TERMINAISON AIRE
En latin arts , arius : militaire , miliUsrit ; populaire , popuJaris; agraire , agrarius; insulaire, insularius; littéraire^ litterarius. Cette terminaison a beaucoup de rapport avec la précédente. Arius paraît composé comme orius de deux éléments dont le second est aussi ictu , a , um; de sorte que insulnrius , par exemple , roTiendrait à insulaticus ou à insulariticus. C'est ainsi qu*en latin , epistolaris et epistolicta , épistolaire , sont deux formes équivalentes d*un même adjectif.
Quoi qu'il en soit, aire a cela de commun avec . oire , qu'il termine des adjectifs comparatifs , c'est-à-dire qui font connaître le sujet en indiquant à quoi il a du rapport : art militaire , ou qui se rapporte à la guerre, militia; loi agraire, qui ^ rapport aux champs, ager, et ainsi des autres. Voici la différence.
Oire sert à marquer à quel genre d'agents , et aire à quel genre de choses le sujet est essentiellement relatif; et de là vient que le premier se trouve plutôt joint à une base verbale et le- second à une base nominale.
Ensuite , le premier ne se dit que des choses , et les substantifs de la même désinence signifient des instruments, baignoire, écritoire, éeumoire; le second s'applique également aux personnes , et les substantifs terminés de même désignent des gens , ayant avec la chose exprimée par le radical de l'adjectif un rapport quelconque , célibataire , commissaire, révolutionnaire, libraire, légionnaire.
Enfin , comme aire est propre à faire connaître à quel genre de choses ou de faits un sujet a du rapport , et que c'est de cette détermination qu'il s'agit dans les procès , la désinence at*r« se trouve aussi à la fin d'un grand nombre de termes de jurisprudence : adjudicataire , eessUmnaire , commanditaire , donataire , testamentaire,
TERMINAISONS AIRE et EUR.
Sectaire , sectateur.
SECTAIRE, SECTATEUR. Qui suit une secte, qui en partage les opinions.
Sectaire se prend en mauvaise part et ne convient qu'en parlant du partisan d'une secte religieuse condamnée ou détestée ; soit parce que ce qualificatif, bien que formé du latin secta , n'existe point en latin , comme sectateur , sectator , soit parce que déjà en latin la terminaison arius le cédait en noblesse à la terminaison ator : salarius , marchand de sel ou de poisson salé ; saliior, celui qui lève l'impôt sur le sel. « J'ai voulu révéler la honte de tous ces sectaires, les vaudois , les hussites , les albigeois. » Boss. « Les partisans de la bulle se croyaient fondés à traiter les jansénistes comme des sectaires déclarés. » B'Al. a Justinien se rappela les maximes et les conseils des sectaires qui Tentouraient , leur vio-
lence, leur orgaetl.» Marv. SeckUew, au contraire , est quelquefois une désignation qui n'eatratuQ aucune idée défavorable et qui s'applique au partisan d'un philosophe ou d'un docteur : les sectateur» de Platon, de saint Thomas, du docteur Amauld.
Mais cette première différence est insuffisante, car, si sectaire qualifie toujours en mal,Mctatear ne qualifie pas toujours en bien. On peut dire les sectateurs d'Arius , tout comme , les ariens étaient des sectaires , ou , après avoir parlé des ariens , ces sectaires firent telle chose.
Sectaire , de secta , secte , exprime le membre d'une société qui n'est pas considérée comme ayant un chef : c'est un mot qui a un sens complet par lui-môme , comme missionnaire, Ubrairt, célibataire. Sectateur, du verbe sectari, suivre avec empressement, suppose , au contraire, qu'or. suit un chef et veut qu'ion en indique le nom Gomme on n'est pas gardeur ou escroqueur simplement, mais de quelque chose, on n'est i)»^ sectateur, sans l'être de quelqu'un, et l'usage exige qu'on marque expressément de qui on l'est. « Les sectateurs de Montan. » Montesq. « Les auteurs d'une hérésie n'ont pas plus de droit d'innover que leurs sectateurs. » Boss.
TERMINAISONS^^ JAE et EUI-
TumMuaire j tumuUueugm
TUHULTUAIRE, ItTlttULTUEUX. Qui est OU se fait en ou avec tumulte.
Tumûltuaire , qui a rapport au tumulte; («muliuetUD^, qui est plein de tumulte. Tumvltuaire caractérise , en présentant le tumulte comme la chose à l'idée de laquelle le sujet convient : délibération tumuUuaire; c'est un terme froid et de légiste. Tumultueux dépeint le sujet comme plein de tumulte et de trouble ; c'«8t une eipressioo de poëte et de narrateur *.
Une assemblée tumultuaire a lieu contre les formes et les lois; elle n'est pas régulière. Une assemblée tumultueuse se tient au milieu du bruit et de la confusion; les choses ne s'y passent point avec calme. Tumultuaire qualifie en raison du fait considéré qar rapport au droit. « Les Juifs n'avaient pas puissance de vie et de mort. Eux-mêmes se croyaient déchus du pouvoir de faire mourir juridiquement. S'ils lapidèrent sajnt Etienne, ce fut tumultuairement. » Boss. «Si les Juifs tumultuairement assemblés criaient à Pilate , faites-lel*mourir , c'était dans un transport qui les aveuglait ; mais en étaient-ils moins criminels?» BouRD. t te Champ de mai n'offrit plus, sous Charles le Chauve, qu'une assemblée tumvltuaire , où on délibérait toujours en désordre et où ne se terminait jamais rien. » Co5D. TumuHr tueux ne qualifie qu'en raison du fait seul : u représente le bruit, le fracas, l'empressement, le va-et-rient confus. « Cette noce ne manquera pas
I . C'est ainsi que musculaire est un tenne froid et didactique d'anatomie serranl à désigner ce qw • rapport ou convient aux muscles; au lieu que nuuotleux est une exi^essioD du langage coDunuo qui peint vivement et met, pour ainsi dire, sous les jeûx le sujet quaUfié : c'est un homme muscuUuX'
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
d'être tumuUueuse. Quelquefois le mystère a su teaJre son Toile au sein de la turbulente joie et dv fracas des festins. » J. J. « S'agiter, faire du brait; les mondains mettent la vie dans cette action empressée et tumultueuse. •» Boss.
Le ptélat et b troupe , à pas tumultueux , IteacendiieBi au palais Tescalier tortueux. Bon..
En un mot, tumultuaire marque le caractère défeetueniée ce qui a été fait en tumulte , et tumiiUiiaïf représente en image ce qui se passe arec tuDDlle. « Une discussion tumultuetise ^voduiraimedcdsionluniuffuatrtf. Dans une assemblée ttmuUueuse on fait une élection tumultumn. > iiouB.
Tm»lt»nn , eomme diffiannatoire , ne peut se dire que des chose» appréciables sous le rapport du dn>iL Maïs tumultueux , comme diffamant , est d'im usage bien plus étendu. Soins (Rac.) , combats (Un.) tumultueux; rie (Pasc. , Boss. , Volt., J. /J. multitude (Boss.), passions (In.) , pensées (b.). conTcrsations (In.) , représentation théâ traie (Lâh.) , sédition (Volt.) , régence (Id.) , iniagination (Td.) tumultueuses,
TERMINAISONS AntE bt EL.
Originainment , originellement. Originaire ,
originel
OKIGDUniEWBNT , ORIGINELLEMENT. Dans forigine. Un mot est originairement ou originel- ^ent grec.
ParVadTerbe originairement^ vous qualifiez le md quant i sa valeur intrinsèque ; et par originalement , quant à sa dérivation formelle , extêritnTc. Le terme pht7an(firopt> est originairement fitt: il faut le décomposer dans ses éléments grecs, pour en savoir le sens précis; ce même mi étant originellement grec , on doit l'écrire en ccfaunençant par ph et non pas par f, et le I du milieu doit être suivi d'un h.
Oabien même originairement est seul caractéristique sous tous les points de vue , et exprime qoeUe est, par l'origine , la chose ou la personne qualifiée; au lieu que originellemrent indique seulement l'origine , sans aucun rapport à ce que la chose ou la personne tient de cette origine : teiîaoi signifie originairement telle chose (J. J.); et il Yient originellement dételle langue. « Réhabilitation, mot en usage dans les tribunaux.... Se faire réhabiliter , suppose qu'un homme devenu riche, originairement est noble.» Labr. « Stadame de Uaintenon faisait proposer au roi paT aa autre ce qu'elle voulait , et se contentait de l'appuyer; le roi ignorait que les choses qui
paient ainsi venaient originellement d'elle. »
^^wtre et originel diffèrent d'une manière 4ûalogQe. Originel n'est qu'indicatif et se dit doDe chose relative à l'origine, du commencement : la constitution , la forme , la liberté , la «implicite originelles de l'homme (J. J.). Origi- "û^re est caractéristique et signifie quelque chose du commencement qui est un type, un ^^U un exemplaire. « Dieu est la pureté origi- ^^^t et primitive. » Boord. a Retourner à mon
père , dit Jésus-Christ . c'est retourner à ma naturelle et originaire grandeur. » Boss.
nour-
TEHMINAISON 1ER.
Watinier^ matinal , matineux. Nourricier ^ rissanty nutritif. Gros y grossier.
Cette terminaison paraît avoir la même origine que la précédente. Elle dérive aussi du latin aris^ comme on le voit dans les mots , familier, singulier ^ régulier^ qui répondent à familiarisa singularis , regularis. Les adjectifs en ter signifient dono , qui a rapport à la chose marquée par leur radical. — Ainsi matinier , dans le peu do locutions où il se trouve, étoile mattntére, brouée v^atinière (Vontaign.) , signifie , qui a rapport au matin , du matin ; ce qui le distingue suffisamment de matinal et de m^ineux , destinés à qualifier un homme relativement à l'heure de son lever. (Voy. p. 248.)
Cependant, la plupart de ces adjectifs désignent, ainsi que le plus grand nombre des substantifs de cette désinence , un rapport tel du sujet avec la chose dont leur radical est le signe , qu'il la pratique , qu'il en a l'habitude , qu'il en teit son métier, tels sont : manufacturier ^ guerrier^ casanier^ chicanier, forestier, cavalier. — De !à la différence de nourricier d'avec ses synonymes nourrissant et nutritif. Nourrissant qualifie par l'effet, nutritif par la faculté et nourricier par l'action : « Les mets nourrissants abondent en parties nutritives , dont l'estomac extrait une grande quantité de suc nourricier. La sève des arbres est leur suc nourricier , qui se répand dans tout le corps. » Houb. Ce qui est nourricier opère la nutrition. Le Nil est le fleuve nourricier de l'Egypte (Volt.).
D'autres qualificatifs en ter représentent le sujet comme étant ce dans quoi ou avec quoi on (kit ou on réunit les choses exprimées par le radical : gaufrier, encrier, colombier; ou la réunion même de ces choses , brouter , herbier. Mais , les exemples le font voir, ce sont plutôt lei substantifs que les adjectifs qui se prennent en ce sens.
GROS , GROSSIER. Qui n'est pas, ou qui n'est pas assez menu , mince , fin ou délicat. On dit également de l'écorce épaisse de certains arbres , qu'elle est grosse ou grossière; d'un drap commun , qu'il est gfro« ou grossier; d'une étoffe ou d'une toile qui manque de finesse , qu'elle est trop grosse ou trop grossière.
Mais gros est une qualification absolue, qui regarde la nature de la chose , et grossier une qualification relative qui se rapporte à sa façon. Ce qui est groSj a beaucoup ou trop de volume. « Grossier se dit particulièrement des ouvrages et marque une imperfection qui vient de ce qu'ils ne sont pas travaillés avec assez d'art, t» Coiin.
Un mouchoir d'une grosse étoffe emplit t(mte la poche ; un mouchoir d'une étofl'e grossière est grossièrement tissé. Si vous appelez grosse l'écorce d'un arbre ou une chose naturelle quelconque , c'est à son volume , à ;a grandeur de l'espace qu'elle occupe que vous avez égard ; et c'est à sa