‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 151 sur 444 · COSMOGONIE , COSMOGRAPHIE , COSMOLOGIE · texte numérisé non relu

COSMOGONIE , COSMOGRAPHIE , COSMOLOGIE

Le radical commun de ces trois mots consiste dans leur première partie , laquelle vient du grec xév pLoç , univers ou monde : ils expriment des sciences de l'univers ou du monde. Leur diflérence

tlH. PBJLNC.

PKEHlfeRE PARTIS

tient à leurs tenoinaisons composées , toutes trois également dérivées du grec.

Gonie, qui tertnine le premier mot est hii de yCvMOat, devenir f nattre; graphie, désinence du second , a pour racine ^p^^eiv , décrire; logie, qui se trouve à la fin du troisième , tire son origine de >éY<Ki discours, raisonnement, science. De sorte que cosmogonie indique la science de la formation de l'univers ; cosmogruphie , la science qui décrit Tunivers , qui enseigne la conslruction , la figure , la disposition et le rapport de toutes les parties qui le composent ; et connologio , la science par excellence , ou la science raisonnée de l'univers , c'est-à-dire une science générale qui , sans entrer dans les détails , comme la cosmographie , tâche de découvrir une partie des lois par lesquelles Tunivers est gouverné.

La cosmogonie est conjecturale : elle fait des hypothèses sur la naissance et Fêtât primordial du monde. La cosmographie est purement historique et descriptive : elle expose , daxis toutes ses parties et ses relations , l'état actuel de l'univers tout formé; espèce de physique générale, qui tient, d'une part, à l'astronomie, de l'autre, à la géographie. La cosmologie est inductive et rationnelle ; plus spéculative , plus métaphysique que \a cosmographie ^ qui se borne à l'observation, elle s'occupe surtout des rapports nécessaires, des lois ; elle montre l'analogie et l'union qu'ont entre elles les parties de l'univers , et son utilité principale consiste à nous élever par les lois générales de U nature à la eonaaissance de son auteur.

TERMINjUSON JS£.

Feinte , feintise*

La terminaison ise , d'origine toute française , est familière , et se prend d'ordinaire en mauvaise part pour exprimer un défaut , ainsi qu'on peut le voir par les mots, balourdise ^ hitise^ sotHse, couardise, fainéantise, friandise, paillardise. C'est pourquoi les noms en ise ont quelques synonymes en erie. Parmi les substantifs peu nombreux qu'elle termine , plusieurs sont tombés ou tombent en désuétude, comme hantise et chalan' dise; et quand un substantif en ise est synonyme d'un substantif autrement terminé, si l'un des deux cesse d'avoir cours , c'est plutôt le substantif en ise. Or, le substantif en ise qui vieillit, et par cela même qu'il vieillit , a un air de bonhomie , de naïveté et de familiarité étranger à son synonyme.

Tel est, en effet, le caractère distinctif de feintise par rapport à feinte. Charron a parfaitement observé cette dUféreneo. U dit quelque part : « Des faits eC dits internes , pensées , opinions , créances (ou la feinte est bien grande , et qui enfin se découvre) sourdent les externes. » Et ailleurs : « Les petits déguisements, faire la petite bouche , les figures et feintises , qui sentent à la pudeur et modestie , vont fort bien aux femmes , sont là au siège d'honneur. » Saint-Simon a aussi employé feintise avec la nuance qui lui est assignée ici. « Le cardinal Albano eut vraiment

Ue d'MotpItr le pontificat.

peine et nos feimÈUe d'MOtpItr le pontificat. »- Cette môme rcmarqne trouve son applicatioa l'égard des gaots «tmpieMe et tiwiplitité. (Vo] pag. IM.)

TERMINAISONS ISS %t EBSB.

CafardisCj eafarderie, Lourdi$€f UmrdiHe.

Ce qu'il y a de comimm euln cee de»x Unsi naisons, c'est d'être Camilières et d'indiquer (k défauts ou des actes qui en émanent. Hais leu diflérence vient ée ce que prÛBitivement erit di signe un métier, une profession, une habiivde la répétition des «aêmes actes , tandis qu'aucoi nom de métier ne se temine en iee. En général erie marque» plutôt le délkut nt iM'l'aete qui e dérive. Mais supposons que tous deux narquen en même temps ou k défaut ou l'aeie. Tout doc en erie, exprimant .un déCaut, fait eoteadm qu'oc se livre habiluellemeni aux actes provoqués pai ce délMit; ce que ne soi^oee en aucune sortt u nom en isê significatif du même défaut, To«t acte vicieux , dont le nom se temine en erw, est habituel ; et le même UMpa terminé en ise s'tnporte pas eett» idée.

CAFARDISE , CAFARDERIE. Ces deux moU »

disent en parlant du caCard, de sa manière d'être OH de sa manière d'agir.

Cafaréise s'entend plutôt de .sa manière d'agir. d'un acte particulier ; et eafardirie , de sa loaBière d'âtre, de son défaut. L'usage a preaqua i^^<^ cafarâise^ par la raieen toute simple q«e cs/arderie convient aussi bien, pour marquer Tacteque le défaut. Tous deux néanmoins méritent d'èire conservés; car, sa tafaréerie peut exprimer un acte particulier de cafard , il le lait avec m nuance étrangère à cafardise^ et qu'on n'a P^ toujours l'intention de laire entendre : il r^i^' sente la personne comme commettant fréqueoiment ou comme étant dam l'babitude de coumettre des actes semblables.

LOURDISE, LOURDERIE. Ces deux mots, beaucoup moins usités que leur synonyme lMz/ourdâi< signifient une faute grossière contre le bon sens, contre la civilité ou la hieiwéanon.

On fait une lourdise en passant, at àe&l^' ft>^ continuelles; Hlourdiêe est causée par lu' réflexion , et la lourderie vient de ce qu'on eat oa lourdaud. « La Umrdùe de sa réponse fut inafp'^ mable. » S. S. La ûon^êssê d^Ejscas^nat^ daQa'l pièce de Molière qui porte oa titre, reJèfeM

Umréêrie$ de son valet Criquet.

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