‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 141 sur 444 · TERMINAISON OIR · texte numérisé non relu

TERMINAISON OIR

TERMINAISONS OÎR et ADE.

Promenoiry promenade.

PROMENOIR, PROMENADE. Lieu où l'on se promène.

La terminaison ade marque l'action de faire une chose, et par suite le lieu où elle se fait, mais un lieu vaste et fréquenté par beaucoup de personnes , car aux noms en ade s'attache toujours une idée de grandeur , d'étendue , de compréhension. « La terminaison oir ou oire, ditRoubaud, marque la destination propre des choses, le lieu disposé, un moyen préparé, un instrument fabriqué, etc., pour telle opération, tel dessein, tel objet. » Ainsi dortoir, réfectoire,^ servatoire , signifient des lieux disposés et où Ion se rend pour dormir , pour manger ou pour observer. Mouchoir est un linge pour se moucher; baignoire , une cuve à se baigner ; rôtissoire, ic^ moire , couloir , pressoir , armoire , sont des instruments pour ratisser, écumer, couler, presser, renfermer des armes et ensuite des effets.

En conséquence , il n'y a de promenoir , comflM? dit encore Roubaud/que le lieu destiné, arrange, disposé exprès pour qu'on s'y promène, et tout lieu où l'on se promène est promenade. Bossuet dit en parlant des palais de Salomon : « Tout était grand dans ces édifices ; les salles , les vestibules, les galeries, lespromenoir*.» «J'ai encore acheté plusieurs terres , à qui j'ai dit : Je vous fais p^ De sorte que j'ai étendu mes promenoirs sans qu'il m'en ait coûté beaucoup. » Sév.

Mais le sens propre de la terminaison ^ rj}^* nit une seconde distinction tout aussi esseûww. Les promenoirs ont moins d'étendue et ^^^^^ moins de monde que les promenades : on en » t on en ménage dans les jardips, dans '?*|!ï^' dans les châteaux , dans les maisons pa^icaU^ dans les hospices ; et ils ne sont destinés V^^^ les personnes de la maison , ou ceUcs qu on y

GOit Le jardin des Tuileries et les Champs-Ëlym sont des lieux spécialement destinés et disposés pour qu'on s'y promène ; on ne les appelle ^TttDt pas des promenoirs , mais bien des pro- «cHodei, parce qu'ils sont d'une grande étendue, c Lucallus avaeit près de Tuscuie une maison de campagne située en belle vue , bien percée pour TeceToir et le jour et l'air , et avec des promenaétt trè^étendues. » Roll. D'un autre cdté , on n'appelkra pas promenade un petit jardin clos qmsetraoTe devant un payillon; c'est une petite pfMWMde, c'est-à-dire yiti promenoir. Montaigne ditqoe, sans le soin qu^ cela lui demanderait , il poDiait coudre à chaque côté de sa bibliothèque uoepleriede cent pas de long et de douze de laife. c Tout lieu retiré , ajoute-t-il , requiert un ffmmoir.*

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