‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 154 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

pondant point à des noms latins en xHum ou en ilia,

SOMME, SOMMEIL. Grand assoupissement, état de quelqu'un qui repose et dort.

Beauzée, Roubaud et Gondillac reconnaissent d'une manière plus ou moins explicite et nette que le premier de ces mots est objectif et absolu , le second subjectif et relatif; que l'un représente l'acte /l'autre l'action; que l'un se qualifie en lui-même , et l'autre par rapport à la situation et aux circonstances. C'est en effet la différence qui doit se trouver entre deux mots synonymes , dont l'un est privé et l'autre pourvu d'une désinence significative.

Somme représente l'assoupissement absolument et objectivement , comme un acte de la vie que tous les hommes accomplissent, les uns d'une façon , les autres d'une autre , mais toujours en général: un bon tomme ^ un somme léger, le premier somme; on dit, faire un somme ^ un petit somme. On ne dit pas, faire un sommeil, parce que le sommeil n'est pas , comme le somme^ un objet , une t&che commune & tous , mais uU état passager et tout relatif à celui qui dort. On prend son somme , comme on prend son repas.

Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.

Laf.

Le somme est une chose. On ne prend pas son sommeil pas plus qu'on ne prend son étude ; on les conmience , on les continue , on les achève : le sommeil et l'étude ne sont pas des choses ou des objets qui aient l'être indépendamment du sujet , mais des actions qui n'existent que par le sujet et au moment de l'action du sujet. Le sommeil est tranquille , doux , ioquiet , fâcheux , à raison des circonstances extérieures ou intérieures qui sont propres au dormeur. Aussi sommeil a beaucoup plus d'usage et d'étendue que somme.

Somme fait abstraction de toutes les circonstances qui conviennent particulièrement au sujet; il ne comporte que des qualifications générales et intrinsèques; il montre l'assoupissement comme une chose faite ou à faire , mais non pas pendant qu'elle se fait et se fait de telle ou telle manière. C'est pourquoi on ne peut pas employer avec somme , comme avec sommeil , les verbes troubler , rompre , interrompre , respecter.

On dit également , un long ou profond somme , et un long ou profond sommeil. Mais les deux adjectifs sont des épithètes de nature dans la première expression , et des épithètes de circonstance dans la seconde. Rien ne repose mieux des fatigues d'un voyage que de dormir d'un long et profond somme; comme j'étais fatigué, j'ai dormi cette nuit d'un long et profond sommeil.

Dans son abstraction , le terme général somme désigne une tâche, un tout indivisible; tandis que sommeil indique un ensemble de plusieurs parties, a L'action de dormir étant interrompue, dit Roubaud , le somme est achevé , on ne peut faire qu'un nouveau somme; le sommeil interrompu se reprend , vous rentrez par un nouveau fomme dans le sommeil; et le sommeil d'une nuit est composé de tout le temps que vous avez dormi même à différentes reprises. >

Enfin , somme exprimant la chose comme étant ,

comme un objet, sommeil conmie se ftisant, comme un événement, l'un touche au passif, l'autre à l'actif, l'un serait plutôt l'effet, l'autre représenterait plutôt la cause. « Le dormir, suivant Roubaud , est l'effet du sommei^ le somme est le résultat du dormir. Nous intoquons le sommeil, et non le fomme: nous invoquons U cause, le dieu bienfaisant qui nous fait dormir; nous n'invoquons pas l'effet, l'acte que nous bisons de dormir. Le sommeil nous fuit, nous presse, nous tourmente, nous tient dans ses bras.»

Sommet! signifie quelquefois particulièrement quelque chose d'imparfait, un assoupissement qui commence , l'envie de dormir. Rien de plus naturel , vu son caractère de relativité.

TERMINAISONS EIL et A7.

App(kreil, apparat.

APPAREa, APPARAT. Pompe, étalage, qui fait que les personnes ou les choses paraissait, se montrent avec éclat.

Apparat, immédiatement traduit du latin opparaius, ne devrait se dire, à la rigueur, que quand il est question des Latins et de ce qui les concerne. < Trajan se prêta avec trop de complaisance à s'entendre louer dans- un discours d'apparat pendant plus de deux heures. » Uh. «Qu'est-ce qu'une oraison funèbre? Un discours d'apporet! , une déclamation. » Volt. — Mais ensuite on emploie apparat en parlant des choses qui regardent les savants et les cérémonies de l'Eglise. «Le duc d'Albret, qui était élevé pour l'Église , soutenait ce jour-là une thèse en Sorbonne en grand apparat. » S. S. « Les fiançaiUes de Melle de Rohan avec Tallard se firent dans le cabinet du roi par l'évéque de Metz avec tout l'apporal possible. » In. Pour exprimer quelque chose de tout moderne et de tout laïque, nous nous servons d'appareil ; « Quel contre-sens de donner un prix public , un prix à'appareU , à la vertu des femmes , à la pudeur ! » Lah.

En général , apparat se prend plutêt en mauvaise part et emporte une idée d'emphase et de pédanterie , qui est étrangère à appareil. « Dans toutes les causes vulgaires l'apparal serait ridicule. »Marm. « La plaidoirie moderne donne rarement lieu à rapparei7 de la haute éloquence.* In

Enfin , en sa qualité de participe passé , apparat indique l'effet ; au lieu qu!appareil se rapporte à l'action et aux moyens déployés pour produire cet effet. Festin d'apparat, est une expression purement caractéristique ou énonciative ; appareil est propre à montrer la chose en train de se faire. « Philippe mettait beaucoup plus de recherche dans les apprêts d'un combat que dans Yappdreil d'un festin.» Lah. «L'excès et appora(, la multitude, diversité, et exquis appareil des viandes est venu à son honneur. « Cbabb.

TERMINAlSOxN EUR.

Le chaud, la chaleur; le froid, la froideur;

le frais , la fraioheur.

U désinence eur , en latin or , termine dans

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

ootn laQgne deux sortes de mots, savoir, d*une

put, des Doms qualificatifs à base verbale et

oascalins, comme conetliafeur , iéducteur^ ctm-

toUtiatry couvreur y traitêur; de Tautre, des

sobstantift abstraits, tous féminins en français,

quoique oaseulins en latin, et presque tous à

base nominale , comme p«d«iir , candeur , c(mleur,

faveur, rifiieiir, fureur^ saveur, odeur. Le sens

précis des premiers est assez facile à déterminer.

Ksifïïtirilffinpnt actifs , ils désignent celui qui fait

ractka marquée par le yerbe radical, qui a cou-

tmne dek faire , qui en fait métier ou profession ,

celui qui â la force , la capacité d'agir , et qui en

ose. Ûi correspondent exactement , tant pour la

foineqoe pour le sens , aux noms actifs abstraits

m m.Lk plupart sont formés comme eux du

50^ Jatin en f Mm , sum , stum : par exemple ,

réformaUwr^ de reformcAun^ , de même que réfor-

miim; provUeurj de provisum, de même que

pmisiKm;agreueurf d'agresium, de même qu'a-

grosion.

Les substantifs abstraits féminins , à base nomiaale, en eur, ont une valeur beaucoup plus difficile À saisir. Ils signifient une qualité abstraite, c'est-à-dire, considérée indépendammeatdes autres qualités qui l'accompagnent dans le sujet où elle se trouve. Mais cette qualité abstiaite est représentée bors du sujet, extrinséfuemeot, relativement, en rapport avec son ictioo et avec l'efiet qu'elle produit. Par là elle se particularise , se manifeste , s'actualise ; . et la terminaison eur , dans ce second , comme dans le premier cas , entraîne toujours une idée d'action et d'état ou d'effet produit , et par suite exprime uorent une qualité ou un état temporaire et passager. — Le mot stupeur désigne un état momentané, état bien caractérisé par des signes extérieurs qui font une certaine impression ; le mot ftupidité marque un état ou une qualité constante , iobérente au sujet et intrinsèque. — En latin , la crainte exprimée par timor est représentative, actuelle et temporaire; tandis que timiditas in- «lique une disposition habituelle à la crainte et considérée dans le sujet.— On reconnaît de la rameur à une chose qui vaut actuellement , effectivement , et soivant l'estimation qu'on en fait dans un moment donné ; la validité est une qualité constante , iahérente à certaines choses , intrinsèque , et c'est plutôt une capacité, une aptitude, une vertu, qu'une qualité effective, manifestée, qui ait cours, qui soit mise en exercice présentement.

U CHAUD, la CHALEUR. Le calorique ou la ^ité qui le constitue essentiellement. — Le noiD, la FROIDEUR. Qualité résultant de l'absence du calorique. — Le FRAIS, la FRAIGUEUR. Xème qualité , mais à un degré moindre.

Pour distinguer les substantifs abstraits en eur ^ leurs synonymes dont la terminaison est insi- Soifiante, il ne faut pas seulement avoir égard i la valeur de la désinence des premiers , en B|^ temps qu'à celle qui résulte pour les der- ^^ de l'absence même de terminaison significatÎTe; il faut, de plus, remarquer que ces derniers Mot tous des adjectifs pris substabtivement , et se ^rter k la r^le à l'aide de laquelle on peut «Ublir des différences entre les substantif primi-

tivement adjectifs et les substantifs abstraits ordinaires. Or , tous ces moyens de distinction concourent à représenter comme relatifs les substantifs abstraits en eur , et comme absolus leurs synonymes à terminaison indifférente.

Le chaud, le froid, le frais, font considérer les qualités qu'ils expriment comme subsistantes dans des êtres idéaux , ou bien dans quelque sujet vague et indéterminé-, la chaleur, la froideur , la fratchettr^ montrent ces mêmes qualités comme séparées des réalités sans doute, mais non pas comme ayant perdu tout rapport avec elles, comme ne pouvant plus se reparticulariser, et comme subsistantes par soi. Le chaud, le froid et le frais sont des objets qui ont pour qualités propres la chaleur, la froideur et la fraîcheur. On ne dit pas le chaud , le froid , le frais de l'eau , comme on dit , la chaleur , la froideur et la fraîcheur de l'eau , et c'est évidemment parce que les trois premiers mots sont absolus et les trois derniers relatifs. On dit , goûter le frais (Les.), absolument-, et relativement, goûter la fraîcheur d'un lieu (^d.)- C'est encore à cause de leur caractère d'absolu et d'indétermination , que les uns, à la différence des autres, s'emploient bien sans l'article dans l'expression , il fait chaud, froid ou fraû. Quand on dit qu'on a chaud ou froid, qu'on preiid le frais, simplement, si à la place de ces mots chaud, froid, frais, on voulait mettre leurs synonymes, chaleur, froideur^ fraîcheur, on s'apercevrait bien vite que la relativité de ceux-ci ne permet pas une pareille substitution : on n'a pas, on ne prend pas des qualités abstraites comme on a et comme on prend des objets. .

Le chaud, le froid et le frais ont pour ca^ctères , non-seulement d'être absolus , indéterminés, et d'exprimer des objets plutôt que des qualités , mais encore de désigner quelque chose de complet , de constant et en même temps de passif, a En cet état Charles VI allait à cheval en plein midi , pendant une chaleur excessive , dans un pays sec et sablonneux. Tous ceux de sa suite , accablés de chaud , allaient deçà et delà par des chemins séparés , pour éviter la poussière, v Boss. a Le chaud , dit Roubaud , veut une chaleur bien sensible. Dans le discours ordinaire, vous direz un chaud lourd, étouffant, et une chaleur ardente , brûlante. Le chaud est un air qui vous accable , et la chaleur un feu qui vous dévore. »

Mais la longue fatigue et le chaud qui m'accable....

Régit.

«On chasse les grives à l'heure de la journée où la chaleur est la plus forte. » — Bofp. D'ailleurs, la chaleur se présente souvent comme un événement qui a lieu et dure plus ou moins , détermination étrangère au chaud. « Nous partirons ce soir après la chaleur. Acào.

Attendons quelque temps que la chaleur se passe.

REOIf.

« Au figuré , dit Condillac , froid et froideur se disent des personnes. Le premier représente la lenteur et l'indifférence , un tempérament que rien ne peut émouvoir : son froid m'impatiente. Le second montre l'indifférence de celui qui n est

PHElIÊtU; l»Aft?IE

pas remué dans le moment , qtroiiju'H soit capal^fe de l'être : traiter ayeC froideur; avoir de la froideur pour quelqu'un. » tJn homme est dNtn froid qui glace tout le monde (AcAn.), et dans un cas particulier quelqu'un se plaindra de la froideur de Taccueil que cet homme lui a Mi, A quoi il faut ajouter que le froid empêche plutAt de recevoir les impressions, d'être ému, et que la froideur empêche plutftt d'agir ou fait qu'on agit mollement , avec indifîèrence , sans empressemeat. La froideur de llmaginatioii (ACAn.)- Le frais est une chose qu'on cherche , qu'on prend, dont on donne; la fmîehew est une qualité de fair , de la nuit , des hois , du printemps , à tel ou tel degré, quf augmente ou diminue , et qui produit sur nous des efFbts bons ou mauvais. Le frais est toujours agréable et salutaire; car telle est l'idée pure du radical : température modérée, également éloignée du froid et du chaud ; la fraîcheur étant une qualité qu'on considère plus particulièrement comme cause, se trouve propre à marquer une action quelquefois violente et nuisible. — t)'un autre côté, on met du vin au frais, et non à la l^aî^euTj parce que le frais est durable, constant, et la fraîchetsr momentanée. — On voyage au ft'ais pendant la nuit : c'est là une proposition générale et absolue. Mais on dira dans un cas particulier : il a marché à la fraîcheur ; et relativement : U a marché à 1& fraîcheur du matin.

TERMINAISONS tUk Vt PHJT.

tefûeuty verimn* Froédêur, fi^diuire.

Eur désigne une qualité abstraite , mais active» mais se manifestant et se faisant sentir par des effets. Vre indique un résultat , un assemblage , ou une qualité provenant de cet assemblage. Simple rapprochement, qui suffit pour faire distinguer d'abord les noms qui ont la première désinence d'avec leurs synonymes à radicaux identiques qui ont la seconde.

VERDËUK, VERDURE. Qualité de Ce qui est vert.

La i)erdeur est une qualité active des plantes ,

2ui les fait vivre et se développer; c'est la qualité u bois qui est vert en ce sens qu'il n'est pas mort et sec, mais encore plein de sève. La terdure est une qualité qui résulte de Tassemblage des feuilles , des plantes , des arbres ; car ce mot est collectif et ne se dit que de l'effet produit sur la vue par la réunion de plusieurs choses Tèrtes dans les prés , la campagne ou les bois. C'est au point que ce mot signifie quelquefois les choses vertes elles-mêmes réunies : un lit de verdure, un tapis de vtrdure, se coucher ou danser sur la verdure Joncher les rues de verdure. —I^ns un sens dérivé , on se sert de verdeur pour exprimer l'acidité du vin , c'est-à-dire encore une qualité active qui produit nn certain effet , une certaine impression. « Le plomb uni aux acides fait un sel fort doux qui corrige au goût la verdeur du vin. » J. J. — Ensuite , verdeur est seul d'usage au figuré , parce que en latin la désinence or est plus noble que la désinence ura , et ne s'emploie pas comme celle-ci en termes d'arts mécçmiques; or, au figuré, ver-

deuT «onserre les ttèmeft WÊêmm ovietiristitques : il se dit de la vigVMUr des liMUiM etdt râcreté des paroles, e'est^-^re, Icvjouia d'âne qualité active.

irotrmir et fitfffvîlftenf AflèMitt à pe« fuel Ai même.

ntomBOft, nofmms. ouaitiè di oafHiit

froid ou privé de efaalefir.

La froideur est la qualité d'un 06rpa paittoalier en vertu de laquelle ïi produit sur Ms sens une certaine impression. La froidewr à% Teaii , ée la glace , d« marbre. « Aux qua(tre éléments sont attachées quatre propriétés essentielles : fnMeinr. chaleur, sécheresse et humidité. » Bmith. U froidure exprime collectivement l'état de leate l'atmosphère à une certaine époqve ou dans vê certain climat, effet résultant de rexpaMÎoada froid dans Tair. « Malgré l'hiver et sa froiém. » B8A0V. < Les relations nous disent que le aerd de l'Asie est dans uù climat très-ft^nd, et qaeU raison de cette froidure vient de la hautear da terram et de ce que les montagnes, allant toujowrs s'apknissant vers le nord, n'offrent plus d'^t»cles au vent» » Mon tbso- Lors(iue les aquilons, messaisen des litrefs, Ramènenilft/roNfarteliiflletttdâastaiMrs. Stmt.

A la différence de froidure , froiâefsr se dit as figuré ainsi que verdeur ^ et par la même laisos; or , ainsi que wrdeur^ il se montra dans tes de«x sens revêtu des mêmes caractères. (Toy. firetd d froideur^ pag. 3f 8.)

TBKMIKAIBOMS SUIL IT TÉ.

aigmuir, riffidiêé. JPudeur, puéUité. Aaadrar,

roêondiêé.

Ces deux terminaisons ont pour caractère commun de servir à désigner des qualités abstraites- Mais Tune les désigne extrinsèquement, en rapport avec les effets qu'elles causent, ou la conduite qu'elles font tenir; l'autre les représ«ite intrinsèquement , comme inhérentes à un sujet. Ainsi , la saveur et la tiédeur rappellent les impressions produites sur nos organes par les corps qui développent ces qualités; tandis quelawpidité et la têpidiU retiennent toute attention sur les corps mêmes auxquels ces qualités sont inhérentes. Les substantifs en «ur tiennent un peu do verbe ; les substantifs en Rf correspondent ciactement à l'adjectif, ni plus ni moins.

RIGUnrn , RIGIDITÉ. Qualité d'un homme sévère, austère, ferme, et même un peu dur ou rude.

La rigueur se considère hors du sujet, àxca\^ actions qu'elle lui fait produira ; la rigidin « considère eîclusivement dans le sujet où elle se trouvé : ou, pour employer les termes de R<w baud : « On a la conduite , Tempire figo^f^^ on a des principes , des meeurs rigides. • ^ J^ de rigueur , on traite avec n'^ueur , on exerce ^ rigueurs j quand on a d« la ri^idil^ dans le caractère.

La rigueur es^ effective et fait qu'on agit d'oj certoine façon; la rigidité n'est qu'une dispontion à la rigueur. « La rigueur, dit encore R^"' baud , est une roideur de jugement et de rom^

SYNONYMES QUI ONT LB lÉlt RADICAL.

tiS

gui fait qu'on prend toojoun, dans la sanction, k sens le plus strict et les paines les plus rudes ; qu'on ne donne aucun accès à la pitié , à la cléaeoce , i I'isdiilg«n66 , dadS retercfce de la justice. La rigidiîé est la roideur d'ono tertn ou (fttne Teelitiide d'âme iinrariablement attachée aux T^les tes phu séréree. » Un juge est rigoureux; QB moralifte ou un casuiste , rigide. Une, sentence est rigomttm , et tine loi rigi^.

Jââer s'appelle , dans Athalte , llet naiiuees des nis ttlnittie rimmtumx, lUc. On m soiOMt à des prath^ues austtres et à une iktifOÊnue (Boss.); on fait des lois pour adoucir éês «sages trop rigf>Ufeux (Tolt.). Vais on dit ua stoïcien (Volt., Cono.), un socinien (Boss.), UB doeteur (K&ss.), un censeur (Labh.), rigide; SB critique en réputation de grande rigidité (Bûa.). —Vertu rt^ourvnse s^entend de la prati- (fat. c Nous nous représentons une tertu rare et âagaSèn comme une TCrtu Hgùwteute dans sa cofldoite, tout opposée aux inclinations de la nature. > BoTTKB. Kais verta rigide regarde 1& théorie, les maximes qu'on suit , les conseils dont on est capable. Dsns la Henriade , U Ligué s'est assemblée pour élire un roi :

SoQdss Potier se lète et demande tttdlettee. as rigide tertu fUialt «OU ébquenee. Volt.

PCBEm, rament. Qualité d'une personne pudique, honnête.

fuâeur indique plutôt ilne ttianiètt d'agir, et fnâidié une manière d'être.

La pude%r produit des effets et Inspire une certaine conduite. « Oui voudrait réduire Boccace à U même pudeur que Virgile , ne ferait rien qui nille. > Laf. « Qui vous a potissée, 6 divine Vierge, à TOUS cacher si profondément? Je pense que ^ été sa pudeur. » Boss. « Atosse , fille de Cyrus et foae des femmes de Darius , fut attaquée d'un cancer au sein. Elle ne pouvait se résoudre , par pideur, à découvrir son mal. » Roll.

La ptidtcif^ n'a rapport qu'au sujet auquel elle est inhérente. Au lieu que la pudeur est un sentiment actif qui fait qu'on se soulève , qu'on se détoorae et qu'on rougit en voyant ou en en- ^odant des choses contraires à la décence , à la modestie ou à llionnéteté , la pwiieité se considère passivement : c'est une Qualité , une sorte de propriété qu'on possède, quon défend, qu'on conserve ou qu'on perd, c Un seigneur qui se joue , <lus ses domaines , de la pudtctt^ de ses jeunes Tiisales. V Bbaok. a Entreprendre contre la pu- ^ii d*ttne femme. * Scabr. « La dame Melancia ttt la perle des duègnes , un vrai dragon pour gar- ^ la pudtctV du sexe. » Les. « La loi qui conlerre là pudicité des esclaves est bonne dans tous |tt Stats. 9 HoMTBSQ. Pascal prétend qu'on n'a iuuis le droit de tuer un homme , « sinon lors- ^'onne peut autrement éviter la perte de la pu- ^ic^oude k vie. )» Malherbe dit qu'Ariane fut dthisBée par Thésée V^ IlioBoear ravi de sa pudiàti, * la pudicité , dit fort bien Koubaud , se mani- ^1 se défend et se conserve par la pudeur. » Dans une occasion particulière, on se conduit >yec ou sans jnideur, et non avec ou sans jmdtfiié. On n'a pas Tempudicii^ , mais rtmpudeur de

demander ou de frîre certaines dioses. c Vous aurez r^mptideur de conclure un mariage abominable en unissant le frère avec la sœur. » Bbaum.

lORDEim, ftOTcmotri. Qualité de ce qui est rond.

Ici la tertninaison eur ne rappelle aucune action ni aucun effet. Les deux mots signifient la qualité abstraite , mais avec une difi'érence pourtant qui provient de ce que la désinence té représente cette qualité, quoique abstraite, par rapport au sujet qui la possède. ilond«ur n^exprime que la figure ; rotondité l'exprime aussi , mais avec d'autres qualités qui l'accompagnent dans le sujet, la grosseur, l'ampleur, la capacité. Èotondité, suivant la remarque de TAcadémie , ne s'emploie guère que dans le style familier en parlant d'une personne fort grosse.

J'aurais un bon carrosse I ressorts bien liants ; De ma rotondité j'eiaplirais le dedans. Hco».

On doit dire , la rofideur d'une roue , et on peut dire , la rotondiW d'une boule. « On dira , observe Roubaud , la rondeur et la roioudité de la terre ; la rondeur^ pour désigner sa figure ; la rotondité pour désigner sa ea^acité ou l'espace renfermé dans sa rondeur , en différents sens. >

TEEMINAlSONS EVÎi ix ÀSCK.

Fcjncr, wUemce.

Entre ces deux terminaisons le rapport est à peu près le même que celui qui se trouve entre les terminaisons tur et ti; et par la même raison.

tiur n*a rien qui le distingue que son caractère verbal : il marque l'action , l'effet produit par la qualité abstraite Y sa manifestation, son développement, iin^, comme terminaison dérivée d*un participe, a de plus une certaine analogie avec l'adjectif, et c'est pourquoi il présente souvent ou en partie la qualité conune intrinsèque; il la désigne au dedans et non au dehors , comme rendant le sujet tel ou tel , et non comme se manifestant par des effets. Aussi, telle est la différence établie par Roubaud entre les synonymes KoXeur et tâti£xficc.

VALEUR , VAILLANCE. Courage des héros , des guerriers qu'anime le désir de la gloire.

a La xaiWaiite^ dit Roubaud , est la vertu ou la force courageuse qui règne dans le cœur , et constitue Thomme essentiellement ^ù.i\lont; la \)aXew est cette vertu qui se déploie avec éclat dans l'occasion de s'exercer , et qui rend l'homme i7a/eureux dans les combats. La raiXlance annonce la grandeur du courage , et la KoXeur la grandeur des exploits. Le héros a ime haute vat^tance , et fait des prodiges de ^aUur. »

Telle nation est le modèle de la haute vatlkince, et dans les combats tout cède à sa voXeut.

Dans le didactique, dans l'ordre des idées, quand il ne s'agit pas ou pas encore de la qualité comme effective, c'est vatUoiMe qui est lé mot propre. < Les préceptes de l'Alcoran sont d*ètre juste et vatUanI, de faire l'aumône aux pau-* vres.... » Volt, a Ce dialogue ne donnait pas une opinion fort avantageuse à la belle Fleur<de-lj8 de la Xiailla.nu de son conducteur. » Las.

Et j'attendais, seigneur, i vous le déchirer.

PREMIÈRE PAUTIE :

Que par tos grands exploita TOfre rare vaillance Pût âtire à TuniverB croire voire naissance. Corh.

a îfars signifie la vaillance personnifiée. » Lab. « Dans Eschyle , la Force et la Vaillance servent de garçons bourreaux à Yulcain qui enchaîne Prométhée sur un rocher. » Volt. « Le modeste langage de la taillanee est, je fus brave un tel jour.... » J. J.

Mais dans Tordre des faits , quand on raconte ce qui s'est passé , valeur est , à Bon tour , le seul mot qui convienne. « Après la bataille de Potidée , on attribua à la nation Spartiate la précellence de valeur en ce combat. » Montaign. « Philippe fut vaincu à la journée des Cynocéphales; et cette victoire fut due à la valeur des Etoliens. » Mon-

TESQ.

Ma valeur est connue ; Je ne me bats jamais qu'aussitôt je ne tue. Regx.

Un homme vaillant est capable de se bien battre ; un homme valeureux a fait ses preuves , il s'est bien battu.

TERMINAISONS EUR et 15.

Couleur, eolorie.

Sur marque Vactif , is le passif: le premier désigne une qualité se faisant sentir par un certain effet ou une certaine impression ; le second signifie un résultat , un assemblage. C'en est assez pour arriver à déterminer en quoi difilèrent couleur et coloris , par exemple.

COLLEUR, COLORIS. Qualité que la vue perçoit dans les corps et qui provient de la lumière réfléchie par leur surface.

«c Les couleurs , dit Beauzée , sont les impressions primitives que fait sur Tœil la lumière réfléchie par les diverses surfaces des corps : ce sont elles qui rendent sensibles à la vue les objets qui composent l'univers. Le coloris est l'effet qui résulte dHé l'ensemble et de l'assortiment des couleurs naturelles de chaque objet , relativement à sa position à l'égard de la lumière , des corps environnants et de l'œil du spectateur : c'est le coloris qui distingue la nature et la situation de chaque objet. »

La couleur se considère plutôt comme cause d'impression , et le coloris cooune un effet résultant d'un mélange de couleurs. « Les tableaux du Titien excellent par la beauté du coloris; et l'on dit qu'ils en sont redevables à l'art particulier que ce peintre avait de préparer et d'employer les couleurs. » Bbauz. « De plusieurs systèmes Platon en fit un , qui prit le coloris de son style : il avait le talent de donner des couleurs aux objets sans répandre sur eux aucune lumière. » Gond. « Toutes les couleurs , se mêlant mieux ensemble ( au moyen de l'huile) , font un c-oloris plus doux , plus délicat et plus agréable. »

ROLL

Colorer c'est donner une couleur déterminée par laquelle un objet fasse sur notre vue telle impression ; colorier est un terme de peinture , c'est donner à un objet , par un assortissement convenable de cùuleurs , l'éclat , l'air , l'apparence qu'il doit avoir. On colofe une liqueur ; on colorie un tableau.

TERMINAISONS EUR et JE.

Fureur t furie,

FOREUR, FURIE. Violente agitation, grand emportement.

Toutes deux destinées en général à signifier des qualités abstraites , les désinences eur et te sont propres en même temps à rappeler l'action d'un verbe , c'est-à-dire ici du verbe furere ( être hors de soi, éprouver une passion violente), qui a le même radical. Mais l'une est active , se rapporte à la cause et à son action présente, immédiate; l'autre est passive , se rapporte à l'effet ou à Taotion dans ses suites , dans sa manifestation extérieure.

Yaugelas et Roubaud ont fait entre fureur et furie une distinction conforme à cette remarque, a II semble , dit le premier, que le mot de fureur dénote davantage l'agitation violente du dedans , et le mot de furie l'agitation violente du dehors '. »

IfA furie consiste dans la manifestation, dans l'éclat ; elle ne se concentre pas comme la fureur i on n'aime pas à La furie , comme on aime à la f« reur.

N'as-tu pas sur mon dos exercé \a./urie? (Sosie & Mercure dans jtmphitrjQn.) Moi*. Crains tes emportements ; j'en connais la^vrie.

Volt.

S'emporter jusqu'à la furie (Boss.). — La fureur est en nous ; par elle notre âme se porte ardemment vers l'objet de son désir. « La fureur des désirs. » Buff.

Je suis au désespoir, et je sens dans mon c<eiir Mon amour outragé se changer en fureur. Rcox. Ces derniers mots me rendent immobile ; Je ne sais où je suis ; ma, fureur est tranquille.

YOLT.

La furie nous met hors de nous , dans une sorte d'état passif. On contient sa fureur , on s'abandonne à la furie.

<E La fureur , dit Roubaud , n'est pas furie , si elle n'est point manifestée; \k fureur mène à la furie. La fureur a des accès; la furie est l'effet de l'accès violent. On souffle la fureur pour exciter la furie. L'on met un frein à la fureur , et la furifi est la fureur effrénée. »

Furie convient plutôt en parlant des choses inanimées, parce qu'elles n'ont pas en ellesmêmes la cause ou le principe de leurs actions , parce qu'elles ne sont pas susceptibles de passion ou d'agitation intérieure: la furie du combat, dn mal , de la fièvre ; le canon tirait avec furie.

D'autre part, comme furie marque une sorte d'état passif auquel on s'abandonne et dans lequel on n'est plus maître de soi , ce mot se prend très-rarement en bonne part. Au contraire , nous disons , une noble fureur , une sainte fureur , une fureur héroïque , une fureur poétique , une /tireur prophétique. Nous attribuons la fureur à Dieu même. Racine dit que les chiens attendent à la porte de Mathan que la fureur dé Dieu se dé> ploie sur lui.

1 . En lathi, la même dilTérenee existe , soiTanl Dœderlein, entre mœror et mattitia.

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

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