‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 233 sur 444 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

1* Àpaiur se dit des personnes aussi bien que des choses ; calmer ne se dit guère que des choses :

Dans le temple des Juifs un instinct m'a pontste, Et &*apaUer leur Dieu J'ai conçu la pensée: J'ai cru que des présents ealmeraîent son courroux*

(Athalie,) Rac.

« Une pénitence vaine , bien loin d'opaûer Dieu , outrage Dieu ; bien loin de calmer nos consciences, les déchire de mille remords. » Bouan. « Les larmes attendrissent l'époux, l'adoucissent, Vapai^ sent, calment sa colère, en contentant son amour.» Boss. « Àpaitons le Seigneur par le changement de nos mœurs : calmons nos passions^ nos ennemis domestiques ; et nous verrons bientôt l'Europe calmée , les ennemis de la France apaisés et la paix rétablie partout. • Mass.

2* Quand apaiser et calmer se disent tous deux des choses, apaiser s'applique plutôt à celles qui , comme la guerre , arrivent , sont des accidents , des faits , et calmer à celles qui , comme la mer , sont permanentes , subsistent. On apaise l'orage , et on calme la mer ; on apaise les remords , et on calme la conscience; on apaise les passions, et on calme l'âme. « A l'instant Dieu apaûe l'orage , et commande aux vents et à la mer de se calmer, s Mass. « Les remords s*apaisent , la conscience se calms. » In. « La solitude calme l'âme , et apaise les passions que le désordre du monde a fait naître, s In.

3* Comme primitivement calmer ne se dit pas seulement de la mer , mais aussi de ses mouvements , il s'ensuit que ce mot convient quelquefois â l'égard des choses qui arrivent > des événements , aussi bien qu'apaûer. Mais , au lieu qu'apatser a rapport â des choses qui ressemblent â la guerre, c'est- â-dire violentes et destructives , calmer s'emploie de préférence quand il s'agit d'une simple émotion , d'un trouble léger. On apaise des querelles (Fén., Rbgh.], un incendie (Mass.), des terreurs (lo.), des remords (Id., BouRD.], ia fureur (J. J.); on calme la curiosité 0D.), les scrupules (Volt.), l'impatience (Mass., MoNTBSO.)) l'inquiétude (J. J. , Moutbsq.), l'ennui (Rac). a Vos remords ne sont-ils pas apaisés , vos troubles calmés? 9 Mass. « L'aimant peut, en certaines circonstances , suspendre et calmer les irritations nerveuses , et apaiser les douleurs aiguës. > BUFF.

4* Quand apaiser et calmer regardent les mêmes choses, ils marquent des effets un peu différents. Apaiser , c'est faire cesser absolument ; et caZmer , c'est seulement modérer ou faire cesser momentanément. La douleur apaisée est cessée ; la douleur calmée est seulement adoucie , ou elle a cessé et pourra revenir encore. On apaise un incendie en l'éteignant, des pleurs et des cris (MoRTBSQ. , J. J.) en y mettant fin, une querelle en la terminant ; on commence â calmer, on calme peu â peu ou un peu (J. J.).

Autant que je le puis, je cède à tes raisons»

Elles calment un peu TenDui qui me déyore. Rac.

c Cela ca2me la douleur pour un instant. » Buff. « Ces renonciations calmaient , pour le moment présent, une tempête de douze années. v-Volt. V II ralma d'abord un peu les choses, a Boss,

« Les premiers nyoni du soleQ eàlmèrmUvD. pe« mes inquiétudes. » Lbs. « Ces ménagementsdu cm* sul semblaient avoir un peu calmé l'indignatioQ de Philippe. » Koll. — Les conventions apaiieil les esprits, que les négociations, les promews, des paroles de douceur n'avaient (ait que ealsier. Pacifier n'est d'usage qu'au propre : on paeift des troubles, des querelles, des différends, en les faisant cesser , et en y substituant la paii Mais , au lieu qu'on apaife de toutes les manières, on ne pacifie que d'une seule, par voie de négociation et d'accommodement : la paci/teotto» suppose un pacificateur , un médiateur. De pies, on apaise la guerre , et on pacifie plutôt avant U guerre et pour la prévenir : on apaise , quand U paix a été rompue ; on padfie, quand elle n'a été que troublée et pour empêcher qu'on n'en vienne aux éclats. Don Juan étant sur le point de se battre en duel avec le frère de sa femme , Sganirelle lui dit : « Il vous serait aisé de pacifier toutes choses. » Mol. « Après cette lettre de soumission , les choses n'étaient-elles pas encore en état d'être pacifiées ? » (Affaire du qùétisine.) Fév. « Aucun des cardinaux ne s'employait ipocifier les troubles que les véritables ennepisàe la France cherchaient à susciter. « S. S. * Une petite guerre s'élève entre l'électeur de Trères et la noblesse d'Alsace. Gharles^uint est trop occupé de ses vastes desseins pour penser â pikdfer ces querelles passagères. » Volt. « Pythag«re s'appliquait fortement â pact/ier les guerres dans l'Italie , et les factions intestines qui troublaient les villes. Il ne (kut faire la guerre, disait-il tcovent, qu'à ces cinq choses : aux maladies du corps, à l'ignorance de l'esprit, aux passions du cœur , aux séditions des villes , et â ia discorde des failles. » Roll. — Nos tribunaux apaisent les différends que les juges de paix n'ont pu par cifier,

!• APATHIB, INDOLENCE; — 2- INDIFFÉ- RENCE, INSENSIBILITÉ. Ces quatre mots représentent tous l'âme comme n'étant point émue et comme ne se portant point â agir.

V apathie et l'indolence se distinguent de l'tndifférence et de Yinsensibilité par deux caractères frappants. Elles sont d'abord plus générales et plus absolues ; ce sont plutôt des défauts dn caractère , des qualités permanentes qu'on considère en elles-mêmes et indépendamment de toute application. Vindifférence et VinsenstbUité ont quelque chose de plus déterminé , de plus acàdentel, de plus relatif; on ne les conçoit quepai rapport à des impressions particulières qui devraient agir sur l'âme. On n'est point apathùpu et indolent à quelque chose , mais on y est indifférent ou insensible. On languit dans VapathieA Vindolence; on ne languit point dans Vindifférence et VinsensUnlité,

Ensuite , bien que l'effet de toutes ces qualités soit l'inaction, c'est ce côté qu'on considère principalement dans l'apatfite et Vindolenee , au lieu que, dans Vindifférence et Vinsensîbilité ^ c'est surtout l'inaccessibilité de l'âme aux impressions. Vapathique et Vindolent manquent de mobilité: Vindifférent et Vinsensible, d'irritabilité. Apathie et indehnu s'emploient plutôt quand il s'agit

SYNONYMES À RADICAUX DIVERS

d^MstioDS à ftire; ils lignifient des qualités morales qui ont une gnnde affinité avec la pehffsw. BtéifpirmÊee et tmsnuibiHté se disent bien aosst quand il sfagit de simples impressions à ncefoir, a» théâtre, par exemple, sans considélatioa de conduite i tenir ultérieurement.

L'i^ulMc {an grec AiedOsta , impassibilité , stupeni) cai plus ateolue encore que Vindolencê (du laiUn m datant, ne pas éprouTer de douleur). Ce n*esl pas seulement conune un sommeil, c'est me léilhargie complète , une sorte de msiadie , de paralysie, qui engourdit i'ime durant toute la Yîe et la rend morte pour tout ce qui tend à la pooMV à Factioa. U ne manque peut-être à Vindoiemi que d'être plus animé; ropaihtque est inanimé, c'est une souche ou une bûche. « Essajres d'animer TsiidotaU d'une activité suivie ; de giacer per Yap^thiê l'âme bouillante de l'imptoeoz. » YOLT.

A là rigueur, et quoi que semble en penser Toltairs, Yimdoieni peut être tiré de son état ; un gnnd Budheur domestique, par exemple, peut l'en fiûre sortir; mais l'iqNilfcte est incurable , et c'est ce qui In rend si dégradante. « Ces études retirent un prince de l'oisiveté , de Vindolenu et des vains amusements de la cour. » Rou. Saint- Simon dit de Monseigneur, fils de Louis XIV, « qu'il était tout noyé dans la graisse et dans l'epaiâte. » 4

L'epetiUe tient an tempérament, et c'est un état où on est pour ainsi dire pétrifié , dont on n'a pas conscience et dont on ne jouit pas. m. Cest anx extrémités du giobe que la nature engour^ par le froid laisse encore subsister cinq ou six espèces d'animaux ; ils y vivent dans un calme opolfctque, qu'on peut regarder coDUsele prélude du silence étemel qui doit régner dans ces lieux. » Bopf. L'indolence , au contraire, est quelquefois un état choisi ou gardé i écMein , dans lequel on se complaît parce qu'on y trouve son bonheur : un tndotati épicurien (Rou..), un voluptueux tndotau (Volt.).

t* Indifférence y intentibiliU.

Vmàifférenee se rapporte plus â l'esprit , Vinmmbûité à la eensUbiliU et an coBur. La première consiste à ne pas mettre de différence entre mie chose et les autres, à ne pas la distinguer de la foule ; la seconde i rester froid aux impressions , i ne pas les reisenitf . Vindifférence a lieu i l'égard de tout ce qui pourrait ou devrait intéresser, fortune, entreprises, spectacles, découvertes, Kiencee, matières religieuses, philosophiques ou politiques; VineeneibUUé a lieu & l'égard de tout ce qui pourrait ou devrait aflecter, émouvoir, comme maux , coups , reproches , plaintes , raillenes , et autres choses semblables. D'ordinaire , les vieillards deviennent indifférents , ce qui les emp^W de prendre aucune part aux affaires , d*en fiire cas, de s'en soucier; les personnes qui ont beiucoup souiTert deviennent tn«en«t5<ef, c'est-idire inaccessibles à la compassion , à l'bu* mainte, et par suite à la bienfaisance. Vindifférence touche au mépris; Vûueneibilité est plus ▼otsiae de la dureté.

Bn philosophie morale, Vindifférence est une

qualité de l'esprit, l'insenstMitl^ une qualité du cœur. Pour être indifférent en ce sens , il faut que la raison demeure dans un état^de neutralité et d'indépendance par rapport aux passions, qu'elle ne prenne le parti , qu'elle n'épouse les intérêts d'aucune, mais qu'elle les juge toutes avec impartialité et en retranche l'excès ; l'insen* eibUité ferme l'entrée du cçBur i la tendre amitié, à la noble reconnaissance, à tous les sentiments les plus justes et les plus légitimes. L'une établit dans l'âme le calme et la tranquillité de la sagesse; l'autre détruit l'homme lui-même, en foit un être sauvage et isolé , presqu'un monstre. « VindifférenU de saint François de Sales n'était pas une indolence, ni rtnsenstbtitf^ des nouveaux mystiques, qui se glorifient de voir tous les honomes , non pas malades , mais damnés , sans s'en émouvoir. Le saint évêque demande partout qu'on désire pour un ami, pour un père, ce qui convient. » Boss.

APOCRYPHE, SUPPOSA. On qualifie ainsi un écrit qui n'est pas authentique, c'est-à-dire de l'auteur et de l'époque auxquels on le rapporte , et qui par conséquent ne mérite pas de créance. Ces épithètes s'aj^Uquent ensuite à l'auteur prétendu lui-même et aux laits qu'il raconte , ou à des faits semblables. — « Ces quatre Evangiles furent appelés authentiques , par opposition aux autres nommés apoeryphet. » Volt. « Quelle justesse de critique m'est nécessaire pour distinguer des pièces authentiques des pièces tupposéei! »

Mais apocryphe vient du grec ânéxpvfoc, caché, ignoré, dont l'auteur est inconnu; euppoté est le participe d'un verbe français. On se sert plutôt d'apoeryphe en termes d'érudition et relativement à l'antiquité; et de supposé en parlant d'écrits modernes. Outre les Évangiles véritables , il y en a eu à'apoeryphes (Volt.) ; le Testament du cardinal de Richelieu est un livre suppôt^ (In.). Il y a une histoire apocryphe du procès que les Ègyptiens firent aux Juifs ps^r devant Alexandre lorsqu'il passa par Gaza (Volt.) ; Voltaire se plaint d'un libelle imprimé de son temps à Lausanne et qui contenait des lettres supposées sur quelques pairs anglais, sur le roi de Prusse, sur Calvin. Ou bien , par rapport au même livre , on préfère apocryphe ou supposé suivant qu'on se place au point de vue des anciens ou au nôtre. « Eusèbe de Césarée ne s'avisa jamais de soupçonner que Sanchoniatoo fût un auteur apocryphe.... Sanchoniaton ne peut être un auteur supposé. On ne pouvait avoir aucun intérêt à (aire cette lourde friponnerie. » Volt.

D'autre part , ce q\ii est apocryphe se considère en soi, comme devant inspirer de la défiance; ce qui est supposé a rapport à un agent et à sa manière d'agir : un écrit ridiculement (Volt.) , effrontément (In ) . odieusement supposé. . Ce qui est apocryphe est d'une main inconnue; ce qui est supposé est de la main d'un fripon. Tenez pour suspect un écrit apocryphe , et pour faux un écrit supposé. «Aubéri, biographe de Richelieu, traita le prétendu Testament de ce cardinal de livre apocryphe et supposé.» Volt. Un fait (Barr.), une anecdote (Volt.), un conte

VËUXIÊXS PAKTK :

(Laf.), une histoire (Labr., Volt.) apociyphe excite et doit exciter des doutes; un mincie (BouKD.), un acte (âcad.) twppa$ié, une kftiie (Volt. , d'Al. , Makk. ) , une pièce (J. J. , Gond. , Lab.), une loi (Volt.), voe chatte (Ix>.) supposée, oat été coQtroaTés ou ftibriqnés.

APOLOGIE, VÉFSEI8B, JUSTIFiGATIOII. Action de soutenir ou ce qu'on dit poor socrtenir une cause quelconque , rinsocence, le droit de quelqu'un.

Apologie , mot gmc , se dit paittoolièrettent en termes de littérature et de doctrines. La plupart des préfaces sont des a|to2o^«^m 3» réussissent guère (J. J.). cOb laisse iiapriaier au milieu de Paris , et avec approbation de certains docteurs^ la théologie de M. Habert, et ensuite ses apelO' gies. -o FiN. c Le liwe ées Mmxiwtes n'est qu'une apologie cachée du quiétime.» Boss. Dons ses Sloges histofiques,, d'Alembert arrivant à M. de Clermont- Tonnerre , dit : « L'opinion publique traite avec si pen de fai«ar Tévéque de Koyon , qu'il a malheunuasment beaucoup plus besoin d'une upologie que d'an âege. a

Kais ce mot appartenant aussi au langagpe oommnn, c'est comme tel spuztout qu'il demande à dtrte examiné.

VL a d'abotid signifié spéckdement des écrits oOkuposés par les premiers chrétiens pour la défense du ohrislianrsiBe, en vue de détruire les imputations tugues, les calomoies dent il était l'objet

De là le sens ordinaire du mot apolo^'e , et ce qui le distingue de défemse»

Vapologie suppose des rcprodhes généraux qui fbnt tort fc la réputation , des bruits répandus dans le public , des nmieurs ; la défense répond à une accusation expresse et précise qui la rend nécessaire. Vapologie n'attend pas la provocation , c'est une sorte d'éloge spontané , comme on peut le voir par le passage de d'Alembert rapporté ci-dessus; la défense, au contraire, repousse une attaque , c'est une réfutation catégorique. L'a^lo^t^ s'adresse au publie , la défense aux juges. Un homme c<mtre lequel il existe des préventions dans le monde a besoin é*apologie; un homme cité dorant les magistrats a besoin de défense, Vapologie a un champ plus vaste; vous faites l'opoZo^ d'un homme dont on pense et dont on parle mal ; vous en dites du bien , et vous tâchez d'en donner une bonne opinien. La défense est plus resserrée : vous prenez la défense d'un accusé , et vous combattez les inculpations dont on le charge. Une bonne apologie fait estimer; une bonne défense fait absoudre. — De plus , conmie l'apologû se propose d'éclairer le public , c'est pliitét no écrit , quelque chose que l'impression fait subsister et qu'elle répand. Laharpe appelle ofolopier les défenses publiées par Pélisson en finveur de Fouquet. « Les plus savants ministres protestants entreprirent la défense de la doctrine de la grftce universelle. Daillé ea fil Vapologie^ où Blondel mit une prélkee. a Bobs. « On tremble que Jean-Jacques n'écrive pour sa dépense; cha^ eun paraît agité de l'effroi de voir panttse de lai quelque apologie. » J. J.

Vapélogk st U ééfesiH diflirent Ée même àû

la psstifUaiion: ce sont des moyeiB enplo]fis pour y arrifer. En liûsant YopoUngie , et en pwnant la défense, on tnmûUe à la jmxHfkiolm, Vapologie et la défam sent habiles ; la j«fti/lcAtio» est pleine (Pasc.) ou entière (Boes.) c L'ope* logie en fut de pnoédés qni n'est pas foroée. n'est dans Tesprit du public que la précsati^a d'un coupable : il en résulte toot an plus uae eieuse, rarement ime /esti/iaitten. » Bsgl. <Gicéron d^endt'i Milen, mais fl ne ptttpar?aiiri le yuatifier, « B'Al. Cette distincties est » vraie, qu'il Y & d'autres moyens de >«ft^/lealtoii que Vapohgie et la dé/knm^ et, par exemple, des pièces justificatives , des dépesitieAS de témoÎDSf des indices de tovtes sortes, le temps, elc^ Usie iustifteation se prend aussi, comme sei synonymes , pour désigner ie travail et leseffocts qui tendent à blanchir, à diaoolper , à iaire Teit qu'on est juste ou ^'on a cuson. Alors il annonce seul une preuve , une démonstiation complèle, eu l'assurance du succès. « Une justéfim' tt'oai  évidente ne fist point raçne. > Volt. «Le roi , à qui ses grands emplois ne latssaii&t pas le temps de line les nombRUses iitftt^iesf ées jansénistes, cmt qu'ils étaient dans l'enenr. > Rac.

1* APOPETHEGMB , APflOBUIfB, AIIOHE; - 2* HAIIMB, SBNTENCE; — <• PftOTERHi ABAGE. Pensée remaïquable, brièvement énonoée.

1* Àpophthegme, aphorisme, axiome.

Ces trois mots sont pris du grec, èadf^x^i àf opiffft6<;, &^ttt(ut. Cela seul selfit pour les faire mettre à part, l'ancienneté et la noblesKdelesr origine devant néoéssainement produise quelque efiet sur leur sens.

Àpophthegme, de AgoyO<Yyiqftat , prenoncer avec emphase , signifie une parole ezceUeBle, un dit mémorable d'un ancien en des anciees. « On pourrait donner A teadiiine aux efifaids qui commencent à étudier le Islàn queiqnes apophthegmes des anciens, qudques histoires tirées de l'àcriture sainte , comme celles d'Abel et de Joseph. » fkOLu « Ûiogène Laërce a éciit en dix livres les vies de» philosophes, doolil rapporte avec soin les sentiments et les opephth^imes. 9 ID. c Quelques-uns ne goûtent qse les apoplUkegmes des anciens, et des esempies tirés des Romains , des Grecs , des Igyptiens. > Labr. « L'illustre don l^pnasie, professeur et compilateur, passait psesqœ toete U jj9umée à lire les auteurs hébreux, gracset latins, et A mettre s^r «n petit carré de pépier chaque êpopkihegme ou pensée brillante qu'à, y trouvait. « Las. a II possédait, depuis sen jenae âge , cent dix-huit apephtiiognus tinés des aiciens , qu'il emplc^nit dans les occasions brillantes. » Uostesq, «- Que si repSftMefsie ne vient pas de l'antiquité , il est dicpae d'en wr^ il a été dit A la manière tles anciens. « Soyez beif » tranchez-moi votre discours 4'uja apopMssgms à la Uconêenne.» (Le docteur Pancrace A Sgaaa^ relie. Mariage forcé). Hol. «Le soi de Rruase dit au 81^ de ma faveur et de ma fortune : Laieees faire , on presse l'orange et on laietle fuand ee a avalé le jus. La Métrie ne manqua pas de IP* nandîe œ bel ûpephthegme digne de Benys de

SYNONYMES A RAmCACT DITEBS.

SfTÈOÊe, » IFbLT. « Je préfère à ee beati discours Vap9fh0teff9ne de Montaigne : Ke regarde pas qtd est k pha saTsnt , mais qni est le mieux sayant. v ID. —Onelqtieftris ce mot se prend en mauTaîse part, et emporte une idée de pédant tsme. « Noos ne pouvions nous tenir de rire à la gravité magi^ak «fee laquelle If. Martel (célèbre dansettr) prononçait ses savants apophùtegmes. * 7. 1. Montesqirîet, ayant appris qtt'nn ambassadenr sTètait déclaré contre VEtprit âet Uns , écrivît à oe sajet : c H fent pardonner à des ministres , souvent ïaAm des principes dn ponvoir ai1>itraire , de n'avoir pas des notions Men justes sur certains points, et de hasarder des apopkthegmet. » «Un des apophthe^imef de la vanité gothique , c'est fifen France on ne connaît de noblesse qne ceBe es fépée. » D'Al.

Apketitme, primitivement distinction, détermination, définition , a désigné ensuite et désigne encore sujoerdlmi des décisions on des prescriptions eantennes dans des traités seienti- Sqoes, principalement dans des traités de médecine: les aphorismeg d'Hrppoerate (AcAn.)i de Boërliaa-ve (Volt.). « Les médecins nons enseignent que ces fnnestes complications de sjmptôBKs et de maladies qiri déconcerteirt leur art el démentent si souvent leurs anciens aphorùmeg, ont leur source dans les plaisirs. « Bor;. «On a de Mahomet quelques aphori&mes de médecine. » Tolt. « On peut appeler la définition que ?laten a donnée du plaisir et de la douleur un excellent aphoritme de physiologie. » Làb. «3*ti fait souvent sur moi Texpérience de cet aphorisme ^vicenne ou de Galien , que de manger avant l'entière digestion des premiers aliments, c'est erposer sa santé. » Les.* Pour peu que Foa mange, disais-je, ne mange-t^on pas toujours assez? Je louais, dans ma mauvaise humeur, des aphorismes que f avais jusqu'alors fort négligés. -» In.

Vaanome, du verbe àlHovv, esûmer, juger, tenir pour constant, n'est ni un dit notable d^Bn amâen ou tel que ceux des souciens , comme \*9p9phth£gmê , ni un précepte, une proposition dogmatique rriative à la santé surtout, comme Yapherirme, mais une Tenté générale qui fait autorité, un principe évident par luinême, qui n'a pas besoin d'être démontré, qui sert de point de départ à un raisonnement ou dans une science de raisonnement. « Les propositions universelles , connues per elles-mêmes , ^kppëlent assumes , ou premiers principes. » Bon. «L'art de persuader exige qu'on propose des principes ou omîmes évidents , pour prouver les choses dont îl s'agit. » Pasc. « Les définitions des choses sont de véritables propositions qui ont bcm d'être prouvées , à moins qu'elles ne soient cbôm d'elles-mêmes comme des a«tomer.» P. R. « Nul dsiome n'a jamais été plus universellement Rçuqw oelui-eî : Bien ne se fait de rien. » Volt. cTooles vos preuves contraires tirées de plus ^'n se brisent contre cet xuciome qui m'entrrtlne MsisiibleBKnt , que Ht même ohose ne saurait •tre et n'être pas. » ï, J.

2* Maxime , seistenor.

Ces deux BMyls n^ Yranneut "poiiït du êproc,

comme les préoédents ; aussi n'ont-ils aucun air d'antiquité m de science. Ils expriment le résul-' tat d'obserrations faites sur les hommes dans le commerce du nende , «t se rapportent à la conduite de la vie.

ffamme, mmhM {tes), ce qu'il y a de plus grand', de phre important, indique la valeur de la pensée pomr la prartique; et wrrtfnce, de setiienHa , opinion , proposition , vote , sentence , arrêt, en manque l'expression. On suit une maxime, et non une sentence; un homme a pour maxime et non pour sentence que.... Mais on prononce une senUneê: « N'atfeeiulex pas du prince de Condé de ces magnifiques paroles qui ne servent qu^ -faire connaître les efforts d'une ftme agitée ; il ne sait ce que c'est que de prononcer de ces pompeuses sentences. » Boss. On dit une bonne maxime , et une belle sentence; une maxime pernicieuse , et tsnt sentence obscure ou équivoque. Relever les maximes d'un livre , c'est l'attaquer comme dangereux, le censurer; en relever les sentences, c'est l'attaquer comnte mal écrit , le crttiqner. La maxime se considère quant au fond, quanit à l'utEité dont elle peut être comme règle; la sentence se considère quant & )a forme, au point de vue littéraire ou oratoire. «Le mépris que mes méditations m'avaient inspiré' pour les mœurs, les maximes et les préjugé» de mon siècle, me rendaient insensible aux railleries de ceux qui les avaient , et j'écrasais leurs petits bons mots avec mes sentences, » J. J. Toutes les bonnes maximes sont dans le monde , oa ne manque qu'à les appliquer (Pasc.); Racine fait dire au sentiment ce qu'au temps de Corneille on n'exprimait guère qu'en sentences , défaut brillant qu'on imitait de Sénèque (Volt.).

S* Fr<rt)erhe , adage.

Latin , proverbtum , adagium. Le prover^tf et Vadage sont des maximes communes, qui se trouvent dans la bouche de tout le monde. Aussi ces deux mots c^t-ils quelque chose de populaire et de familier, qui les met au-dessous des précédents, et par là même les en distingue. «Un proverbe bas est retenu par le commun des hom* mes plus aisément qu'une maxime noble. » Volt. « Il faut distinguer dans les vers de Boileau ce qui est devenu proterbe d'avec ce qui mérite de devenir memme. Les maximes sont nobles , sages et utiles , eUes sont faites pour les hommes d'esprit et de goût, pour fai bonne compagnie. Les provef^es ne sont que pour le vulgaire , et l'on sait que le vulgaire est de tous les états. » in. « Les sentences sont les proverbes des honnétas gens , comme les proverbes sont les sentences du peuple. » BooB.

Pro99fte est le mot ordinain , mol aussi fréquemmeiit usité que celui de «er5e, d'oti il dérive: proverbe, c^est-à-dire verbe, pro , en avant, dehors, en public. Adage, au con- . traire, n'ayant pas d'analogue dans notre langue» ne s'y dit que varoment , savoir quand il est question d'us proverbe asicien. Sous le titre d'Jt^ êagee , firasme a fait un recueil des proverbes da la langue greoque et de la langue latine. «Me peut'On pas vous a|^iquer Vadage ancien : Bat eenttfii» cofvisf» Bbaou. «Cela sot "

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