PREMIÈRE PARTIE
vapeur de Teau qui bout dedans le soulève. « La marée soulève les navires qui sont sur la vase^ » AcAD. « Sur un ballon à demi enflé, dit Maiebranche , mettez une grosse pierre , si quelqu'un souffle de nouveau seulement avec la bouche dans ce ballon , il soulèvera la pierre qui le comprime. »
Mais si, en qualité de 'mot composé, soulever dénote quelque chose de remarquable dans le poids du corps , il ne faut pas oublier que sa particule initiale est parfois minorative et doit lui fiûre signifier, lever peu, à un degré qui reste bas, inférieur. » SovUever, dit d'Alembert, ne signifie pas lever entièrement, mais lever tant soit peu. » Pour soulever, il suffit de faire perdre terre ou d'opérer une séparation entre le corps et la place où il repose. « Soulever un malade dans son lit. Ce fardeau est si pesant , qu'on a peine à le soulever, » AciUD. < Le flatteur montrant aux autres l'un des mets qu'il soulève du plat : cela s'appelle , dit-il , un morceau friand. » Labr.
PORTER, SUPPORTER. Etre chargé de quelque poids.
Aucune détermination ne convient essentiellement au simple; mais il est susceptible d'en prendre un grand nombre , surtout celle qui est relative au lieu où l'objet porté doit être remis : où fM)rteX'YOus cela? Du reste , on porte à la main , sous son habit, comme sur sa tête. Supporter, c'est porter étant dessous , et les deux mots ne sont synonymes que quand le premier se prend aussi dans cette acception. Mais alors supporter annonce quelque chose de fort pesant , et appelle l'attention sur ce qui est en dessous. Dans le corps humain, la tête porte les cheveux, les yeux, les oreilles; les jambes supportent tout l'édifice. Les arbres portent des fruits; des animaux portent de la laine, d'autres des poils, d'autres des cornes; un pilier supporte une voûte.
Au figuré, supporter signifie subir, endurer quelque chose de pénible qu'on considère comme \m poids accablant, un malheur, une perte, la fatigue , la misère , les maux de toutes sortes. Dans le même sens porter est plutôt énonciatifdu fait qu'indicatif de la grandeur du poids. Un homme porte son malheur de telle ou telle manière ; on n'est pas toujours capable de supporter un malheur, on y succombe quelquefois. Une injure est difficile à nfppor(«r et non pas à porter.
POSER, SUPPOSER. Admettre comme vrai quelque chose dont la vérité n'est pas établie ou convenue.
Le supposer, poser dessous, c'est l'admettre afin d'en tirer une induction , d'élever dessus une opinion ou une doctrine. Ce qu'on ntppo«a est comme un fondement sur lequel on asseoit une assertion. Poser quelque chose , c'est vouloir bien le supposer , parce qu'on est sûr que cela ne servira de rien , qu'on ne pourra rien b&tir dessus. « Vous prétendez que cela est , je n'en demeure pas d'accord ; mais posons que cela soit. » Acao. « Posons que j'ai eu tort, certainement il était l'agresseur. » J. J.
Ou bien encore, poser, c'est, toujours dans la conviction qu'on n'en pourra rien tirer, admettre le fait ouvertement, sans hésiter, l'établir en principe; au lieu que le supposer^ c'est le poser
avec une sorte de retenue , comme possible ou vraisemblable, sous forme de conjecture , eu égard au sens minoratif de svib, « Posons que nous ayons bien observé tout ce que l'hirondelle voyageuse fait pendant son séjour dans notre climat , et supposons qu'il soit bien certain qu'elle i>asse d'Europe en Afrique , il nous manquera encore tous les faits qui se ^.assent dans le climat éloigné. > BUFF.