre mot «nuit; l'autre regarde plutôt l'esptoe, le mg. Tordre , -ainsi que le français ievuni. AÔ^riorUé de temps -serait un pléonasme-; mats un dit incQ priorité de teo»ps , comme on ditprtofii^, et non pas antériorité , tle rdsoQ <t tle nature (FE5.)- Ainsi, en latin, antecedere signifie aUer quelque part avant un autre , ct-pr«ceder« , marcher deiant , à ht tèle. Vais ces deux particules échangent ensuite leurs stguifications , de telle sorte que la première s'emploie relativement au Taag, témoin le mot afi(^^«ititrme , tout ^conme la secoade se trouve parfois commencer des mots qui ont rapport à la durée , lels que -prévoir et pnumUii. En latin même îl nous paraft^ien difficile de distinguer antecel^e et prxeéHere , anfijNmefe et prxponert , cnteferre et pra^ferre, oatrrre et prxire ^ etc.

ARTKCÉWT. FRÉGÉVINT. Adjectife qualificatif d'une chose relativement à une ^utre qui vient après.

Leur diflérence ne saurait être déduite -avtc quelque certitude de c^le qui doit se treuvet en htin entre onte et prxix^ ces prépesitions imt eatre elles ia plus grande ressemblance et nous désespérons te les distiaguer sûrement. Mais quant aux motstrançais antécédent ^f recèdent^ oousavons un autre moyen de les séparer et d'en empèdier la con&ision. Ant^ est très- tare dans notre langue en comparaison de pr^;il a entrançais un m de science qui fait que les mots quil comvoce n'appartiennent pas au langage commun : tels^sont les mots antédiluvien et antépén^idtiime , les seuls avec a/ftécédent qui aient la particnle initiale uiiti^. 11 en est de même û^aïUécédent par rappint à précédent : ii appartient exclusivement au langage didactique, savoir à la logique 'surlont et d*abordf ensuite à la théologie et i la Jurisprudence ; x'eat un terme d'école. « 'Voyons ce qui se passe en nous , sans nous oSUsquer l'esfsH d'aucun terme de l'école ni d^ucun principe ÊÊit/écédent. » Volt. « On peut i»monter de jcha* cane de ces .propositions à d'autres propositions OHI^defifef qui leur sont Identiques. » Birrr. cIa prédestination est une prédilection de Dieu PÊtécédente à tout mérite. » Tsif . « Bleu a-t«il ttlie a«ade iibiwwnt , par pur choiz^ aana autme nîMA imiétéâmieê » Voiif.'«X^aiMnr du pnpli est lu loi iMBiaalilB^t uK9enette.de» «an- «venuBs, 1m nméèédiem à itautcentnt » Mn. Précédent,, au contraire, est un.mot de tous'les i^jles; nous n'flTpns pas hesotn d*en çftar des esmples.

Pris M^bstantirement , ces 4leux «ets désignent des &ite passés xpfen invoque è propos de faits actuels^ mais lis ont enoore dans cette acception et 10VS tcette forme leurs wianees oaraotéâstîques. ânêédêdent «^eet dit d'alberden Ingifsejeù il asigniié'Iee'pTémîsses ou le pnaoiped-aQ ntsennemeHt, ^ce qfui^eert à esieaer la coftciusîon. te VciU unecomÂunon bien nnuve; adaietton»4a toutefois, peurm que VimUéeééknt «oit pre«ré.i» I. J.« PorurviOBCrer-l'«3»«diléde VantédééeêU, j'ai fit que ^eetle censéquenee «bsurAe wi denat sutrre. » Dbsc. Ensuite et en conséquence atetëtédent a exprimé 'génénâement deslaits^iièolairent isur le fait «otuel , qui le preaimil«n le détruisent : les juges -ouBSuHent les mntécêdetâs d'un prévenu. 'Hais prMdemt , déjà* bten-distiact en ce qu'il n'est usité que dans le Umgage des assemblées poHtiques, t>ù tuntévédent ne se dit point, l'-est eiwjore «n tse que le préMeM ne se considère que comme ayant «u Ueu', on le constate et on le rappelle phrtôt tpi'en ne rinterprète et qu'on ne le discute. Un député qui veut faire cesser nu cogonmeneer -ou continuer 'les détate sur certaines matières et dans certaines circeB^BBoes cite un pr^c^dent , cfcst-i*dire un exemple m9èrieur.

JWfiFKE SOVS, SOÊ.

Cfl«nv«BHla9er« Aider, flMf^entor.aPeaer*

Sous^ préposliion^tparticuleîntlsale fri&eiRse, dérive de la préposition et particule initiale-latine ftt5, conservée en français comme préfixe seulement dans plusieurs mots composés , tels que ««bjuguer, substance. Toutes deux tirent leur origine du ^rec îmo. Dans les mots qu'elles cammencent , leur forme est ou tf est pas altérée relie ne l'est pas dans loiwtrarre et subreger; méieelle l'est dans wumettre, dans supposer, «^^Ssant, «««céder, «^gfgérer, siqet. Gomme perticdles initiales et composantes , elles marquent piimitltement infériorité d'une chose -par rapport A une autre à laquelle elle sert de base;: Exem^es, sou«-coupe , substance , «ijet , soutenir , mbir-, eu bien Kaction de mettre ou défaire quelque chose au-dessous d'un objet, ainsi que le fontTOtrwumettre, «Ajuguer, souscrire, substituer, sukordonner, «ibmerger^ jou bien amplement le fait 4'agîr par-dessous, comme suppurer, soulever, ou d'agir en dessous , sous main , secrètement , comme suborner , fotg»çon , tuygérer , soustraire. Quelquefois c'est nne inlôrioTité d'ordre onde temjps qu''élles signifient : «ibalteme , sous^ndre , sotts-ptéfet, «t/bdélégnéj subséquent, succéder; et c*est quelquefois un degré •peu élevé dans îa quaniîté, la qualité ou Taclion^ auquel obb «Use sont minoiatives : subdiviser , sourire.

KVEft, SOULETVR. Changer la position délAs en. haut.

Ictjer est le radical nu, îe terme «mifle, orflinaircv, étranger à tout accessoire. SoKtecer, ccimne expression 'composée , indique plus d'eDbrt et de résUtance, e*est-à-dire quelque Chose de jflus lourd,*B'aîlteurs, on soiilèvé ce qd'on Wee:peTdessous. You» leoejr le couvercle d'un vase , et U

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