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PREMIÈRE PARTIE

Tent en mauvaise part , et indiquent raflectation , ral>us, l'excès; et, suivant les deux philologues que nous venons de citer, cela arrive surtout quand il existe dans la langue d'autres substantifs de même radical , propres à exprimer à peu près la même idée.

TERMINAISONS ISMS bt TÉ,

MysHcisme, mysticité. Spiritualisme, spiritualité. Popularisme , popularité. Etc.

IVTSnCISlIE , niTSTICITÉ. Dispositions intérieures des mystiques, c'est à-dire des philosophes ou des dévots , qui laissent leur esprit s'enfoncer dans de profondes rêveries touchant Dieu et l'immortalité.

Le mysticisme est une doctrine, la mysticité, une qualité. L'un a rapport aux opinions, l'autre au caractère. Les philosophes qui professent le mysticisme ont ppur adversaires les partisans du rationalisme; la mysticité rend rêveur, contemplatif et peu propre aux affaires. Le mysticisme est pour la spéculation, c'est ime conviction; la mysticité est un sentiment dont on est pénétré , et qui porte à agir d'une certaine manière. On trouve de la mysticité dans l'âme de personnes simples et naïves , dont l'esprit ne connaît et ne connaîtra jamais les idées du mysticisme. Le mysticisme fait qu'on appartient à l'école ou à la secte des mystiques; la mysticité constitue mystique. On dira plutôt mysticisme en parlant des philosophes et des théologiens, lesquels s'occupent de théorie, de discussions et de controverses; et mysticité en parlant des âmes et des livres pieux, qui sont effectivement et foncièrement mystiques.

Il est à remarquer aussi qu'à mysticisme s'attache plus nécessairement l'idée d'excès. Dans le livre des Maximes des Saints Fénelon établit une bonne et saine mysticité (S. S.).

On distinguerait pareillement spiritualisme et spiritualité. « L'âme de Fénelon était naturellement portée à se répandre en spiritualité. » Lab. —De même popularisme et popularité: a Ne connaître que cette vile adulation sans cesse prodiguée parmi nous à la plus vile multitude , cet abject popularisme , nommé si improprement popularité. r> lO.

Roubaud distingue à peu près de la même manière héroïsme et héroicité, stoïcisme et stoidté. Mais ses exemples sont mal choisis ; héroïcité et stoidté n'ont jamais été employés par des écrivains de quelque poids; d'ailleurs, la différence de stoïcisme à stoïcité se retrouve en grande partie entre les deux adjectifs stoïcien et stoique, tous deux incontestablement français.

Aujourd'hui que tout est livré à la discussion , et que Ton s'élève sur toutes choses à des théories, à des systèmes, le nombre des noms en isme augmente prodigieusement , et par conséquent aussi le nombre des substantifs de cette désinence ayant même radical que d'autres substantifii à terminaison différente , qui deviennent leurs synonymes. On peut déjà compter parmi les synonymes en isme et en té, constihtiionalisme €i constitutionalité , libéralisme et libéra-

lité, dont les deux premiers signiiem, ce qui fait qu'on est constitutionnel , et les deux derniers , ce qui fktt qu'on est libéral.

Le constitutionalismeeX le libéralisme font qu'on est constitutionnel et libéral, c'est-à-dire qu'on appartient au parti des constitutionnels et des libéraux , qu'on en partage les opinions , les doctrines ; la eonstihitionalité et la libéralité font qu'on est constitutionnel et libéral, c'estrà-dtre qu'on a des sentiments conformes , qu'on est attaché de cœur à la constitution et à la liberté et tout disposé à agir en conséquence. Les deux premiers mots signifiant l'opinion et la profession qu'on en fait, le parti qu'on embrasse , ne peuvent se dire qu'en parlant des hommes; les deux autres signifiant la qualité d'être constitutionnel, libéral, peuvent se dire aussi , parmi les choses , de celles qui sont conformes à la constitution et à la liberté : la constitutionaKté d'uitt ordonnance; la KhénUti de vos principes.

A ces exemples on peut ajouter encore servilism€ et servilité.

TERXmAISONS WMB BT ÂlfCE.

ImIolérwiUitmê, ûUoléranee. TolérmUism,

tàléranGC

INTOLÉRANTfSMB , Iin'OLÉRANCe. Ces deux mots servent à exprimer les dispositions de ceux qui ne veulent souffrir d'autresjdées religieuses, philosophiques on politiques , que les leurs.

Jsme indique un système, une doctrine qu'on professe ; ance marque tout à la fois action et qualité. « Vintolérantisme , dit fort bien Condillac, est un système de conduite fondé sur Vinto- 1er ance. » Il faut ^jouter seulement que ce système est plutôt enseigné ou soutenu en théorie, que pratiqué. Vintolérance , au contraire, est un sentiment conformément auquel on se conduit effectivement: « KUe consiste , suivant le même synonymiste , dans ua zèle vrai ou faui . raisonnable ou excessif, avec lequel on poursuit ceux qui ne suivent pas notre reUgion. » L'un eit pour la spéculation, et réside dans l'esprit; l'autre est pour la pratique , et se trouve dans lei sentiments , d'où il passe dans les actions.

D'ailleurs isme étant propre à marquer un «• ces , il y a dans Vintolérantisme un degré de plus de violence, c Le monstre de YintolérantistM. » Volt. « Un exécrable intolérantisme. » Id-

C'est à cause de cela que tolérantisme signifie une tolérance qu'on juge trop grande et par conséquent blâmable. Voltaire écrit au président Hénault : « Vous flétrissez l'indulgence , la ioUrance, du nom de tolérantisme. » Et le docteur Bartholo, dans le Barbier de SéviUe, s'écne: « Qu'a produit notre siècle pour qu'on le loueT Sottises de toute espèce : la liberté de penser, l'attraction, le tolérantisme....»

TERMINAISONS I8MB BT EtSS-

Bigùtisme, bigoterie; eagdisme, Mtf^'^' ^ dantisme , pédanUrie. CKarlatoMisme , ctiarior

ianeriê. Coquétisme , coqueUsris.

bme et erie terminent quelquefois les mètt»

SYNONYMES QUI ONT LE ¥£!£ RADICAL

nifieaiix et lenr imprixmnt le sens de dispositions et de manières é'agir mauvaises , et dont on ait en quelque sorte profession. Mab , en général, ira», désinence spéculative, indique plutôt le système, de conduite, le Tice en 'lui-même, dans le cantctère , indépendamment de l'applicatim; erîe , désinence active , diminntive et fréqoentitÎTe , est plus propre à marquer les tours , ks trois, les pratiques qui en dérivent, ou llia- Intode de se livrer à ces tours , à ces traits , à ces pratiques.

mOtlSSE, nOOTERIE; CAGOtlSVK, CAGO- HUL Fausse dévotiou.

AijefinM et es^olitme sont pour h théorie , pov ridée; ils expriment une manière de penser, in système de croyances , un vice que le ffloftiisie fait connattre dans ses conséquences et aes cartetères principaux. « Gadogan remuait par kanyen des prédicants les passions du bigotimt protestant, de manière que les peuples étùeiit persuadés que la religion de l'Etat ne pomit être en sdreté si la république ( hollandûe) n'adhérait aux sentiments du roi Georges.» S. S. c Le Prussien Oresset va dans une cour où reaatoe la philosophie et la liberté de penser, et où fou déteste le eagotiitm. » Volt.

Dès qne do eagotùme on fkK profession. Din. La bigoterie et la eagoterie sont de fait , se rapportent à la conduite ; ce sont les pratiques du bigotitme et du cttgotisme ou l'habitude de ces pratiques; elles peuvent être décrites par un poète comique ou satirique , ou racontées par un biographe. K Les Espagnols en moins de deux ans («ms le ministère du comte d'Aranda) , ont réparé câiq siècles de la plus infSlme tigoterie. » Volt. &oi»-nioi y renonce i ht eagoterie; ■ène miment «ne pha nc^le vie. 1d.

En un mot , il y a quelque chose de phis concret et de plus refaitif à l'action dans les mots bigoierie et eagoterie. On hait le higotitme , c'est-à-dire Ïsl manière de voir et le vice du bigot ; on hait la ^«jolerie, c'est-à-cfire la manière d'agir du bigot.

PBDANTI»E, Pia^ANTERIS. Affectation de l'èdant.

fidÊMtwme 6Bt un terme de spéculation , c'est- ^-dire exclusivement propre à caractériser une ™*Mèfe de voir ou de juger en matière de litté- '■tvre, de science ou ds systèmes. Le pëdantirme <^ l'érudition (Lab.) ; des traducteurs (s' Al.) , délivrer In pensée des brassières du péâantisme OlAïK.); Molière a défait le public dup^danfwine •fci Femmet UMmtes (Volt.); Léopold de Lor- ''ine a établi dans Lunéville une espèce d'uni- ^^ sans pédamtieme (In.). ~ Fédamêerie, au Ubtrûre, est un mot relatif aux actions et à la ^OBdnie: aussi se dit-il de plusieurs choses à l'é- 8^ desquelles péimUisme ne conviendrait point du tout, c Catcm, qui aimait par jtééaHterie les 7*ffl» «eH, s'attaeiML à Fabius. » Fin. « Si un '"^'Bmt se Tcnfénne dans les bernes de son état , ^^^ croyons remarquer en lui -une aÎTectatien yy^ teujoon ce qu'à doit être, et nous appe>^ *^<rt> de la p^doMlerte. 9 Oem). « Les peuples ^^''i^OBpus appeUesl pééarttme une exactitude ^rapuûose sur ks mœurs. » Xd. « Le marquis tf Arcy était un Inmime d'une vertu peu 00a-

mono , sans mile <pMnMrte et fort rompu au grand monde. » S. 8.

Toutefois, si pédamUame ne se prend jamais dans cette acception pratique de pédanterie , pédanlerte a quelquefois l'acception spéculative de p^dBfitifme et se rapporte aussi aux savants. Hais alors même pédanterie garde un certain rapport à l'action. Le ]i^dafilttine est une qualité ou une manière de penser de pédant. «Un livre plein d'un pédaiMtitme dégoûtant. » (Volt.)^ Ne vouloir être ni conseillé ni corrigé sur son ouvrage est un pédamUemê, » Lava. « Le pédantkme grec et latin permit raremeot d'imiter H arot et Amyot. » Conn. La pëdênU^ est une masiière d'agir de pédant on de tout ce qui en résulte. « Il ne faut pas à votre -fils d'épit^)he lathM : c'est une pédanterie ridicule. 9 Volt. « Cest une pédanterie insupportable de s'attacher à corriger dans les eafknts toutes ces petilel ftnrtes «on^ Tasage. » J. J. « La forme que les rhéteurs ont prescrite à la chrie (espèce d'aoraetiche)est le chef-d'osuvre de la pédoMterie. » MAim .

Enfin le p^donlifme est plutôt un défaut qui tient à la profession, et la pédanterie un défaut du caractère, propre à l'individu. « Le goût de l'auteur de oe /tocfumest d'une pédaniterie qu'on ne peut pas nième espérer de corriger. »Sév.

CHMILATANISIIB , CSABLATANERIE. Tromperie de chaiiatan.

Le ekaflatonûme s'attribue plutdt aux savants , aux hommes qui s'occupent de théorie et de systèmes, c Tenons-nous en garde contre l'autorité magistrale qui veut subjuguer , et contre le eharlaiameme, qui accompagne et qui corrompt si souvent les sciences. » Volt, c On revint à Mairan , et on renvoya dans les espaces imaginaires le eharhtanieme du carré de la vitesse.» la. Mais charlatanerie se dit en parlant de toutes sortes de gens, d'industriels, d'intrigants et de fripons.

Que si les deux mots peuvent s'employer aussi à l'égard des mêmes personnes, ils ne laissent pas de différer encore dans ce cas. Le charlatanisme est le genre , et la charlatanerie un trait : le charkaaniime , une eharkUanerie , des eharhitanerie^ « A l'article Chariatan du Dictionnaire encyclopédique^ M. de laucourt a développé le charlatanisvM de la médecine. » Volt. « La ridi* cule charlatanerie de deviner les maladies et les tempéraments par des urines est la honte de la médecine. » Id.

GOQUÉTISME, COQUETTERIE. Ce qui constitue une coquette ou la coquette.

Coquétieme est très-peu usité. Mais Regnard Ta employé avec une admirable précisimi dans la comédie de la Coquette, Isabelle y dit à Golombine : c Savante comme tu l'es, tu devrais te mettre à montrer le coqaétigme en ville; tu serais bientôt riohe.» Coqti^tfine est donc réservé pour la théorie , et coquetterie peur la pratique : le soquétitme eft la science; et la coquetterie , l'art.

TERMINAISON lE.

Part^ partie {repart, repartie). Garant, garantie. Chapeiie , chapeUenie.

La terminaisoa féminine se est en grec, en latin

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