‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 231 sur 444 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

son exprime proprement une (jualité. Vamhiguîté des mots (P. R.) ; la prétendue ambigvÂté des règles de la loi divine (1£as8.)> Équivoque , au contraire, désigne un fait, un trait particulier; c'est pourquoi ce mot se dit surtout bien au pluriel et sert à former un yerbe, équivoquer, « Cette déclaration (des protestants) est pleine à* équivoques, » Boss. « Prévenir les chicanes et les équivoques, » Id. a Cette méthode (de tout définir) suffit seule pour bannir toutes sortes de difficultés et à*équivoques. » Pasg. — « Calvin blâme VambiguUé de la confession de foi des Bohémiens.... Hais on avait tout de Bucer par des équivoques, » Boss. — On dirait bien VambiguUé de cette équivoque est causée par telle chose; ce discours ou ce livre est plein d'ambiguité et plein dV^utooques. « Si on suivait exactement la prononciation , cela apporterait beaucoup plus de conmiodité aux étrangers pour apprendre notre langue , que Vanibigutté de quelques équivoques ne donnerait d'incommodité à eux ^u à nous. » Dbsg. < Il n'y a point d'esprit dans Véquivoque,,,, VamUfigutté^ en quoi consiste son caractère , est moins un ornement du discours qu'un défaut. » Bouh.

Ensuite , anibigui^ et ambigu sont plus généraux que le substantif et que l'adjectif ^^tvo^ue. Équivoque vient d'^qua vox, parole égale, et ne se dit à la rigueur que des paroles et de l'expression. Mais ambiguïté et ambigu s'appliquent aussi à d'autres choses ; un songe am^gu (Boss.) ; un gouvernement ambigu (Mohtbsq.), c'est-àdire en partie aristocratique et en partie monarchique ; des espèces ambiguës , des productions irrégulières, des êtres anomaux (Bofp.). •V ambiguïté de piosition dans le bec de cet oiseau (le bec-croisé) est encore accompagnée d'un autre défaut. » Id. c La robe du doue (espèce de singe) , variée de toutes couleurs, semble indiquer l'ambiguïté de sa nature. » In. — «Lorsque les preuves sont équivoques , les titres ambigus , les indices douteux, le genre judiciaire est susceptible d'éloquence. > Màrm. «En attaquant IVqtttvoque, je n'ai pas pris ce mot dans toute l'étroite rigueur de sa signitication grammaticale , le mot d'équivoque en ce sens- là ne voulant dire qu'une am^ biguïté de paroles ; mais je l'ai pris comme le prend ordinairement le commun des hommes, pour toutes sortes &*ambiguïtés de sens, de pensées et d'expressions. » Bon.

Une troisième différence , et la plus considérable , consiste en ce qu'on peut donner à ce qui est ambigu toutes sortes de sens, au lien que Véquivoque n'en admet que deux. A l'égard des choses amhigtiés , on est dans l'ignorance , on ne sait que penser; à Tégard des choses équivoques, on ne sait si c'est le sens qui se présente d'abord ou bien si c'en est un autre qui est le véritable , on court risque de se méprendre. Par cela seul que des lois ont besoin de commentaires, elles sont ambiguës; des lois ne sont équivoques que quand elles offrent deux sens entre lesquels elles ne décident pas. Il faut éclaircir ou expliquer ce qui est ambigu , comme ce qui est obscur , énigmatique, mystérieux; il faut définir, marquer avec précision ce qui est équivoque. Une bonne exposition ne contient point d!ambiguUés un bon

raisonnement ne souffre point d'^ti^oque. Parler sans ambiguïté, c'est parler nettement (Boss., SÉv.), sans voile, sans ambages (latin aaibages^ d'où ambiguus et ambigu); parler sans équivoque, c'est parler distinctement (Mal., Dbst.), tenir nn discours qui ne soit pas égal , qui ii« signifie pas également une chose et une autre. U n'y a rien de clair dans ce qui est ambigu ; il y a un sens très-clair dans ce qui est équivoq^u^ mais ce sens peut être trompeur.

Vous y serez , ma fille, dit Agâmemnon à Iphigénie , en lui parlant dn sacrifice qui se prépare. Parole équivoque^ et non pas ambiguë , puisqu'elle présente tout d'abord un sens Êicile à saisir. — Ordinairement , on eit plutôt ambigu, malgré soi, ou par négligence, et équivoque, parce qu'on le veut bien. «Que peut- on croire d'un livre dont l'auteur , après j avoir promis une entière précision , et un éioignement de toute équivoque , n'en a pu venir à bout et le remplit à*ambiguiUs? » Boss. «Ces réponses obscures ou ^quttx>qiiet des oracles, soas le voile desquelles les esprits de ténèbres cachaient leur ignorance , et par une anbiguité étudiée se ménageaient une issue , quel que dût être l'événement. » Roll. Cependant il se peut qu'on recherche aussi volontairement ï'ambiguUé; mais c'est pour esquiver , pour sortir d'embarras, en s'enveloppant, en ne disant rien, au lieu qu on n'est équivoque que pour (aire prendre le cbange, ou tromper en mettant en avant un sens très-clair qm n'est pas celui qu'on a dans l'esprit.

Sous un certain rapport, ambiguïté enchérit sur ^tttvoque. On se fait au moins une idée de ce qui est équivoque^ seulement cette idée peut être fausse; ou bien on s'en fait deux idées entre lesquelles on ne saurait choisir. On ne se fkit aucune idée de ce qui est ambigu, « Il y a d^ Yambiguitéy lorsque le double-sens qui résulte de l'équivoque ou de Tamphibologie rend le discours fort obscur. > CoRD. «Abuser de Vambiguité des mots.... Nous ne restreignons pas le mot d'ambiguïté aux seul^ mots qui sont grossièrement ^gutcoques, ce qui ne trompe presque jamais : mais nous comprenons par là tout ce qui peut faire changer de sens un mot, surtout lorsque les hommes do s'aperçoivent pas aisément de ce changement, parce que , diverses choses étant signifiées par le même son , ils les prennent pour la même chose... J'apporterai quelques exemples de cette ambig^iu qui trompe quelquefois d'habiles gens. » P. R- Le cochon a des caractères ^qutix)qiiet, des csr ractères ambigus , dont les uns sont apparents et les autres obscurs.... Il est en tout d'une nature équivoque , anibiguë (Buff.). < Réponses équivoques et aiii5tgtief que les grands seuls savent si bien faire pour se dispenser d'accorder ce qu'ils ne peuvent refuser sans se déshonorer. » Vbst.

Le doubie-sens rei^emble beaucoup à l'^utroque, et diffère comme elle de Vambiguité. I>oubU-sens et équivoqa/s désignent le même défaut, une sorte d'ambiffuïU, celle des écrits ou des discours qui laissent ou font balancer l'esprit entre deux sens ou deux idées seulement. • ^ règne par tout le livre des Uaximu des saints ua double-sens^ une équivoque perpétuelle qui f»^

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

flotter l'esprit entre deux écueils, entre deux hérésies. » Boss. « Dans la première lettre vous trooTerez que U. de Cambrai reconnaît un doubk'Sent dans son livre, qui, dil-il, est tellement soatenable Tun et Vautre , qu'à Rome même on s'est partagé lâ-dessus. G*est convenir clairement q[Ue Véquitogue règne dans tout Touvrage. > Id. « Lorsque par le sens le rapport est bien décidé , il n'y a plus d Vgutt'oqutf , et c'est une critique minutieuse et de mauvaise foi , que de trouver un éoMe-sens dans une phrase aussi nette que celle-ci: Scipion doit.... s Marm.

Mais si lyqvicoçue est le plus souvent volontaire , le éoMe-sens Test toujours ; -c'est toujours un subterfuge auquel on a recours pour ne pas se compromettre , pour faire entendre une chose pendant qa'on en a une autre dans l'esprit. Les prêtres do paganisme usaient de doubU^ens quand ils faisaient prononcer aux oracles des réponses i double entente , qu'on pouvait suivant les circonstances interpréter dans un sens ou dans fautre :

Aio te, jEaàda, Bommtof nneere passe.

Ce (m toi (rÈqaivoqae], qui partout fis parler les

oracles :

Ces! par ton dtmbU-stms dans leur discours Jeté Qu'ils aartnit, en mentant, dire la vérité. Et, su» crainle rendant leurs réponses normandes. Des peuples et des rois engloutir les offi-audes. Bon.. Tratonete est douteux, et porte un doubU-sens. Laf.

D*autre part, doubU-ient est un mot tout français : on s'en sert pour expripier des jeux d'esprit, des plaisanteries, des allusions, des tours d'adresse , quelque chose de fin , de spirituel ou d'enjoué. Le lendemain du jour où le Tartufe avait été joué pour la première fois , on allait le npier , et l'assemblée était très-nombreuse. Mais il arriva un ordre du premier président du parlement portant défense de jouer la pièce. Xolièra s'avançant alors vers les spectateurs, leur dit : « Messieurs, nous allions vous donner le tartufe , mais Monsieur le premier présidem ne veut pas qu'on le joue. » Voilà un doublesens. Mais V équivoque est moins innocente; elle est ordinairement méchante, basse, odieuse ou obscène. Pascal reproche aux jésuites de corrompre les expressions les plus canoniques et les plus saintes de leurs adversaires par les malicieuses subtilités de leurs nouvelles équivoquei; et B<^uet trouve que Molière a rempli tous les ^^tres des équivoques les plus grossières. Des mots à double-êens n'ont pas la gravité des mots ^uitoques, « Saint Jérôme obligeait la sainte ^srge Eustochium à s'interdire certaines libertés dont on ne se fait point communément de scrupule : les rendez- vous dérobés , les visites fréquentes, les mots couverts et à double-sens ^ les lettres eajouées et mystérieuses , les démonstrations de tendresse et les privautés d'une amitié i»î«ante. > Boubb.

^^phiboloffie venant du grec est un terme technique , un terme de grammaire , employé dsns l'école seulement et presque inusité dans le '^^i^sge commun, où il aurait une teinte pédanjesque. «Voici un passage où voua trouverez à hi wis amphibologie et solécisme. ».Yoli, Dans ses

ni. fiuLsç.

commentaires sur Corneille , Voltaire , entre autres fautes de langage , reproche souvent à notre grand tragique des amphibologies. Laharpe s'en sert assez souvent aussi dans son Cour^ de littérature. Il y dit , par exemple : a Tel est , dans ces sortçs de phrases , l'inconvénient de la particule de , que souvent elle est susceptible par ellemême du sens actif et passif, et que , pour éviter V amphibologie , il faut avoir soin de déterminer l'un ou l'autre. » De son côté , d'Alembert appelle V amphibologie une équivoque grammaticale. « Il n'y a point d'écrivain qui ne se soit permis quelquefois ces- légères amphibologies que la nature de la langue française rend presque inévitables. J'aurais pu traduire pour éviter cette équivoque grammaticale : il rappela. . . . »

ÂME FAIBLE, COEUR FAIBLE, ESPRIT FAIBLE. Ces trois expressions marquent différentes sortes de faiblesse.

L'dme faible est sans ressort , sans vigueur, sans empire sur elle-même, et, relativement aux autres, susceptible de toutes les impressions, facile a ébranler, à entraîner.

Le ccBur faible f suivant les deux acceptions figurées du mot coBur, est trop tendre , ou bien pusillanime , sans force dans le péril contre les difficultés et les obstacles.

L'efprtf faible n'a pas la force de discuter ce qu'on lui propose à croire , embrasse les opinions sans examen.

La mollesse de la volonté fait Vdme faible; l'excès de sensibilité ou la lâcheté , le ecsur faibk; la crédulité, l'esprit faibk.

Les dmes faibles se laissent trop aisément mener ou gouverner; les easurs faibles, trop aisément toucher ou décourager; les esprits faibles trop aisément persuader.

Les hommes absolus voudraient bien avoir toujours aflàif e à des âmes faibles; les séducteurs et les poltrons à des cœurs faibles; les imposteurs à des esprits faibles.

« Des dmes faibles et susceptibles de toutes les impressions. » Bouro. « Des ftmes serviles et mercenaires (celles des domestiques) , des dmes faibles et sans éducation, faciles à tourner au mal. » In. « Des dmes faibles , toujours prêtes à recevoir les impressions d'une fureur étrangère.» Volt.— «LAches chrétiens, qui, par une/atb/esse de cceurt par une crainte servile , lorsqu'ils devraient exercer leur zèle pour Dieu, abandonnent indignement ses iatéréts. » Bouan. « Le courage manque, les vains prétextes viennent -flatter un cœur faible et ébranlé. » Tin. — « Saint Paul croyait, et ce n'était pas un esprit faible. » Bouan. « Ils disent que tous ceux qui rejettent cette doc^ trine sont des ignorants et des esprits faibles. » FéN. « Tant que Tertullien défendit la vérité , il montra du génie : dès qu'il écrivit pour l'erreur . on ne vit \\us en lui qu'un etpril faible , faux et crédule. » Cond.

AMOUR, — GALANTERIE, COQUETTERIE. Dana le sens de chacun de ces mots se trouve contenue ridée dtt goût ou de l'attrait d'un sexe pour l'autre.

Mais d'abord Vamour est une aflaire de sentiment, au lieu que le cœur n'est pour rien dans

DEUXantE PAATIE

la galanterie et la coquetterie, «Ce qui se troure le moins dans la galanterie ^o* est Vamour,f> Là- BOCH. < Les femmes croient souvent aimer, encore qu'elles n'aiment pas... Elles se persuadent qu'elles ont de la passion, lorsqu'elles n'ont que de la coquetterie, » In.

L'amour est sérieux : il attache fortement , et «appose dans l'àme une impression profonde. La galanterie et la coquetterie sont enjouées et badines : on les regarde d'ordinaire comme des gentillesses (Boss.) ou des amusements. TibuUe soupire l'amour; Ovide tient les propos de la gakmterie et de la coquetterie. L'amour vous dépeint ses tourments ; la galanterie et la coquetterie TOUS content des fleurettes. La tragédie admet V amour ; mais elle exclut la galanterie et la coquetterie comme indignes de ses personnages. On a reproché à Racine d'avoir substitué dans ses pièces le langage de la galanterie, et quelquefois même de la coquetterie y à celui de ïamour (Volt.). « Notre théâtre fut accusé d'être uns école continuelle d'une galanterie et d'une coquetterie qui n'a rien de tragique.... Corneille a ■lis de petites coquetteries ridicules dans la bouche de Cléopâtre.... L'origine de cette langueur, de cette faiblesse monotone venait de ce petit esprit de galanterie , ai cher alors aux courtisans et aux femmes. » In. c Si Ton y prend garde , i'amoiff , dans beaucoup d'ouvrages dont la terreur et la pitié devraient ôlre l'âme , est (ndté comme il doit l'être «n effet dans le genre comique. La galanterie y les déclarations d'amour, la coquetterie, U naïveté, la fifimilîarité, tout oab ne le trouve que trop chez nos héros et nos hésoïnes de Rome et de la Grèce. > Id.

L*«meur livra notre cmir sais réserve à une seule personne qui le remplit tout entier et le oend isuiifferenl à toutes lee autres béantes de l'univers. lAgeUanierie^i la eofuettene voltigent eana eesse , et jamais elles ne se fixent tellement sur un objet , qu'elles ne prennent aucun goût aux Mitres.

Enfin, Varmmr esteouvent le frein du vice et s'allie d'ordinaire asvec les vertus. La galanterie «I la eoqueitrie sont des Tices, des désordres ; car •Uas tendent à leur propre satisfiictian par le mensonge. « C'est de leurs viees (des femmes) et des nôtres^ de la politesse des hommes et de la fqueUerie des femmes, qu'est née cette galante fie des deux sexes qei les eorrompt tour â tour. »

BXT.

GétatUeriê^ toquetêerie.

La galanterie est un perpètoel mensonge de Vamour (Montesq.) : eUe t^i d'aimer une personne pour obtenir oa pour conserver ses ânrettre. La. tû^etterie est un autre mensonge de l'anour : elle eherehe à plaire, laissant espérer on bonheur qu'elle n'a pae dessein d'aecorder. La galaeUeriê «son. fiindûneat dans la sensualité ou dans un vice de complexion ; la coquetterie a pour princôie]a.«anité.

One ismme calante veut qu'on l'atoie; il suffit à «ne eo^netts d'être trouvée aimable et de passer pour belle. La première va successivemexU d'nn engagement à un inlre; la seconde, sans vouloir ^«niager, et chenhant sans cesse é vous aéduiM,

à vous asservir , a plusieurs amusements à la fois.

La galanterie est voluptueuse : elle veut du plaisir , et parfois elle dégénère en libertinage ou en débauche. « Reprocher à une femme un commerce de galanterie. » Boubb. « Il fout de grandes villes, il faut de la galanterie et même de la débauche. > J. J. « Dans le palais de Caligula, ily avait beaucoup de galanterie et de rendez-voiu.» Volt. Une entremetteuse^est définie par Lesage: « une messagère de galanterie, » — La coquetktk est cruellement égoïste : pourvu que la coqwiu ait des adorateurs , que lui importent les déceptions qu'elle cause? « Une eoqu^te excelle dans l'art d'amuser plusieurs soupirants. » J. J. « Une feme coquette ne se rend point sur la passion de plaire et sur l'opinion qu'elle a de sa beauté. » Làbr. «Les femmes voudront plaira au roi et aux ministres : leur coquetterie remplira la cour d'intrigues. ' GoNO. « Une coquetu était venue i Gnide : eii« marchait entourée de tons les jeunes Gnidieos; elle souriait i l'un , parlait à l'oreille à l'autre, soutenait son bras sur un troisième , erisit â deux autres de la suivre. » Montesq. « Une eoquetu est un tyran qui veut tout asservir pour le seul plaisir d'avoir des esclaves. D'elle-même idolâtre. tout le reste ne Lui est rien : son *orgueil se fait un jeu de notre faiblesse, et un triomphe de dcs tourments. Ses regards mentent, sa boucii: trompe , ses charmes sont autant de poisons. > Harm.

Ainsi, la galanterie est plus avilissante, et h eoquettferie plus odieuse.

1« AMQilR, TENDftESSB, DICLIflATIOlf ; - 2* AMITIÉ , AFFECTION , ATTAGUEMSIXT. Dispositions ou mouvementé de rame vers les personnes ou les choses q» lui plaisent.

L'otaour, la tendreêee et ï'indinaii»n dépendent davantage de la sensibilité, ib sont pins spontanés, plus involontaires, ils naissent et meurent sans raison, d'une manière bnisque et capricieuse. L'amitié, l'affection et reNocAaNent tiennent moins au tempérament, i la constitntion : ils supposent la réflexion, l'estime, la préférence; iU naissent et croissent peuàpea,et comme il est en notre pouvoir de vouer à quelqu'un , non pas de rameur, de la lefidrene od de Vinelination, choses dont la nature seule décide, nais d» Vamitié , de Vaffection ou de Yatte^mewt , il est aussi en notre pouvoir de les lai r^ tirar. « Vetmomr natt brusquement, sans aotre réflexion, par tempérament ou par faiblesse; 'VamiiHé, en eontraire , se forme peu à peu, tree le tempe, par la pratique, par un long eom^ meree. • Labi. « Dans l'amài^ , c'est l'esprit qoi est l'organe du sentiment; dans ratifour, es sont les sens. » Vauv. • Les années du prince s'a rucent , et la tendresee du roi se change en amitié: ce fib si cher devient un ami fidèle. Monseigneor est aesocié aux secrets du gouvememenl.»» Mass. «Jamais ministre n'a été si avant queCha* miUavt, non dans l'esprit du roi par TestisM de sa cftpadté, mais dans son oosar par un goûttiu'O avnil pris pour Im^.. Mme de Maintenon n'avsit pas moine de tsndrcise pour lui, car c'est de ce nom qae cette affeetion se doit appeler, a S. S.

Ir imouTi tendresse, meimeiHgi^.

SYNONYMES Â RADICAUX DIVERS

Vamour a d'abord on caractère de très-grande généralité. Il se dit de toutes les choses qu'on aime, rers lesquelles on se sent porté. Il y a Vamour du vin , des fruits , des richesses , du jeu , de la gloire , de la patrie , de la nouveauté , de la (aveur, de la liberté , du repos; il y a Vamàur paternel, filial, conjugal, l'amour de Dieu, famaur du bien, etc. Hais, soit qu'on le considère par rapport i des personnes ou à des choses , ou même qu'on le restreigne & exprimer ce qu'un sexe éprouve pour l'autre, le mot sera toujours Cacile à distinguer de ses synonymes à l'ardeur, à U TéhémeDce qu'il Implique : Vamour est toujours une passioi»; la tendresse et V inclination sont plutôt des sentiments.

La iesidresu est quelque chose de doux , de Téminio, de flatteur, de gracieux, mais de peu héroïque; elle se rencontre rarement avec le courage. Elle est sans forcé ; elle ne sait qu'aimer, eue lait qu'on se donne , qu'on se livre tout entier à celui mai en est Tobjet ^ qu^on s'absorbe en laL Bile consiste toujours en une douce et inactive émotion ; la joie , les larmes en sont des suites assez fréquentes : verser des larmes de tendresse. (J. J.). La tendresse d'un père et d^une * mère les rend faibles à l'égard de leur enfant , leur fait fermer les yeux sur ses défauts. « L'égalité du coQége est une invention extrêmement boime pour Ater aux jeunes gens la tendresse et les antres défauts qu'ils peuvent avoir acquis par la coutuXDe d'être chéris dans les maisons de leurs parente.» Duc

Cesici , Uckei tendr&tses , D«|ilar dam mon cour vos indignes faiblesses.

CoEir.

• Mm CDtzailIes patemeAes s'émeuvent de tenénstti chacun de vos succès. » Volt, k La muliqie peut faire sentir à l'âme la douceur, la pitié, la Ussdresu , le doux plaisir. » Kontesq.

VituiisÊation est un commencement d,'amour on 4e tendresse y quelque chose de vague et d'indéteoniaé ; aussi ne dit-on pas donner des témoignage» à'ùulinaition , comme on dit en donner i'emowr ou 4e tendresse^ Entre l'amour et Vin- UimUiim il y a , sous le rapport de la force , une oppositioD manifftste. «Je ne comprends pas qu'on pusse se marier sans amour, et sans amour violât; et, bien loin d'avoir eu de la passion, je n*ai Bfane jamais eu diindinalion pour personne ; si jeae sui» point mariée, c'est parce que je n'ai nea aimé. » Dblav. < Û ne faut pas s'étonner si qMlqoetûis nous sentons pour les autres au premier aboid de l'éloignement ou de VineOnation. »

COHI.

3* ÂmUié^ affection , attachement.

D ea est de Vamitié à Pégard de TàfféçHon et deYattachMieffa comme de Vamour à Tégard de ^ tmdfVMf et de Vindination ; elle est plus vive ^ portée L un plus haut point. En outre , elle rap^ose d'ordinaire réciprocité. De là vient qu'elle •e lamait avoir que des personnes pour objet, il ie là vient auan qu'elle entraîne des devoirs , va échange mutuel de soîna et de bons offices pov les personnes qui en contractent les liens. IQi doit a naissance à une certaine conformité \ ^i<iéet, de moBun, de caractère; c'est pourquoi ^

elle se trouve rarement entre gens à qui la diversité de leurs, états et de leurs rangs ne permet d'avoir ni les mêmes pensées ni les mêmes goûts. C'est donc une communication intime et accompagnée de bienveillance entre deux êtres qui s'apprécient mutuellement, qui se complètent l'un par l'autre, qui ont confiance Vun en l'autre, et qui peuvent se traiter d'égal à égal.

Vaffection naît d'une manière douce et tranquille , et comporte tous les degrés inférieurs de Vamitié, Elle se distingue par sa modération. « Lorsqu'on estime Fobjet de son amour moins que soi , on n'a pour lui qu^une simple affection ; lorsqu'on Testîme à l'égal de soi , cela se nomma amttiV.... On peut avoir de Vaffection pour une fieur, pour un oiseau, pour un cheval; mais on ne peut avoir de Vamitié que pour des hommes.» Desc. Vaffection nous fait sympathiser avec les personnes que nous fréquentons; elle nous porte à avoir pour elles de la bonté et de l'indulgence , et nous en rend la société agréable. C*est de tous les sentiments bienveillants et sociaux le plus général , celui qui sert à les représenter tous. On ne dit point nos amours sociales , comme on dit nos affections sociales. « Toutes les relations de l'homme avec son espèce , toutes les affections de son âme naissent avec l'amour. > /. J. Vaffection considérée généralement , et d'homme à homme , est le contraire de la h^ine; aussi oppose-t-on les passions affectueuses aux passions haineuses. «Toilà comment les passions douces et affec^ tueuses naissent de Tamour de soi , et comment les passions haineuses et irascibles naissent de l'amour-propre. > J. J.

« Il me semble , dit Condîllac , que attachement ne signifie plus grand'chose ; c'est un mot dont on se sert quand on ne sent rien pour quelqu'un , qu'on ne sait trop dire ce qu'on sent et qu'on ne veut pas s'engager à prendre beaucoup d'intérêt à ce qui le regarde. Cela peut venir de l'abus qu'on en tait au bas des lettres.» Quoique cet arrêt soit d'une sévérité excessive, toujours est-il que Vattachement est un sentiment bien plus faible que Vamitié , et même que Vaffection : Vi touche moins au cœur, il consiste presque uniquement à tenir d'une manière quelconque aux personnes ou aux choses, à n'y être point indifiiSrent. « Vattachement ou FindifTérence que les philosophes avaient pour la vie n'était qu'un goût de leur amour* propre. » Laroch. « L'éléphant est susceptible ^alta^t d'a/fec^'on , de reconnaissance.» Roll. « Dans le zèle qui vous fait occuper de lui sans cesse , votre élève ne voit plus Vattdchement d'un esclave , mais Vaffection d'un ami. » J. J. — Parce que Vattachemenf est un sentiment peu prononcé ou peu profond , il a plutOt des choses pour objet; au lieu que , par la raison contraire , c'est à des personnes que se rapportent le plus souvent Vaffection et toujours Vamitié. « La reine d'Espagne faisait tout espérer de son attachement naturel an saint-siége et de sooi affecHon pour la personne du pape. » S. S.

ANALOGIE, lESSEnBLANCE , SISItmJDV, CONFORHITt. Ces mots expriment entre les choses un grand rapport, des traits communs, des qualités identiques, qui les empêchent da

DEUXIÈME PiOlTIB :

différer an moins totalement , qui les réduisent ou tendent à les réduire à la même espèce.

Analogie, grec àvaXo^Ca. de "kv^oç àvd, discours , raisonnement ou rapport sur ou entre , est un terme de science , particulièrement de grammaire , de logique et quelquefois d'histoire naturelle. Dans la langue commune , il est ordinairement relatif au raisonnement, à Tusage que lait notre esprit de certains rapports observés, pour en tirer des inductions. Vanalogie a pour caractère essentiel d'être instructive. « On peut regarder toute la substance du cerveau comme composée de petits filets qui tiennent aux nerfs, quoiqu'ils soient d'une autre nature; & quoi l'anatomie ne répugne pas , et au contraire Vanalogie des autres parties du corps nous porte à le croire. » Boss. « Comme nous ne connaissons rien que par comparaison , dès que tout rapport nous manque , et qu'aucune analogie ne se présente , toute lumière fuit. » Boff. c Toutes ces opinions ne sont fondées que sur de petits rapports ou de fausses analogies. » lo. « Ceux qui regardent la femme comme un homme imparfait ont tort sans doute; mais Vanalogie extérieure est pour eux. > J. /.

Reaemblanee f formé de eewhler, p&rattre, avoir l'air, regarde Textérieur ou la forme. Par là ce mot se distingue nettement de simUitude et de conformité. « Si le nombre des reuemhlanees en général , si la parfaite conformité des parties intérieures suffisaient pour assurer l'unité des espèces , le loup , le renard et le chien n*en formeraient qu'une seule; car le nombre des re<umhiancet est beaucoup plus grand que celui des différences , et la similitude des parties internes est entière. » Bufp. — D'autre part , comme la ressemblance consiste uniquement dans l'apparence, dans quelques traits visibles, elle est, à la différence encore de la similitude et de la conformité, superficielle ou peu profonde. < Où trouver là (dans le parlement d'Angleterre) une ombre , je ne dis pas de similitude , mais de ressemblance la plus légère avec nos parlements 7 » S. S. « J'ai rapporté environ quarante passages pour les comparer à quatorze ou quinze propositions condamnables, sur le seul sujet des épreuves, et il ne s'est trouvé nulle ressemblance qu'informe et confuse entre les uns et les autres, pas même dans les écrits de saint François de Sales , qui est celui dont on vante le plus la conformité. > Boss.

Restent similitude et conformité, qui signifient tous deux une ressemblance Intérieure , fondamentale, essentielle, complète. Ils n'équivalent pas non plus l'un à l'autre. Ia similitude a plutôt lieu entre des objets corporels on physiques , et la coA^onnti/ entre des choses abstraites, intellectuelles ou morales, On remarque, par exemple, entre des animaux une similitude de conformation (AcAD., BuFF.) , et une con/bmttl^ d'habitudes (BuFF.). X'eléphant a des rapports avec nous par la similitude de ses mouvements et par la conformité de ses actions (In.) On dit une conformité et non une similitude de sentiments , d'inclinations , de goûts, d'humeurs, de principes (Acad.).

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