‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 155 sur 444 · TERMINAISON ON · texte numérisé non relu

TERMINAISON ON

Lien, liaison,

n lemblenit aa premier coup d'œil que cette tenomaison fOt latine et que tous les noms qui la possèdent Tinssent directement du latin» comme teraon de serwjo , unis. Ce serait cependant une erreur de le penser. Parmi les substantifs latins en o , imis , il en est fort peu qui soient passés dans notre langue avec le même radical et aient pris la désinence on; bien moins encore parmi les substantifs en on pourrait-on en citer qui lassent , comme sermon , des traductions ia noms latins en o , onis. En français , la désÎBéDoe m se trouve presque toujours ajoutée à des radicaux , ou francisés , comme dans soupf»i,oo totalement étrangers à la langue latine; et ks noms qu'elle sert à former appartiennent très^oorent au langage commun ou inéme familier et populaire , comme jargon , bouchon , &rtmlorion , torchon , trognon , cochon , salisson , pofuMm , capoK , coton.

Les substantifs ainsi terminés peuvent se diviser en trois espèces. — Les uns sont des substantifs abstraits féminins ayant pour base un significatif verbal, comme oraûon, déclinaison, floraiion, démangeaison , leçon; leur sens approcbe de cdui des substantifs en ton dont ils sont quelquefois sponymes. — D'autres sont masculins, à l^ase généralement nominale , et ont pour caractere essentiel d'être diminutifs ' : Exemples , cor- <^, po^Zofi, rafon, carafon, peloton, sàblon, '^ûoft, aiglon , chaudron. — Les derniers, mascu- ^, à base tantôt verbale et tantôt nominale, entrent dans la classe &es qualificatifs : tels sont, ^HNiiBoi», bottjfon, fripon, fanfaron, mignon,

UE5, LIAISON. Ce qui tient plusieurs cboses ^ plusieurs personnes ensemble.

l^nson, substantif féminin abstrait , à base ver- ^, joue à l'égard de lien un rôle analogue à <^lai que jouent , à l'égard de leurs synonymes ^ terminaison significative , les substantifs en ùm. Km lieu que lien est objectif et absolu , liai- '^ se prend relativement , et rappelle comme ayant en lieu l'action du verbe qui lui corres- ^pà. le lien est; la liaison est devenue, a été ^ite. On forme une liaison , une liaison s'établit. Ilya /tende parenté entre personnes qui sont Pentes, et liaison de parenté entre personnes <{Q'\ine alliance a rendues parentes. On dit le lien ^ rainitié,et une liaison d'amitié ; l'un est absolu, 1 autre relative , et , en général , le lien est moins

^ (k dérhre si peu di^ latin o, onis^ que cette ^fniitt désineace termine beaucoup de mots latins ^ KHU togmentatifs et marquent grosseur, excès. ^cot^es : hiboy grand buveur; eomedo ou eJo^ ff^ manfeor ; ca^ito, qui a une' grosse tête; naso, fù sim gros nez, etc. Notre langue possède bien *^ des Doms augmentatifs en o»; mais ils sont ^^Hares et viennent de substantifs iUilieos dans ^oeU la terminaison one exprime augmentation , Podeor. Salon vient de sallone^ grande salle ] e^inon Jl^ww, grande canne, grand tobe ; hallom de bal" '^i griade balle, grand globe.

accidentel et moins passager que la liaison. « On nomme hardiment amour un caprice de quelques jours, une liaison sans attachement. » Yolt. «Cela forma dès le premier jour, entre lui et moi , une espèce de liaison. » Les.

Yous ne direz pas la liaison , mais seulement le lien du mariage, parce que le mariage est un état absolu qui ne comporte pas de degrés , comme la parenté , Famitié , etc. On dit les liens , et non la liaison du sang et de la nature , l'union dont il s'agit ici , éfant , et ne se faisant pas. Le lien est un ol^et qui se qualifie en soi ; la liaison est un fait qui se qualifie par rapport à l'événement : des liens étroits le sont par nature , tels sont ceux qui unissent un fils à son père ; une liaison étroite est telle eflectivement , par le fait. Le lien se considère avant qu'on ait lié : il sert ou il est propre à lier; In liaison se considère après que l'action de lier a été faite : elle lie.

Aussi Condillac a remarqué avec beaucoup de justesse qu'au propre le lien est tout différent des choses liées et empêche seulement qu'elles ne se séparent , tandis que la liaison fait partie des choses liées et forme avec elles un seul corps , un seul tout. < En maçonnerie , dit-il , la liaison sa fait par la manière de poser les pierres les unes sur les autres et par l'emploi du pl&tre ou du mortier; ainsi elle fait partie du mur. Mais le lien , avec lequel on assemble les parties d'une gerbe , est toute autre chose que la gerbe. Dans les bâtiments on fait quelquefois usage de liens de fer , afin de mieux assujettir les pierres. Les liens qu'on donne à un criminel , à un prisonnier , sont des chaînes dont on le lie pour l'empêcher de s'échapper. »

TERMINAISONS OK et MEITT.

Juron , jurement.

"juron, JUREMENT. Affirmation qu'on fiût d'une chose en prenant mal à propos à témoin ou Dieu ou ce qu'on regarde comme saint , comme divin.

Juron , par sa terminaison diminutive , indique un jurement contenu en peu de mots et qu'on emploie à chaque instant : Ventre-Saint-Gris ! était le juron de Henri lY. « Le mot de juron , dit Girard , dont nous empruntons ici les distinctions en les expliquant , tient de l'habitude dans la façon de parler.» —Le jurement n'est pas bref et ha bituel conune le juron; il tire plus à conséquence et n'a lieu que lorsqu'on s'emporte, lorsqu'on veut, non pas seulement donner au discours im air assuré et prévenir la défiance , mais confirmer expressément la vérité d'un témoignage.

Ensuite, jurement, traduction du mot latin, juramentum, est plus noble, plus relevé que juron. Ce dernier , avec sa désinence toute française , commune et populaire , appartient au style familier. Destouches et Lafontaine l'ont mis dans la bouche de paysans grossiers parlant patois. Je n'entendons jamais ccê JuronsAk cbeusnous. Dan.

Jurement n'est au-dessous d'aucun écrit, m d'aucun sujet. « S. Pierre renia son maître avec jurement. » Boss. « Que de juremente dans le jeu 1 » Pasc. < Autrefois l'irréligion, les jurements, lei

PftlTftlËRE PÀHtie :

blasphèmes régnaient à la cour. • Bottkd. « Ami, point ABjuremerUt, dit le bénin quaker. » Volt.

TERMINAISONS Oif fft WÏÏ.

CotUrefaçon^ cotUrefcuii

Sn s'igoutant à un même radical yerbal, ces deux terminaisons donnent naissance à des substantifs féminins abstraits dont la valeur est à peu près , mais non pas tout à fait la. même. Ceux que termine ion conservent rigoureusement le même sens que les mots latins auxquels ils correspondent, c'est-à-dire qu'ils signifient l'action de faire ce qui est marqué par le verbe radical : ainsi exhalation marque Faction d'exhaler; et ineUnation, l'action d'incliner. Ceux , au contraire, qui sont terminés par on , terminaison toute française , ont éprouvé pour le sens une légère altération, comme ils en ont éprouvé une pour la forme : ils signifient moins l'action même que son résultat ou son effet. Ainsi Vexhalaiton est le produit de Vexhalation, et Vinclinaison est l'état d^une chose inclinée. Quoique moins grande, la différelioe est la nkéme entre les deux mots suivants, que nous allons distinguer en prenant Koubaud pour guide.

CONTREFAÇON , GONTREF ACTION. Ils désignent Fimitatian d'un ouvrage , d'un livre , d'une marcbandise dont la fabrication est réservée.

Mais Fun se rapporte plus A Fouvrage et aux qualités qu'il a reçues , l'autre A Fagextt et à son mode d'agir. Ainsi» vous direz plutôt contrefaçon^ quand il s'agira de marquer le mérite de Fouvrage , sa fabrication , la main-d'œuvre ; et contre faction, quand vous voudrez parler du mérite de Fouvrier, de sa £sote, de son délit.

Le public se plaint ordinairement de la contrefaçon d'une marchandise, pareti qu'il n'a égard qu'A la malfaçon, à la mauvaise qualité de la chose, a Quelques amis zélés ont imprimé cette pièce (la Mère coupable), uniquement pour prévenir l'abus d'une contrefaçon infidèle , furtive et prise à la volée pendant les représentations. » fiBàOM. — Les auteurs et les libraires se plaignent plutôt de la contrefaction d'un livre , parce qulls regardent Fatteinte portée à leur4)ropriété par le contrefacteur. « Par ce moyen , la contrefaction , si elle a lieu » ne nuira point au libraire d'Amsterdam. » J. J.

L'objectivité de contrefaçon va jusqu'à signifier quelquefois Fouvrage même qui est contrefait : ce livre est une contrefaçon; et la subjectivité de contrefacUon se montre avec non moins d'évidence , quand ce mot nous sert à marquer Faction d'imiter dans des vues coupables Fécriture ou la signature de quelqu'un.

Page 1