‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 173 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

charge, de porter des lois. On dit un parti oppreuewr, et une puissance ùppresâiw (MioiM.)* jéOeomoteur se dit de ce qui opère la locomotion , muscles locomoteurs ; et locomotif^ de ce qui a la puissance d'opérer la locomotion , faculté locomotive. Un discours UmangBur loue effectivement ; un discours laudaHf est propre i louer dans toutes les circonstances : aussi , y a-t-il un genre Uw datif j et non un genre Unumgewr. Indicateur emporte Tidée d'une indication volontaire, le doigt indicateur; indicatifs celle d'un indice naturel» les signes indicatifs d'une maladie. Un geste approbateur approuve , et est fait à dessein dans une circonstance particulière, afin d'approuver; un geste approbatife. la propriété de signifier l'approbation dans toutes les circonstances, qu'il la signifie ou non dans un cas particulier et pour telle ou telle personne; il ne marque pas le jait , mais le pouvoir. Ce qui est consolaieur^ console , et on le donne dans l'intention formelle de consoler; ce qui est consolatif a la propriété de consoler. On distinguera semblablement imitateur et imitatif, olfacteur et olfactif, etc. Hais certains exemples méritent un examen plus particulier.

PENSEUR , PENSIF. Ces deux mots sont également propres à exprimer l'état d'un homme dont l'esprit est occupé de quelque objet.

Mais le penseur pense avec cÂiscience, avec volonté et une intention bien formelle , celle d'arriver à la connaissance de ce qui l'occupe ; il agit , il fait effort pour arriver à cette connaissance qu'il poursuit, c L'antithèse est une figure de pensée , et ce sont les écrivains penseurs qui en ont fait l'usage le plus heureux. » Lah. L'homme pensif ne recherche rien , ne poursuit pas de but ; il est soumis à la nécessité , à des circonstances impérieuses , il est passif, tandis que le penseur est actif, réfléchi.

Je vous vois tout jMMi/y seigneuf, de ses dédains.

Mol.

« Je le laissai fort pensif et fort repentant d'une si lourde faute. » S. S.

D'ailleurs , pensif ne marque pas toujours déploiement actuel de pensée , mais apparence qu'on pense , qu'on a la propriété de penser : avoir l'air pensif , ce n'est pas nécessairement penser.

Une différence qui dérive de ce qui précède, c'est que pefut/ entraîne l'idée d'accident , d'éventualité , au lieu qu'un penseur est un homme qui a l'habitude de penser. Cela doit être , puisqu'on n'est pensif qu'au gré des circonstances , dont on ne peut pas disposer , qui sont variables et incer? taines. Penseur est proprement un substantif et signifie que la pensée est comme la substance , l'essence , le fond , l'état constant d'une personne, c Louis Racine était l'héritier non penseur d'un père qui avait cent fois plus de goût que de philosopliie. 9 Volt. < J. J. Rousseau était bien plus naturellement sensible que penseur , et avait une très- vive imagination , beaucoup plus qu'une tète philosophique.» Lah. Pensif, au contraire, est un adjectif et attribue la pensée comme un accident , comme quelque chose de survenu dans le sujet.

Il suivait tout penti/ la chemin de Myeènes. Rac.

«A peine eûmes-nous avancé quelques pas, que Socrate devint XonX pensif. » In. dU s'en allaient émus et pensifs, » Maeii . c Je marchais dans 1» ténèbres , seul , triste , pensif, quand tout à coup un flambeau fut découvert. » Montbsq. '.

Page 1