PREMIÈRE PARTIE
TERMINAISONS AMIIfl ET MENT.
V embfBuiUemint.
SROUIIXAMINI, BROUIUEMl^NT.— EWBROUIt< LAMINI , EMBRODILLEUENT. Mélange confus.
La terminaison de brouillement est active , elle loarque l'accomplifisement actuel de Taction signifiée par le verbe radical; celle de hrwillamini est plutôt passive et paraît équivaloir i la terminaison û; aussi, a-t-on dit autrefois hrouillis (MoNTAiGN., Amtot), au lieu de Wouilkunini qui est usité à présent. Brouillement exprime donc en action et conune se faisant^ ce que broiitllami»i représente en résultat et comme étant fait ; le IfrouittemerU est le fait par lequel la cbose s'effectue , et brouillamini Vétat de la chose effectuée. Quel hrouillement faites-vous là? Voilà un l>eau , un singulier brouillamini.
Ensuite, brouillement est de tous les styles ; au lieu que brouillamini y dont la désinence a sans doute une origine burlesque , n'appartient qu'au style familier t très-familier, et au comique. Molière , Regnard et Destouches se sont servis de ce dernier mot, et encore n'est-ce que dans celles de leurs pièces qui touchent à la farce. Un avocat devant des juges parlera du brouillement ou de Vem^buillement de l'afTaire : hors du palais et dans une conversation ^vec ses amis , il dira que c'est un horrible brouillamini.
D'autre part, brouillamini^ dans son genre, indique une confusion plus grande , plus extraordinaire, plus inextricable^ une sorte d'entortillement ou de galimatias.
Il est à remarquer enfin que brouillement ne figure que dans les dictionnaires; aucun auteur,
certaine manière. Les uns tiennent plus de l'adjectif ^ exprimeat Tobjet tel qu'il est , sa nature ; les auUes tiennent plus du verbe et représentent l'objet tel qu'il a été fait, tel qu'il parait, reflet qu'il produit ; ils sont plus concrets , ils font plus image. Caractère commun à tous les noms ayant une terminaison active par rapport aux noms à terminaisons insignifiantes.
Maintenant, la modification particulière, imprimée au radical par la terminaison active ade. consiste dans une sorte d'étendue ou de compréhension ; elle marque une action répétée , ou accompagnée de circonstances particulières, ou bien, s'il s*agit d'un objet, quelque chose qui se distingue par sa grandeur, par sa coniplication. ' par les ornements qui le décorent. Ce caractéx^e est celui-là même que donne aux substantifs le genre féminin *, et tous les noms français en ade , au sombra de près de deux cents , sont ef eotivement de ce genre.
GALOP, GALOPADE. Une dés allures du cheval, qui est proprement une suite de sauts en avant.
Le galop est une chose qu'on qualifie comme toutes les autres ; c'est l'espèce de mouvement, le mode de courir, distinct de tout autre, le trot. le pas ordinaire , etc. , indépendamment de toutes circonstances de temps et d'espace parcouru. La galopade est un fait, l'exécution itérative du galop; ce mot est concret, et il marque, avec la réalisation du galop , la continuité , la durée et l'espace parcouru. On dira : tel cheval a le ^alop fatigant; et, cette galopade m'a fatigué; or, la fatigue résulte , dans le premier cas , de la manière de sauter du cheval, et, dans le second, elle aura résulté de la durée des galops et de
à notre connaissance du moins, ne l'a employé, j l'espace parcouru. Le galop est le pas du cîieral: Aussi Trévoux dit-il avec raison : ce mot n'est | la galopade est la course qu'il a faite en galopant point reçu. Il en est de même à*embrouillamini , malgré Taulorité de Voltaire. Restent donc brouillamini et embrouillement entre lesquels doivent
être mises, non-seulement les différences de brouillamini à brouillement ci-dessus indiquées , mais encore celles de brouiller à emibrouiller, (Voy. p. 148.)