‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 122 sur 444 · PRÉFIXE BA · texte numérisé non relu

PRÉFIXE BA

Conter, raconter.

GOUTKR, raconter. Narrer des foits, les préeeater de vive voiz et qaelqueibis par éorit.

SYNONYMES QUI ONT LE MEUTE RADICAL

Racine ccmlari, qui dans percorUari veut dire s isiionner , interroger avec curiosité , et qui Tient sas doute de cuftcêari , différer , s'arrêter ou s'a- DBaer; de sorte que, dans le sens actif, conter sgnifieTait informer en arrêtant, en amusant. C'est, en effet , ce qu'exprime le verbe simple conter qui est de la conversation et dans le genre famiber.

Au dire de Roubaud , la particule initiale du composé Tiendrait du grec pétù , je coule , je roule , je parie. H n'en est rien assurément. Elle est form^ de fp et de ad , et c'est pourquoi Mi&nage écrit fwaonfer, comme on écrit raccourcir et raccumtétr. Dériyation axissi peu contestable pour raetNtfer, que pour rapetisser ^ rapiécer. Il doit àoac j aroir dans raconter quelque chose qui rsppeikia double influence des préfixes re et ad.

D'abord, raconter marque une seconde action : eux raconte que ce qui s'est passé; on le rapperte, on le reproduit par la parole. Si on raaak des histoires ou des aventures mensongères , 03 les raamte néanmoins comme ayant eu lieu , coBUoe œ recevant dans le récit qu'on en fait qu'une seconde existence. Mais on ne conte pas tOQîoiirs des choses qui se sont passées : « Dans ces bob de myrtes les amants viennent se conter leurs pemcs. > Montesq. On conte dès fables , des histoires, c'est-à-dire des inventions ou des fîctîoQs qu'on donne pour telles. Et toutes les fois qffoD conte même des choses passées , ce n'est pas ai taat qu'elles se soiit passées qu'on les fait conlâltie, mais comme fournissant matière à amusaoeot platôt qu'à instruction ; ce n'est pas avec «soin, avec cette attention particulière à rester TOi et fidèle , qui sont marqués dans le second Tobe par la particule re. On conte sand gêne , avec abandon et facilité; en racontant on s'efforce de Rsdie un compte exact.

«Périandre fît plusieurs questions à Gyp^èle pour savoir ce que lui avait dit Procléc. Cypsèle , qoi «nit tout oublié, lui conta seulement le bon tzaitement qu'il en avait reçu. Périandre le pressa tant, qu'à la fin Cypsèle se ressouvint des dernières paroles que Proclée lui avait dites et en fit le ré^ii à son père. » FÉ».

Oacmie des histoires; on raconte une histoire. Bien amler , c'est conter agréablement; bien raconter, c'est dépeindre exactement ce qui a eu lisu. « Un homme (Lafontaine) paraît grossier, ^OQid, stupide; il ne sait pas parler ni raconter a qu'il vient de voir; s'il se met à écrire, c'est le modèle des bons contes. » Lâbr. «Les fables dé TArioste amusent , parce qu'il en rit le premier; ce qai rend sa manière de conter si piquante et si originale, mais Homère raconte sérieusement des cxtraTagances. » Lah.

Ite soQ côté , ad signifie à , vers , et désigne que ^ raconteur s'adresse à quelqu'un ; relation qui , sïBs être étrangère à conter , ne lui convient pas ^oaâ essentiellement. On conté quelquefois pour **"f«', spontanément, et plutôt pour son propre plaisir que pour celui de l'auditeur ^ qui n'y prend fd& grûd intérêt. « Je n'eus rien de plus pressé ^ d'aller conter à tout le monde ce qui venait ^ s'arriver. » J. J. « Que n'osé-je raconter au

i^cteor tontes les petites anecdotes de cet heu-

reux âge?... Mais j'en veux une, une seule, pounru qu'on me la laisse conter le plus longuement qu'il me sera possible , pour prolonger mon plaisir. » J. J.

PBÉFIXE CA.

Butte , cmhute.

HUTTE , CAflO'fB. Petite cabane faite airec de la terre et du bois ou de la paille.

Quoique l'usage soit d'écrire le premier de ces mots par deux I et le second par un seul, leur rapport pour le sens ne permet pas d'hésiter à leur assigner le même radical , savoir l'allemand Hutte , qui exprime la même chose et tient de près au verbe /lùf en, garder, préserver, garantir. D'autant plus que cahute a commencé par s'écrire et se trouve encore écrit dans Trévoux cahvette; ce qui répond; exactement à ca Hutte.

Mais d'où vient la syllabe initiale de cahute? On ne peut que le conjecturer. Hutte , importé par les Francs , dut paraître aux vaincus d'une prononciation rude et difficile, à cause de l'aspiration si forte en allemand de la lettre h. N'est-il pas probable qu'alors les Gaulois l'auront adouci en le faisant commencer de la même manière que cabane , mot déjà connu et d'une acception à peu près pareille? La race franque, celle des guerriers, aura continué à appeler huttes^ conformément au sens primitif, ce qu'aujourd'hui nos soldats nomment plus généralement baraques ; tandis que les paysans auront désigné par cahutes des huttes cabanes^ des huttes répandues dans la campagne et servant d'habitation aux gens les moins^ aisés.

Dans la Coupe enchantée de Lafontaine, un paysan , parlant patois , dit que sa cahute , à qui il donne aussi le nom de logette , a été le lieu de retraite de Lucinde pendant toute une nuit. La hutte n'est point une cabane de paysan ou dé berger bâtie dans les champs , ou quelque chose de semblable : ce qui la caractérise, ce n'est pas la misère, c'est qu'elle est faite grossièrement et sans industrie, c Sous le ezar Pierre, des bâtiments d'une architecture régulière et noble furent élevés au milieu des huttes moscovites. » Volt. a Ces peuples grossiers n'avaient aucune industrie; il n'y avait pas à Moscou une seule maison de pierre : les huttes de bois étaient faites de troncs d'arbres enduits de mousse. » Id. « Toutes ces peuplades vivent sous des huttes : les arts y sont inconnus. » In. On dit encore aujourd'hui que les soldats se huttent, c'est-à-dire construisent des huttes on des baraques pour se loger. « A peine les soldats eurent-ils le temps de se hutter. Ils se huttèrent comme ils purent. a> Acad.

! PRÉPÏXB BS, BIS.

! JWmee, bittac.

BESACE, BISSAC Longue pièce de toile cousue enferme de sac, ouverte par le milieu et/^te pour être portée de manière que les deux bouts pendent, l'un d'un côté, l'autre de l'autre.

Quoiqu'ils difièrentà l'œil et à l'oreille, ces ,dettx mots, pour l'étytdologiste, sont absolument

identiques , étant formés tous deux de hit , deux fois , et de sacctu , sac , et voulant dire sac double , sac à deux poches , à deux fonds. Sous le rapport synonymique , ils se distinguent par les deux circonstances suivantes.

Le mot besace est du genre féminin, eifissac du masculin : caractère important , à défaut d'autre f car il fait que le premier de ces termes désigne une chose plus grande et le second une chose plus petite * , comme Trévoux le remarque expressément; il explique aussi pourquoi la besace étant toujours de toile , conformément à Tidée générique , bissac , plus propre à signifier l'espèce , représente quelquefois une besace de cuir ou de quelque autre matière. «Lamela^ déguisé en ermite et chargé d'une grande besace , alla pour la première fois quêter dans la ville de Cuença. > Les.

L'autre différence , et la principale , tient à ce que la syllabe initiale de besace ne reproduit pas comme celle de bissac , sous sa forme latine , l'adverbe d'où elles proviennent l'une et Tautre. De là résulte, en effet, pour besace un défaut particulier de noblesse, c Le gueux, le mendiant, a une besace; il la porte sur ses épaules , un bout par devant , l'autre par derrière , et il y met ce qu'on lui donne , même tout ce qu'il a : c'est son trésor. Le paysan , l'ouvrier pauvre , a un bissac; il le porte en voyage, en course, sur lui ou sur une monture , et il y a mis des provisions , des bardes , etc. : c'est son équipage. » Koub. Diogène portait une besace; Sancho Pança (Les.) avait un bissac. Au figuré , besace , plutôt encore que bisscic , est pris pour signe et attribut de la misère et de la mendicité : être réduit à la besace.

m. SYNONYMES QUI ONT LB MÊME RADICAL ET DONT LES DIFViRENCES DÉPENDENT

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