TERMINAISON ADE
Galop y galopade, ilebiit, rebu/fode. Embûche , embuscade. Face , façade. Balustre^ balustrade. Taille , taillade. Bourg , bourgade. Etc.
Quoique l'origine en soit controversée , la ter-
REBUT , KEBUFFADK. Action de rebuter quelqu'un. On essuie des rebuts ou des rebuffades. quand on est mal accueilli ou rejeté avec dureté, avec rudesse.
Mais rebuffade est un mot concret , qui présente le fait , non pas simplement , comme rebut , mais accompagné de circonstances aggravantes, de gestes, de reproches violents, de paroles injurieuses , de manières . dédaigneuses , même de mauvais traitements. En un mot , le rebut est le mauvais accueil ou le refus d'accueillir; rebuffade modifie cette idée en y ajoutant des circonstances qui rétendent et la rendent plus forte. C'est dans ce sens à peu près que Condillac a dit: a Les rebuts sont des obstacles qu'on nous op-
minaison ade est incontestablement active. C'est pose, parce qu'on ne fait pas de cas de nous: il^ pourquoi la pUpart des booës qu'eJle sert à for- i nous mortifient. Les rebuffades sont des refus mer ont une base verbale et ne trouvent de syno- qu'on nous fait avec mépris; elles nous humilient. nymes à radicaux communs que parmi les sub- ; Un vrai courtisan ne craint pas les rébuts, ei st&ntifs en ment. Mais ce n'est pas déterminer affronte les rebuffades, » assez précisément le sens qu^eIle imprime aux mots ! Au reste , rebut étant un terme abstrait, qui à la fin desquels elle se place. Les noms à termi- énonce la chose sans la dépeindre , convient au naisons insignifiantes, qui sont ou semblent des ] style noble; au lieu que rebuffade rappelant les radicaux nus, présentent simplement l'idée corn- - circonstances réelleaT du fait, lesquelles n'offrent mune et la caractérisent d'une manière absolue , j rien que de grossier et de bas , appartient au style intrinsèquement, en elle-ntème; les noms en ade familier. Bourdaloue et Massillon parlent des rey joutent des' circonstances qui résultent d'une j buts qu'on a à essuyer de la part des grands; on action et qui modifient l'idée commune d'une reçoit des relw/Tode* d'un valet (Volt., J.J.).« Ce
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
mendiant ne reçut d'autres fruits de ses lamentations que des fébuffaâei et des injures. » Les.
EDÛCHE, EKBDSCADB. Piège qu'on tend pour ir laire tomber un ennemL
fyiSùûdu exprime cettei idée en elle-même, d^one manière abstraite ; ew^nucaàt est un terme concret, il ajoute à cette idée des circonstances qui la font voir réalisée et présentent la réunion eScctîTe de tout ce dont on se sert , les hommes , les armes, le lieu favorable, pour opérer le stratagème. Bes courtisans (Labr.) , des négociateurs (S. S.) «dressent des twMxhet les uns aux autres ; Ytwimuù࣠est VewMiche effectivement et matérielkmeDt montée ou arrangée dans un certain lies, dans un certain temps et avec certains moyens. Tomber dans des ewiMUhes^ c'est se Jaisser surprendre , au figuré ; tomber dans une nèutoade^ c'est tomber au milieu de gens armés qui ont été placés tout exprès dans un lieu où l'on ne peut se défendre.
Ajoutez que V embûche est la cho0e , le piège ; et \embu$eaàt , l'action de la dresser. « Le héron n'a que Venibuicaée pour tout moyen d'industrie.» BuFF. c A cette époque on prend beaucoup de can&rds, soit à la quête du jour on à Vewlbuscadê du soir.s lo.
FiGE, FAÇABB. Côté apparent d'un édifice.
Face n'exprime pas davantage, et il empêche Molement de confondre ce côté avec un autre. Façade ajoute à l'idée commune celle d'ome- Bent, de décoration. La faççLde est la face qui pazalt davantage, qu'ont embellie l'architecture et la sculpture, qui présente des colonnes, des frontons, des portiques , des balustrades; et c'est pourquoi un édifice n'a ordinairement qu'une fafode, quoiqu'il ait plusieurs faut : « Elle consi- <iéra quelque temps les diverses faces de l'édifice.» Iwlf.
La façade est à la face ce que la hordute est au M. I>e plos, façade ne se dit qu'en parlant don édifice considérable; on n'appellera jamais de ce nom la face ou le devant d'une petite maison.
KALCSTRS, BALUSTRADE. Assemblage de petits piliers façonnés pour servir de clôture. On appàle primitivement halueires ces petits piliers eux-mêmes , qui entrent dans la composition de la baluttrade. Mais , en prenant la partie pour le tout, on a fait de haîustre le synonyme de balus- *nde. Toutefois , la différence des detix mots est ^ile à apercevoir.
Le halutire est plus petit, plus simple, moins compliqué , moins employé à la décoration que la ^nUttrade, On appelle spécialement haîustre une petiteboliafrade qui sert de clôture dans une église on dans une chambre. « Dans cette église , un Uhstn de marbre ferme le maître-autel. »Regn. «Le roi le fit entrer dans le balustre de son lit.» S. S. ■Kous rq)osons , tandis que le roi , retiré dans son ^<i)wlre , veille seul sur nous et sur tout r£tat. » Iàmil On appelle UUusirade un grand lalustre *^anl d'ornement aussi bien que de clôture. «Le roi ne faisait qu'aller et venir le long de la halus- ^ de roraugerie (à Versailles). » S. S. a Je vois «Âci votre belle terrasse , et votre clocher que VfiBs avez paré d'une baltistrade qui doit faire un
^f^bel effet. » SÉv. « La plate-forme du palais de
Bélus était entourée d'mie bahafrade de marbre blanc <|e cinquante pieds de hauteur qui portait des statues colossales. » Volt.
Le hcdustre peut être remarquable par la richesse de sa ifiatière : un haîustre d'or (Boil.) : la balustrade l'est par sa grandeur ou par sa forme: une balustrade immense (Volt.), ornée de petits amours très-bien sculptés (In.).
Même différence entre palis et pqfissade. « PcUis, clôture de pieux, dit l'Académie (1594); palissade , clôture de gros pieux plantés pour se défendre. » De là tient que paHuade se dit surtout en termes de fortification. En outre , palis n'emporte auctme idée d'ornement. « Les cerfs , lorsqu'ils sont poursuivis , franchissent aisément une haie , et même un palis d'une toise de hauteur. » BupF. Mais dans une de ses acceptions le mot palissade signifie quelque chose d'élégant et de pittoresque, un mur de verdure. « Un lieu sauvage parait hideux et insupportable aux gens du monde : il leur faut des parterres bien dressés , des palissades bien taillées , des allées bien droites.» Nie.
TAILLE, TAILLADE. Ces deux mots, peu synonymes , rappellent l'idée du verbe tailler , et signifient coupure.
Taille indique la manière intrinsèquement bonne ou mauvaise dont certaines choses, les arbres, les pierres précieuses, les habits, les plumes pour écrire, sont coupées ou taillées; de sorte que la taille se considère en elle-même , et non dans son apparence.
Taillade y au contraire, est un terme concret, qui signifie une coupure longue , étendue ,' apparente , faite dans les chairs , c'est-à-dire une balafre , ou dans les étoffes et les habits , soit que cette coupure les gâte ou leur donne un nouvel ornement : on portait autrefois des pourpoints a taillades. Eschine reproche à Démosthène de s'être fait des taillades à la tète pour intenter à ses ennemis, à ce sujet, des accusations lucratives (Mark.).
BOURG et BOURGADE , PEUPLE et PEUPLAPE , semblent contredire la règle ci-dessus proposée. Bourgade et peuplade devraient signifier quelque chose de plus étendu que bourg et peuple , dont ils ne sont pourtant que des diminutifs.
Mais c'est seulement sous le rapport numérique que la bourgade et la peuplade sont plus petites que le bourg et le peuple. Sous le rapport de l'étendue proprement dite , la bour^^ade est plus grande que le bourg , elle est moins resserrée , elle occupe un plus grand espace , les maisons en sont plus disséminées; et de même la peuplade n'est pas réunie et fixée en un lieu comme le peuple , elle se meut , elle erre sur un plus vaste terrain.
Du reste , une autre différence qu'il ne faut pas oublier, sépare la bourgade du bourg et la peU" plade du peuple. J^ bourgade et la peuplade sont relativement au bourg et au peuple comme la corpofoXion relativement au corps , un commencement, une ébauche, quelque chose qui pourra devenir un bourg et un peuple , une manière de bourg et de peuple. La Suisse n'est encore qu'une grande peuplade , qui s'agite et fait effort pour devenir un peuple (Lamartinb).