‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 206 sur 444 · TERMINAISON IN · texte numérisé non relu

TERMINAISON IN

En latin, tnus, a, 14m, qui paraît différer fort peu de la désinence anus, a, um. De sorte que , dans notre langue, tn, ain , an et t'en désignent à peu près le même rapport, celui d'origine, d'extraction ou d'habitation : Girondin^ Poitevin, Périgourdin; de même qu'en latin, Àlexandrinus, Parisinus. Cependant la terminaison in a cela de particulier, ce semble, relativement à ses analogues, ain, an, ten, qu'elle sert à former des substantifs signifiant les lieux dans lesquels s'exercent des actions d'arts ou métiers : moulin, magasin, usine, cuisine, saline.

TERMINAISONS ÏN bt IME JTIME).

Marin , maritime.

BURIN, MARITIME. Latin, marinus, maritimus. Relatif à la navigation sur mer. Cartes , aiguilles, montres marines; bâtiment ou canot marin : commerce, entreprises, puissance, service, forces, législation , maritimes.

Primitivement , marin veut dire qui a rapport à la mer, comme en venant ou comme l'habitant, y exerçant son état : monstre , sel , marins; con-

PHEIHEU PARTI£

qae , ptante , marimi ; et , sub8lutiTem«it . mafin, homme de mer. MmiHmê, ^i est tout au bord de la mer, qui en est Toism : villet wirnitimes. Les peuples nuMiliiiief s'adoniieni à. la Bar vigation sur mer panse quHta habitoot auprès^ mais sans tiTre eoastanxMnt stur mer, tomne les marim.

Dans le sens éloigné, où ces laota se disent des choses , comme on le voit par les exemples cités plus haut, et où ils poorraieiit âtra oofnflmdus, marin exprime avec la mer un rapport phis élreit que mariUme. Marin signifie qui est de mar, an qui concerne la mer ou les marina, et ma^time qui se Ikit sur mer, ou , qui eoneeme ce qui se fait sur mer, ov même sur las eôtes, daoa les ports.

TIRMmAISOIf VIS,

A4jeetlTe et substuatrre, oetle ééBÛwace, imi* tée du latin uku, a, um^ est diminiitiw, comne , en latin , celle dToù elle est tirée : ooiMe, aàdu/w , légèrement acide; mttfuscuk, mafmaeuluM, un peu plus grand , de mapu , pins grand \ d»riuicule, âuriuscnln», «n peu dur : « Dit» que le pouls de monsieur est dwiuêtuêe , posr ne pas dire dur. » Mol. Dans ffrédàèe et riâieaêe , elle exerce une influence analogue 4 la précédente ; elle annonce des défauts de médiocre eonsé* quence ; des travers plutôt que des vices.

TBRMINA1S0N3 ULB m IBLM.

HIDIGDIB, RISmB. Dont on deH rire.

ta. différence entre ces deux mots dépend moins de la valeur propre à leurs terminaisons que de leur origine grammaticale, révélée par ces mêmes terminaisons. Ridicule est un adjectif-substantif, eiriiible un adjectif verbal. L'un modifie l'idée du sujet, en énonçant te qu'il est, en indiquant une qualité qui lui est inhérente; l'autre, en faisant connaître Teffet qu'il éprevrera. Celui-là exprime une qualité de drott, oenstitative , de nature ; l'autre*, une qualité de fart au futur.

Ce qui est ridicule est digne d'exciter le rire , d'être moqué , bien que peut- être il ne doive jamais lui arriver d'être un objet de rire; ce qui est risxble , est propre à faire rire , fera rire , sera moqué , même quand il ne serait pas essentiellement , et par sa constitution , tel qu'on en doive rire. Quand je dis qu'on doit rire de ce qui est ridicule, J'exprime un devoir^ quand je dis que l'on doit rire de ce qui est rt'nMe, j'exprime un fait futur , je prédis ce qui arrivera.

En vous appelant ridicule , je hh connaître ce que vous êtes, je ne songe qu'à vous caractériser, et c'est une qualification grave ; en vous appelant risible , je songe à ce qui vous arrivera, et c'est moins un reproche qu'un avis.

Tel rit d'une ruse d^amoor.

Qui doit devenir à son tour Le risible sujet d'une semblable Idstoire. L&v.

Ce qui est ridicule , est risible essentiellement , par nature et au fond; ce qui est riiible, est ridicule de fait , par opinion , se montre , apparaît

riéMla. L'«a B^asia 1/^êtve, Ja sdÉtance; l'at* tre , le paraître , le phénomène. « Notre oonditioa est autant ridicule que rmb(e.>MoNTAiGR. Cestà-dire : on un rlrn jipwif iwf imn\n rniitlitinn . tant elle est en elle-même misérable et mépri-

digne de moqnerie qu'aUe le tamble.

La justice exige des poètaa comiqiMi qa'ib ot rendent rmbleqaa ce qui est ridiaik. Beauooupd» senleaeea, <|Di n'ent oan de ridiciile «a eUnmêmes, deviennmit rinUcf dans la boacbe di Saneho Fttiça. LeÈ prélentieni du glorieox wi ridievdeSy et Destouches les a juatement nadott rtrMes dans ht comédie qu'il a destinée à eet efléi.

Cemme rMicub dénota tonjev» un dèOnt «sentlel, il ne se prend qu'en numsaite put; tandis que riséMc, par la raison ssotni», signiie quelquefois la siapie ^litudi à fûn rire , sans impliquar aanune idée de bUnt : ilj a des choses, comme des farces, des boas mots, qui doivent fkire rire pow remplir knr destination ou leur fin. Le comble de l'art, dans le 1^*santhrope , a été de composer un caractère à la flbis respeelable elHmbie (IUrm.). Oe (paeftnàicule n'est jamais ra specSabU. U disproportioB eftndéraic, elle choque U raison, les règles,!» eonvenanocs ; la Ugarrure est ritibU, elle cbo^ seulement la vue, q«eiqu«feia mèmaeUs l'ègap par on air de biaarrerie.

TBMHNÂISON É.

Terminaison daa participes passés des te^ en er : dSéguéy de déléguer; éiffUmé, 4a dif*; mer. XUe eerraspoad à la latine olMf, <pu » oelle des participée passés des verbes en or* • d*" legatui, de del^are ; difftmatuê, de dtTomsn. De là, un indice touchant l'origine et le canetère propre des adjectifs qui ont cette désinesoi; Ce 'sont des adjeotifs verbaux, comaie ceux fl» finissent par oirt. Mais c'est le peecif, l'et»^ l'action souflerte, qn'ils marquent, au lien de l'actif, du fait présent, de l'action en «serciee.

TBRMINAISOUS i n AST.

Ensanglanté ^ sanglasU.

KVgitNGLAirrÉ, SANGLAirr* Taohé, soaiilède sang.

Ce qui est sdnftonl, lût l'action de eaic^* viande, plaie ou blessure êsmglamie; victiaie lee* ffUsmêe (PiN. , Volt.). • Pisiatrate se ble»a ™môme et se fit porter tout sangiani au B»h«« • la place publique. » Fén. Il a été mis du sang sur ce qui est ensançflasUé : U tewe est f«»glantée. « Les coursiers de Mars ne foulenljann» cette terre de leurs pieds ensa$iglantés. * BiBti' El des flewes nraaçaîs les esnx emtangleaiéêt Ne portaient qae des morU aea mers épeansM»

« Il regorgea si près de son père, qae ^ •■JJ rejaiUit sur les habits de celui^ al qu'il ea »« tout eneaii^lniit^. « Roll. ^

Sanglant présente le sang cûwne eortiP»^ l'objet qua^fié; msmn^tmté le préeeste eomvi

SYNONYMES dUl OMT LE MEVE KADICAL.

ayant été apporté «ur Yà^ut qualifié; c'est «a Ittî vm qoalili sMfsrte. Oa dira It earps magkmiÇiax'gtaQ, , Uh.>, et la roka mumÊçimêét (VowfssQ.) da Laafèce et da César.

Ouelqualéisaafi^toiit ne naïqoe pas Faction de aaigMv, mais H espriaae, on rappalla cooum vcDuit d'awIrUaa, Vaatioa de répaadro la aa&s- « a a oMoie les mnis «an^iasiar du aMwtet quil Tieat da aaaizBettn. » JkCAO. « Il ticot de taarunhanma, son épée est eneon «widlanle. » ÀCkD. «L'amrejovr, en entrant dana un bal , an gentilboBma breton ait pei^nardé par dani liaïames liabillés en ftoMOMs .^ Vua, le tenait, l^atia loi perçait le acaur à loisir. Le petit d'Haroab, qui ft*7 trowra , Ait effhiyé da ▼oir cet homme tout éteadn, tout chaud, tout «on^loiit, tout habillé, tout nwvt. » SÉr.

TBltMINAISONS É n tF.

BiODS, ViÈa&r. B»mme décidé oa d^»»Hf, qni n'hésite pas dans ses Jugements, dans ses opinions.

Mai» décidé, participe passif du yarbe èWeûfer, présente le sqjet coraœa affecté on déterminé d'une certaine manière , comme doué moralement on par caractère de telle qualité; if étant iaeul- Utif actif, n^onmie décitif est toujours prêt à &tre l'action marquée par le Terbe décider, à prononcer, à rendre des arrêts , à se porter Juge , à trancher les questions. L'homme d^cM^n'a pas besoin qu'on le décide, il est décidé; rbomme tf^cûlfae peut s'empêcher de décider, il décidera hardiment en toute occasi<ni.

On est décidé pour soi , c'est-Wira q^*fm sait ce qu'on d<Mt penser. « Partout oA ja sais , quant i moi , le plus décidé, je n'affirme rien encore. » J. J. « M. d'Alembert a l'esprit Xr^-détidé, et c^est beaucoup; car le monde est plein de gens d'esprit qui ne savent comment ils doirent penser. » Volt. Mais oa est décidf^pem les autres, & l'égard desquels on se montre dogmatique ou affirmatif. a Si j'étais plus sûr de moi-même, j'foraw pris arec tous un ton dogmatique et décitif, » J. J. « Tous rendres ainsi l'enfant médisant et satirique , dédHf et prompt à juger. » Id. < N« soyez pas si d^etftf, si afflnnatif. » Bqk.

TBKMINAISOKS t n E(7]|.

Maîmii2tf^dMniniitetei«r..CQi^i»r^» «onjuroleur.

Zélé^ j(éUUmr.

mssanrLÉ , »I98fMDLATEClL Celtti qui dissimule habituellement.

iXSiliJmà, COIfJimATEint. Ceb» qui conjure ou conspire.

ttti, ZÉLATEUB. Oui a du zèle.

Atsg la désinence é, le qnaHfioalif indique ce qu'est le sujet, comment il est t^H, constitué; il marque en lui une détermination reçue : arec la désinence cur, il désigne ce qu'il fait, ce qu'il se naontre, ce qu'il lait profession d'être. i

Dûstmul^ place la dissimulation dans le oarac* '• tère, comme une qualité qui y tient, et c'est pourquoi , suivant Gondillac , • il se prend plus

voloBtiers en mauvaise part; » disftmaiaCfur la préseaie en eieroice, oomma moixis concantrée* moins foncière, mains noire, et cc^mma «y» m^ posaat que du manège et de rhabitude ; e'asl «n quelque sorte la prolsaBion da ceux qui, pur Uui* position, sont obligés peut-être da dissimuWr, des aonrtiaaiu, par asemiy^

Laeoii;vi«leur est» painni lea ^wrd$, oelni qui fût plus spécialeneat TsM^iioAde conjurer; c'est le pranotsur ou l'un des ^«$ ardents complices de la co^ration. « la cox^unUion, d'abord coor i tenue dans un certain cercle dm €0ni»fQ49ur$i est contrainte d^appalar à aan s^orok si à son secours ime foule de eonjurét néceasaiwa é de grandes et périlleuses enêreprissiB. w Rooa. Ou bien las coHfMfatmrx sottt oonsidérés comma agissant, oomms ftâsant telle «« teUa «liQfte, et les coN^Mii^ espwopia mambiea d'uua sorts d'aasociar tien, Gtt enoore oomme décauvcffis et punis* comme subissant tel en H^ aovt « Jm coijiiim' tmtrs Yokotiara diUameatt fà et lA la prixtce.;.. La coajuration déoQUverte, il faut punir bien rigoareusesMat les toniwré», p Ohàai,

Un aervitear jtéié est plein de ziOa ; uu «ilalettr de la religion (AcAn. « n'Ai..) , du christianisme (Lab.) , da la patnf (Vai»T.) , du bon goût (n'Ai.) , de la Ubcfrté du casuperae (Màru.) , de Boileau (Id.), déploie besuicoup de zèle, se montre, s'avança , se parte en aptliauaiaste ou en fanatique pour la déGsnse de la chose ou de la peraonn^B dont il est le partisan déclaré, ^iu surplus.^ pgu^ ce qui concerne J^^ et sélaimfM confusion n'est guère possible : xélé est un aci^eotif , iélaicur un substantif, et oa aubslantif , comme ceui. d'^scroqiteMTy de gatrdewr et de se ctalnur , a si bien rapport à l'action employée pour atteindre un but particulier, qu'oa ne s'en sert qu'avec un complément iadiioatif de ce but : sélatewr de telle chose ou. do telle personne.

TBRMINàlSON V.

Tort, iordM, Mince, menu, {Réêom, résolu^ Ccnfms , comfundu.

TerminaiBon de psfftioipes passés, comme la précédente. Elle est propre aux verbes en otr et en fu ; reçu de rscseoir; r efidu de retidre, Elle se rapporte à des participes passés latins de toute espèce, en atm (barbu de hmimêut), en itus (vendu , vendifus) , en otus {mu , motus) , en ulus (imbu, tmbtttuf), en ptu$ (reçu, rM^iw), en ctus {élu , dectus) , et à beaucoup d'autres. Presque toujours, dans le participe français, on trouve une contraction du participe latio* La même chose s'observe , quand l'adjectif an « , ne renfermant point une base verbale, mais une base nominale , comme il arrive à un assez grand nombre , ne peut se réduire à un participe passé ; la désinence « révèle abrs , au moins pour Tordinaire , une coakraotion de la latine e^s, a, um, plus généralement traduite en notre langue par eux : dutrnu , eamotus; herbu , her bo«tt#; chenu , eonofiM.

Ainsi, les adjectifs en u sont, ou verbaux, ce qu'indique suffisamment leur base, et, dans ce

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