TERMINAISON MONIE
Cette terminaison composée vient incontestablemeot du latin ; elle se retrouve , par exemple , ilans les mots acrtmonta, xgtrimonia, querimo- Mis, eastimonia, sanctimonia^parcimonia. Quelle ^'en soit l'origine , quand on compare les noms anoftte avec des synonymes de même radical et d'une autre terminaison, leur valeur caracténstique apparaît assez facilement. Ils désignent qulque chose d'adouci ou de plus faible , et .en i&tme temps quelque chose de plus constant, un
<• CorbinelU écrit à Mme de Grignan: a Le titre ^ non Urre est le Misanthropisme / mais madame ^^^ mère sontienl qu'il faut dire la Misanthropie. • if (pKstioB ne peut être résolue par le principe de ^'^^ôciioa appliqué ci -dessus à néologie , néologisme, P*iitqtte miutnthropie siguiûe éfidemment quelque c^de mauTais aussi bien que misanthropisme. Mais ^^''^ntkropisnu regarde la théorie, les opinions, le ■ysi^e; tl misanthropie U. pratique, la conduite, le *t»iUDent de VAme. Mme de Sévigné avait donc tort; 'vdani U liTer de son ami Corbinelli il derait être Jj^boa d*Qiie secte , tnlTant les propres termes de ^^"biodU toi-même.
état plus durable, une disposition plus permanente. ~ Ainsi, en latin a^yrtmonta, suivant Gardin, est un fond de peine d'esprit; xgritudo, une peine d'esprit. Cicéron prétend que la peine , exprimée par œgritudo^ résulte de l'idée d'un mal présent; elle a donc plus de vivacité. Castimonta est dans les hommes et dans les femmes une disposition à être chaste ; dans castitas l'idée de chasteté se trouve bien plus forte , plus effective et plus présente ; et c'est pourquoi ce mot ne se dit que des femmes. -> Pareillement , entre les deux mots français épargne et parcimonie , qui en dernière analyse ont même racine , il y a cette différence, qu'épargne signifie quelquefois un acte particulier d'économie : vous faites là une bien petite épargne I bu lieu que parctmom'e ne signifie jamais que la disposition à épargner. De plus, parcimonie marque essentiellement une épargne petite, minutieuse, qui s'attache aux menues dépenses.
TERMINAISONS MONIE et TÉ, Aerimonie^ âereté.
ACRQIONIE, Ac&ETÉ. Qualité de ce qui est acre , mordant , corrosif.
L'ocrtmonie est le diminutif de Vàcreté; elle produit une sensation affaiblie dJdcreté : des sels peuvent être ocrtmonteus sens être dcres. On dit l'ocrtmonie du sang (Volt., Marm.), et Vàcreté des humeurs ou de la bile. « L'acrtmonte et la pointe des sauces m'agréèrent étant jeune. » Mon- TAXGN. — Ensuite, acrimonie désigne une disposition constante à l'dcrel^ ; on parlera de Vàcreté d'une chose qui vient d'être acre , et de l'acrtmonte d'une autre qui demeure toujours ftcre , mais moins acre. « Les neiges m'ont arraché les yeux par Vàcreté de l'air qu'elles apportent avec elles.» Volt.
Au figuré , Vàcreté marque de la haine : parmi les satiriques, Juvénal, avec sa mordante hyperbole était acre; l'acrtmonte marque de l'humeur: la fenune de Socrate était acrtmontetMe. Ainsi, Vckcrimonie n'est pas franchement acre; elle déplaît plutôt qu'elle ne blesse ; elle est plutôt mordicante que mordante. Elle se dit du caractère peu enjoué , sombre , cliagrin , maussade , de ces hommes bilieux que tout mécontente , et qui font sentir continuellement leur mau aise humeur à tout ce qui les entoure; il y a en eux quel(|Ue chose de disputeur, de contredisant, de revêche, d'acariâtre, de petitement, de mesquinement méchant. Ce n'est plus l'énergie , la violence de Vàcreté; mais aussi c'est la permanence d'une disposition à Vàcreté.