DEUXIÈME PARTIE
euUeur Nabal , pour y mettre tout à feja et à i&ng , parce que Nabal avait refusé des contributions à sa troupe de brigands. » Volt. « Un ayrt- €ulteur qui a douze cents livres de revenu est tout étonné qu'on lui en demande quatre cents pour les impdts. » Id. ^ Ou bien, c'est un théoricien , un agronome , une sorte de savant qui étudie Tagriculture, ou en Sonne des leçons. Voltaire appelle Duhamel du Monceau un célèbre , un illustre agriculteur , et il dit de Xènophon qu'il était < guerrier , philosophe , poète , historien , agriculteur. »
Cultivateur, quoique remontant, en dernière analyse, au latin colère^ est un mot tout français par sa formation : il a été fait du verbe cultiver. Le cultivateur cultive , il travaille la terre , c'est l'ouvrier des champs. II est plus ou moins industrieux (Gond.); il se sert de tels ou tels instruments (Volt.) ; il est en général ignorant, pauvre, malheureux (Id.). «Quelle barbarie domine encore chez ces laboureurs innocents, chez ces honnêtes cultivateurs tant vantés dans des églogues!» Volt. «Des artisans, des cultivateurs qui gagnent leur paip à la sueur de leurs fronts.» Id. Si le cultivateur possède , il possède peu comparativement à V agriculteur , c'est vn petit propriétaire ou même c'est le fermier du maître de la terre , et il n'a en propre que des charrues , un jardin, et quelques vignobles. «Certains eiiZfîvateurs sont des fermiers qui prennent une terre à bail. B CoRD. — « Dans son poème, Saint-Lambert a moins parlé aux simples cultivaUun qu'aux seigneurs des terres qui vivent dans leurs domaines.... Une cabane ne peut pas être le logement d'un agriculteur considérable; il lui faut des écuries commodes, des étables faites avec soin, etc. » Volt. *
Colon , colonus, a cela de particulier qu'il rappelle une autre acception du verbe colère que celle qui se retrouve dans agriculteur et cultivateur. Le colon est celui qui habite et non celui qui cultive la terre. Les pays continuellement exposés à des débordements ne peuvent avoir de cotons , repoussent les colons (Volt.). La Corse a des eoloni qui vivent de châtaignes et du produit de la chasse , elle manque ^'agriculteurs et de cultivateurs. « J'ai trouvé dans un très-mauvais pays un vaste terrain inculte qui appartenait à des colons; je l'ai fait cultiver. » Volt. « Sodome et Gomorrhe étaient habitées; les colons de ces villages préparaient l'asphalte , et en faisaient un commerce utile. » Id. « Soliman tenait toujours la campagne, habitée d'ailleurs par des colons musulmans.» Id. — Ce mot signifie collectivement les gens de la campagne et comprend même les journaliers et les valets des euUivaieurs. «Les guerres de religion ruinèrent l'agriculture. Sully trouva une grande partie des terres en firiehe. Il était dû par les colons plus de vingt millions pour trois années de taille. » Volt. « Les terres données , dans l'Inde , aux grands de l'empire , aux râlas , aux nababs , sont cultivées par des fermiers qui s'y enrichissent et par des colons qui travaillent pour leurs maîtres. » lo. « Je suis laboureur; j'ai environ quatre-vingts personnes à nourrir. Quoil dis-je, j'aurai rassemblé des
colone pour cultiver aveo moi la terre , et je ne pourrai acheter librement du blé pour les nourrir , eux et ma famille 1 » Id.
Quand le mot agriculteur n'est ]Mtf un titre général dont on honore tous ceux qui s'occupent d'industrie agricole , quand on le prend dans un sens spécial , il désigne un homme qui s'adonne à VagricuUwre, c'est-à-dire un artiste en quelque sorte , ou un puissant propriétaire qui préside à l'exploitation de ses biens , qui guide les travaux , qui calcule , combine , spécule , expérimente. Le cultivateur s'adonna à la eultun; c'est un artisan, un producteur; il laboure, sème , plante , taille, récolte. Le colon (ait partie de la population des campagnes : c'est un paysan, ou , pour parler latin, un mrtcole , mrit i$uola: il occupe un lieu, s'y fixe, ou s'en va ailleurs*.
1* AIGRE, ACIDE, ACERBE, ACRE, AOtlIIO- NIEUX; — 2* AMER; — 3* RUDE, ApEIC, AUS- TÈRE. Ces mots désignent au propre une qualité opposée à la douceur et qui affecte l'organe du goût d'une manière toujours très-sensible, sinon toujours désagréable; au figuré , tous , k Texoeption d'oetde, qui ne se dit qu'au physique, marquent dans les dispositions de l'âme , les mamères ou les discours, quelque chose de ^henx qni déplaît, choque, offense.
1* Àigre^ aciée^ acerbe^ âcre^ aerimonieux.
Aigre vient du latin aeer, comme maigre de vMtcer. Acer a également servi à former âen, acrimonieux et acerbe : lui-même dérive du grec éxifj , pointe , qui est évidemment la racine d'acide , latin acidus. En sorte que les cinq premiers mots de tout cet article remontent étymologiquement à la même origine.
If ais aigre , acide et ocsr^e se distinguent par la faiblesse de l'impression qu'ils expriment : un fruit, par exemple, aigre, acide on acerbe , tA piquant, rien de plus; il produit une sensation de déplaisir légère et Aigitive , qui ne va pas jusqu'à nuire , jusqu'à Caire mal , et qui n'a ni ampleur ni durée.
Aigre est très-usité en comparaison d'acide et d'acte : on s'en sert au figuré comme an propre, et c'est un des plus anciens mots de notre langue , au lieu que acide n'a pas l'acception figurée et que acerbe n'a commencé à être reçu en France que vers la fin du zvin* siècle. Mais pour en venir à des déterminations rigoureuses , ce qui est aigre n'est plus doux ; ce qui est acide n'est point doux , et ce qui est acerbe n'est pas encore doux.
V aigreur est souvent un défiiut postérieur à la qualité de la douceur, le résultat d'une altération , comme ce qui arrive au lait et au vin, par exemple , quand ils tournent. L'oetdti^ est le
4. Voltaire et Uarmontel ont employé substinliTement agricole dans le sent à'agrieÊUtêmr, « Ne piriet de moi que comme d'un agricole qui aime h verto et la vérité entant que la campegae. • Votr. « Ponr diriger ces travaux champêtres, Acélie imagina de w former un petit conseil d*agrieoU*. » Maam. 11 résulte de ces exemples et de la terminalion à*agnciUuêr, qui marque un agent, que Vagricole se borne dafsa tage à la théorie, au goût, que c'est toujours et tlia plement un amateur.
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
déÈotde douceur, sans rapport à ce qui a été ou peut être. Vacerbité^ au lieu d'être postérieure à rétat Donnai et bon , lui est antérieure. Acerbe sert oniquement à qualifier les fruits qui ne sont pis encore mûrs : tous les fruits avant leur matarité, dit Trévoux, ont un goût acerbe; et il ajoute : les médecins appellent vin acerbe du vin fait de rûsins qui ne sont pas encore mûrs. En latin, aeirtas veut dire quelquefois prématuré. Ainsi, le filmée, le petit-lait et le levain sont oigref ; Toieille est acide; la nèfle non encore blette et tons les fruits verts sont acerbes. — Au (îgaré, eoire aigre et aeeri>e la différence est aussi simple qoe certaine : des paroles at^ref . un ton fi'igre, sool d*une personne aigrie , indisposée, irritée, lldiée; des paroles <icerhes, un ton acerbe M»Dt d'usé personne qui parle d*une manière verte ea crue , sans ménagement , qui aurait be- ^0 d'être adoucie. Jertfiaerimonietiz^ distingués Tun de lautre àans h première partie, p. 309, ont cela de propre Too et Tautre, qu'ils annoncent une impression iorte, violente, qui blesse, déchire et emporte !a pièce. Si on trouve ensemble dans nos meilleurs écrivains aigre et piquant (Boord.) , on y trouve iQssi dcre et mordant (X. J. , Marm ) , dcre et corrosif (BoF7., Roll.), dcre et violent (Volt.). Ce mot os convient guère en parlant des fruits dont la saveur, si mauvaise qu'elle soit, n'est P»Qrtant pas caustique et délétère; mais c'est one épithMe qui se donne bien au venin des serpents (Volt.), à la saveur de l'arsenic (Buff.), au suc des cantbarides (Roll.). — Au figuré , ce mot conserve la même énergie : rdcret^ dénote , non pu de la pque seulement, mais de la méchanceté ou de la haine; elle mord au vif. Moins brusque, Boins emportée que l'aigreur^ elle n'éclate pu autant, mais elle fait d'une malûère plus concentrée et plus noire de plus profondes blessures.
t^Âmer,
iner a pour idée caractéristique celle d'une sensation remarquable par l'étendue et la durée. Au lieu de piquer seulement , de chatouiller désagréablement l'organe du goût comme la chose '^igrtjiuide ou acerbe^ au lieu de prendre forte- ^XKot au gosier et d'emporter le palais comme la ^bose àere , Yamertume est une saveur pleine , MÛ empoisonne pour ainsi dire , toute la bouche ; ^Je excite abondamment la salive, qui s'en im- P^e et la répand de tous eûtes. Elle dure quel- "~i'ie temps, on a de la peine à s^en défaire malgré *^e eontinoek crachements. Et ce qui ne lui est S'u moins particulier , c'est qu'elle n'est pas ab- ^oloment malfaisante , c'est que souvent elle se trouve jointe à quelque qualité salutaire qui ra- ^^ ce qu'elle a de désagréable au goût. 11 y a «des iDèdieaments amere; la chèvre aimé le saule ^ le cytise amers (Uarm.), elle s'en nourrit; i'otilité d'une médecine nous en fait digérer l'ct- ^»«*Hiie(Bo8S.).
in figarè, la chose om^re nous cause, non pu une douleur cruelle comme la chose dcre , ^nne longue souffrance , de l'affliction , une ^^àt mélancolie durable. De plus, elle n'est pu sans compensation et elle suppose d'ordi-
STK. FRAVC.
naire dans la personne de qui elle nous vient de l'intérêt pour ce qui nous touche : réprimande aïïkère.
A quoi il faut jouter que de tous ces mots amer est le plus subjectif, le plus relatif à l'effet produit dans Tême par la qualité qu'ils signifient : une critique adgre , acerbe ou dcre cause une douleur amère; l'aigreur et Vdcreté sont dans les choses la propriété de blesser, Yamertume est dans r&me ou dan^ le cœur le mal éprouvé, la blessure ; on oppose les plaisirs aux amertume de la vie. Corneille a dit dans Pompée :
IlestdelafaUlité Que Vmigreur soit mêlée à la félicité.
Le mot propre était amertume , au lieu d'aigreur; c'est Voltaire qui en a fait la remarque.
3* Itude , dpre , austère.
Rude , âj^re et ausiére vont ensemble. Us ne se disent pas primitivement des choses sapides comme les précédents , et quand on les applique au goût , ils en indiquent une modification toute particulière. La chose rude^ dpre ou austère a une saveur , non pas humide , mais farineuse ; au lieu de faire venir l'eau à la bouche , elle dessèche cet organe; elle produit sur lui l'effet, non pas d'une pointe, de quelque chose d'aigu on d'acéré, mais de quelque chose de contondant. Au figuré, même nuance: au lieu de piquer, d'irriter, d'exciter, ce qui est rude^ dpre ou austère résiste , ne cède pas , est dur , réfractaire , intraitable*
Mude et dpre ne diffèrent guère l'un de l'autre que par le degré. Rude vient de rudis , brut , non poli , qui n'a pas reçu de fiaçon. Apre , aspre , latin asper , a été fait du grec d^copo; , qui ne peut être eosemencé à cause des aspérités j des rochers , veut dire en général quelque chose dont la surface n'est pas lisse, est raboteuse. En parlant des choses du goût, rude qualifie c?lles qui ne coulent pas aisément , qui passent avec peine, comme est un vin de mauvais cru ou du vin nouveau qui n'a pas encore eu le temps de se faire , et dpre est Tépithète qu'on donne à celles qui raclent la bouche comme font certains fniits sauvages dont l'effet est d'engourdir les gencives et d'empêcher la langue , devenue presque blan che , de glisser sur le palais. — Au figuré , ri:de donne aussi l'idée de quelque chose de moin; sauvage , de moins inculte que le mot dpre. L'homme rude a l'abord choquant : l'homme âpre est inabordable ; le premier est sec , impoli , h second rébarbatif. La rudesse peut n'être que dans la forme, Ydpreté tient souvent au caractère, ce Le goût , chez les Romains , fut' d'abord analogue à la rudesse de leurs mœurs , à l'dprrte de leur génie , à l'état d'inculture de leur société. » Mark. «La dédaigneuse hauteur de cet enfant peut être l'effet de l'dpret^ d'un caractère indomptable et fier qui ne veut céder qu'à luimême ; alors il faudrait bien vous garder da heurter la rudesse avec la rudesse. » J. J.
Austère y austerus^ aOffnripéc, d'aûetv, dessécher , convient seulement à l'égard d'une saveur proprement astringente , qui produit dans la bouche un resserrement , suivant l'expression de Trévoux. L'Académie définit l'alun, un sel de
J>EUXI£MS PARTIK :
Mveur mutère et afitriageate. -^ Au figuié , out- 4iM fogarde , non tpas la manière de «traiter les autres , mais la manière de vivre avec soi-même , Vmutérit^ oonsistant à Aire sec pour aoi, à se meener , à se xéduire , 4 e^abatenir ^ beaucoup de choses.
Amsa, GHÉROL;^ AntBCTIOlllIKR* Avoir ou éprouver une disposition favorable, unaentimeot ^inous incline et noss porte vers son objet.
Àùner, chérir.
Aimm comporte tous les degrés et toutes les manières, sans désigner spécialement et sans exclure tel degré ou telle manière ; chérir marque un seul degré, le plus haut., et une seule | maaite , c^Lle qui est exprimée par le mot tendresse. Nous oimong oe qui nous fiât plaisir: nous eh^msofu ce qui nous est ebefi nous roimofif thèrement ou tendrement, par prédilection. Aussi tMrir s'emploie bien, comme «nchérissantsuratmer, comme superlatif d'aimer, c Loin de déplorer leur erreur, ils Vikimeni, ils la «JWfMteia. » J. J. « Les dmes «du pur^oîre Jont plus 4kimiee et plus ekérie* de Bieu que Mlles des païens.» Bourd. «L'bomme, image ikéri» et bien aimée que Dieu avait établie dans aon paradis de délices. » Boss. « Jérusalem que j'ai tovyours si tendrement aimée ^ et dont j'ai àiéri les babitants , comme s'ils eussent été mes propres frères.* In. «Athéniens, dit Socrate, je vous aimé et vous chéris, mais j'aime mieux obéir à Dieu qu'à vous. » Lah. « Aime les hommes en général, dit Confucins; mais chéris les gens de bien, b Volt. «Ses sentiments sont si confor^ mes aux miens qu'il chérit tout ce que j'aime , comme il hait tout ce qui me dépUtt. » Les.
Ne fois point d'aotre crime, el j'alteste toi dieux Qu'au lieu de te haïr, je t'en ainurai mieux : Oui, je lecAérirai. Coaic.
On aime tout ce qui platt, les personnes et les choses : on chérit surtout les personnes et ce qui s'y rapporte, parce qu'on n'a véritablement de tendresse que pour les personnes. — Aimer n'emportant par lui-même aucun degré ni aucune manière , il peut y avoir des préceptes qui déterminent de quelle manière et jusqu'à quel point on doit ou on ne doit pas aimer. « L'évangile commande d^aimer le prochain comme soi-même et défend d'aimer la créature plus que le créateur, s Gia. Le degré et la manière de chérir sont toujours les mêmes et n'ont pas besoin d'être indiqués.— Ce qu'on aime est agréable simplement ; ce qu'on chérit est cher, précieux, réputé de grande valeur. Ce qu'on aime procure ou même seulement promet des jouissances; ce qu'on chérit est un trésor auquel on tient infiniment. Si on fait quelque chose pour oe qu'on aime^ on se sacrifie pour ce qu'on chérit.
On ne peut trop ckérir voire chère stfnlé, ^ pour la rétablir j'aurais donné la mienne.
(Tartufe à Elmire). Kol.
« Il me semble que pour cette foi que je chéris, et que je garde comme mon plus riche trésor, je ne craindrais point de donner mon sang et de sacrifltr ma vie. » Booro.
Mais chérir .ne dit pas seulement plus qu'ai- «ler, il dit autre chose. C'est par goût, par en-
traînement, par une aympathie ou une oomipondance naturells, par un accès de sensibiliié 011 par caprice qu'<m aime; ot c'est par -choii, par estime, j>ar respect, en conséquence d^ jugement de l'esprit qu'on chérit. Chérir la némoire de quelqu'un (AcâD., COMO.) ; un peuple qui ^^rit son roi (Boas.). «Cette princesse aura tôttes les vertus que nous chérissons avec respsct dans les princesses de nos jours. > Volt. « Coabi^ nous devons lespecier et chérir de tels juges! a In. « Bopectable vieiUanl , chéri et estiae généraleasent. > In. -^Bn oonséqueftoe, on peot chérir des choses pour ksqueUee oo « natunU^ ment de la répugnance. C'est ainsi qu'<ttn auteor chérit la critique (Bou..). C'est aimi que J. C. et ses disciples ont Mri rabaissement et les soitf- Crances (Volt.). — On peut otmer^ mais non pu ch^rcr ce qu'on désapprouve. Aitner esC oppoié à haïr , et chérir à détester. « M. de Sales déteste la persécution et chérit la philosophie. « Volt.
Je 4àériê Alcméon , je déteste Hermogide. lo.
Affectiamur n'exprime ni un amour d'emnfBement , de sympathie , comme oûner , ni an amour de choix , de prédilection , d'estime , oomaM éhirtr,mais une aorte d'amour, un simple intérêt pris aux personnes ou aux choses en verto ée l'habitude. « Corneille parait affectiotmer lesve» d'antithèses. » Volt. « On a remarqué que Cicéron affectionne certaines formes de oonstnictioB ou d'harmonie qui reviennent souvent. • Lab. «Je ne sais point si le chien choisit, s^il se ressouvient, «'il affectionne, s'il craint, s'il tmsgiiK, s'il pense, » Labr. « On a fait construire peur ce paca une petite loge en bois dans laquelle il demeurait assez tranquille pendant le jour.... 11 semUe même affeuiowner sa retmite tant que te jour dure. » Buff. « Les maîtres ont peu^de iantaisie et d'humeur, et leurs domestiques les affectionsuM promptemeat. « J. J. — Affeakmmif se dit surtout d'un supérieur à l'égard d^n inférieur qu'il protège , qu'il favorise, à infortune ou à l'avancement duquel il cherche à contribuer. «Certaines lumières paraissant la nuit donnent sujet aux peuples oisils d'imaginer des escadrons de fantômes qui combattent en l'air , et auxquels ils font présager la perte ou la victoire du pirti qu'ils a/fectionnent. » Dbsc. « Soyez p«iusdée que 'iaffedionne cette œuvre (celle des filles cbi> ritables de la Ferté), et que j'en prendrai un soin particulier, surtout quand,... » Boss. «La reine d'Espagne dépêcha au roi le marquis de Grillo, qu'elle a^r^sctioMiail et qu'elle fit grand d'Espagne dès qu'elle s'y fût rendue maîtresse. « S. S. «Le roi Louis XIV, pendant le travail, demandait l'avis de Mme de Maiotenon. Jamais elle ne paraissait ofl^eclioiitier rien , et moins encore s'intéresser pour personne.... Quand elle n'o^tiùonaiJt personne , c'était le ministre même qui disposait des grâces et des choix. » In^ «Son Excellence lui témoigna de la joie de ce qu'il aTsit choisi pour gendre un homme qu'elle agectioMcit beaucoup et qu'elle prétendait avancer. » Lis.^ On «Sectionne aussi les affaires qu'on m 4-cmur. «Je forçai le duc de l^Toailles de rapporter une aflaiie que je savais qu'il affpcXionnait^ et sur laqflelle je l'avais entrepris eans mesure. » S. S. « Bm-
sTNOimns À dumcAxii divers.
prmé povr mga^r ^aa tme sllkire •des pefTMiino ^ lue ra/^fonHofH ptB li'taeiit pooitaot refuser d*y entrer. ^ Limi.
tfm WK, BB 'HiaiB QOB, COUVE. Ternes
lÎMt fiie et de m^«ie çtie lent bien âi^nets
r«i fte ftatvB. itffut fue se wq>portB à U réalité
«AifèrèBcokent; de métne que, 4intÊ»àe. Tiare
une âieee eîM» çi^ufi antre, e'est la ûvire ausii;
lalkîze deetfme çu'im autre, c^ctla tùït de la
niBe nmière. tore de la conqvète de VJaoAn-
qoe, les labitants du pays se bktirent omet qm^
mus oea fas de mUM ^r«e les Bepagnote. Un
lieaa jvyage nims cliariBe mnti i}«'une musique
dèbeiàw, Biaôs non pBia ée miwie qu'une musique
défiôBBe. Lee abeilles censtniisent UB^urd'hui
teodMes«mn^*aniftttfbis, et elles oonstrui-
soc a^oard'hui leun ceUulea de m^me gv'au-
1k «a esté, «nrnne est d'abord Pexprassion S^nMe et #en]doie tiontinuellement sans qu'on sft ^ud anz étnx peints de Tue qui «éparent ûteti q« ^«ree de ■m^êie que : fîûpe une cbose eoMW un autre; les Indiens se battirent eomtne 1« lapinais; un beau paysage -nous «barme tvmme vie mua^fue dèUcteme. Mais indépen- ^ammeA-éè «ette aptitude à reaciplacer les deux autres mots, wmme a auasi une appliturtion «pétille ^ loi «ssigne un domaine propre. Il est «d de mise quand il s'agit d*uae comparaison «trc^qealltés ou sous le rapport des i^^ités : c'est poorquoi on dit hardi comme un lion , «(funlè craaaie un page , blaue cofutii^ neige , doux euMMeuàel, et non pas barii «tnia i/ue, t ûe ^tifatt finit 1km, oie. ciio bois du oerf est, ^pMme te bois des forêts, gtund , tendve «t assez léger dans les pays iiumides et Certilee.» Bofp. Bn d^ffes termes , anui qtte marque une eompaniaon entre cboses qui arrivent ou se font , ams npport à la manière : « Ainti que le gou- >enKffl|pt influe sur le t»ractèfe des peuples , le onctèfe des peuples influe sur celui ^ee lan- 9^«s.9 Cdr». — À fiWfme ^ue eert à comparer «^ faits ou des actions qui ont lieu de m^me , ^'OD considère quasit i leur manidnô ou à leur ^hçea: cpe m^me gu'une vapeur pestilente se «oole ao milieu des am , et imperceptible à nos 30», TDsinne son irenm dans nos cœurs; ainsi Tflsprit malin, par une subtile et insensible oon- ^MKiQ, oorrompt la pureté de nos âmes.* Boee. ^ Comme annonce une compsraîaen qui tombe ^)a qualité d'une chose ou d'une personne : ^Wne on tdH un torrent...
l^BoaatwBdesoendaltàfasprée&iiltéa^.. ^mx.
^«t la distinction de Girard , qui l'exprime ^jif^on suivante. * Ainsi qim marque parti- ^'^eBBnt une comparaison qui XoiïAm «ur la ^^'^ de la chose ; ce qu'on 'peut nommer oom- Maoa de Ibits ou d'aotiona. De mêim que nar- ^ ipitfieiueut une comparaison qui tombe sur **uûèK dont est la chose; ce qu on peut nom- ^ cnaparaSson de motfificatmns. Comme mar- ^ mieux une comparaison sur la qualité de la ^^\ ce qu*on peut nommer comparaison de WficatiOBs.«
l*Am, MO», MtnOlfOinB , TOAfiB; -
2* PORT» nammCE, BEFttiilWTATlOIl , lUIN- TRH. GOIVTSlIAlfûB. Manière <d'étre extérieure d'une personne.
Hais les quatre premiers mots, atr, mrne.^phyrionomée et vCso^e , forment «ne classe à paot , parce qu'Us ae rapportent à la 4boe particuûèrement, et mfime denxd^eBtre eux à la &oe aeule. Tous les autres , part j'prtttân^ , repréwertUMon , motniieii et confenance , doivent être d'ibord séparés des premiers, et mis ensemble, parce qifils regardent l'hal)itudte emfttu du corps *.
1* Air, mine , — ^yitonomîe-, ^risage.
Air et mine ne se disent pas aussi excluaftement de la fiice seule : f otr guerrier et lamàKf guerrière s'étendent à toute la personne. RoIHn dit de Socrate : a Tout Vmr tle sa personne , qui n'ayait rien que de très^eommun et de très -pauvre , répondait parûtitement i l'otr de son visage. « ^ Ensuite ùir et mine marquent plutdt un état apparent : avoir l'air ou la mine d^être ou de faire quelque éhose, d'est paraître ou sembler l'être ou le faire. Au contraire , physionomie et visage indiquent un état ou une qualité qui ne laisse auctm doute. Hhadanzaofte dit à Caton arrivant aux enfers : «Tu as laj^/iyttenomte assez mauvaise , un 'visage dur et rébarbatif. Tu as Tair d'un vilain rousseau; idu moins , je ctms que tu l'as été pendant ta Jeunesse. » Fén. Dans Criipm rival de aoft vnditre , de l^esage , Oronte est affirmatif quand il dit à Labrancfae : « ^ens çà; je te trouve une pfcytt^fiomie â%onndle homme. » Vais il doute >et il interroge , lonqaTil ajoute: «Écoute: ton maître a tai'mtne d'un rert galant.» Un homme qui a l'awr ou la mine triste parait triste ; une i^tisiiOMie em «a msoge ttriste 'annonoe pHtitdt une trlalesse ou une inelination à la triiftesse sérieuse, véritable, certaine. HDn a moins de confiance dans 'Celui qui fait bonne mtne que 4hins celui qui ftdt bon msage; on est moins assuré de sa bienvieillaaea.
Air, mine.
Mine^ en allemand mtene, est pfa» familier et se prend plus tolonfitiers .en mauvaise part : axroir une mîfie patibulaire , la snme d'un maiiaiteur , une mine à ftdie peur, uns laide mùie, une drôle de mine. On ne dît guèoe mse mUne noble, a Dans l'état de nature, l'homme aurait aussi une mifte bien étrange. » Buff. Lafontaine dit de Louis XI , tel4|u'il est Depréaenté en marbre sur son tombeau à (Uéry :
. Je hd treuvai la mcMdHm ouHois.
4 . Toutefbis comme l'air et la mine ne se bornent pas eHeotieHement à la Ikoe seule , et qu'ils comprennent quelguelois le corps et ses titoations , et que, d'autre part, maintien et contenance ne te disent pas seulement des attitudes du corps , mais aussi des traits de la l^ce , SI fkut distingoer air et mine de maintien et de eontenanee. Outre que Vair et la mine ont toufours plus de rapport t la face, et le maàmien «t la coaaoMfM» aa «orpa, air et mine désignent l'exlérienr qu'on a, an lien que maintien et eontenanee eiprimenl Teitérieur qu'on ae donne en se compoaant, lequel montre qu'on ne se laisse point aller, qu'on sait se maîtriser, ne point être- embarrassé. Voir et la mine indiquent la manière dont on est ; 'le maintien et la eontenanee la manière dont on se tient, l'atlttode qu'on prend aveo empira sur sol«dme.
Comme le Toilà fait (le Jooear) !
Débraillé , mal peigné , l'œil hagard ! A sa min^^ On croirail qu'il viendrait, dans la forél voisine, De faire un maavflia coup. Rboh.
« Cet oiseau (ua calao) se haussait, se grandissait , et semblait prendre quelque air de fierté ; cependant sa mine en général est basse et stupide. » BoFF. « Les tamatias (autre sorte d'oiseaux) ont une mine triste et sombre ; on dirait qu'ils affectent de se donner un air grave , en retirant leur grosse tête entre leurs épaules. » lo. ^Secondement, .on considère la mine relativement à la conformation, à la santé, à la taille; et Vair relativement aux actions et aux manières. Avoir bonne mine , ou même simplement de la mtfie (Mol.) c'est être bien de sa personne , ou paraître avoir de la santé. Avoir bon air, c'est avoir bonne façon. Une femme a une jolie mine , et im air aisé , gracieux , affable , obligeant , toutes qualités quf se manifestent en partie par des actions , des empressements , par la manière dont on se présente ou dont on parle. On dit aussi , air provincial , bourgeois , écolier , parce qu'il s'agit d'exprimer un manque d'usage, de manières ou de formes. « C'était un homme fort grand; il avait le visage long, avec un nez de perroquet, et quoiqu'il n*eût pas mauvaise mine, il ne laissait pas d'avoir l'atr d'un fripon. » Lbs. On a plutôt la mine, et on prend l'atr; Ulysse avait la mine d'un héros (Laf.) , et ses compagnons ayant avalé le breuvage de Circé ,
Quelques moments après leur corps et leur visage Prirent Voir et les traits d'animaux diflérents. lo.
(Voy. encore ci-dessus les deux exemples de Buffon.) — Quant aux qualités intérieures dont l'âtr et la mt'fie sont les signes , l'air les représente toutes , et particulièrement celles de l'esprit : un atr spirituel, fin, niais, railleur; mine paraît convenir surtout pour les sentiments : mine haute , fière , bassse , ignoble , méchante , insolente, hypocrite.
Phytionomie, visage.
Ils se disent seulement de la face : physionomie ouverte, visage ouvert, physionomie ou visage rude ou comique. La physionomie et le visage sont le miroir de l'ftme ; ils donnent sur ses différents états des indications, et non pas seulement des apparences. Mais d'abord on interprète la physionomie , on l'observe trait par trait , on l'examine , on l'analyse , et il y a des personnes qui se connaissent mieux que d'autres en physionomie; le visage et ce qu'il révèle se voit au premier coup d'œlL «Cela est propre à désespérer les traducteurs de Cicéron qui voudront faire passer dans notre langue , non pas seulement les traits grossiers de son visage , mais le caractère intéressant de sa.physionomie, » D'Al. — Ensuite, la physionomie dépeint les qualités constantes de l'esprit ou du caractère, et le visage les états passagers de l'flme : on a la physionomie spirituelle , et le visage content ; on change de visage, et non de physionomie, à chaque émotion un peu violente. & Son esprit est comme sa physionomie , fort doux et fort aimable. » Volt. «Hazael, en me regardant avec un visage doux et humain , me tendit la main. » Féif. Un homme {
a naturellement une bonne physionomie ; et, dtDs une occasion, il fiût bon visage à quelqu'un. - Enfin , on tire de la physionomie , mais non pis du visage , des pronostics sur ce qu'on sera ou sur ce qu'on fera : physionomie heureuse , malbroreuse ou sinistre. « Je n'aperçus rien dans a physiontymie et dans ses propos qui me fH mal augurer de lui.» J. J. Une bohémienne, diseuse de bonne aventure, dit à Sgnanarelle dans k Mariage forcé : « Tu as une bonne physionomie; physionomie d'un homme qui sera un Jour quelque chose. » Mol.
Air gai ou doux , mine gaie ou douce , font concevoir une gaieté ou une douceur apparente, de la réalité de laquelle on n'est pas bien sûr, et qui se manifeste par- les gestes et les manières aussi bien que par les traits de la face; avec cette différence, que l'expression, atr gai ou doux, est moins familière que l'autre, et représente une gaieté et une douceur moina concrètes en quelque sorte , moins attachées au matériel delà personne , et consistant plus dans ses maméres.
— Avoir une physionomie gaie ou douce, on visage gai ou doux , c'est présenter sur la lace seulement des signes de gaieté ou de douceur certains, ou au moins dont on ne doute pas. Kùs ensuite , la gaieté ou la douceur marquée sur la physionomie est une qualité permanente . qui ne se découvre pas tovyours du premier coup; celle que montre le visage est un état passager dont les marques se voient et se comprennent d'abord.
2* Portj prestance y représentation ^'^m»^r tien, contenance. Le port, la prestance et la représentation sont entièrement physiques, et indiquent la manière dont nous sommes , dont nons apparaissons quant au corps; le matnfiet et la contenance sont le résultat des efforts de l'esprit qui se domine, et impose une tenue au corps, ce sont des attitudes déterminées par des dispositions de l'ftme. D'ailleurs le maintien etla contenance ont cela de particulier qu'ils se reportent aux traits de la face en même temps qu'au reste du corps.
Port, prestance, représentation.
Le port est la manière dont on se porte, l'ensemble du corps en mouvement, la proportion des membres , la tournure , et la taille d'une personne qui marche. Dorante, dans les Fâcheux de Molière , parle d'un qheval court-jointé.
Et qui fait dans son fort voir sa vivacité, a Que demande un port gracieux? un maintien droit sans affectation , une attitude aisée , une contenance gaie et modeste , une démarche ferme sans pesanteur et légère sans précipitation. » P. A.
— ht prestance {prx stare, se tenir debout devant) se dit de l'extérieur d'une personne en repos; c'est une sor)e de maintien imposant qui dépend tout du corps. De plus , ce mot est assez rarement pris en bonne part , soit qu'il suppose une grande corpulence , ou qu'il marque de l'affecta* tion , un effort pour se donner de la gravité ou pour paraître supérieur aux autres. « Le vulgaire appelle majesté une certaine prestance et une pompe extérieure qui l'éblouit. » B088.
Quelqu'un des courUsaDS lui dit qu'à la potence
sTifomnES k KkmcAjox divers.
Il fiMbJt raHor yoir, et ^e, pour on pendu , 0 nnil bonne grâce et beaacoup de j^rutaneê,
Laf.
« Le page fit semblant d'admirer ca Narcisse , et lui dit aTec un feint transport : En vérité , seigneur don Cdme , tous arez la mine d'un prince. Je Tois tons les Jours des grands superbement fèlus; cependant, malgré leurs riches habits, ils n*ont pas Totre preffonee. » Les. — La repré tentation est l'eitérieur ou la figure d'une personne <pû représente bien ou est propre à bien représenter dus une haute place, dans un rang élevé. « Le doc de la Foroe avait une grande politesse..^ Cqiendant il savait souvent employer bien i propos cette représentation extérieure qui fait les gruds. » Montesq. « Ce duc d'Arcos était un bomiDe d*une bielle et noble représentation , sa femiM aussi , très-riche et très-magnifique. » S. S. cKaiaons, président à mortier, était un grand bomxne, de fort belle représentation. » In. Une personne marche devant vous , vous la reconnaissez è son port. Vous attribuez de la prestance à on homme qui a de l'embonpoint , et qui est posé ou campé devant vous avec aplomb. Un magistrat ou un grand a une belle représentation.
, contenance.
Tenue, manière dont se tient volontairement on homme qui se possède et est maître de luimàae. lia diffèrent de deux manières principales. D'abord le maintien , proprement la tenue des mains, est une manière de se tenir habituelle; chaque état a le sien : il y a un maintien sold&trâpe (,!. J.) , un maintien sacerdotal (Mass.) , le maiiitieR cafard ou efironlé des moines (J. J.); on reconnaît us poète à sa mine discrète et à son maintien jtHoujL (Bou..). — Contenance , pouvoir ou action de se contenir, de ne pas se laisser troubler, embarrasser, intimider, de garder son sang- froid , désigne la manière acddentette dont une personne se tient. — N'avoir pas de maintien est une expression générale qui s'étend k tous les cas; on perd contenance dans ToGcasbn. L'un a rapport à l'état , et l'autre à la situation. On dit un homme à mairuien débonnaire (Regk.), par exemple, et on rapporte, dans une circonstance particulière, que « on l'est placé aux fenêtres pour observer les traits et ia contenance d'un homme condamné à mort. » L\Ba. On prend ou on perd un maintien peu à peu, à la longue : « L'air du monde prend insensihiement la place du maintien sacerdotal. » Mus. On se feit une contenance dans un moment : « M. de Marsillac arrira avant-hier (pour voir son père qui était très-malade); il fut longt^ps à se faire une contenance et un visage : il entre cofinet trouve H. de Larochefoucauld dans cette chai», etc. , » Siv. ^ « Le valet de chambre me fit de ces ecclésiastiques des portraits qui ne s'accordaient guère avec leur maintien,,,. Je ne û]5 plus embarrassé de ma contenance avec ces a^ssieurs: dès le soir même, en soupant, je me parai comme eux d'un dehors sage. » Les.
Ensuite, on a un maintien noble, décent, rés^é, modeste , et on fait bonne contenance , ou QQ a une contenance fière , assurée , ferme , intré-
pide. Le maintien fait qu'on impose , et la contenance montre qu'on ne s'en laisse pas imposer. Avec du maintien on garde une attitude digne , on est bien; avec de la conlenonee on n'est pas intimidé, on est ferme. Tel a le maintien drun homme d'honneur; tel autre , la contenance d'un héros. Le maintien suppose de l'éducation, de l'honnêteté dans l'&me et dans les manières , de la gravité : la conlenance suppose du caractère , de la résolution. C'est plutôt à la société et au commerce du monde que le maintien se rapporte ; c'est dans un danger quelconque ou devant un ennemi qu'on a telle ou telle contenance.
« Soyez simple dans votre habillement et dans tout votre maintien, » Boss« « Cet écrivain a fait consister la décence dans un maintien tranquille et composé. » Marm . « Ozmin surtout s'attirait les regards de l'assemblée par la grâce et la noblesse de son maintien. » Les. « Qu'Angélique cache de malice sous un maintien si doux l » In. « En voyant le sénat , Cinéas avait cru voir une assemblée de rois , tant il paraissait de dignité , de grandeur et de majesté dans leur maintien, »
ROLL
Hé ! la bonne eflirontée ! i voir ce fier maintient Ne la croirttit-on pas une femme de bien? Mol.
« Saint Louis rassure les siens ébranlés par ti grandeur du péril , glace les ennemis par la fierté de sa contenance, » Mass. « Une contenance paisible au milieu de la certitude de la mort. » Dblaf. a Je voyais , à sa contenance , que je lui faisais peur. » Les. « Jean Lapin dit d'un ton moqueur à ce lièvre fanfaron : Mon ami. je te voudrais voir avec cette belle fierté au milieu d'une meute de chiens courants; Hercule fuirait bien vite, et ferait une laide contenance, » Vév. « fip£.-ninondas se présenta de front au péril sans changer de contenance, » Roll.
AISÉ , FACILE. Qu'on n'a pas de peine à faire.
Aisé 09% un adjectif pur. Quelle qu'en soit l'étymologie , et quoiqu'il se termine comme un participe passé , il n'a rapport à aucun verbe. Facile^ de [acere faire , est un adjectif verbal.
Ce qui est aisé .l'est par sa nature, par sa conslitution ou par son état ; ce qui est facile l'est de fait ou effectivement. Une chose aisce n'a pas en soi de difficultés ; une chose est facile , lorsqu'il arrive de la faire sans trouver d'obstacles ou d'opposition. « L'entrée d'un port est ats^e , lorsqu'elle est large et commode & passer (c'est une qualité); elle est facile ^ lorsque personne n'arrête au passage (c'est un fait). » Gir.
Aisé se dit des choses ou des actions absolument et en soi. « Il est aisé de découvrir les faussetés dans les questions de fait. » PaSc. Facile se dit relativement, dans un cas particulier, et par rapport à telle personne. « C'est là une question de fait qu'il sera bien facile de décider. » In. «Quand vous dites cela, vous devriez empêcher que je ne le visse , puisqu'il m'est si facile d'y répondre. > Id.
Jis^ a plutôt rapport à l'idée et à la théorie; et facile au fait et à la pratique ; différence nettement marquée dans le passage suivant où Voltaire répond aux détracteurs de Louis XIV : « Il est très-at5^ de gouverner un royaume de son cabi-
ibïxxnmv TAMn
net , aT«e une broelkufv; man qnand S'flkvt'rén»ter à la moitié de l'BÛrope après tioq grandw batailles penhies et faflbBVsMTvr de 1709*, cela n'eaX jms si- fàcHt,*
Atsé tfxprittn one disposMoD* passif. I^ firaBit est aiséf <m propre à' être zais'; aoeperMone (sn une condition est aisé& k rÎTre; la mort n^est paa aiMée à supportM" (Pa9c.]^; on est oià^à persuader (IfASs.y, à ébranlier {Td.J, etc. Fteiif indiqoe, an contraire, une disposition aetlte; « Vît oœvtt facile i s'attendrir. » tfjtss*. Le cœur, Hmmenr, le caractère sont faciles , c'est-à-dire tiu'ils inclinent à des actes if indulgence et de bonté. Vne chose est aisée k croire, c^est-A^dire à être crue , une personne est facile à croire, e^es^à-diTe'crè- (hile: «Tous auriez- pu n'être pas- si facile à croire ^ue je croyais si fadlemeM aux trahisons. » J. J. « La charilè n'est pas défiante, mis facile k croire. » Bonnir. S'agit-il d'une chose à détenir , d'un don, il est aisé; s'agtt-il d'une chose à ftire, d^nne pratique , elle est fàcHe, Aisé s'empfoiera donc de préférence en parlant de ce (jui se trouTe sans peine : une subsistance^: X.), uneressonrce (BouBD.) ats^; oc Si on demande pourquoi...; la raison est bien misée. 9 V6lt. Vkis facile convient mieux pour qualifier une opération quelconque , un traTail , une exécution , en un mot tout ce qui se fiait sans peine : discernement (Pisc.) , moyen (Pasc., Vkss. y facile; vertu d*one pratîqjQe fàcite (YoLT.}; opération, méthode facile (Acad.). Si ime raison est «t«e, un raisonnement eu une démonstration est facile. — Rien n'est plus, aisé que d^être dans une grande charge et dans de grands biens selon le monde; rien n'^st plus facile que de passer la vie refigfeuse selon Dieu (Pasc).
Enfin, aisé est objectif et faeUe subjectif. Ce qui est aisé n'a pas en soi de difficultés; nous ne trouvons pas de difficultés à ce qui est facile. Un chemin est aisé^ lorsque!! est propre à être parcouru .sans peine; c'est sa qualité : il est facite, lorsque nous savons le trouver sans peine ; c'est notre talent. Nous sommes dans l'impossibilité de faire ce qui n'est point du tout aisé^ et dans L'impuissance de fkire ce qui n'est point du tout facile. On fait aisément une chose qui ne présente pas d'elle-même de difficultés.
On soupçonne aisément, à sa triste figure.... Rioir. a Telle conséquence se tire aisément de ces principes. V Pasc. On fait une chose fkuUement, c'està-dire sans efforts, sans beaucoup de travail, quand on a de l'aptitude ou des dispositions à la faire. « Mme la Daupfaine ne fait rien et ne dit rien qu'on ne voie qu'elle a beaucoup d'esprit. Bile a les yeux vifs et pénétrants; elle entend et comprend faeilemem tontes choses. » Sév.
AISBS , GOmODITÉg. Ces mots donnent l'idée de certaines choses propres à (Her toute gêne , à produire le bien-être, i vendre heureux. Les aises de la vie, les ccmmaàiiés de ht vie; aimer, avoir on chercher ses aises , ses cemmodités.
Les aises rendent aise , content , joyeux : ee mot est snbjtcti/, il se- rapporte à l'état de eehii qui éprouve des aises , et il le représente comme agréable. Camm^ditét est objectif et plus relatif à l'utUe qii'& L^agréabie. li désigne les objets mêffias'qai noua mettint dans mw position avan-
tageuse, féimnodàm, i'oft vient eemmodfté, signifie utilité, avantage, bien.
On prend ses aises dans un lieu qui oflîre tonte sorte de commodités. On jouît plutêt dea aisu , et on recherche les eommoàHUs. « Ctra adonné i ses aises , et soi^eoz da sa procurer les coauso* dîtes, de tsr vie. » Bqvhd,
Les atier de la vie sont In plataîrs» les ésn^ cours, les jouissances, les amusements, tontes choses sans lesquettes la vie serait insipide en sansvharmes. Aimer ses oûes et son repoa (Itou.., Uarv.). « Le chat est joli , léger » adroit, propre et voluptueux; il aime ses oùss ^ îl cherche les meubles les plus moQetspour a'y reposer et s'ébattre. » BuvF. «Si vous aviez tons iQS.O0ntBDtfl* ments et vos aises- dans l'état où. vous êtes, je craindrais fbrt pour vous. 9 £k)sf. « Perdes le goût de vos aises y. de vos plaisirs, d'une m inutile et pareasensê. » Kassv « Parmi tontes les aises et toutes les douceurs du monde. » Boosd. «le puis me passer des axses et des récréations du monde. » In. «Philippe, déjà viens, rafllne sur la propreté et sur hi moResse , il pIsK aax petites dàîcatesses; il s'est prescrit de petites règles qui tendent toutes aux atses die sa personne. > Labr.
Les commodtï^f de la vie sont lès Mens , les richesses, les avantages, toutee les choses en on mot (font h recherche fftit (pif on est intéressé, et non pas vohiptoeor, et dont le dèfhut reotf pauvre. « Ce qui rend les- hommes intéressés, c'est la dépendance et la recherche dte commode tée de la vie. * Bomto. « Des bergers nés àtaa \s disette, accoutumés à vivre dans Piadigenaretft manquer des eommodCf^r de lia vie. » In. « C^ Dieu qui nous envoie tout : santé , maladie, eemr moditée^ pauvreté. » h>. c Interdin»i la créatore Tusage des bîens' et des commodHék de Ik terre. » M Ass; « Participer à la malédiction des richesses sans en parisager les commodités et les avantages.» ID. < Le nouveau monde prêta â nmeien heanconp de commodtti^f et de< richesses. » Mr. « Il est plus sûr d'attaquer la religion par la bveur, par les eommodtl^ de la vie, par l'èspéfrancedela fortune. » Houtisq. «Nous laissons périr dans les bois des pbntes qui fendent une des grandes commodités de la vie chez bien des peuples. » Is. « Il fallait f^oe réflexion sur la différence qui se trouverait entre eux et leurs ennemis pour les commodités et les besoins de l'armée. > Roil. « Euméne fut chargé de préparer tons les secoers et toutes les commodités nécessaires pour traverser THellespont. » In.
AJOUTER , AD6SBIVTER. Mettre quelque chose de pltiQS : un homme ajoute à ses connaissances (Pasc.)' ou i ses richesses (CbNn.), et il les augmente (Pasc., Fin.); une diose a;etife ànotre reconnaissance (o'Al.), à notre bonheur (Id.), à notre gloire (In.), à notre mérite (In.), à nos alarmes (Lab.), au désordre (Coim.), à la vraisemblance (Lab.), à Tillusion (ICarv.), etc., et elle les augmente;
Ajouter attire f^ttention sur ce qu'on met de nouveau : « L'âtuteur des Guèbree a beaucoup ajouté à son ouvrage , et j'ai été assez ceoteot de ce qu'il a fkit de nouveau. » Tolt. Augmenter^
STNONTMBS k IA1»GAUX DIVERS.
aa oonlxaire , indiqua ce qu» devient ee à quoi on née qnot «n met quelque autre ehese : Tautesr à» 06 Urre l'a beaucoup aupnmUé; c'est imihitPiiant un ouvrage eoDaiéérable, complet. Thï avare prend de tOM cAté» pour ajcuÊer aaoe cesse à aom tréeor ; en ougfMKkMt saiiv oeaae son trésor, PsTare ne wngc point i laisfar datantage àstabéritera.
ifonterae fvppDiopas, eltfugfmcHlïimnppeee, qne ce qufoa met en eue est de même natnre on de même origine que ee à quoi on le joint; Pasoal a bien cent» cette èiflirence: Dieu donne, dit-il, rinslinct sas animaux et ne permet pas qu'ils j ëjmÊJeni; mais rbonmie perfbctible , conserrant ses connaissances et celles des anciens, peut les ewfiwgiiisr fteilement La crainte ajtmte au danger (llABit.); un renfort survenu aux ennemis amgmmte le danger. L'absence ajevle aux alarmes (Lab.); une nouvelle plus mauvaise encore que les précédentes augmente les alarmes. De méme^ oe qm ajoute à ma peme n'a pas, comme ce qui Vmmgmênte , qurique cbose de commun avoe le sujet qui m'aillige; mait c'est une dreenetBuee qui j est plus eu moine étram^
g*fe.
Sou ndBenr ^tttmi à rédat de see tÉarmeK Toi». La nc^lesee de son maintien cm^mantoA l'édat de ses obarmes.
AimiMer exprime juxtaposiffon seufoment; en sorte que les cboses restent distinctes; afa§meffiler liéagne un achèvement , un comWe , un» fusion. L'erreur aj&uêe & la vérité , ma» ne YaugmenH pasiTâinr.); des vignettes ojoufent ft wca Krre, mais ne VmtêgmenîetH pas. Ce qui ujôiife à une (JURe, en est un accessoire, un accompagnement, un appendice; ee qui Vaugwwnte y s*y meorpore , en devient partie et la rend plus grande.
AIUSTKHKIVT, FAHITKB. Ces mots donnent ndée d'une toilette reebercbée , Lldée dé ce que les femmes surtout font ou se mettent pour attirer les regards et paraître avantageusement.
Les soins de Vaputemenê, les soms de la parure (Kasb.). On remarque ro^ufiefitenl ou la pwrmre d'une femme (J. J.). La propreté, la parure', les «nnfanefifs sont le partage des femmes (RotL.). Passer son temps dans un soin frivole de ses ii«s(em«Rfs et do ses parvret (Botran.). Faire des dépenses excessives en ajutUmenis et en parutet In.). Avoir une superlluité à*ajneiement$ et de parures (In.). Magdeleine avait été longtemps occupée àa soin de se parer et de s'ajueter (Id).
L'afwtement sied, la parure brille. L*iB;tteiemeal consiste à bien assortir, à oorabineF avec justesse toutes les parties de rhabillement , à leur donoerutt contour élégant, et quîaille parfaitement ^ la personne. La parure consiste à se mettre des cbeies riches et magnifiques , des diamants , des coffiers, des bracelets, des dentelles. «J'ai remrqaéque les phis pompeuses parures- annonci:*r*' le pius souvent de laitles femmes. Donnez ^ uce j?une fille, qui ait du goût, des rubans, de la gaze, de la mousseline et des fleurs; sans diamants, sans pompons, sans dentelles, elle va se faire un aiustement qui la rendra charmante. » J. J.
Sans a/uefemeiil une femme est mise avec nègUgenfie et sans goit. Sans parure, elle est sim^ plement mise. T]l(i. prédicateur dans Ik eiaân parlera contre l'artifloe des oimiewieetf (lUas.) et cootin le luxe dtos pamret (Boonn.). Lee ^fue* teuwntr sont étudiés (In.> ou immodeste» (Mn-h leepofiirtf sont grandes (ICoimsQ.) , pompomei (J. J.) et vaines (FéR.).
Pour se bien ajuster, une femme a besoin de temps , de talent et d'étude ; pour se parer, il kii feut des objets de prix qui frappent par l'édat et soient propres à relever la figure.
Enfin , l'oifiialemeiit, toutes choses égalas d*aiir leurs, est plus simple ou moins ridie que la parafe. « BUe se met avec plus de soin qu'eue ne feisait autrefois. La seule vanité qu'on lui ait jamais reprochée était de négliger son a;a«tem«nC . .. Aujourd'hui elle affecte une parure phis recher* chée pour ne sembler plus qu'une jolie fenBme.9 J. J. «Je ne comprends pas comment un mari qui est trop négligé dans son ajt»temeiil peut es* pérer de défendre le cœur d'une jeune femme contre les entreprises de son galant , qui emploie la parure et la magnificence. > La».
iULIBIEII, YENMni. Transférer k quelqu'un la propriété d'un bien.
On oHène de toutes les manières; on ne «eied que d^ine seule , pour un certain prix. L'alMo»tùm peut s'opérer par donation ou en détouneat la destination des choses. « àPiéner , c'est donnsr ou vendre, » 1. 1. François I*^, pour se tirer dos ^marns de Charles-Quint, alv^fia la Bourgogne ^(VoLT.). « Les pauvres s'élèveront «outre veue, pour vous demander compte de leur revenu dissipé; veas avez aXiéni le fonds sur loque) la Providence divine leur avait assigné leur vie; ce fends y c'était votre superflu. » Boss. Mais la oenfe est toujours une oittfnafvon à prix d'argent. Par l'oK^fialMm la chose passe à un nouveau maître; par la vente elle passe à un acheteur.
illt^ser, du (atin altus, autre, exprime surtout la dépossession ou le dépouillement. On ne peut aK^^ier sa Kberté (J. J.). Pour dter aux jésuite» tout moyen de se rétablir parmi nous, U faut aUinefr leurs maisons et dénaturer leurs biens (u'Al.). «Le jubilé, dans Tancienre loi, était une année de rémission et de grftce; les esclaves y étaient mia en liberté , et tous les propriétaires rentraient dans la possession des biens qu'ils avaient oHénés. » Bdukd. Tendre , vendire, venam dore, c'est-à-dire mettre en vente ou faire trafic , se rapporte principalement au gain. <t Les premiers fidèles vendaient leurs fonds , et en apportaient le prix aux pieds des apôtres. » Bouan.
Aliéner ne convient guère qu'en parlant de biens considérables, de biens-fonds ou neuneublés, de ceux qui vous constituent propriétaire, et dont vous pouvez dire que vous en avez le d»maîne. Tout ce qui est vénal , tout ce qui s'apprécie en argent , comme mobilier, denrées , marchandises , travail , etc. , se vend.
ALLÊ«1R, AMEI^UISEII, AIGVISn. Termes communs aux arts mécanSques, et qui signifient diminuer un corps par retranchement de parties.
Mlégir et amenuiser expriment une diminution